Alien : Covenant

 

20th Century Fox- Sortie le 10 Mai 2017- Réalisé par Ridley Scott

 

La célèbre saga space-horrifique est de retour en salles après tant d’années d’attente. Après avoir élaboré Prometheus qui a déçu plusieurs fans, Ridley Scott avait la lourde tâche d’élaborer une nouvelle histoire pouvant raccrocher ce préquelle à son film culte de 1975, Alien le 8ème Passager. Bien plus viscéral que Prometheus, Alien Covenant s’attache à dépeindre un univers très sombre où les humains ne seront que les pions à sacrifier sur l’autel d’une nouvelle création hybride. Un retour aux sources réussi ? Notre équipe a pu assisté au Marathon Alien au Grand Rex afin de vous livrer sa critique. Voici trois points positifs, et trois points négatifs. 

 

 

Plus + tableau

  • Une mise en scène esthétique

Le point fort de ce nouvel opus est son esthétisme. L’intrigue nous permet à la fois d’avoir des scènes extérieures et intérieures fabuleuses. La planète LV-426 où nos héros atterissent, offre une atmosphère très réaliste avec des couleurs très naturelles. Contrairement aux autres films de la saga qui se reposaient sur des huit-clos ou mélangeant des couleurs plus chaudes/cuivres (Alien 3 surtout) uniquement, ici le spectateur ne se sent pas renfermé dans un seul environnement. Cette planète abandonnée avec une nature riche en végétations et terrains humides offre un panorama unique au spectateur et convient parfaitement à l’évolution de notre nouveau Alien. Plus bestial et meurtrier que jamais, les courses poursuite sur cette terre sauvage donnent des scènes d’actions très divertissantes.

  • Un habile mélange des genres

Conscient de l’héritage de la saga qui est passée aux mains de différentes réalisateurs, Ridley Scott puisse son inspiration sur les précédents opus afin de créer une ambiance horrifique, oppressante mais haletante. Le film ne subit aucun temps mort, alternant des moments plus propices à la réflexion et à la contemplation ( la scène de la flûte par exemple dans une pièce aux airs de cabinet des curiosités) avec des scènes plus poignantes, carburées d’actions ( l’affrontement entre l’alien et Daniels notre nouvelle héroïne sur le vaisseau . De ce fait, chaque spectateur pourra retrouver son compte quel que soit le thème qu’il recherche en visionnant un film Aliens : action, horreur, réflexion sur l’évolution de l’Homme, vision psychanalytique de la sexualité. etc..

  • Un scénario intéressant…

Bien que casse-gueule au départ, notre réalisateur arrive malgré tout à créer une certaine cohérence scénaristique en raccrochant Aliens Covenant avec Promotheus. Revenant aux gènes de sa saga, Ridley Scott reprend les codes du slasher initié par Alien le 8ème passager avec des séquences très horrifiques et dégoulinantes d’hémoglobine tout en soufflant une ambiance pesante mais poussant à la réflexion. L’intrigue générale ne surprendra pas : les membres d’équipage du vaisseau Covenant vont découvrir une planète a priori favorable à leur colonie d’humains (espèce en voie d’extinction). Un paradis perdu qui va se transformer en enfer une fois découvert tous les secrets se cachant derrière la création de nos xénomorphes.  Dès la scène d’ouverture, riche en symboles (la Nativité de Piero Della Francesca ; le David de Michel-Ange ; L’Or du Rhin de Wagner joué au piano) on voit l’androïde David parler avec son « géniteur » et évoquer la problématique qui traversera le film : celle de la création (et d’une supériorité de la créature sur son créateur). On passe un bon moment à essayer de saisir tous les clés de l’intrigue et à repérer les avertissements envers nos héros sur leur déchéance à venir. 

Moins -

  • …mais bancal

Justement ce scénario est très prévisible… et surtout le réalisateur semble courir après le temps. Des cohérences surviennent, mais ce qui est le plus gênant est la gestion du temps pour l’incubation des xénomorphes et leur croissance. Les durées semblent varier dans les deux cas ce qui est pratique pour l’intrigue afin de la faire avancer sans vouloir expliquer les nombreuses pirouettes scénaristiques. On veut pas se prendre la tête : il faut montrer de l’Alien, c’est tout ce qui compte quitte à même survoler la mythologie des Ingénieurs et nous pondre un twist final déjà vu. L’origine de la création des xénomorphes est déroutante et décevante surtout venant d’une saga qui a su entretenir un certain mystère autour, pour malheureusement s’offrir une explication des plus bancales. Bien que la scène en question est très intéressante d’un point de vue philosophique, toute cohérence avec les anciens opus est expédiée. 

  • Des personnages peu marquants et attachants

Le rapidité des scènes fait cruellement défaut au développement des personnages. Les morts s’enchaînent trop rapides pour que le spectateur soit quelque peu concerné par leur sort. De même, les différentes personnalités ne sont pas assez mise en avant. Même notre nouvelle anti-héroïne Daniels, fait pâle figure à côté de son ancêtre Ripley dans les rares scènes qui lui sont véritablement consacrées ( à part durant le twist final où on ressent toute la détresse du personnage face à la vérité ou encore face à la mort de son conjoint). Aucun n’attire la sympathie, et certains font même offices de simples chair à pâté pour le xénomorphe qui attendent d’être mangés… Ils ont a peine 10 répliques dans tout le film. Seuls David et Walter tiennent le film sur leurs épaules et éveillent un certain intérêt. Je dirais même que le film semble avoir été écrit rien que pour eux ( ou que pour lui, sachant que c’est l’excellent Michael Fassbender qui joue les deux personnages). 

  • Fan-service et surenchère

Voulant faire plaisir à ses fans, Ridley Scott a voulu dresser un Alien plus viscéral que jamais au risque parfois de frôler la surenchère par moments. Chaque mort est une excuse pour voir s’envoler des litre de sang et de gros tas d’intestins se déchiraient et d’os se brisaient. De nombreuses scènes reprennent l’iconique Alien sortant du thorax ou du ventre avec un côté plus bestial et morbide. Ce film ne fait pas dans la subtilité, ce qui est un parti pris que certains spectateurs apprécieront ou non. On est plus dans de l’horreur soigneusement orchestré mais du pur gore sans symbolisme derrière (contrairement à Alien, le 8ème passager où la métaphore du viol était clairement sous entendu par l’aspect physique de l’Alien mais aussi par la mise en scène à la fois percutante mais soignée). De plus, la fameuse scène de la douche vue dans la bande-annonce arrive comme un cheveu sur la soupe…sert juste d’excuse pour virer deux personnages complètement inutiles et pour montrer un peu de sexe au spectateur histoire de compléter le tableau.

Aliens Covenant nous laisse un goût d’inachevé. Bien que le film reste une oeuvre plaisante à regarder de part une mise en scène esthétiquement réussite et une intrigue qui offre quelques scènes marquantes avec une pointe de réflexion philosophique et religieuse, le scénario ne reste pas moins très bancal. Les personnages sont oubliables autant qu’ils sont détestables d’une part, l’Alien est réduit à une simple « arme à tuer » au lieu de remplir clairement son rôle de protagoniste principal et on sent que le réalisateur a voulu maladroitement raccrocher les wagons avec Prometheus. Ceci fait plonger le spectateur dans l’incompréhension, le laissant sur sa faim. Néanmoins, on passe un bon moment et on ne boude pas le plaisir de voir nos bestioles préférées à nouveau en action. Fans ou néophytes, je vous conseille d’aller voir ce film pour forger votre propre opinion : vous passerez un bon moment si vous ne cherchez pas à analyser toutes les incohérences. 

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