Aujourd’hui, on va parler de Yomawari Midnight Shadow, un jeu d’horreur sur PS Vita un peu particulier à l’ambiance pesante.

Bonne lecture !

 

  • Une histoire prenante

Le scénario de Yomawari : Midnight Shadows n’est pas spécialement innovant, pourtant le joueur est tout de suite pris dans l’ambiance. Après un message étonnant d’avertissement à éteindre les lumières et apportait toute son attention au jeu, le prologue donne le ton de notre aventure. Choquant, dérangeant et intriguant, la narration nous brouille entre cauchemar et réalité. On incarnera deux fillettes : Haru et Yui. Alors qu’elles assistent à un feu d’artifice, l’une d’elle confie qu’elle va devoir déménager, ce qui attriste le duo. De retour du spectacle, elles vont faire face à un événement aussi étrange que dangereux et, en conséquence, seront violemment séparées. Chacune va devoir traverser de nombreuses épreuves, échapper à des phénomènes paranormaux, afin de se retrouver. Cet exercice de style permet à la narration de garder un rythme soutenu, où on se laisse facilement prendre à ce jeu d’enquête dans ce royaume horrifique rempli de Yôkai issus du folklore japonais.Pourquoi ces héroïnes ont-été capturées ? Quel mystère entoure ce village presque figé dans le temps, inhabité ?  C’est grâce à ce découpage  double finement pensé que le jeu reste dynamique : on quitte un personnage quand il y a nécessité, et non par une simple volonté de fabriquer du cliffhanger. L’ambiance délicieusement anxiogène se charge du reste, accompagnant découvertes et avancées du récit, grâce à un mélange de caractéristiques propres aux personnages et une utilisation intelligente des légendes japonaises. On peut être sur notre faim car on voudrait en savoir plus les yôkai rencontrés, leurs histoires malgré les scènes d’apparition qui peuvent laisser des indices de compréhension.

  • Un gameplay simple et efficace

On est face à un jeu en 2D, dans une ville qui permet des déplacements en 3D. La ville, explorable dans certaines limites (imposées par des barrières visibles), offre un terrain de jeu ouvert, propice aux rencontres monstrueuses. On se déplace grâce à notre lampe torche pour anticiper au mieux les ennemis. Pas d’armes pour se défendre. On fait appel à la logique et à la prudence du joueur car selon le type de yôkai, notre loupiote peut être une source de danger. On doit rester attentif  à ce qu’il se passe autour de nous.Pour se débarrasser des mauvais esprits, la meilleur façon est de se cacher derrière un buisson, ou un panneau de circulation. Vous pourrez aussi, selon le monstre en face, balancer un caillou  afin de faire diversion. Par exemple, le spectre-chien ira voir ailleurs si vous envoyez une pierre dans sa direction. Cela peut être très stressant car selon le Yôkai on peut être pris à dépourvu et perdre la vie rapidement. Une partie de  l’ambiance de Yomawari : Midnight Shadows provient de ce gameplay simple, mais ponctué de choix intéressants. On possède une jauge d’endurance dont la puissance évolue selon les événements ; ou encore le coeur de notre personnage qui bat plus vite face à une événement inattendu qui amène à ce qu’on court moins vite pour échapper à un ennemi. Ceci ajoute une petite difficulté intéressante à l’ensemble.

 

  • Ambiance horrifiquement réussite.

La difficulté est bien présente, et il faudra mémoriser les menaces, afin de ne pas se faire prendre dans des pièges évitables. En cours de route, les personnages récupéreront des objets, pas toujours utiles, et parfois des notes afin d’approfondir l’histoire. La carte mise à disposition permet de se réparer par moment ( sous la forme d’un journal intime). Mais le fait de pas pouvoir marquer sa position de façon détaillée, donne une impression d’insécurité qui ne fait que rajouter à l’anxiété ambiante. Un bon parti pris pour nous faire participer à cette ambiance très appréciable et travaillée.La 2D du jeu donne un rendu particulier, à la fois mignon et effrayant. C’est un paradoxe qui est parfaitement utilisé dans l’introduction, pendant laquelle on est tour à tour émerveillé, avant de plonger dans une atmosphère beaucoup plus dramatique.  Le contraste entre les deux avatars kawaii et les yôkai, fonctionne aussi très bien, apporte un côté malsain très efficace. On remarque aussi que les environnements sont assez diversifiés, : entre campagne verdoyante, chatoyante et plus sombre une fois la nuit tombée et le charme des villages abandonnés et hantés.

  • Pas d’identité sonore au jeu

Il manque cruellement une identité sonore à ce jeu. Certes, le gros travail fourni sur les différents bruitages de pas, de cris de monstres, de bruits de feuilles et autres renforcent le côté angoissant du jeu. C’est un parti pris intéressant mais il est dommage de se priver d’une musique discrète mais prenante dans les moments les plus calmes ou dramatiques de l’intrigue.

 

  • Un patch uniquement en anglais.

Malheureusement, comme la plupart des jeux indépendants et souvent japonais, on se retrouve avec un patch non traduit dans la langue de Molière. C’est assez désagréable, même si le niveau des dialogues reste globalement accessible même pour les plus bas niveaux ( comme moi.. 😡 ). Cependant, le fait qu’on ne soit pas à l’aise dans cette langue peut faire sortir le joueur lambda du jeu, en passant à côté de certains moments intéressants du scénario. On se prive aussi d’un public qui pourrait s’intéresser à ce type de jeu, on ne participe pas encore une fois à faciliter la venue/la commercialisation de certaines jeux japonais plutôt atypiques, c’est vraiment dommage.

15/20

Conclusion

Yomawari : Midnight Shadows est un jeu qui réussit à proposer une aventure intéressante, remplie de challenges et une ambiance qui demandera une attention constante sous peine de mourir à tout moment. Une histoire bien mystérieuse se dévoile petit à petit. Le joueur sera curieux d’analyser tout le symbolisme culturelle autour des yôkai. L’aventure est à la fois bizarre dans son déroulement et merveilleuse dans son utilisation de métaphores visuelles comme le lien qui unit les deux petites héroïnes. Un jeu qui mérite d’être plus connu et qui se savoure en tout simplicité. Il répondra aux exigeances des joueurs indé et apporte une certaine fraîcheur sur le marché PS4 et PSvita en France. Dommage que le gamplay, de par son parti pris, reste redondant par moment, renforcé par une identité sonore inexistant. L’absence d’un patch français est un petit point faible. 

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