Bonjour/Bonsoir ! Cette année le monde de la culture a été mis à mal, cela dit j’ai pu prendre le temps de passer une bonne partie de mon temps libre dans les salles noires. Et des pépites j’en ai vu ! Des bonnes et des moins bonnes.

Ainsi dans cet article se trouve mon, traditionnel, top cinématographique de l’année (et oh boy ce fut difficile) et mon flop de cette année juste ici.

Donnez moi vos tops en commentaires ! (Il n’est pas dans le top et pourtant j’ai adoré Judy où l’on retrouve mon coup de cœur de ces dernières années : Jessie Buckley – si vous voulez comprendre  je vous invite à voir mes articles de 2018 et 2019)

 

1- Antigone
(Ou l’envie de faire la révolution)


Réalisation : Sophie Deraspe
Nationalité : Québécquois
Durée : 1h49

Cette première place n’est une surprise pour personne de mon entourage. Adaptation moderne de la pièce de Jean Anouilh, Antigone est une révélation à tout point de vue. A commencer par la réécriture de l’histoire en ajoutant un frère, une dimension plus politisée et la modernisation via les grafitis et les réseaux sociaux comme outil de révolution.

Ensuite visuellement, au moment du procès d’Antigone, un magnifique montage est fait en utilisant justement l’image d’Antigone comme nouvelle Marianne est beau et touchant. Sans jouer des violons à tours de bras au moment de la mort d’Etéocle ou de l’issue du procès, la caméra capte les émotions au point de faire monter les larmes.

Enfin. L’interprétation incroyable de la jeune Nahéma Ricci. Juste, forte, touchante, belle et si courageuse. Cette première apparition au cinéma lui annonce un bel avenir.

 

 

2- La communion
(Ou l’envie d’aller à la messe)


Réalisation : Jan Komasa
Nationalité : Polonais, Français
Durée : 1h49 – Interdit aux moins de 12 ans

Si les prêtres avaient l’énergie, l’humour et le bon sens de Daniel, je serais tous les dimanches à l’église !

Cette histoire de quiproquo, avec de l’humour, de l’amour et de la foi est aussi touchante que glaçante.

La Communion nous parle d’acceptation, d’amour et de voir au-delà des apparences. Le tout sans glorifier la religion. Enfin, l’interprétation de Bartosz Bielenia est magistrale, un jeune acteur à suivre de très près !

 

3- 1917
(C’était pas ma guerre et j’en suis ravie)


Réalisation : Sam Mendes
Nationalité : Britannique, Américain
Durée : 1h59 – Avertissement

Sam Mendes n’a plus ses preuves à faire en matière de film qui en met plein les mirettes. La mise en scène de l’action et la direction d’acteur.ice.s. Ici il réalise un chef-d’œuvre avec un film de presque 2h en plan séquence, l’image est splendide et le casting parfait. Un seul défaut : la scène avec la française, tout simplement inutile, dommage !

 

4- La voie de la justice
(Je n’étais pas prête pour la suite de La Ligne Verte)


Réalisation : Destin Daniel Cretton
Nationalité : Américain
Durée : 2h17

C’est la grande surprise de ce top, même pour moi ! Avant de voir La voie de la justice, je m’attendais à une production hollywoodienne surfaite à trop grand spectacle. Et pourtant, on est loin des violons, on n’en a pas besoin surtout quand on sait que le film est basé sur des personnes réelles. L’histoire est poignante, le casting joue à merveille, les larmes arrivent sans qu’on les aient senties monter.

Et non, on ne voit pas passer les 2h17 de film.

 

5- Light of my life
(Papa viens faire un câlin !)


Réalisation : Casey Affleck
Nationalité : Américain
Durée : 1h59

L’apocalypse, un monde sans femmes ? Un monde où nous serions réduites à l’esclavage ? Margarett Atwood l’avait prédit dans The Handmaid’s Tale (La servante écarlate), Casey Affleck en a écrit une variante qui fait aussi froid dans le dos qu’elle nous rappelle que le statut de la femme est  toujours autant en danger.

Light of my life n’est pas un blockbuster bourré de courses-poursuites et de bagarres. C’est au contraire un film intimiste, touchant sur une relation père-fille. Réussir à filmer une dystopie avec autant de poésie est rare et précieux.

 

6- Queen & Slim
(Bonnie and Clyde
sont de retour)


Réalisation : Melina Matsoukas
Nationalité : Américain
Durée : 2h12

Rarement un film a été aussi d’actualité. La situation des personnes noires aux USA est pire que jamais, Queen & Slim nous le rappelle sans prendre de pincettes.

Ce Bonnie and Clyde moderne m’a donné des frissons, m’a fait pleurer. L’histoire d’amour est, pour une fois, justifiée, la fin parfaite. Je veux voir plus de films avec un casting aussi talentueux et mettant en avant ces acteur.trice.s que l’on ne voit pas assez à cause de leur couleur de peau.

 

7- Swallow
(Penser à ne pas laisser des petits objets près de la bouche des adultes c’est aussi important)


Réalisation : Carlo Mirabella-Davis
Nationalité : Américain, Français
Durée : 1h34 – Avertissement

Ce film est très étrange. L’histoire est dérangeante par l’obsession d’Hunter, la protagoniste principale, d’avaler des objets, par sa relation malsaine avec son mari et en même temps c’est fascinant.

Le réalisateur instaure une ambiance très colorée, douce qui permet un certain équilibre. Je pense avoir particulièrement aimé ce film pour son esthétisme si particulier et la performance d’Haley Bennett.

 

8- A perfect family
(Aucune famille n’est parfaite, peu importe le genre des parents)


Réalisation : Malou Leth Reymann
Nationalité : Danois
Durée : 1h41

La famille parfaite n’existe pas, elle peut essayer de s’accepter au maximum et se s’aimer très fort. A perfect family nous raconte la transition d’un père en une mère depuis les yeux de la plus jeune fille. Les personnages sont touchants, la scène de la nouvelle mère est très bien faite.

Le film ne veut pas nous montrer des parents parfaits ou une transition idéale mais plus réaliste. Avec ses défauts comme l’hyper féminisation de la mère, qu’elle impose à ses filles – peut-être pour correspondre au plus à l’image de la femme sociétale et s’intégrer. Il n’en reste pas moins touchant et important.

 

9- Never, rarely, sometimes, always
(Le discours sur l’avortement n’a pas changé)


Réalisation : Eliza Hittman
Nationalité : Américain, Britannique
Durée : 1h42

Quand le film a commencé je pensais qu’on se situait dans les années 70, pas de technologie, des habits très colorés etc. Et plus le film avance, plus je réalise qu’il se déroule de nos jours.

Le film se veut très minimaliste avec peu de dialogues, beaucoup de plans fixes, des regards, pas d’action. Tout a évolué en 50 ans : les mœurs, les vêtements, les habitudes, la technologie,…  la seule chose qui ne semble pas avoir changé c’est le discours sur l’avortement, la peur du jugement et le non-sentiment de liberté de faire ce que l’on veut de son corps lorsqu’on est une femme.

Ce n’est pas un grand film, c’est un juste rappel des choses.

 

10- The climb
(Quand les américains se prennent pour des anglais et ça marche plutôt bien)


Réalisation : Michael Angelo Covino
Nationalité : Américain
Durée : 1h38

The Climb n’est pas un film anglais mais il en a toutes les caractéristiques : humour satirique, situation absurdes (et parfois gênantes), un casting qui n’a pas un physique idéal, une BO extra.

C’est intelligemment filmé avec des plans séquences impressionnants, beaucoup d’humanité, on rit beaucoup, on pleure un tout petit peu mais on sort avec le sourire aux lèvres en sortant le cœur plein !

 

Bonus VOD- Emma
(Ou une autre belle adaptation de Jane Austin pour les soirées d’hiver)


Réalisation : Autumn de Wilde
Nationalité : Britannique
Durée : 2h05

Beaucoup de films sont sortis en VOD et je n’ai pas pu résister à vous présenter la petite pépite qu’est Emma, premier film de la réalisatrice Autumn de Wilde.

Adaptation du livre éponyme de Jane Austin (Orgueils et préjugés), on retrouve une histoire mêlant amour, quiproquo et bons sentiments. La réalisation est étonnante et rappelle certains plans de La Favorite de Yórgos Lánthimos – le tout est très coloré, le sens du détail présent. Le film se déguste comme un bonbon, avec en bonus un casting d’exception aux accents anglais.

Un énorme coup de cœur !

 

PS : Merci à Palpatine pour les corrections 🙂

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