La sortie de 911, le nouveau single de Lady Gaga, est l’excuse parfaite pour revenir sur un film trop peu connu. Diffusé mondialement le 18 septembre, l’artiste le présente comme un court métrage… Et son réalisateur n’est autre que Tarsem Singh. Réalisateur de The Cell (2000) avec Jennifer Lopez, Vince Vaughn et Vincent D’Onofrio ou encore de Blanche-Neige. Oui, celui de 2012 avec Lilly Collins, Julia Roberts et Armie Hammer ! On est loin d’y voir transparaître son style, contrairement à 911. Les étendues de sable, le bandit en noir, les habits… tout y est.

Un film et son réalisateur

1920. Dans un hôpital de Los Angeles, une petite fille au bras cassé se prend d’amitié pour un cascadeur blessé et désabusé par la vie. Alexandria est captivée par les histoires que Roy lui raconte à propos d’un groupe atypique. L’Indien, l’ancien esclave, un expert en explosif et surtout, le Bandit Masqué ont un ennemi commun. Cet ennemi n’est autre que le gouverneur Odieux. Derrière ses histoires, Roy cherche à gagner la confiance d’Alexandria afin qu’elle vole de la morphine. Gâce à celle-ci, il pourra mettre fin à ses jours.

Réalisé, co-écrit et produit par Tarsem Singh, on trouve dans The Fall un véritable travail de photographie, de décors et de costumes. Le scénario, bien qu’assez convenu dans ses grandes lignes, mêle avec brio réel et imaginaire – mélange qu’affectionne particulièrement le réalisateur. Comme pour The Cell, on appréciera (ou non) la surenchère visuelle. Parfois déroutant et cryptique, fracturé de par les parallèles entre les différents contes (très colorés) et la « vie réelle » de l’hôpital (aux couleurs ternes), je trouve que les histoires n’en résonnent pas moins.

Un tournage ambigu

Le tournage en lui-même a été très long. Lors de la promo du film, Tarsem a annoncé lors d’interviews (dont Empire) : « J’ai mis 17 ans à trouver les lieux du tournage, 8 ans pour trouver la fille, 12 semaines pour les scènes dans l’hôpital et ensuite environ 4 ans et demi, car on a fait le tour du monde et je sais qu’on a fait plus de 24 pays différents ».

En effet, Catinca Untaru, à l’époque où le tournage a commencé, ne parlait pas anglais et a appris au contact de l’équipe et du reste du cast. Très peu au fait de la présence des caméras, les scènes entre Catinca et Lee étaient donc essentiellement improvisées, se basant sur les émotions de la jeune fille, ses attentions pour Lee, etc. Sur une idée de Tarsem, l’équipe de tournage était persuadée que l’acteur principal était tétraplégique et c’est seulement au bout des 12 semaines de tournage que le réaliseur leur a révélé qu’il ne l’était pas… La réaction n’a pas tardé, et les équipes n’ont pas apprécié la cachotterie ! Catinca aurait cru « Roy guéri grâce à son amour » (Lee s’était présenté à tous sous le nom de Roy) a même révélé l’acteur dans une interview pour Movie Web.

Catinca est effectivement touchante. Elle apparaît réellement comme une enfant innocente avec ses moments de joie et de tristesse. Ce qui saute encore plus aux yeux lorsque l’on sait qu’elle ne « jouait » pas véritablement. Roy de son côté apparaît en homme brisé. Plus encore que son corps, c’est son cœur qui ne supporte plus de battre.

L’esthétisme avant tout ?

Dans The Fall, l’imagination du réalisateur est donc à son paroxysme, originale tout en restant imparfaite. Il faut dire que le film souffre de quelques longueurs ; mais c’est un film qui incite au voyage, à la découverte et à faire confiance à l’autre. Ces univers colorés sont un des aspects les plus marquants. J’ai été transporté par le côté poétique, lyrique, des histoires contées par Roy à Alexandria. Cette esthétique, poussée à l’extrême, est sans aucun doute ce qui divisera les spectateurs. On aime, ou on déteste.

Le film est tellement méconnu en France qu’il n’avait pas bénéficié d’une sortie en salle. La version DVD/Blu-ray n’est arrivée qu’en 2009 (Warner/M6). L’édition Blu-ray, introuvable aujourd’hui, comporte un petit étui supplémentaire avec des cartes postales imprimées sur un beau papier, épais et brillant.

Vous pouvez regardez la bande-annonce (en VO). Pour la bande-annonce de The Cell, c’est par ici (en VF).

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