Comme des bêtes 

Chris Renaud et Yarrow Cheney
Illumination Entertainment

Comme des bêtes ? C’est-à-dire ? 

Bon avant tout chose, je tiens à préciser que je suis assez friande de films d’animation, et plus généralement de films d’enfance portant sur nos amis les bêtes (comme L’incroyable voyage ou encore Oliver et Compagnie), oui oui j’aime les léchouilles, les boules de poils sous le lit et les « Mais où es-tu donc caché ? » à minuit. C’est donc avec joie et allégresse, comme Luna Lovegood allant nourrir ses Sombrals, que je me rends dans le premier cinéma venu, en ce mois de septembre 2016, pour assister à une projection du film Comme des bêtes.

Alors il faut dire que les bandes annonces de ce long métrage d’animation étaient particulièrement alléchantes, et ma réplique franchement au poil, puisqu’elles nous annonçaient, en outre, la manière dont nos animaux de compagnie (y compris les cochons d’inde, non mais vous imaginez les cochons d’inde quoi !) se comportent et organisent leur vie lorsque les êtres humains, autrement dit nous, partent à l’école ou au travail. Dommage pour les chiens et les chats ayant un maître au chômage, et ne pouvant donc organiser un apéro entre toutous et matous, du moins je suppose… Sur la première bande annonce on y voit, en effet, un chat n’hésitant pas à manger tous les aliments du frigo, un chien attendant désespérément le retour de sa maîtresse en bas de la porte, ou encore une perruche s’entraînant à voler comme un avion de chasse.

Pour tout vous avouer je trouvais l’idée plus qu’intéressante bien que celle-ci soit déjà connue du grand public, notamment avec les films Comme chiens et chats et Mission G présentant nos boules de poil comme des agents secrets en proie à une guerre interminable. J’espérais en effet voir les animaux comme ils le sont vraiment, dans notre réalité, mais avec, bien entendu, de l’imagination et de la créativité en plus. Malheureusement c’est sur ce point-ci que le film s’éclipse, ou du moins, déçoit. Hélas, ce n’est donc pas demain la vielle que je saurais ce que fait mon poisson combattant en mon absence… Et oui, il ne faut pas oublier que le titre original est bien The secret life of pets, autrement dit la vie secrète des animaux (je me permets de traduire pour les gens pas très très bons en anglais comme moi) ! Ai-je eu l’impression de voir la vie secrète des animaux ? Hum… non pas vraiment. Est-il mauvais pour autant ? Non, évidemment que non, et bien heureusement, puisqu’il reste une comédie déjantée et très divertissante bien qu’explicitement adressée aux enfants. Je m’explique. 

Oui l’histoire dans tout ça ? 

Comme des bêtes ne vous montrera pas vraiment la vie secrète des animaux en tant que telle, sauf peut-être pendant les cinq premières minutes, et se présente ainsi en une aventure familiale agrémentée de courses-poursuites avec la fourrière, de réflexion sur l’amitié et la famille, et sur l’importance de la solidarité…blabla. Et oui exactement comme dans La Belle et le Clochard 2 ou comme dans les centaines d’autres films portant sur nos amis les bêtes… Pas très original donc.  Evidemment, ce sont de très belles thématiques, mais elles sont déjà convenues, vues et revues disons nous. De plus, ces valeurs semblent expédiées, et n’apporte absolument à la personnalité ou au passé des personnages, ce qui est fort dommage. 

L’histoire est simple mais reste tout de même très efficace, étant adressé aux plus jeunes. Au début du film nous retrouvons Cathy et son petit chien Max, un jeune Jack Russel, vivant une formidable histoire d’amour (oui oui c’est presque présenté ainsi). Max et sa maîtresse vivent en parfaite harmonie (vous entendez le chant des oiseaux ?) jusqu’au jour où celle-ci décide d’adopter un gros chien poilu Duke. La vie de Max vire alors au cauchemar. Il demande de l’aide à certaines de ses amies, notamment Gidget, une chienne esquimau américain, et Chloé, une chatte européenne obèse. Mais ces dernières ne peuvent l’aider à s’en débarrasser. En plus de ça, non parce qu’il faut le noter tout de même, elles ne sont présentes dans le film qu’à titre  de « love interest« , cette pratique m’exaspéra toujours… féministe que je suis. Enfin bref, afin de retrouver le calme, la sérénité et son bonheur disparu, Max tente d’accuser Duke de tout détruire dans la maison et espère ainsi son départ immédiat. 

Et surprise : C’est un échec ! Vous ne vous y attendez pas à celle-là hin ? Si ? Bon… Suite à une simple promenade, et à une attaque de chat sphinx, les deux chiens perdent leurs colliers et se retrouvent capturés par la fourrière. Rapidement, ils se font aider par des animaux errants dont un lapin totalement schizophrène… Mais soudainement ils se rendent compte qu’ils sont arrivés bien loin de chez eux et vont devoir s’entraider pour espérer revoir un jour leurs amis et leur très chère Cathy. Cela vous dit quelque chose ? C’est normal, moi aussi j’ai directement pensé à Toy story premier du nom, rassurez-vous. 

Cela dit, des moments forts et intenses sont présents. Et le film ne manque pas de réaliser de précieux et de très nombreux clins d’oeil, ma foi drôles et appréciables pour les adultes et les enfants, notamment au Monde perdu, à Titanic, aux Oiseaux d’Hitchcock, à Grease, à Super Mario, ou encore à West Side Story. L’animation est très réussie, colorée et efficace. Et le doublage français est remarquable avec notamment Florence Foresti, Dorothée Pousséo, Philippe Lacheau et François Damiens au micro. 

 

  • Une animation fun, précise, très détaillée 
  • Un doublage de qualité accompagnant parfaitement la personnalité de chaque personnage
  • Une comédie divertissante, drôle, attachante, avec de très nombreux clins d’oeil à d’autres éléments de la culture populaire 
  • Un petit plébiscite contre l’abandon qui fait du bien, bien que trop peu explicité
  • Une histoire déjà vue, vue, vue, et que dis-je ? Revue et revue. 
  • Toutes les storylines ne sont pas exploités et ne vont pas au bout de leurs idées 
  • La musique est loin d’être inoubliable 
  • Le film manque d’innovation, de neuf, et s’ancre trop dans la comédie infantile sans s’attacher aux grandes questions qu’il aurait pu soulever 

Conclusion :

 

Un petit film sympathique pouvant plaire à la famille, se situant tout de même bien loin des classiques de Pixar et de Disney. Il arrive néanmoins à distraire et à nous faire sourire bien qu’il n’exploite pas assez la thématique de l’abandon pourtant bien ancré dans notre société. 

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