Green Lantern Legacy, de Minh Lê et Andie Tong


Green Lantern Legacy est écrit par Minh Lê, avec Andie Tong au dessin. Il s’agit d’une des deux sorties de septembre d’Urban Link (avec The Magicians). Disponible depuis le 10 septembre, ce comics a en son cœur la notion d’héritage.

Après avoir fui la guerre du Viêt Nam, les grands-parents de Tai Phan se sont installés à Coast City. Ils y ont rebâti une vie à partir de rien, fondé une famille et ouvert le Jade Market, devenu depuis le coeur de la communauté vietnamienne du quartier. À la mort de sa grand-mère, le jeune garçon s’aperçoit à quel point elle était une femme aimée et respectée des siens, oeuvrant quotidiennement pour les immigrés en détresse et ne fléchissant jamais devant les nombreuses tentatives d’intimidations racistes des locaux, bien décidés à les faire quitter ce qu’ils estiment être « leur mère patrie ». Véritable modèle pour lui, Tai n’imaginait pas qu’elle puisse lui cacher un secret plus admirable encore. L’anneau qu’il l’avait toujours vu porter au doigt sans jamais vraiment y prêter attention était en fait le signe d’une lourde responsabilité, une mission dont il est désormais l’héritier.

Si vous avez lu mes autres chroniques, vous savez que c’est un label que j’aime beaucoup ! Bien qu’ils ne soient pas tous aussi réussis*, dans l’ensemble, je trouve vraiment intéressant cette idée de découvrir un autre pan – librement inspiré de l’histoire de nos héros (ou anti-héros) d’un personnage pourtant bien connu. Avec Green Lantern Legacy, on est là sur un récit plus personnel – plus intime.
*mes coups de cœur sont Teen Titans: Beast Boy et Victor & Nora, que j’ai eu vraiment plaisir à découvrir et chroniquer.

Un grand pouvoir implique…

Tai découvre donc à la mort de sa grand-mère qu’elle était une Green Lantern. Il fera tout pour être digne de l’anneau et du pouvoir qui lui a été confié. N’étant pas une grande connaisseuse de l’univers Green Lantern, le fait que Green Langern Legacy prenne des libertés et s’éloigne de ce qu’on peut lire habituellement dans ces comics ne m’a pas gêné. Après tout, c’est le principe même du label d’Urban Comics.

J’aime ce mélange « super héros » et thématiques de société qu’on retrouve dans le label pour les jeunes adultes. Pas étonnant que l’héritage soit au centre de l’histoire de Minh Lê (« Legacy » en même temps…). Parmi les thèmes forts abordés dans les pages de Green Lantern Legacy, on retrouve l’immigration (et l’intégration difficile), le racisme mais aussi la solidarité.

Le trait d’Andie Tong est agréable et la mise en page, dynamique. La colorisation est soignée – sans surprise, la couleur prédominante est le vert. Le scénario est un peu convenu (l’antagoniste facile à deviner) mais cela n’entache pas la lecture, qui reste fluide tout au long du récit. D’après ce que j’ai pu voir sur la toile, une suite a été annoncé ! Je la lirai avec plaisir.

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Victor & Nora – A Gotham Love Story, L. Myracle & I. Goodhart


J’ai envie de vous parler de Victor & Nora, A Gotham Love Story de Lauren Myracle et Isaac Goodhart. Le mois dernier, Urban a continué sur sa (belle) lancée dans son label Urban Link avec des sorties toutes plus sympas les unes autres que les autres.

Victor Fries a un cœur de pierre. À la mort de son frère, sa vie s’est littéralement figée et il n’a trouvé d’autre solution que de noyer sa culpabilité et son chagrin dans ses études scientifiques.
À contrario, Nora Faria est pleine de vie. Elle souffre pourtant d’une maladie incurable qui la consume peu à peu de l’intérieur… Pour elle, hors de question de se laisser abattre. Sa décision est prise : il ne lui reste que peu de temps à vivre, aussi elle compte bien profiter de ce dernier été à Gotham jusqu’au jour de son anniversaire, où elle se donnera la mort.

Dans les autres romans graphiques sortis en mai, il y avait Shadow of the Batgirl – que j’ai bien aimé et dont j’espère avoir le temps de vous parler – et Gotham High. Celui que j’attendais le plus était sans aucun doute Victor & Nora ! Pour ceux du fond, Victor n’est autre que le fameux Mr Freeze, un des ennemis de Batman.

Deux âmes torturées – deux opposés qui s’attirent

Le duo de Catwoman under the moon revient avec un nouveau titre. J’adore le trait d’Isaac Goodhart, son onirisme, et son découpage des planches. La colorisation de Cris Peter est également un grand « oui » pour moi. Quoi qu’un peu clichées dans les teintes choisies pour les deux personnages, celles-ci se marient à la perfection lorsqu’ils sont ensemble. Comme souvent lorsqu’on a une histoire courte, l’intrigue est parfois un peu rapide.

Victor et Nora ont un caractère diamétralement opposés. Le happy ending est écarté d’emblée quand on connaît les personnages de l’univers de DC. Pourtant, ils vont se découvrir et se lier rapidement. Victor & Nora est une histoire de rencontre – et d’amour –, entre deux adolescents a qui la vie n’a pas fait de cadeaux. Bien sûr, le deuil et la maladie sont des thèmes importants amenés dès le début du récit. Ils sont d’ailleurs utilisés tout au long de celui-ci, sous différentes facettes (malade et sa famille, perte d’un être cher…). Il s’agit donc une histoire d’amour sombre et tragique, certes, mais l’humour et la tendresse ne sont pas en reste.

Victor & Nora est un one-shot touchant et bien mené avec des personnages attachants, qui se lit facilement. La fin ouverte permet de rattacher Victor au Mr Freeze « que l’on connaît ». Elle lui procure un background plus humain, et plus complexe. Ceci dit, même si vous n’aimez pas Batman ou n’en avez jamais lu (ou vu !), Victor & Nora est une lecture à faire.

Pour lire plus d’articles mangas, BD… c’est par ici ! Vous pouvez également découvrir mes chroniques de Teen Titans: Beast Boy et Batman Nightwalker, également parus chez Urban.

Teen Titans : Beast Boy, Kami Garcia & Gabriel Picolo


Teen Titans : Beast Boy de Kami Garcia et Gabriel Picolo, le comics d’Urban Link qui a détrôné Raven (même auteurs, même éditeur) dans mon cœur.

Garfield Logan est en terminal. C’est sa dernière année de lycée, et il est bien loin d’avoir rempli les objectifs qu’il s’était fixé. Les régimes protéinés l’ont à peine remplumé de quelques kilos, sa croissance est au point mort et sa voix n’a toujours pas mué. En bref, Gar complexe. Tous les autres étudiants semblent avoir trouvé leur place, ont l’air de savoir avec précision ce qu’ils aiment, ce qu’ils veulent et surtout ce qu’ils sont mais, à dix-sept ans, Gar est encore bien loin de tout ça. Il est celui que personne ne remarque, et son crush, Alana, ne fait pas exception. Ses amis, Stella et Tank, ont du mal à comprendre ses obsessions et cette volonté tenace de devenir le prochain M. Populaire. Á trop se soucier du regard des autres, ne risque-t-il pas de se perdre en chemin ?

En octobre dernier, je vous avais parlé de Batman Nightwalker et du label Urban Link. Label qui se développe extrêmement vite (et bien ou moins bien, il en faut pour tous les goûts !). Teen Titans : Beast Boy est considéré comme le deuxième tome de la trilogie Teen Titans (le premier étant centré sur le personnage de Raven, le troisième – à paraître – les fera se rencontrer).

« Les autres ne t’accepteront que si tu t’acceptes toi-même. »

J’avais beaucoup aimé Teen Titans : Raven, malgré quelques défauts dans la narration et son découpage. J’attendais donc avec impatience que Teen Titans : Beast Boy soit disponible dans nos librairies ! Je ne m’attendais pas à l’apprécier encore plus. L’agréable surprise est la présence de la cause animale dans le récit, qui ajoute un peu plus de profondeur et de distance (puisque centré sur Gar sinon).

Il faut dire qu’il existe peu de titre centré sur ce personnage ; pourtant, Gar est tellement attachant ! Difficile de ne pas s’identifier à lui, l’ado complexé par son physique « de gringalet », qui ne grandit pas et ne prends pas de muscles malgré ses efforts. On le voit qui cherche désespérément sa place, à se faire accepter par les autres lycéens… On y trouve également beaucoup d’humour, et une bonne dose de sarcasme.

Graphiquement, on retrouve donc le style de Gabriel Picolo. Les illustrations sont magnifiques. Les tons sont majoritairement verts pour la colorisation des planches, pour coller au personnage de Beast Boy.

Ainsi, Teen Titans : Beast Boy est avant tout à propos de Gar avant qu’il ne « devienne » Beast Boy. Le jeune homme découvre peu à peu ses capacités hors-norme. Comme pour les autres titres du label, on assiste à sa transformation, à ses épreuves, jusqu’à ce qu’il arrive à s’accepter pour ce qu’il est. Vivement la suite, Beast Boy Loves Raven !

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Batman Nightwalker, Marie Lu & Chris Wildgoose


Urban Link est un label d’Urban Comics. Ils ont démarré celui-ci juste avant l’été avec le très attendu Teen Titans Raven (de Kami Garcia et Gabriel Piccolo). L’éditeur souhaitait proposer des romans graphiques à « une nouvelle génération » de lecteur·rice·s. Batman Nightwalker est sorti le 24 septembre dernier.

À dix-huit ans, Bruce Wayne est loin d’être un jeune homme comme les autres. Si l’argent n’achète pas tout, il permet au moins à l’orphelin d’assouvir sa soif de justice en combattant le crime de jour comme de nuit, parfois même à son propre détriment. Arrêté et condamné à des travaux d’intérêts généraux alors qu’il tentait d’arrêter les Nightwalkers, Bruce est envoyé au centre pénitencier pour criminels instables : l’asile d’Arkham. Il y fait la connaissance de la troublante Madeleine, qui lui révèle être en contact avec le gang qui terrorise Gotham. Les Nightwalkers ciblent les puissants de la ville, et le nom de Bruce est le suivant sur leur liste…

Romans graphiques engagés

On retrouve nos héros et anti-héros dans leurs jeunes années. Harley Quinn, Catwoman, Black Canary ou encore Supergirl… Il y en avait pour tous les goûts ! Et maintenant, c’est au tour de Batman de rejoindre la collection.
La force des sorties Urban Link vient des thèmes abordés. Questions d’inégalités sociales, de rapport à soi ou à l’autre ; réflexions sur la société, l’écologie… Les romans graphiques regorgent de sujets forts sous couvert de personnages qui se cherchent. Ni enfants, ni tout à fait adultes, les personnages se découvrent au fil des pages.

C’est le cas de Bruce Wayne. 18 ans ans dans Batman Nightwalker, Bruce n’est donc pas encore le Batman que l’on connaît : il a des amis, des idéaux encore bien ancrés… et un petit côté naïf, idéaliste. On connaît bien Batman, on connaît Bruce enfant. Les flashbacks (et scènes du meurtre de ses parents) ne manquent pas dans les comics ou les adaptations. Mais finalement, on connaît très peu son adolescence.

Bruce et Madeleine, sitting on a tree

Madeleine est difficile à cerner. Intelligente et calculatrice, elle semble toujours avoir un coup d’avance sur les autres. J’ai apprécié que Bruce se fasse manipuler (et perde ses moyens comme un amoureux transi), qu’il soit maladroit comme un ado le serait. Bien sûr, Madeleine se révélera plus qu’une simple criminelle – cela donne une certaine profondeur au personnage. Il n’y a pas de grande surprise dans le scénario, mais quelques bons retournements de situation agrémentent la lecture.

J’aime le clin d’œil d’Arkham. Le fait que l’histoire de Nightwalker s’y déroule en grande partie. Bruce s’y retrouve à faire des travaux d’intérêts généraux et tombe amoureux (pour la première fois ?) dans ce lieu si emblématique de Gotham. Lieu auquel il sera lié tout le restant de sa vie, puisqu’il y enverra par la suite ses ennemis.

Une belle découverte

Batman Nightwalker est une adaptation du roman de Marie Lu (publié en 2018 en France chez Bayard). Je n’ai pas eu l’occasion de lire le roman, mais le trait de Chris Wildgoose est vraiment plaisant et je pense qu’il ajoute son petit plus au récit, adapté pour l’occasion. J’aime particulièrement le traitement des couleurs de Stuart Moore, dans les tons bleus/gris avec les touches de jaune pour apporter du contraste.

J’étais très curieuse de découvrir Nightwalker et je ne regrette pas le temps passé sur ma lecture (ou cette chronique). Sans être le meilleur titre sur Batman, Nightwalker est plaisant et a le mérite de nous montrer un autre pan de la personnalité de Bruce.

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