Supergirl : Woman of Tomorrow


Supergirl : Woman of Tomorrow était une des sorties de l’été que j’attendais le plus. Disponible depuis le 8 juillet aux éditions Urban, le comics de Tom King et Belquis Evely est un très bon mélange de science-fiction, de conte de fées, de magie et d’action.

Kara Zor-El a vécu bien des aventures épiques mais elle cherche aujourd’hui un sens à son existence. Témoin de la destruction de sa planète, elle fut envoyée sur Terre avec pour mission de protéger un petit cousin qui finira par ne plus avoir besoin d’elle. A quoi tout cela a-t-il servi ? Où qu’elle aille, l’ombre de Superman semble la suivre jusqu’à la faire douter de sa propre légitimité. Perdue dans ses questionnements existentiels, Kara taquine la bouteille le soir de son 21e anniversaire lorsque sa trajectoire percute celle de Ruthye, jeune extraterrestre en quête de vengeance…

Fable empreinte de science-fiction, Supergirl : Woman of Tomorrow mêle habilement les genres, sans pour autant mettre de côté le développement du récit ou des personnages. Ici, on ne se concentre pas vraiment sur Supergirl et ses pouvoirs, mais plutôt sur ses qualités d’être humain (empathie, persévérance…). On découvre donc une Kara plus fragile, plus humaine à travers les yeux de Ruthye, qui l’accompagne.

Quoi qu’un peu bavard et lent, le comics n’en reste pas pas moins une belle lecture. Et ce graphisme, ces couleurs ! Ce sublime trait est signé Bilquis Evely (Sandman : The Dreaming, récemment paru chez Urban d’ailleurs) et la coloration est de Matheus Lopes. Conclusion ? Supergirl : Woman of Tomorrow vaut vraiment le coup d’œil.

Découvrez un extrait sur le site de l’éditeur. Pour lire plus de chroniques de comics, rendez-vous par ici !

Superman, son of Kal-El T1, de Tom Taylor et John Timms


Fin avril, Urban Comics a sorti dans sa collection ‘DC Infinite » le premier tome de Superman, son of Kal-El. Urban annonce d’emblée que « sa naissance sera aussi exceptionnelle que les origines de son père« . Comment est réllement Jonathan – Jon – Kent ?

Jonathan Kent a subi beaucoup d’expériences au cours de sa jeune vie : traversé de nombreuses épreuves et même vécu dans le futur avec la Légion des Super-Héros, chargés de l’entraîner pour le jour où son père, Clark Kent, ne pourrait plus être Superman. Même si Jon ne sait pas exactement quand ce jour aura lieu, les signes lui montrent qu’il pourrait être proche… Il est temps pour le fils de porter la cape de son père et le symbole d’espoir que représente Superman.

Tel père, tel fils ?

Le comics démarre sur une rapide introduction de Jon avec un chapitre centré sur la fin de la grossesse de Loïs. Car oui, Jon est le fils de Superman et de Loïs Lane ! Il grandit comme un enfant « normal »… Et pourtant ! Il se met à développer des capacités surhumaines ; il pourrait même devenir plus fort que son père. En tout cas, il est plus humain – littéralement.

Jon devient ami avec Damian Wayne et côtoie Wally (The Flash). Il rencontre Jay, qui tient une chaîne de streaming de manière clandestine et anonyme appelée « La vérité ». Cette amitié se transforme rapidement en relation amoureuse, plutôt discrète (hormis un bisou, qui a d’ailleurs fait beaucoup parler de lui sur les réseaux, tout reste très « tout public »). Personnellement, j’avais très envie de lire le comics justement pour cette relation.

Dans l’ensemble, les ‘chapitres’ sont divertissants, les thèmes d’actualité (les réfugiés, le réchauffement climatique). Les intrigues peuvent paraître décousues et sont parfois confuses, car pas toujours linéaires dans leur temporalité. Mais il est vrai que Jon, plus humain, est attachant et Damian n’est PAS insupportable, ce qui n’est pas négligeable ! Tom Taylor présente ainsi son Superman de manière engageante et sympathique. Finalement, on est vraiment dans de l’exposition (personnages, intrigue principale qui s’installe doucement…). Ce n’est pas un coup de cœur : la suite de Superman, son of Kal-El nous dira si c’est top ou si ça flop.

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Catwoman à Rome, Jeph Loeb et Tim Sale


À l’approche de la sortie du prochain film The Batman, Urban annonce la sortie de plusieurs comics qui ont aidé à la conception du film. Parmi eux, Catwoman à Rome de Jeph Loeb et Tim Sale.

Rome. Une destination de rêve, dont le simple nom évoque autant la grandeur de l’Histoire et ses secrets que la légendaire mafia italienne. Remontant la piste du Romain – Carmine Falcone – depuis Gotham, les pas de Selina Kyle la mènent jusqu’à la ville éternelle. Un voyage à double usage pour Catwoman qui voit un moyen de suivre la quête personnelle de ses origines tout en cherchant à fuir Batman, qui prend de plus en plus de place dans ses pensées…

Searching for me

Même sans être au parfum dans (toutes) les histoires de Batman, on peut profiter de Catwoman à Rome et ce n’est pas négligeable, quand on pense à l’univers foisonnant du chevalier noir.

La couverture de cette nouvelle édition, aux accents minimalistes (Selina y apparaît en partie cachée) et aux tons tricolores (uniquement noir, blanc et rouge), est particulièrement réussie. Le duo Jeph Loeb et Tim Sale (Un long Halloween) était assez pour me donner envie d’y plonger. En effet, ils sont ici aux commandes de Catwoman à Rome. Sans surprise, parce qu’il s’agit de Tim Sale, le dessin est beau. Les illustrations sont réellement saisissantes… et Selina est mise en valeur (même si, disons-le, « trop souvent » dénudée). La colorisation de Dave Stewart fait honneur aux traits de Tim Sale.

Rythmée, l’intrigue est bien menée. Le passé de Selina est un mystère – c’est en partie ce qui rend le personnage si attirant. Ici, Selina/Catwoman part à la recherche de son passé, de ses origines. Poursuivie par Batman, ses amis ne seront pas forcément ceux auxquels on pense. Sa relation avec Bruce/Batman est joliment mise en page.

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Batman White Knight : Harley Quinn


Batman White Knight : Harley Quinn faisait partie des sortie de novembre que j’attendais le plus ! Sean Murphy est un dessinateur que j’apprécie beaucoup. J’étais également curieuse de découvrir la scénariste, Katana Collins, une autrice de romance plutôt prolifique (mais que je ne connaissais pas du tout).

Bruce Wayne est toujours enfermé en prison, payant pour ses exactions envers la ville de Gotham et tentant de se racheter aux yeux de ses anciens alliés. Mais il a à présent noué une relation de plus en plus forte avec son ancienne ennemie, l’ex-compagne de Jack Napier, Harleen Quinzel. Jeune maman, celle-ci est contactée par le GCPD pour l’épauler sur une affaire qui va faire remonter à la surface les souvenirs encore vivaces de son passé de criminelle.

Ce tome de plus de 170 pages est dense. J’ai trouvé qu’il nécessitait de s’immerger dans la lecture pour avancer dans celle-ci. On profite, à la fin du volume, de l’histoire courte Harley Quinn Black + White + Red et des illustrations des couvertures alternatives, toutes aussi belles les unes que les autres, ainsi que quelques dessins et recherches préparatoires des auteurs.

L’intrigue de Batman White Knight : Harley Quinn se situe deux ans après Curse of the White Knight.

Toujours plus d’Harley/d’Harleen

Comme le titre l’indique, Batman White Knight : Harley Quinn se focalise sur cette dernière. Femme tiraillée entre son passé, son présent et son futur. Mère célibataire (et endeuillée suite à la mort de Jack Napier/le Joker) de deux jumeaux – ses vrais bébés sont ses deux hyènes –, elle finit par accepter d’être consultante dans la police pour enquêter sur des meurtres. Bien que radiée de l’ordre des médecins (son titre de psychiatre a été révoqué), elle se laisse porter par l’enquête et finit par réendosser son costume.

Les lecteur·rice·s sont d’office transporté·e·s dans l’histoire : Harleen est une femme dépassée par les événements, qui a du mal à voir l’intérêt d’élever des enfants. Les flashbacks nous montre sa relation avec Jack, son attachement pour Bruce (en prison)…

Sans surprise, les thèmes les plus présents sont donc l’amour et le deuil, et se mélangent parfaitement sans en faire trop. Le personnage d’Harleen est très moderne – elle un côté réaliste, réellement humain – et on s’attache à elle. Et puis, ses hyènes sont si mignonnes… !

Le petit côté polar/thriller n’est finalement que ça ; assez anecdotique, mais pas dérangeant et suffisamment présent pour que ça « fasse l’affaire ».
Le dessin de Matteo Scalera est très bon, on sent la « patte » Murphy tout en étant différente – plus douce, peut-être. La colorisation est également très efficace, et signée Dave Stewart.
Si la lecture de Batman White Knight : Harley Quinn pourra dérouter les personnes qui ne sont pas très au fait des aventures du Chevalier Noir, j’ai trouvé dans l’ensemble que c’était un vrai plaisir de découvrir « Harley Quinn » différemment.

Batman White Knight : Harley Quinn est un indispensable pour les personnes qui sont fans du personnage ; iels la découvriront sous une autre facette.

Vous pouvez accéder à un extrait en ligne sur le site de l’éditeur. Pour lire plus de chroniques de comics, c’est par ici 🙂

Batman Nightwalker, Marie Lu & Chris Wildgoose


Urban Link est un label d’Urban Comics. Ils ont démarré celui-ci juste avant l’été avec le très attendu Teen Titans Raven (de Kami Garcia et Gabriel Piccolo). L’éditeur souhaitait proposer des romans graphiques à « une nouvelle génération » de lecteur·rice·s. Batman Nightwalker est sorti le 24 septembre dernier.

À dix-huit ans, Bruce Wayne est loin d’être un jeune homme comme les autres. Si l’argent n’achète pas tout, il permet au moins à l’orphelin d’assouvir sa soif de justice en combattant le crime de jour comme de nuit, parfois même à son propre détriment. Arrêté et condamné à des travaux d’intérêts généraux alors qu’il tentait d’arrêter les Nightwalkers, Bruce est envoyé au centre pénitencier pour criminels instables : l’asile d’Arkham. Il y fait la connaissance de la troublante Madeleine, qui lui révèle être en contact avec le gang qui terrorise Gotham. Les Nightwalkers ciblent les puissants de la ville, et le nom de Bruce est le suivant sur leur liste…

Romans graphiques engagés

On retrouve nos héros et anti-héros dans leurs jeunes années. Harley Quinn, Catwoman, Black Canary ou encore Supergirl… Il y en avait pour tous les goûts ! Et maintenant, c’est au tour de Batman de rejoindre la collection.
La force des sorties Urban Link vient des thèmes abordés. Questions d’inégalités sociales, de rapport à soi ou à l’autre ; réflexions sur la société, l’écologie… Les romans graphiques regorgent de sujets forts sous couvert de personnages qui se cherchent. Ni enfants, ni tout à fait adultes, les personnages se découvrent au fil des pages.

C’est le cas de Bruce Wayne. 18 ans ans dans Batman Nightwalker, Bruce n’est donc pas encore le Batman que l’on connaît : il a des amis, des idéaux encore bien ancrés… et un petit côté naïf, idéaliste. On connaît bien Batman, on connaît Bruce enfant. Les flashbacks (et scènes du meurtre de ses parents) ne manquent pas dans les comics ou les adaptations. Mais finalement, on connaît très peu son adolescence.

Bruce et Madeleine, sitting on a tree

Madeleine est difficile à cerner. Intelligente et calculatrice, elle semble toujours avoir un coup d’avance sur les autres. J’ai apprécié que Bruce se fasse manipuler (et perde ses moyens comme un amoureux transi), qu’il soit maladroit comme un ado le serait. Bien sûr, Madeleine se révélera plus qu’une simple criminelle – cela donne une certaine profondeur au personnage. Il n’y a pas de grande surprise dans le scénario, mais quelques bons retournements de situation agrémentent la lecture.

J’aime le clin d’œil d’Arkham. Le fait que l’histoire de Nightwalker s’y déroule en grande partie. Bruce s’y retrouve à faire des travaux d’intérêts généraux et tombe amoureux (pour la première fois ?) dans ce lieu si emblématique de Gotham. Lieu auquel il sera lié tout le restant de sa vie, puisqu’il y enverra par la suite ses ennemis.

Une belle découverte

Batman Nightwalker est une adaptation du roman de Marie Lu (publié en 2018 en France chez Bayard). Je n’ai pas eu l’occasion de lire le roman, mais le trait de Chris Wildgoose est vraiment plaisant et je pense qu’il ajoute son petit plus au récit, adapté pour l’occasion. J’aime particulièrement le traitement des couleurs de Stuart Moore, dans les tons bleus/gris avec les touches de jaune pour apporter du contraste.

J’étais très curieuse de découvrir Nightwalker et je ne regrette pas le temps passé sur ma lecture (ou cette chronique). Sans être le meilleur titre sur Batman, Nightwalker est plaisant et a le mérite de nous montrer un autre pan de la personnalité de Bruce.

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