Comet Girl, Akase Yuriko


Comet Girl d’Akase Yuriko était l’une des sorties d’avril que j’attendais le plus. Casterman (via son label manga, Sakka) propose dans ce manga en deux tomes une œuvre atypique, totalement en couleurs.

Sazan, jeune Terrien, est agent de voirie interplanétaire : il saute d’astre en astre pour opérer sur des chantiers. Son quotidien bascule lorsque Mina, chevelure flamboyante et scooter volant rouge, débarque en trombe dans sa vie… Pour repartir aussitôt : la jeune fille est pourchassée par tout ce que l’univers compte de pirates de l’espace, car elle abrite en elle un pouvoir incommensurable… Il n’en faut pas plus à Sazan pour décider de porter secours à Mina. Mais où chercher ? L’aventure commence !

Niveau scénario, on pourrait le résumé très simplement : un jeune homme rencontre une jeune femme. Mais elle n’est pas une « girl next door » lambda, elle a des « super-pouvoirs » ! L’intrigue est assez simple, et je dis ça sans arrière (ni mauvaise) pensée. On a une histoire dont la ligne directrice est claire, avec de l’aventure, de l’action, une quête à accomplir… Les personnages sont attachants – le gang du Pique-Nique se révèle plus intéressant qu’on pourrait le croire au premier abord.

Manga-comète

Comet Girl m’a donné des « vibes » de Firefly et de La Planète aux trésors : des pirates de l’espace, les touches d’humour, le groupe de marginaux qu’on suit dans leur quête…

Le trait d’Akase Yuriko a un côté « années 1980 », très rétro, qui fonctionne vraiment bien. Toutes les pages sont en couleurs, ce qui est assez rare pour être remarquable. La narration est rythmée ; je ne me suis pas ennuyée du tout. De plus, on profite à fond de l’imagination de la mangaka. D’abord grâce au travail de Sazan sur d’autres planètes. Puis lors de ses aventures dans toute la galaxie, alors qu’il voyage avec le gang du Pique-Nique.

Comet Girl est un titre coup de cœur, un véritable divertissement au style marqué. L’ensemble est travaillé, de l’utilisation de la couleur (particulièrement adaptée aux mondes et personnages, et sur Mina en particulier) aux inventions technologiques, etc. Le panel d’émotions est justement dosé. Je trouve que ça change des titres post-apocalyptiques qu’on peut trouver habituellement en science-fiction.

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Téléportations Inc., de Dominique Latil & Romain Sordet


Téléportations Inc. de Dominique Latil et Romain Sordet est un titre de science-fiction avec une bonne pincée de western. La BD est disponible depuis le 7 avril et est éditée par Drakoo. Le second tome de la duologie, La Vie galactique, est quant à lui prévu pour début septembre.

La téléportation…
Le rêve du déplacement instantané est désormais une réalité. Mais les masses d’énergie mises en jeu lors de tels transferts et les exigences des lois de la physique imposent une gestion stricte de ces échanges. C’est le travail de la Compagnie de Téléportation Galactique. Et lorsque certains de ses clients croient pouvoir profiter de la facilité de ce mode de transport pour disparaître, la C.T.G. se doit de réagir vite et fort. Pour cela, elle possède un corps d’élite : à la fois espions et détectives, ces enquêteurs hors-pairs sont chargés de traquer et ramener les voyageurs perdus ou en fuite dans toute la galaxie. La plus compétente et la plus radicale de ces Agents de Retour est Lubia Thorel…

Drakoo, vous connaissez ?

Les Artilleuses, c’est eux ! Le Grimoire d’Elfie (un vrai coup de cœur), aussi ! Drakoo est une maison d’édition dédiée à l’imaginaire, née des envies du président fondateur de Bamboo Édition (Bamboo et Doki-Doki) et du scénariste Christopher Arleston (oui, celui de Lanfeust, Trolls…). Leur site comporte une belle note d’intention et leurs publications jusqu’à la période actuelle.

Perdus en translation

Dans un univers futuriste où la téléportation prend une place très importante, on rencontre des personnages sympathiques : l’agente de la C.G.T* Lubia Thorel et un lézard gaffeur (dont on sait finalement très peu de choses). À première vue, le pitch est intéressant et les dessins plutôt plaisants. Bien qu’ils ne soient pas mon « genre » habituellement, ça fonctionne ! Romain Sordet a un trait dynamique parfait pour les scènes d’actions – très nombreuses d’ailleurs. On oscille entre SF, space opera, western, enquête/espionnage… et avec des touches d’humour !

On nous sert donc un duo de personnages diamétralement différents mais assez complémentaires dans leurs comportement (c’est explosif !). L’histoire de Téléportations Inc. est très rapidement installée pour se concentrer sur l’action. Je trouve que cela dessert un peu l’ensemble. On a parfois l’impression qu’il nous manque les informations nécessaires pour appréhender correctement les événements. S’il semble « manquer » de quelque chose à la lecture, tout peut encore se jouer dans le 2e et dernier tome. Il sera décisif sur mon ressenti car je ressors mitigée de ma lecture. Il faut croire que j’en attendais plus…

Vous pouvez lire un extrait sur ce lien. Et pour plus de chroniques manga, c’est par ici !

RPG Book : une collection 3 en 1


RPB Book est le nom d’une nouvelle collection d’Elder Craft, et pour se lancer, ils ont ouvert un financement participatif sur la plateforme Ulule. Celui-ci a rapidement explosé (ils sont à plus de 430 % !). Qu’on se le dise, les livres « dont vous êtes le héros » ne sont pas morts. Je dirais même plus : ils ont encore de belles années devant eux grâce à des projets de cette encablure.

Je n’avais pas eu l’occasion de parler de financement participatif ici jusqu’à présent, mais il faut savoir que je trouve le concept vraiment cool ! Pouvoir participer à la création et à la disposition de quelque chose (objets, romans, etc.), je trouve ça très intéressant. Souvent, on a des bonus ou des prix plus bas que le prix de vente une fois que le produit sera sur le marché. Bien entendu, je n’adhère pas pour autant à tout. Certaines boîtes en abusent, d’autres personnes sont là seulement pour prendre l’argent et se barrent avec la caisse. Il faut donc choisir soigneusement ceux qu’on soutient.

RPB Book

Si vous avez grandi dans les années 1980-1990, je pense que vous ne serez pas passé à côté des « livres dont vous êtes le héros », ces livres-jeux d’un genre nouveau permettaient aux lecteur-rice-s de progresser dans l’aventure en fonction de leurs choix, ou des conséquences de leurs actions.

Le concept de la collection d’Elder Craft, RPG Book, est de promettre une aventure du type « 3 en 1 » : romans (à jouer seul), jeux de société (à jouer en groupe) et jeux de rôle (à jouer en groupe, avec un maître du jeu). Les premiers ouvrages à lancer la collection ne sont autres que Cthulhu, le Pacte d’Innsmouth et Out There : L’Exil.

Cthulhu, le Pacte d’Innsmouth

Le roman propose de visiter la ville éponyme en voyageant dans le texte originel et les descriptions d’H.P. Lovecraft en y ajoutant des détails  et intrigues additionnelles. H.P. Lovecraft n’étant plus de ce monde pour décrire les lieux inédits présentés dans cet ouvrage, le deuxième auteur n’est autre que Maxime Le Dain, l’un des récents traducteurs de l’œuvre de H.P. Lovecraft qui mène ici un hommage créatif et respectueux, mêlant l’inédit aux vestiges et l’archéologie à l’aventure.

« Out There : L’Exil ».

Le roman est basé sur un univers de science-fiction français inédit (créé par les studios mi-Clos et décliné en jeux vidéo, en BD interactive et en beau livre) dans lequel vous devrez survivre dans l’espace. La civilisation a fuit la Terre après une catastrophe et s’est refugiée sur des arches spatiales, sans jamais s’aventurer ni explorer les alentours…

Le financement participatif se termine le 6 mai, mais les ouvrages seront disponible plus tard dans l’année en librairie. Pour lire plus de chroniques côté lecture, c’est par ici ! Côté jeux, par là.

Alma, Shinji Mito


Alma de Shinji Mito est à découvrir de toute urgence ! Cette courte série débarque en France via l’éditeur Panini ! Ce manga de SF post-apocalyptique du Young Jump est disponible dès maintenant en librairie (ou pour être précis, depuis le 7 avril).

Dans un monde en ruine où l’humanité semble avoir été anéantie, Ray part à la recherche d’autres éventuels survivants, sous le regard inquiet de son amie Trice. Face à une attaque venue du ciel, Trice s’interpose pour protéger Ray et révèle un secret gardé depuis bien longtemps… Commence alors pour le jeune homme un long voyage, guidé par les paroles de son amie.

Je ne l’explique pas, mais de premier abord je n’ai pas aimé la couverture. Heureusement que je ne me suis pas arrêtée sur cette première impression. J’ai été transporté par le récit dès les premières pages ! Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue pour ne rien spoiler, mais on a là un premier tome fort.

Qu’est-ce qu’ « être humain » ?
ALMA © 2019 by Shinji Mito / SHUEISHA Inc.

Dans Alma, Ray part donc régulièrement en expéditions afin de cartographier le monde dans lequel il vit. Il cherche, surtout et avant tout, à savoir s’il existe d’autres humains dans les vestiges de ce monde. On se projette rapidement dans l’univers dans lequel Ray évolue. Alma est graphiquement sublime, que ce soit dans le design des personnages ou dans les décors hyper poussés (comme l’architecture des bâtiments lorsque Ray part en exploration). Lambda apporte un peu de fraîcheur et d’humour. Le découpage s’allie à la perfection avec les propos de Shinji Moto. Émotions, mystères et petites touches plus légères (merci Lambda !) parsèment la lecture.

Ray, notre protagoniste, est un jeune homme naïf dont on ne sait rien sur le passé – on ne sait rien sur le passé de l’humanité toute entière, d’ailleurs. En tout cas lorsqu’on entame notre lecture. L’intrigue est prenante tout en laissant beaucoup de choses en suspend afin de mieux les révéler (on espère) par la suite. Un premier volume de mise en place, mais un véritable coup de cœur ! Alma est terminé au Japon et ne comporte que 4 tomes, on est donc sur un récit court très attrayant… Maintenant, il va falloir attendre la sortie du 2e tome* !

Une preview du manga est disponible sur le Facebook de l’éditeur.
Et sinon, pour plus de chroniques, cliquez là !

* Le deuxième tome est annoncé pour début juin.

ALMA © 2019 by Shinji Mito / SHUEISHA Inc.

OUTRIDERS Test Xbox Série X !


Outriders : test Xbox Series X :

Bonjour tout le monde, je vous retrouve dans cet article pour vous faire part de mon test de Outriders, sur Xbox Série X. Ce jeu est la dernière production du studio SquareEnix sortie sur toutes les plateformes le 1er avril de cette année.
J’ai fait ce jeu en coopération avec un compagnon d’armes et il est possible d’évoluer jusqu’à 3 joueurs dans cet univers.
Alors prêt ? Attachez vos harnais et c’est parti !

A la découverte du nouvel espoir de l’humanité : Enoch


Outriders est un TPS se déroulant dans un futur apocalyptique. La Terre étant vouée à mourir, une poignée d’humains décide de partir vivre sur une nouvelle planète dans un système lointain : Enoch.

Vous faites partie de l’escouade qui doit poser le premier pied sur cette planète, les Outriders. Votre quête est de récupérer les balises de données avant l’arrivée du reste de l’humanité. Mais voilà, comme vous pouvez vous en douter, cette planète n’est pas si hospitalière que prévue. Nous plongeons donc dans ce qui se révèle être un combat pour la survie de l’espèce.
Il faudra faire preuve de courage pour surmonter les épreuves que ce monde mettra sur votre chemin, ainsi que les conflits dont l’être humain a le secret.

Enoch est une planète aux nombreux environnements, de la jungle aux montagnes enneigées en passant par des plaines arides ou encore des volcans, le panorama est au rendez-vous. Et ce qu’on peut dire c’est que cela est très beau. On n’atteint pas encore l’élite de la qualité visuelle, mais on sent que la next-gen est là et on en prend plein la vue tout au long de l’aventure. La planète offre des paysages aussi beaux que dangereux et c’est un plaisir de suer dans ces cadres de cartes postales futuristes. La faune locale et les aléas météorologiques prendront un malin plaisir à mettre votre talent à l’épreuve.

Mais du coup la castagne comment ça se passe ?

Outriders : une formule simple mais efficace.

Le jeu nous propose un système de combat, certes déjà utilisé à de nombreuses reprises, mais non moins agréable.

 

Inventaire

Jeu de tir à la troisième personne, très dynamique, on a comme un air de Gears Of War dès les premières minutes de gameplay. Le personnage est lourd mais se déplace vite. On évolue de couverture en couverture pour se défaire des ennemis le long de notre route. Ramassant sur le chemin des items et des ressources pour améliorer notre équipement.
Outriders propose un système de classes (4 au total) et de compétences propres à chacune d’entre elles.
Parmi ces classes nous avons : l’illusionniste qui sera un assassin se faufilant derrière les lignes ennemies pour y semer le chaos ; le pyromage qui utilise la puissance de feu pour infliger d’énormes dégâts à vos assaillants ; le telluriste, un guerrier résistant et protecteur ; et enfin le technomage, combattant longue distance qui utilise des outils de soutien pour aider votre équipe et ravager vos opposants. Libre à vous donc de créer votre guerrier selon vos aptitudes et de le personnaliser tout au long de l’avancée.

Arbre de compétence

La difficulté est bien gérée. Plus vous avancez plus le jeu devient difficile, mais il est possible de baisser le « niveau de monde » si jamais vous peinez à vous défaire des différentes épreuves.
La coopération est intéressante car selon vos classes, vos compagnons et vous aborderez des stratégies propres à votre escouade. Le catalogue des équipements est assez fourni sans pour autant nous perdre dans une infinité d’objets différents.

On rencontre pendant notre aventure différents combats de boss qui rajoutent du challenge à l’expérience.

Si on veut être tatillon, on peut dire que par moment les quêtes sont un peu répétitives. Mais il suffit de changer son approche ou la construction de son personnage pour vite s’accorder un peu de fraicheur. Ceci est d’autant plus vrai que vous avez un arbre de compétences propre à chaque classe permettant d’encore plus spécialiser votre gameplay. Et même si le jeu ne révolutionne pas un style déjà beaucoup utilisé, il n’en reste pas moins bien réalisé et très fun manette en main.

Alors cette nouvelle planète, on y plante la tente ?

Le jeu a connu dès son lancement un énorme succès, plus de 100 000 joueurs à sa sortie, un record pour Square Enix sur Steam.

Tout d’abord, si vous avez aimé les Gears Of War ou Bulletstrom, vous pouvez vous lancer dans ce jeu sans crainte, il y a de fortes chances pour que cela vous plaise (Le studio people can fly à l’origine de Bulletstorm est aussi à l’origine de Outriders en collaboration avec Square Enix).

Ensuite ce jeu plaira à tous les fans de TPS agressif avec une tendance tactique dans un univers science-fiction apocalyptique.

Le jeu est plaisant et encore plus avec un ou deux amis. Le rythme reste soutenu et la personnalisation du personnage offre des diversifications du gameplay.

Je n’ai appris l’existence de ce jeu que peu de temps avant sa sortie et j’ai été agréablement surpris, surtout pour quelqu’un n’étant pas habitué au genre.
Et surtout, le jeu est disponible gratuitement sur Xbox pour les détenteurs du GamePass de Microsoft.

Seul petit point noir, le jeu subit quelques soucis de connexions. Ils ne s’attendaient pas à un tel succès et les serveurs peinent sur les horaires de grande affluence, mais les développeurs travaillent d’arrache-pied pour régler cela au plus vite.
J’attends personnellement des DLC avec par exemple de nouvelles classes et des quêtes supplémentaires car ce jeu en possède le potentiel.
Je vous souhaite donc un bon moment pour ceux qui prendront un ticket pour Enoch et à la prochaine !!

Carole & Tuesday, Morito Yamataka & Shin’ichirô Watanabe


Disponible depuis le 17 février, le manga Carole & Tuesday (édité par nobi-nobi!) est l’adaptation en manga de la série à succès du même nom.

Carole & Tuesday est un titre qui combine intelligemment amour de la musique, amitié… et science-fiction ! Il faut dire qu’au départ, Carole & Tuesday est un anime de Shin’ichirô Watanabe et du studio Bones (Cowboy Bebop).

Ça a été comme un miracle… Quelques minutes de miracle gravées à jamais dans l’histoire de Mars. Voici le récit de deux jeunes filles qui ont révolutionné les choses !
Dans un monde futuriste où la population a émigré vers la planète Mars, la culture est en grande partie créée par des intelligences artificielles dont la population est friande. C’est dans ce contexte policé que deux jeunes filles rêvant de devenir de vraies musiciennes se rencontrent : Carole, la débrouillarde vivant de petits boulots et Tuesday, l’héritière d’une famille aisée. Le parcours pour percer dans le monde de la musique sera long et compliqué, mais elles vont bouleverser le genre en y apportant beaucoup d’humanité.

On aime ♥

Les personnages de Carole et Tuesday, si différents et pourtant tellement complémentaires, sont attachants. On apprécie de vivre à leurs côtés, de les suivre dans l’aventure de cette passion commune qu’est la musique – même si ce n’est pas forcément évident de démarrer dans ce milieu. Graphiquement, les dessins de Morito Yamataka sont beaux : il retranscrit de manière fidèle ceux de l’anime (personnages et leurs expressions, décors) malgré quelques maladresses.

Carole & Tuesday est une série courte en 3 volumes qui reprend les 12 premiers épisodes de l’anime (la saison 1)*, le lectorat n’aura donc pas le temps de s’ennuyer. On imagine facilement que ce sera un peu « rapide » au niveau du scénario, mais pour le moment, ce premier volume se lit très agréablement et on ressent la complicité entre nos héroïnes. Son seul véritable défaut, finalement, est le manque de musique ! À lire de toute urgence 😉

Vous pouvez découvrir le premier chapitre sur le site de l’éditeur (il faut scroller un peu !).

*L’anime compte 24 épisodes, en 2 saisons, il est d’ailleurs disponible sur Netflix

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©Morito Yamataka 2019 ©BONES, Shinichiro Watanabe 2019

Nos temps contraires, je ne te laisserai pas mourir, Gin Toriko

Aujourd’hui, je souhaite vous faire découvrir une pépite de science-fiction éditée par Akata (ça fait quelques mois que nous n’avions parlé de mangas Akata sur Error404 !). Nos temps contraires, je ne te laisserai pas mourir de Gin Toriko fait partie de ces nouveautés de fin octobre qu’il ne faut pas rater.

L’humanité, ne pouvant plus vivre sur Terre, s’est réfugiée dans l’espace, cloîtrée dans des « Cocoons ». Arata, Tara, Caesar et Louis sont des enfants précieux : des « néotènes », ces êtres qui, malgré leur apparence prépubère, possèdent la maturité d’adultes. Leurs corps se sont adaptés à la vie dans l’espace et, à ce titre, ils incarnent l’espoir et l’avenir de la race humaine. Quand un jour, ces quatre-là rencontrent une mystérieuse femme aux longs cheveux verts, atteinte de la « maladie de Daphné », leurs destins basculent à jamais…

Si j’ai été attiré par Nos temps contraires, c’est pour plusieurs raisons – bien sûr pour les thèmes abordés (une société où toutes les interactions sont codifiées mais où le genre n’a pas l’air d’avoir de l’importance, le rapport à l’autre…). Aussi, le fait qu’il s’agisse d’une série courte (8 tomes). Une autre des raisons qui m’ont poussé à m’intéresser au manga de Gin Torik : la science-fiction, tout simplement. Un genre trop mal-aimé ici. Finalement, la lecture de l’extrait m’a convaincu !

Un manga à part

Le shôjo de science-fiction est assez rare dans le paysage manga pour attirer à lui seul toute mon attention. Dans Nos temps contraires, les relations humaines sont au centre du récit, avec des personnages complexes et variés. Les néotènes sont des êtres qui ne grandissent et ne vieillissent pas comme les humains. Même s’ils vivent dans des cocons différents (Japon, Amérique, France et Inde), ils se réunissent régulièrement. Leurs interactions sont possibles parce qu’ils ont été liés les uns aux autres par un contrat durant leur enfance. La population des cocons semble extrêmement mélancolique de leur vie sur Terre, et nostalgique des époques passées (les tenues de Tara et de Louis, le masque d’Arata, la simulation de l’été 1975 qu’ils passent ensemble au début du récit…).

J’ai beaucoup aimé cette diversité, et j’espère qu’elle sera développée par la suite également. Ce premier volume promet une aventure intelligente, et j’ai hâte d’en apprendre plus. Les chapitres sont fluides et le côté futuriste crédible. L’univers est expliqué au fur et à mesure de la lecture, sans aucune lourdeur. Les relations entre nos quatre héros est d’emblée ficelée de manière efficace et attendrissante. La rencontre avec Gion ne laissera personne indifférent ; elle chamboulera nos héros et fera terriblement avancer l’intrigue. Je suis curieuse de voir si la maladie prendra une place encore plus importante dans la suite de l’histoire. Nos temps contraires, je ne te laisserai pas mourir est à découvrir de toute urgences !

© 2017 Gin Toriko (AKITASHOTEN)  

BABEL CORP 11 : GENESIS, de Scott Reintgen


Auteur jusque-là inédit en France, Scott Reintgen est pourtant connu outre-atlantique avec sa trilogie Nyxia. En Français, les éditions Milan ont choisi d’appeler ce premier volet Babel Corp. 11 : Genesis. Sur la couverture de la version française, disponible depuis le 10 juin, on découvre le personnage principal, Emmett. Il faut avouer que l’illustration dénote sur les tables des librairies (les couleurs rendent beaucoup mieux « en vrai »). Cela accentue la volonté de l’éditeur de placer Babel Corp en jeunesse, contrairement à la couverture de la version originale, plus conceptuelle. Le titre n’a rien à voir non plus, donc, puisque nyxia est traduit par noxolyte en français, et ça n’aurait pas été très accrocheur comme titre !

Le résumé de Babel Corpp 11 : Genesis affiche des airs de Hunger Games (avec la compétition et la survie, bien qu’ici ce soit moins violent) et de La Stratégie Ender : Emmett embarque sur Genesis 11, un vaisseau de la compagnie Babel Corp., avec d’autres ados défavorisés. Leur mission : récolter sur la planète Eden une substance fossile surpuissante, la noxolyte. Or seuls meilleurs éléments seront autorisés à débarquer. A bord, les épreuves cruelles et biaisées succèdent aux entraînements violents, et Emmett se méfie de plus en plus de Babel Corp.

Babel Corp., le sauveur des ados désespérés ?

Le postulat de départ est plutôt simple. Les dix ado sont soumis à un entraînement rigoureux et difficile, tous les jours. À bord du vaisseau spatial, ils ont des cours et des quiz sur Eden (faune, flore, habitants, etc.) puis des combats, des cessions d’endurance… Bien sûr, ils doivent également apprivoiser la noxolyte, cet étrange minerai extraterrestre ! Ils sont notés quotidiennement sur ces entraînements, et les deux derniers du classement seront éliminés. Ces épreuves vont mettre à mal nos héros, autant physiquement que mentalement.

Il est rapidement évident que Babel Corp. ne dit pas tout, et ça a attisé ma curiosité. Plusieurs événements démontrent une certaine maturité dans le récit. Ils agissent comme un rappel à l’ordre sur le fait qu’il y a bel et bien une sélection, même si elle ne semble pas drastique. Ainsi, n’importe qui peut se faire éjecter ; mais hormis un retournement de situation vraiment inattendu, on ne s’inquiète pas réellement pour le sort d’Emmett. La deuxième partie, à bord de la station Tower, se déroule sur un temps plus court. Elle se lit « un peu trop vite » à mon goût. On repart sur un schéma similaire : les règles du jeu évoluent, mais la combativité est toujours de mise.

Ils ne seront plus que 8

Il m’a fallu un peu de temps à rentrer dans l’histoire de Babel Corp 11 : Genesis. Emmett m’apparaissait faussement rebelle, et formulait trop souvent des conclusions hâtives ; heureusement le développement de son personnage est bien mené. Il se questionne, finit par se remettre en question. Le personnage de Kaya y est pour beaucoup, je pense. J’ai apprécié la diversité culturelle (bien qu’elle ne soit pas développée : ne comptez pas en apprendre plus sur la vie au Pakistan ou au Japon !). Ça n’apporte pas une réelle différence de contenu, mais ça a le mérite de changer de mes autres lectures YA.

Tous les personnages ne sont donc pas aussi développés qu’Emmett. Je les ai apprécié tout de même (même ceux qu’on essaie de nous faire détester). On n’évite pas non plus les tropes des romans young adult, les personnages secondaires pouvant être relayés à de simples adjectifs (Bilal le gentil, Longwei le méchant, Kaya l’amicale, Katsu le clown…). La romance (non centrale au récit) n’est pas essentielle selon moi. Point positif : les romances n’apparaissent pas systématiquement dès que des liens se forment entre deux personnages.

Aux réfractaires de la SF, celle-ci n’est pas poussée dans le récit. Oui, nos héros sont sur un vaisseau spatial et se rendent sur une planète peuplée d’extraterrestres… Mais ça reste abordable, du YA en somme, pas du Arthur C. Clarke ou Peter Hamilton. Un premier tome qui se lit vite et bien, malgré quelques longueurs dues à la répétition des exercices, à cette obsession pour le classement. Pris dans sa globalité, j’ai passé un bon moment, et je suis curieuse de lire la suite !

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