Live Report : Sabaton @Zénith de Paris – 07/02/2020


Chère Lucienne,

Cela fait maintenant 3 mois que je n’ai plus quitté la ligne de front. Les journées sont longues ici, et les distractions rares. Tout suinte la crasse, les rats ont envahi jusqu’au moindre recoin de tranchée et continuent de se multiplier. La nuit le froid nous glace jusqu’aux os tandis que nous sommes obligés de dormir à même la terre. Enfin, quand les préparations d’artillerie nous permettent de trouver le sommeil.

La guerre n’est pas telle qu’on nous l’avait décrite. Ici nulle gloire, que de la crasse et du sang en abondance, et des frères d’armes tombés vite oubliés dans la fureur des combats. La seule chose qui me raccroche encore à la raison est l’espoir de vous revoir un jour et de tenir ma promesse. Il me tarde de rentrer à Villemont-sur-Orge et de revoir votre sourire, loin de ces champs de mort dévastés que sont devenues les verdoyantes terres de l’Est de notre belle France.

Vendredi dernier nous avons tout de même eu droit à une journée de permission impromptue offerte par le commandement, à l’issue de laquelle une troupe de comédiens est venue nous présenter un spectacle de leur cru en trois actes dans une petite salle communale appelée « Zenith ». Ils étaient tous musiciens mais jouaient une musique que je n’avais jamais entendue avant, quelque chose de très rythmique, presque tribal. Les anglais de la tranchée 17 m’ont expliqué que cela venait de chez eux, ils appellent cela le « Rock n’Roll ». Peu de chances que cela ait le moindre succès avant un siècle au moins selon moi, mais c’était une distraction bienvenue.

Il me reste tant de choses à vous dire Lucienne, mais le temps me manque car il me faut repartir à l’assaut dans l’heure. Je pense à vous à chaque instant de ce calvaire et garde espoir que nous nous reverrons.

Tendrement,

Votre Edmond

Edmond perdit la vie dans l’assaut qui suivi l’écriture de cette lettre. Dévastée par le chagrin, Lucienne s’enferma dans un mutisme pendant des années. Quand elle revint à elle-même en 1924 elle ne parlait plus que le suédois (qu’elle n’avait pourtant jamais appris) et était convaincue d’être la réincarnation suédoise de son défunt fiancé. Elle partit donc vivre en scandinavie et se lança dans la musique sous le nom de Joakim Brodén, identité sous laquelle elle fonda le groupe Sabaton (vous voyez bien que j’allais quelque part avec cette intro) dans le but de reproduire la musique qu’Edmond avait entendue avant de mourir bien des années plus tôt. Voici son histoire (ou du moins la partie de son histoire s’étant déroulée le 7 décembre 2020 entre 19 et 23h).

 

– AMARANTHE –

Amaranthe Zenith de Paris 7 février 2020 @Kikevist_Thierry

La soirée commence doucement avec un groupe beaucoup trop énergique pour l’heure. Amaranthe met le paquet dès l’intro avec son power sympho / eurodance devant un Zénith déjà aux trois-quarts plein malgré la relative jeunesse de la nuit.

La prestation livrée par les suédois impressionne par sa qualité technique : le son est d’une clarté impressionnante (qu’on ne retrouvera malheureusement pas dans la suite de la soirée) et le lightshow est une véritable démonstration de maîtrise. Les patterns sont bien choisis, dynamiques, les changements fréquents et toujours précisément dans les temps. L’équipe technique d’Amaranthe est d’une précision chirurgicale, et le groupe a visiblement bien su s’entourer.

Dommage donc que la prestation ne soit pas forcément à la hauteur de ce cadre exceptionnel. Le groupe a la lourde tâche d’ouvrir pour les géants du live que sont Sabaton et peine malheureusement à rentrer dans ses bottes malgré la présence de trois (!!!) chanteurs lead sur six musiciens.

 

Belle allégorie de ceci, le décor de Sabaton étant déjà en place Amaranthe doit jouer sur une scène réduite entourée de sacs de sable, et malgré les efforts louables d’un des frontmen pour chauffer la foule l’ambiance peine à décoller.

Amaranthe Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Il faut dire aussi que l’ambiance EDM de certaines compos du groupe peut rebuter la foule de metalleux présente ce soir-là, associant plutôt ces sons de claviers kitsch à une partie de la musique qui la rebute habituellement. Mais ne soyons pas mauvaise langue, Amaranthe nous présente un show tout à fait honnête et aussi plaisant à la vue qu’à l’écoute, et la réaction du public est tout à fait proportionnée pour une ouverture de soirée comme celle-ci. Un show technique parfaitement maîtrisé donc, pour un groupe qui mériterait peut-être d’arrêter d’ouvrir pour des groupes bien plus importants et qu’on aimerait voir en tête d’affiche pour une fois.

Setlist :

  • Maximalism Intro
  • Maximize
  • Digital World
  • Hunger
  • Amaranthine
  • GG6
  • Helix
  • That Song
  • Call Out My Name
  • The Nexus
  • Drop Dead Cynical

 

– APOCALYPTICA –

Apocalyptica Amaranthe Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Le show d’Apocalyptica se révèle vite à l’opposé de celui d’Amaranthe. Le lightshow est ici tout en sobriété et en fonctionnalité, ne se permettant quelques fantaisies que sur certains breaks de batterie, l’idée est avant tout de montrer les musiciens et pas d’ajouter une plus-value à la musique par la lumière. Une démarche différente mais tout aussi louable qui laisse en plus la place à une gigantesque projection plutôt travaillée sur tout le fond de scène, alternant entre simple backdrop et animation plus poussée.

A l’opposé d’Amaranthe aussi, la qualité sonore se dégrade beaucoup, notamment dans les basses qui deviennent beaucoup trop agressives (notamment sur la reprise de Seemann où c’en était carrément douloureux). Mais à côté de cela, Apocalyptica maîtrise bien mieux son sujet, et sans artifices.

La première partie du concert est dédiée aux compositions originales du groupe et reçoit un accueil assez mitigé de la part du public, malgré la présence galvanisante de quelques fans disséminé ça et là. Puis le frontman revient aux premiers amours du groupe en lançant la reprise de Seek & Destroy, et tout le monde devient fou. Toute la fosse semble s’éveiller d’un seul coup et déborde soudain d’énergie sur ce classique. Mais le groupe ne s’arrête pas en si bon chemin et décide de remonter encore plus loin en interprétant une version modernisée et bien plus rock du Hall of the Mountain King d’Edvard Grieg, entrecoupée des intros de Thunderstruck (après tout pourquoi pas) et de la Marseillaise reprise en cœur par le public (un ardent patriotisme qui m’a toujours procuré un frisson de gêne mais bon, vu la tête d’affiche ça n’était guère surprenant).

Les trois violoncellistes mettent le feu le plus naturellement du monde, notamment Perttu Kivilaakso, véritable shredder du groupe dont on peine parfois à reconnaître l’instrument tant il en joue vite (et avec une pédale de distortion). Le set s’achève sur une autre classique de Metallica : Nothing Else Matters. Drôle de fin pour un concert si endiablé, la coupure dans le rythme est tout de même brutale, mais le public est réceptif et après s’être déchaîné, il fait silence. J’ai rarement eu l’occasion de voir une salle aussi grande aussi silencieuse, cela relève de l’exploit (enfin c’est ce que je pensais avant le set de Sabaton, mais nous y reviendrons).

Apocalyptica Amaranthe Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Les techniciens d’Apocalyptica maîtrisent visiblement moins leur sujet que ceux d’Amaranthe, mais le gouffre qui sépare les musiciens en terme de chauffe de salle est bien plus impressionnant et le quatuor Finlandais n’usurpe pas sa réputation ce soir. Le groupe termine son set en nous promettant un concert en tête d’affiche à Paris dans les mois qui viennent, à surveiller.

 

Setlist :

  • Ashes of the Modern World
  • Path
  • En Route to Mayhem
  • Seemann (Rammstein Cover)
  • I Don’t Care
  • Grace
  • Seek & Destroy (Metallica Cover)
  • Hall of the Mountain King (Edvard Grieg Cover)
  • Nothing Else Matters (Metallica Cover)

 

– SABATON –

Sabaton Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Telle une armée perdue dans le calme avant la tempête, la foule du Zénith retient désormais son souffle. Le moment tant attendu est arrivé… ou pas, car avant de commencer son set Sabaton prend le temps de se faire attendre. On a tout d’abord droit à une série de versions orchestrales de leurs morceaux en guise de musique d’attente pendant la préparation du plateau, puis la musique s’éteint alors que la scène est cachée par une immense toile aux couleurs du groupe et s’entame alors une LONGUE attente alors que le morceau In Flanders Fields est diffusé en intégralité devant la foule en délire plongée dans le noir.

 

Mais nous voici déjà arrivés au bout de ce préambule, et il est désormais temps pour Sabaton de nous interpréter leurs plus beaux textes tous basés sur ce thème qui leur est si cher et qui fait la fierté de notre chère humanité :

 

LA GUERRE.

Et le set commence fort avec le classique et explosif Ghost Division. Il ne faut pas plus de deux mesures à ce morceau pour me rappeler à quel point Sabaton est une véritable machine de live. La salle semble exploser littéralement sous les coups de boutoir de la batterie et les claviers/chœurs à eux seuls suffisent à faire entrer la fosse en transe. La mise en scène n’est pas en reste puisque la pyrotechnie donne tout ce qu’elle a dès ce premier titre avec feux d’artifice, explosions, lance-flammes sur le TANK servant de pratos à la batterie, on a vraiment la sensation que la 7e Panzerdivision est sur le point de raser le Zénith. En termes d’introduction de concert, on a rarement fait plus efficace.

Sabaton Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Dès le troisième morceau joué (The Attack of the Dead Men) Sabaton nous montre que sa mise en scène a encore augmenté d’un niveau. Ce morceau, issu du dernier album, parle des soldats mutilés ayant survécu à une attaque au gaz de combat. On voit donc les membres du groupe monter sur scène noyés dans la fumée et affublés de masques à gaz, le chanteur étant même en tenue complète avec bonus gazeuse sous le bras et interprètera tout le morceau sans se défaire de son costume.

Et ce ne sera pas la seule audace de mise en scène, le point culminant étant pour moi une simulation de bombardement de tranchée à base de fusées de détresse et détonation complètement crédible. J’avais beau savoir que j’étais dans une salle de concert face à un décor de scène, ce court passage avait une portée presque cinématographique. C’est à cet instant précis que le groupe m’a fait comprendre qu’il ferait à l’avenir partie des grands.

Le début du concert est surtout consacré au dernier album. Il est en fait peu surprenant de le voir si représenté étant donné qu’il donne son nom à la tournée et que tout le décor de scène lui est dédié. Le groupe s’offre une petite excentricité sur Red Baron en apportant une reproduction à l’échelle ½ du fameux triplan du pilote éponyme dans laquelle est incrusté un orgue Hammond, faisant officiellement de cet objet l’orgue le plus metal du monde. Joakim se permet même une petite boutade en pianotant les notes de Swedish Pagans sur le clavier (en faisant passer cela pour un air traditionnel suédois dont les paroles seraient « Ikea » répété en boucle), trollant ainsi la foule qui passera tout le concert à entonner cette mélodie comme pour invoquer le morceau (mais qui ne viendra qu’en clôture de setlist, avec les tubes).

Sabaton Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Mais il est déjà l’heure d’un nouveau rebondissement quand Apocalyptica remonte sur scène pour interpréter pas moins de six morceaux avec le headliner à commencer par la magnifique collaboration Angels Calling sortie conjointement par les deux groupes à l’automne dernier. Juste derrière suit le puissant Fields of Verdun que Joakim semble tout fier d’interpréter en France, et qui reste pour moi une des moments les plus intenses de ce concert (plus encore que l’intro).

Mais si intense que soit ce titre il n’est rien, mais alors RIEN du tout face à la monumentale claque qui suit : l’immense, le solennel, la majestueux The Price of a Mile. Ce morceau est à lui seul devenu une de mes meilleures expériences de live, une marche lente mais inarrêtable, appuyée par une débauche de chœurs, les hurlements de la foule et les violoncelles d’Apocalyptica. Un moment qui restera gravé dans ma mémoire pour longtemps.

Le groupe continue sur sa lancée, se permettant un petit clin d’œil au Hellfest/Knotfest de l’été dernier (bouffez ça les Kings of Metal), et enchaîne ses tubes jusqu’à arriver au rappel. Primo Victoria est suivi de près par Bismarck lui-même trainant dans son sillage le tant attendu Swedish Pagans que la foule n’en pouvait visiblement plus d’attendre. Et là se produit l’ultime prodige de ce concert : alors que tout le monde attend avec regret que le groupe dise au revoir à cette foule en adoration et quitte la scène pour un repose bien mérité, Joakim fait taire le Zénith D’UNE SEULE MAIN en se contentant de la baisser progressivement entraînant le volume sonore de 6000 personnes avec, puis pointe du doigt la sono à cette assemblée médusée. Et dans le silence de 6000 âmes retenant leur souffle, le petit sifflet de Hell & Back se fait entendre.

Sabaton Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Puis vient l’explosion, foule et groupe donnent tout ce qu’ils ont sur ce dernier titre jusqu’à l’épuisement, et les artistes finissent par se retirer un grand sourire aux lèvres.

Ce concert était assez similaire à ceux donnés à Clisson l’été dernier, mais c’était comme si tout avait été monté d’un cran. La mise en scène n’a clairement rien à envier aux plus grands, chaque membre du groupe semble plus heureux d’être là que son voisin, les décors sont toujours aussi travaillés… J’ai personnellement du mal avec Sabaton en studio (que ce soit pour le message belliqueux délivré par leurs textes ou leur musique peut-être un peu trop épique à mon goût), mais il faut bien se rendre à l’évidence : ce concert est une expérience de live que je souhaite à tout le monde. Joakim est une bête de scène qui pourrait emmener tout le groupe à lui seul, mais tous les membres y vont de leur petite intervention sur tous les morceaux. Peu importe ce qu’on pense de Sabaton, il suffit de les voir en concert pour réaliser qu’ils ont leur place parmi les plus grands groupes de live de leur génération, à la manière d’un Maiden ou d’un AC/DC à leur époque (fight me).

Setlist :

  • In Flanders Fields (intro)
  • Sun Tzu Says
  • Ghost Division
  • Great War
  • The Attack of the Dead Men
  • Seven Pillars of Wisdom
  • Diary of an Unknown Soldier
  • The Lost Battalion
  • The Red Baron
  • The Last Stand
  • 82nd All the Way
  • Night Witches

Avec Apocalyptica :

  • Angels Caliing
  • Fields of Verdun
  • The Price of a Mile
  • Dominium Maris Baltici
  • The Lion From the North
  • Carolus Rex

Encore :

  • WWII Intro
  • Primo Victoria
  • Bismarck
  • Swedish Pagans
  • Hell & Back
  • Dead Soldier’s Waltz
  • Masters of the World

Live Report : Dragonforce @La Machine du Moulin Rouge – 11/02/2020


C’était une douce nuit d’hiver quelque part dans les années 90. Je ne sais plus trop pourquoi je m’étais retrouvé dans cette ruelle sombre en pleine nuit, j’avais probablement cru y voir un raccourci vers chez moi, toujours est-il que je n’étais pas vraiment rassuré par l’ambiance étouffante qui y régnait. Je pensais n’en avoir que pour une dizaine de secondes à la traverser de part en part, et pourtant plus j’avançais et plus j’avais l’impression que le lampadaire situé à l’autre extrémité s’éloignait de moi.

Tout ceci était décidément bien étrange, je me commençai alors à me dire qu’il serait peut-être temps de faire demi-tour. Cette ruelle n’était qu’une ruelle, mais un sentiment irrationnel me tenaillait. Mais alors que je me retournais pour rejoindre mon point de départ, j’aperçu une paire d’yeux qui m’observaient dans la nuit. Des yeux totalement bleus, brillant d’une lumière intense. Alors que je retirais mon walkman je m’aperçu qu’un genre de grognement venait du même endroit, accompagné d’un grincement métallique. Et que des bruits identiques venaient aussi de devant moi.

C’est là que je commençais à paniquer, je ne cherchais pas à savoir ce qu’étaient ces choses ni comment elles s’étaient retrouvées là, il fallait juste fuir le plus vite possible. Je repérais une petite ouverture au pied d’un mur, une fenêtre cassée menant à une cave. Ni une ni deux, je me laissai glisser dedans, juste à temps pour esquiver deux énormes paires de mâchoires en métal semblables à des dragons asiatiques couleur acier se refermer là où se trouvait ma tête quelques instants plus tôt.

Après quelques secondes d’acharnement je vis mes agresseurs s’éloigner doucement, trop gros pour le petit interstice par lequel je m’étais échappé. Quelles étranges bêtes, ce genre de chose existait-il vraiment ? En tout cas cette sortie était bloquée. Je regardais autour de moi pour me retrouver face à un spectacle encore plus troublant. La pièce quand laquelle je me trouvais ressemblait à une salle d’arcade, mais abandonnée depuis des années. Il ne s’agissait pas des dernières sorties, c’est le moins qu’on puisse dire. Du Tetris, du Pong, et d’autres curiosités d’un autre temps, le tout faiblement éclairé par quelques néons bleus et violets.

Je déambulais quelques minutes dans la pièce à la recherche d’une issue, quand quelque chose attira mon regard vers un coin de la pièce. Une borne, beaucoup plus grosse que les autres, la seule n’étant pas recouverte d’une épaisse couche de poussière, mais surtout la seule étant en fonctionnement. L’aspect de la borne était exubérant comme jamais je n’en avais vu. Des couleurs néons partout, et surtout un énorme dragon dont la gueule grande ouverte contenait l’écran. Sur cet écran, un écran noir seulement orné d’un « PRESS START » et d’un énorme logo stylisé composé de deux lettres : un D et un F mis côte à côte.

Je devais quitter cet endroit pour échapper à mes poursuivants, mais allez savoir pourquoi, je me dis que c’était une bonne idée de lancer une partie à la place, comme si j’étais irrésistiblement attiré par ce jeu. J’appuyais sur le bouton start, et quelques lignes de dialogues apparurent. Elles m’expliquaient que j’étais le dépositaire d’un pouvoir appelé la « Dragonforce » et qu’avec son aide je devais retrouver un artefact appelé la « Frozen Crown » retenu par la terrifiante « Athanasia ». Ou peut-être qu’Athanasia était une alliée, je ne sais pas vraiment, le texte était très confus. Alors que je m’approchais pour essayer d’y voir un peu plus clair, le texte changea soudain pour un imposant « READY TO STRIKE INTO THE FUTUR ? ». Avant que je comprenne de quoi il s’agissait, le dragon s’anima. Ses yeux prirent la même couleur que ceux des créatures au dehors et j’eus juste le temps de lire le « WELCOME TO 2020 » qui s’affichait à l’écran avant de me faire gober d’une seule traite et de me retrouver à accélérer dans un quadrillage violet sur fond noir s’étendant à perte de vue. Je vis presque 30 ans d’histoire du monde défiler sous mes yeux en un instant et me retrouvais subitement dans un RER futuriste, bloqué à la gare d’Issy, en retard pour le concert de Dragonforce à la Machine du Moulin Rouge.

 

– ATHANASIA –

[Le paragraphe qui suit sera malheureusement d’une piètre qualité puisque je n’ai pas pu assister au concert d’Athanasia. En cause un no-name quelconque qui s’est dit que c’était une bonne idée d’aller faire du moonwalk sur les voies du RER C un mardi soir et ainsi de bloquer totalement la circulation pendant 50 minutes, me faisant rater ce court premier set de la soirée. Les informations utilisées sont donc toutes de seconde main, recueillies par ma meilleure acolyte de petite taille (à savoir Farah, notre photographe préférée). Donc focalisez-vous sur les photos, a priori ce sera mieux]

 

Un début de soirée timide avec les suédois d’Athanasia et leur metal aux influences diverses, tant modernes que classiques. Le groupe fait son entrée sur l’hymne national américain avec une bonne dose d’ironie et entame une demi-heure de set avec entrain. Le trio en costume de cuir dégage une bonne énergie, notamment le bassiste surmotivé cherchant sans cesse le contact avec la foule. De son côté le guitariste et chanteur lead a plus de mal à conserver sa justesse sur les parties en chant clair, et semble moins à l’aise que son comparse.

La foule a du mal à se laisser emporter par la musique du groupe, comme souvent à cet horaire. Il faut dire aussi que la performance n’est pas forcément des plus prenantes. Le groupe semble avoir du mal à s’imposer et montre un certain amateurisme tant dans la propreté de l’interprétation que dans le jeu de scène. D’un autre côté on ne peut pas vraiment en vouloir à une formation si jeune et probablement dans sa première tournée internationale de bégayer quelque peu sur scène.

La performance n’est malheureusement pas à la hauteur du potentiel du groupe dont l’unique album studio semble pourtant prometteur. Cette tournée était peut-être trop ambitieuse à ce stade de leur carrière naissante, et je vous conseillerai plutôt de vous pencher sur leur travail en studio en laissant encore quelques années de gestation à la formation pour atteindre sa pleine maturité.

– FROZEN CROWN –

Les italiens de Frozen Crown débutent leur set en retard à la suite de quelques menus problèmes techniques (l’absence de son dans la façade en fait). Rien de bien grave, mais ce petit délai aura malheureusement des répercussions sur le son durant tout le set, l’ingé son étant visiblement en train d’affiner sa balance en permanence.

Le groupe interprète un Power Metal assez lambda dans la lignée d’un Seven Kingdoms, assez mal servi par les problèmes de son décrits plus haut. En tout début de set la voix de la chanteuse est totalement inintelligible et la batterie recouvre tout donnant une impression de fouillis peu agréable à l’oreille. Mais fort heureusement ces problèmes se règlent bien vite et le public peut profiter pleinement de ce show qui, malgré ces quelques difficultés techniques, ne manque pas de qualités.

De la même manière qu’Athanasia, Frozen Crown donne l’impression d’un certain amateurisme dans l’interprétation, mais plein d’une insouciance qu’on ne peut que partager. Tous les musiciens ont l’air de s’éclater sur scène et de communier avec le public, malgré un manque de dynamisme chez la chanteuse ayant beaucoup de mal à s’imposer dans son rôle de frontwoman. On notera également la présence d’une deuxième femme dans la formation, la guitariste âgée d’à peine 19 ans Talia Bellazecca qui assure le show comme jamais, avec à ses côtés le monstre de charisme faisant office de bassiste.

Frozen Crown nous régale pendant une demi-heure de ses mélodies épiques portées par la voix de sa chanteuse parfois rejointe par le guitariste pour de magnifiques harmonies. Tous les musiciens ont un jeu efficace et propre, réussissant à tenir même sur la longueur le rythme effréné propre au style qu’ils interprètent. Tout le groupe a l’air de passer un excellent moment sur scène, comme un groupe de jeune ayant monté le projet dans leur garage, et le public s’y laisse prendre. Les problèmes de son du début ne sont bientôt plus qu’un vague souvenir (à l’exception notable de la caisse claire au son immonde et 3dB au-dessus du reste de la balance dont on ne se débarrassera pas jusqu’à la fin du set) et on ne peut que se laisser emporter par l’épopée que nous propose Frozen Crown.

Setlist :

  • Artic Gales
  • Neverending
  • In the Dark
  • Everwinter
  • Kings
  • I am the Tyrant
  • The Shieldmaiden

– DRAGONFORCE –

Quoi de mieux pour un groupe prétendant être le plus rapide du monde que de commencer son set dans l’urgence ? Toute l’équipe s’affaire sur scène pendant le changement de plateau afin de rattraper les quinze minutes perdues au début de Frozen Crown, à tel point que des techniciens sont encore en train de dévoiler l’immense tête de dragon posée en fond de scène alors que les lumières sont éteintes et la bande d’intro lancée. Mais the show must go on, et le décor est finalement prêt à temps.

Et quel décor mes aïeux. Au-delà du mur de LEDs en fond de scène utilisé pour projeter toutes sortes d’animations tout au long du concert (mais nous y reviendrons), quelques praticables servent à surélever l’arrière du plateau et à soutenir l’immense tête de dragon mentionnée plus haut, mais également une impressionnante batterie constituée d’une seule pièce aux formes galbées, derrière laquelle on peine à apercevoir le batteur. Pour parachever cette installation colossale à l’échelle de la petite scène de la Machine, le plateau est flanqué de deux énormes bornes d’arcade faites main par Hermann Li en personne, dans son garage.

Quoiqu’il en soit, les membres du groupe montent sur scène successivement sous les acclamations du public jusqu’à ce que le set ne démarre sur Highway to Oblivion issu du petit dernier du groupe, Extreme Power Metal. Il me faut quelques secondes pour comprendre d’où vient le son des guitares avant de m’apercevoir dans un élan de joie brute que les deux compères sont perchés au sommet des bornes. Et c’est tout ce que sera ce show, une série de moments d’euphorie incrédule face à tout ce que nous réserve le groupe londonien.

C’est également pour nous l’occasion de découvrir sur scène la remplaçante de Frédéric Leclercq à la basse, Alicia Vigil. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le groupe a eu le nez creux en la choisissant pour ce poste. Alicia ne fait pas dans l’extravagance et se contente de jouer les compositions de son groupe d’adoption en étant simplement là. Mais cela suffit à lui faire prendre toute la place sur scène. Elle n’est pas dans l’exubérance, pas dans le show, mais ce qu’elle fait paraît si naturel qu’on dirait qu’elle n’y pense même pas.

Le reste du groupe n’est évidemment pas en reste, Hermann Li en tête toujours souriant en enchaînant ses solos toujours plus rapides et impressionnants. C’est également l’occasion pour le guitariste qui a vécu à Clamart pendant quelques années de parler français à la foule, s’occupant de toute les adresses au public à la place du frontman Marc Hudson, bien content de ne pas trop se fouler le soir de son anniversaire.

Le set regorge de surprises comme un impressionnant machinima de Skyrim sur The Last Dragonborn, ou un hommage complètement barré à Farming Simulator avec en featuring les guitaristes de Frozen Crown et surtout Sam Totman habillé en pêcheur à la mouche au banjo dans un morceau de country (vous avez bien lu), une coupure pub avec une série de spot pour la Master System de SEGA, ou encore un medley de thèmes vidéoludiques à la guitare joué par Marc Hudson revenant à sa première passion.

L’humour est aussi omniprésent, les musiciens se payant la tête les uns les autres (Sam portait un t shirt avec marqué en gros Lee sur la poitrine, et Marc un autre avec le logo d’une marque de sauce soja, fin et subtil). En même temps qu’attendre d’autre d’un groupe ayant des porte-gobelets sur ses pieds de micro ? La plupart de l’alcool présent sur scène sera d’ailleurs réquisitionné par Sam Totman, mais sans jamais entamer son jeu de guitare (jouer le solo de Through the Fire and the Flames ivre, ça demande un certain niveau de style), mais au grand dam de ses camarades.

Parce que finalement c’est ça Dragonforce, juste une bande de potes avec un gros brin d’autodérision, et un niveau de jeu hallucinant. Le set continue son chemin à travers un mélange de classiques et de nouveautés. Petit pinacle de l’incrédulité sur Valley of the Damned en toute fin de set quand Li, Totman et Vigil forment un triangle sur le devant de scène et commencent à jouer un riff… avec chacun la main gauche sur le manche de son voisin. Ce morceau sera aussi accompagné de la projection d’un jeu de course factice dans une ambiance synthwave, drôle d’alliance avec la vallée des damnés mais pourquoi pas !

Enfin vous l’aurez compris à ma narration décousue, ce set était une escalade bien trop incroyable pour être simplement racontée ici. Le concert finit sur le « circle pit romantique » commandé par Hermann Li sur la reprise de My Heart Will Go On, puis sur une interprétation magistrale de Through the Fire and the Flames qui commence sans Hermann Li avant que celui-ci ne réapparaisse subitement SUR LE BAR pour jouer sa partie.

Un show grandiose, sans limites, servi par une bande d’adolescents d’entre 30 et 40 ans débordant d’une joie de vivre qui contamine tout le public sans problème dans l’ambiance intimiste de la Machine du Moulin Rouge, Dragonforce est à l’image de son dernier album : extrême, rapide, flashy, et avec une solide dose d’autodérision. Et comme je l’avais dit plus tôt :

« Le dernier album de Dragonforce c’est Gloryhammer, mais pas fait exprès »

Setlist :

  • Highway to Oblivion
  • Fury of the Storm
  • The Last Dragonborn
  • Ashes of the Dawn
  • Heart Demolition
  • Video Games Medley
  • Banjo Time (w/ Frozen Crown)
  • Black Fire
  • Razorblade Meltdown
  • Cry Thunder
  • Rememberance Day
  • Valley of the Damned

Encore :

  • My Heart Will Go On
  • Through the Fire and the Flames

 

#tut#

#tut#

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#GAME OVER#

Je revenais à moi en sueur, toujours dans cette étrange cave. Combien de temps avais-je passé dans la borne ? Je l’ignorais. Aucune lumière ne venait du dehors, et pourtant j’étais aveuglé par quelque chose. Une lumière chatoyante venait du fond de la salle, et une silhouette se dessinait en son sein. Une coupe mulet, une veste en cuir, une aura de sympathie et un micro. Je restais subjugué par cette apparition, quand soudain résonna dans ma tête cette simple phrase : « Ça va les copains ? ».

Live Report : Gloryhammer @Trabendo – 28/01/2020


Cette histoire se déroule en un temps très ancien, dans une cité mystérieuse à l’origine incertaine. La nuit était tombée depuis bien longtemps sur cette capitale poisseuse et obscure à l’histoire millénaire, mais la vie fourmillait toujours autant dans ses rues alors que citoyennes et citoyens rentraient retrouver la chaleur paisible de leur foyer ou bien sortaient chercher l’ivresse afin d’oublier la noirceur de leurs vies monotones et misérables.

Parmi tous ces gens, quelques centaines étaient en route vers une bien singulière cérémonie qui devait se dérouler le soir même au Temple du Soleil Triomphant. Sous l’impérieuse garde d’une meute de Mauvais Loups, le grand prêtre Mustaine de la Mégamor était venu transmettre son titre et ses pouvoirs aux guerriers de l’école d’arts martiaux des Cinq Doigts du Poing de la Mort. La foule se pressait nombreuse afin d’assister à cette orgie de violence dans l’imposant Temple rayonnant.

Mais en secret, et tout près de là, quelque chose de bien plus sombre se tramait. Un groupe de païens répondant au nom de Hootsforce avait décidé de tenir également réunion ce soir là dans un lieu bien plus petit dénommé Trabendo, caché à l’abri des arbres mais dont l’aura était sentie par tous. Parmi cette assemblée de sorciers et autres guerriers s’étaient introduit quelques nains et même des gobelins, venus rejoindre la coalition. Toutes ces âmes tourmentées étaient venues dans le but de s’abreuver de la parole et des récits du plus grand héros qu’ait connu cette galaxie depuis bien longtemps : le tout-puissant prince de la Terre de Fife, Angus McFife, porteur du Marteau de Gloire.

Tous les guerriers assemblés devant les portes closes de l’endroit rugissaient d’impatience, ignorant le froid et la pluie. Des milliers de Hoots attendaient de pouvoir pénétrer dans l’enceinte, mais seuls quelques élus y eurent droit. Le vieux Kärscheras faisait partie de ce groupe de privilégiés, et je suis revenu de très loin pour vous conter par le détail ce que j’ai vu ce soir-là.

 

– WIND ROSE –

Wind Rose – Photographe Romain Keller – Média Error404

Venus tout droit des terres méridionales de l’Italie, une compagnie de nains répondant au nom de Rose des Vents avait été chargés par le grand McFife d’ouvrir la cérémonie. Une lourde tâche pour ce groupe encore méconnu ayant eu son quart d’heure de gloire il y a quelques mois sur internet, mais nous y reviendrons.

Alors que des centaines de Hoots se massaient dans la fosse, une musique épique retentit, sonnant le début des hostilités. Les fiers membres de Wind Rose entrèrent sur la scène un par un, occupant tout l’espace scénique très réduit laissé par le matériel des deux autres groupes, la scène du Trabendo n’étant déjà pas bien grande à la base. Mais qu’importe, les compagnons assurent le show car tel est leur devoir.

La scénographie était plutôt travaillée pour un groupe de cette ampleur (dans la limite de ce qu’une salle de cette taille peut offrir évidemment). Tous les musiciens étaient en costumes, peaux de bêtes et tunique pour les instrumentistes, armure massive aux épaulières à l’effigie de têtes de nains casquées pour le chanteur. Ce dernier remplissait à merveille son rôle de frontman, réussissant à mettre l’ambiance dans un Trabendo encore à moitié vide, et alternant entre chant rock standard voire hurlé et envolées lyriques qu’on ne lui attendait pas forcément, mais qui font leur effet au milieu de la geste chantée par le groupe.

Wind Rose nous offre un Power Metal teinté de folk faisant penser à du Ensiferum, notamment avec le titre d’ouverture Winter Saga. Force est de constater que la musique du combo est redoutablement efficace, le public ne tardant pas à se décrisper et à lancer les hostilités, porté par l’ambiance épique qui emplit bien vite toute la salle.

La prestation était également servie par un lightshow des plus convaincants. L’utilisation quasi systématique des sunstrips apportait une touche très « naine » à l’ensemble (j’entends par là symétrique et carrée, pas anormalement petite, le handicap n’est pas un plaisanterie les enfants) et le changement de couleur des wash donnait à chaque morceau une ambiance différente. Le concert atteint son point culminant sur l’avant-dernier morceau, la cover de Diggy Diggy Hole ayant lancé le succès du groupe sur internet il y a quelques temps.

On trouvera peut-être dommage de ne pas avoir conclu par ce titre, le suivant To Erebor suscitant beaucoup moins d’enthousiasme parmi la Hootsforce, mais l’ensemble de la prestation reste quand même d’un excellent niveau. Malgré un set très court, une scène minuscule et sa place en ouverture de soirée, la Compagnie de la Rose des Vents parvient à séduire son public et lance cette soirée à pleine vitesse, assurant ainsi la place des nains au ban du clan McFife.

Setlist :

  • Of Iron and Gold (intro)
  • Wintersaga
  • Drunken Dwarves
  • Mine Mine Mine !
  • Diggy Diggy Hole
  • To Erebor
  • We Were Warriors (outro)

 

– NEKROGOBLIKON –

Les deuxièmes invités de cette cérémonie étaient la troupe de gobelins de John Goblikon répondant au doux nom de Nekrogoblikon. Venus tout droit de terres situées par-delà les mers, loin à l’ouest, le groupe californien de goblin metal n’est que très rarement de passage en France, et c’est pourquoi de nombreux Hoots (dont votre serviteur) attendaient avec impatience cette prestation depuis bien longtemps. Le résultat fut-il à la hauteur de nos attentes ?

Non.

Mais développons voulez-vous ? Tout le monde se doute bien que les gobelins sont les plus enclins à (pardonnez-moi l’expression) « faire de la merde » une fois sur scène, mais nous ne sommes pas ici pour nous plaindre sans étoffer, ni pour être absolus (car comme le disait Obi-Wan McFife, seuls les sorciers du chaos raisonnent en absolus).

Le show commence avant l’heure prévue dans la sono de la salle. La musique d’attente entre les sets de Wind Rose et Nekrogoblikon était visiblement contrôlée par ces derniers et correspondait parfaitement au style burlesque des comparses à la peau verte. Puis commença le set en lui-même, et avec lui les problèmes.

Problème de son d’abord, l’ensemble était extrêmement brouillon au départ, puis se précisa au fur et à mesure du concert mais la voix resta désespérément à la limite de l’audible. Ensuite le lightshow. Je ne le descendrai pas trop parce qu’il était en réalité tout à fait honorable, mais après la claque visuelle de Wind Rose il faisait réellement pâle figure.

Mais le plus gros défaut du set résidait dans les membres du groupe. En même temps que s’attendre d’une troupe de gobelins me direz-vous ? Et vous n’auriez pas tout à fait tort (en fait si, le racisme c’est pas drôle les enfants). Mais là, entre le bassiste s’absentant sans raison apparente pendant trois morceaux, les guitaristes brouillons à l’extrême, et le chanteur sous acide qui avait l’air fasciné par sa propre main droite et marmonnait les paroles des MAUVAIS MORCEAUX dans son micro tout en perdant son regard dans le vague entre chaque ligne de texte. Chanteur chez qui j’ai cru repérer un playback sur quelques morceaux (lâcher un growl de 5 secondes la bouche quasiment fermée c’est ambitieux tout de même). On aurait dit que tout le groupe (y compris les techniciens) s’était murgé juste avant de monter sur scène.

Fort heureusement l’ensemble était rattrapé par le seul membre du groupe dont le taux d’alcoolémie n’importe pas sur scène : la mascotte John Goblikon. Chargé de chauffer la foule, ce gai luron infatigable parvint à lui seul à mettre les Hoots sur le droit chemin. Car oui, je me plains beaucoup de cette prestation, mais force est de constater que le public n’était pas aussi pointilleux que moi et a semblé plutôt apprécier ce show. Alors qui suis-je pour juger alors que la grande armée galactique approuve ce set ? Car finalement, si les gens passent un bon moment, le concert n’est-il pas par essence réussi ? Je le pense, et nul doute que le seigneur McFife sera aussi de cet avis quand il sera question du sort de ces gobelins.

Setlist :

  • The Many Faces of Dr. Hubert Malbec
  • No One Survives
  • We Need a Gimmick
  • Darkness
  • Dressed as Goblins
  • Dragons
  • Nekrogoblikon
  • The Magic Spider
  • Powercore

 

– GLORYHAMMER –

La foule commençait à bouillonner dans ce Trabendo comble. L’introduction de la soirée était désormais finie et tous attendaient les maîtres de cérémonie dans une impatience fébrile. Au plus profond de la fosse la camaraderie et la bonne entente règnent, les hoots sont unis.

La scène est tout d’abord investie par un étrange personnage, un vieillard plat, en carton, posé au milieu du plateau avec un air benêt. Et ce singulier invité vient avec un thème ! Une valse d’un certain âge diffusée dans une qualité médiocre, mais il n’en fallait pas plus pour que votre serviteur devienne fou. C’est ainsi que j’ai délicatement saisi la main de mon ami Thomas (que j’embrasse chaleureusement) et nous avons commencé à valser, bientôt suivis par une poignée de hoots enthousiastes. Evidemment la place est venue à manquer dans cette fosse bondée, et ce moment de délicatesse a vite dégénéré en pogo valsé. C’est ainsi qu’avant même le début du set ce concert s’annonçait déjà comme anthologique.

Mais trêve de plaisanteries alors que la lumière retombe, l’heure est venue de se jeter au cœur de la bataille et de faire honneur au clan des McFife. Pendant plus d’une heure trente les maîtres de la galaxie vont mener la horde venue assister à leurs exploits à travers un récit dantesque et épique. La setlist est équitablement répartie entre les trois albums du groupe pour un show en forme de best of entrecoupé d’interludes parlés.

Et là, la Hootsforce en a pour son argent. Entre la simple narration, les blagues foireuses du grand et majestueux seigneur McFife, la décapitation de gobelin (un message envoyé à Nekrogoblikon ?), le groupe redouble sans cesse d’inventivité pour animer ce récit du combat du bien contre les forces de la désolation. Le sommet de cette tendance restant tout de même la quête secondaire proposée à la moitié du concert consistant à ramener un artefact de la forteresse galactique (comprendre : « aller chercher une bière au bar ») et le ramener en crowdsurf jusque sur la scène afin de gagner un t-shirt du groupe offert par Angus en personne, le tout sur le bien nommé Questlords of Inverness, Ride to the Galactic Fortress !

Toute l’âme de ce groupe si particulier est palpable dans ce concert, des costumes kitsch à souhait mais toujours majestueux à la lumière composée d’assemblages de couleurs que je qualifierais sobrement d’« originaux » (mauve et vert sapin, ça ne se croise pas tous les jours) mais toujours en raccord avec l’imagerie habituelle de la formation.

Mis à part une petite faiblesse du niveau de la voix en début de concert (vite corrigée) Gloryhammer nous délivre là une performance impeccable. Tout est là pour faire de cette soirée la plus épique ET la plus débile de la saison, portée par les textes sans limites vous emmenant combattre des dragons à coup de marteau dans une forteresse noire située sur une planète lointaine peuplée de licornes chassée par des gobelins de l’espace, le tout sur une lumière à base de néons et à 200bpm. Ce 28 janvier au soir nous étions tous des héros en quête de gloire et de batailles l’arme au poing, les sorciers du chaos furent massacrés, les gobelins éventrés, les licornes chevauchées, mais surtout n’oubliez jamais cette phrase du vieux Kärscheras :

« Gloryhammer c’est le dernier album de Dragonforce, mais fait exprès »

Setlist :

  • Into the Terrorvortex of Kor-Virliath (intro)
  • The Siege of Dunkheld (In Hoots We Trust)
  • Gloryhammer
  • Angus McFife
  • Magic Dragon
  • The Land of Unicorns
  • Questlords of Inverness, Ride to the Galactic Fortress !
  • The Hollywood Hootsman
  • Goblin King of the Darkstorm Galaxy
  • Legend of the Astral Hammer
  • Masters of the Galaxy
  • Hootsforce

Encore :

  • Infernus Ad Astra
  • Rise of the Chaos Wizards
  • Universe on Fire
  • The Unicorn Invasion of Dundee
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