Alcest @ La Machine du Moulin Rouge (07/03/2020)


Le mois dernier avait lieu l’un des derniers concerts parisiens avant que ceux-ci ne soient contraints d’être annulés. Et bien que nous ayons des concerts ou des festivals en ligne, rien ne vaut une expérience en live, loin de la tristesse hivernale. Ces soirées qui vous transportent et vous font rêver. On revient sur cet Autre Temps, où nous avons pu voir Alcest, accompagnés de Kælan Mikla et Birds in Row, à la Machine du Moulin Rouge.
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Live Report : Lordi @Machine du Moulin Rouge – 06/03/2020

Oui, oui je m’en souviens très bien, l’an 2020… La vie était paisible en ces temps, pas besoin de se battre pour survivre, pas besoin de chercher de la nourriture en permanence, tout était à portée de main, facilement, tout le temps. L’argent gouvernait le monde à cette époque, pas l’art, pas la culture, pas l’amour, l’argent. Et quand la première chose à s’effondrer fut la bourse, la plupart des gens n’y voyaient que justice. Personne n’aurait pu prévoir l’ampleur que cela prendrait ensuite.

De quasi inoffensive la maladie est vite devenue bien plus dangereuse, commençant après quelques mois à déclencher des crises de panique et d’agressivité chez les patients. Mais à ce stade là l’épidémie restait encore contrôlable. Les vrais ennuis ont commencé avec l’avènement du Culte Universel du Covid Kôhn, ou C.U.C.K., une bande de fanatiques convaincus que ce virus était un test de la part d’une quelconque divinité fantasmée et qu’il fallait donc l’inoculer à toute l’humanité afin de ne laisser vivre que les élus. Et ils étaient nombreux, et partout. Ils eurent vite fait d’infiltrer les gouvernements en profitant de la panique causée par les pénuries et l’effondrement total de l’économie, et tout était fini.

De nombreuses spéculations agitèrent les esprits quant à l’origine de cette pandémie à l’époque, quand la presse et internet existaient encore. Pangolins, chauves-souris, arme chinoise, tout le monde avait son hypothèse. Mais à la surprise générale, la meilleure théorie restait celle des Cucks. La maladie n’était pas le fait d’une quelconque punition divine, mais répandue par une confrérie obscure suivie de près par un terrifiant cortège. Ils s’appelaient Lordi, Almanac, Flesh Roxon, et tous portaient la mort comme étendard et la peste comme fléau.

Et je les ai vus, de mes yeux, ce 6 mars 2020. A l’époque personne n’imaginait que nous courrions un quelconque danger, et pourtant moins d’une semaine plus tard le pays tout entier se retrouvait totalement paralysé, avant de s’écrouler. Cela s’est passé à la Machine du Moulin Rouge, un sombre rituel visant à déchaîner les enfers sans aucun autre motif que le plaisir aveugle de la destruction.

J’étais là le jour où le monde s’est effondré, bien avant votre naissance, bien avant l’émergence et la chute de l’Empire, bien avant que l’humanité ne finisse par se noyer dans les cendres de son orgueil. J’y étais, et voici ce que j’y ai vu.

 

– FLESH ROXON –

Flesh Roxon @La Machine du Moulin Rouge – Juliet Faure

Le timing de ce début de concert était, comme le disaient nos ancêtres, « éclaté à la mort ». Ouverture des portes à l’heure inhabituelle de 18h pour un début de set à 18h30 (même si dans les faits les tous premiers spectateurs ont réussi à atteindre la scène à presque 18h25), comme si le show avait été avancé en compactant le plus tôt possible la première partie.

Ainsi nous arrivons devant la scène juste à temps pour le premier morceau de Flesh Roxon, groupe d’Horror Punk finlandais venu accompagner leurs compatriotes sur ce KillecTour. Au premier abord ces quatre compères arrivent avec un bon capital de départ : une identité visuelle marquée (à base de bretelles rouges, chemises noires et eye liner leur donnant un côté crooner démoniaque), une contrebasse remplaçant la basse habituelle dans ces formations, un chanteur jouant du punk énervé sans la protection d’un médiator… Même la musique est plutôt sympathique, quelque part entre Danzig et les groupes de pop-punk emblématiques des années 2000.

Mais dès la première seconde quelque chose cloche. Ce concert s’avère vite être une expérience très étrange. Déjà le groupe commence en trombe sans s’annoncer et de manière tellement sèche que j’ai d’abord cru qu’ils finalisaient leurs balances avant de comprendre que le set avait vraiment débuté, le tout devant une salle pratiquement vide à cause du manque de fluidité à l’entrée de la salle (et probablement du fait que les portes de la salle même étaient ouvertes depuis moins de 3 minutes).

Mais si ce n’était que ça, ce serait excusable. Sauf que le chanteur/guitariste, malgré ses harangues à la foule entre les morceaux, est probablement déjà mort à ce stade de la soirée. En effet il se tient campé sur ses pieds, le regard vide, et fixe le fond de la salle plutôt que la foule croissante à ses pieds. Et les autres musiciens n’aident pas vraiment à lancer la dynamique puisqu’à part le second guitariste ils ont simplement l’air de se faire chier. Et on ne les en blâme pas, j’imagine que débuter son set devant 15 personnes parce que les portes sont à peine ouvertes ne doit pas forcément être une partie de plaisir.

La fin du set se réchauffe un peu au fur et à mesure que la salle se remplit et finit par ressembler à une première partie méconnue et fauchée tout à fait honorable, ce que l’on attendait sur cette scène à cette heure-ci finalement. Mais l’impression générale est quand même celle d’un faux départ.

 

– ALMANAC –

Almanac @La Machine du Moulin Rouge – Juliet Faure

Faux départ bien vite rattrapé par Almanac dès son arrivée sur scène. Le groupe de Power Metal du guitariste Victor Smolski venait défendre la sortie de son nouvel album Rush of Death paru le jour même, en effectif réduit puisque la chanteuse Jeannette Marchewka n’était pas présente sur scène ce soir-là.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la transition est nette. Après l’ambiance étrange qui avait habité la Machine pendant le set de Flesh Roxon, le power metal symphonique teinté d’influences thrash d’Almanac fait l’effet d’une bourrasque de vent en pleine face et redonne du cœur à toute l’audience.

Les musiciens livrent tous une performance impressionnante, notamment le chanteur Patrick Sühl dont les envolées lyriques impressionnent par leur justesse et leur précision. Mais la vraie star de ce plateau est évidemment le guitariste fondateur Victor Smolski. Et quand je dis « star », j’implique bien tout ce qui va avec, à commencer par l’égo.

En effet, non content d’avoir son nom sur la pochette de l’album (reproduite sur les décors de scène) dont l’entête indique « Victor Smolski’s Almanac », le guitariste coupe la parole au frontman dès sa première intervention pour commencer la promo de l’album, et ce alors même que son micro était coupé. Une intervention d’autant plus regrettable que le chanteur avait commencé à s’adresser au public en français, ce qui est toujours appréciable venant d’un groupe étranger. Mais ce cher Patrick se met poliment en retrait et ne prendra plus la parole pendant tout le set, laissant le leader du groupe chauffer le public.

Mais malgré cela l’énergie ne faiblit pas, et malgré une salle toujours assez vide à cette heure-ci, le groupe assure le show. Le bassiste et le batteur sont des monstres d’endurance et de technique à l’image des deux autres membres du groupe. Smolski a su très bien s’entourer pour la composition de ce line up, on a réellement l’impression (probablement justifiée) que chaque membre du quatuor est un virtuose dans son domaine, mais sans que le groupe ne se perde jamais dans une démonstration technique sans âme. La musique vit, les compositions sont variées, parfois ultra rapides, parfois groovy, et le public se laisse emporter par la fièvre générale, oubliant bien vite le doute qui l’habitait devant Flesh Roxon.

Le groupe quitte la scène avec les honneurs et laisse un public enthousiaste derrière lui, prêt à accueillir le headliner comme il se doit. Dommage que le headliner, lui, ne soit pas prêt.

 

– LORDI –

Lordi @La Machine du Moulin Rouge – Juliet Faure

Car oui, avant de monter sur scène Lordi prend son temps, et c’est peu de le dire. Presque une heure d’attente entre la fin d’Almanac et le début du set, on comprend mieux pourquoi la soirée débutait si tôt. Pendant ce temps interminable le public s’occupe comme il peut, pouvant compter sur la distraction offerte par une paire de roadies se lançant joyeusement dans une petite jam au gré des balances. L’impressionnant décor de scène est aussi offert à la vue de la foule, la pièce centrale étant une immense porte ornée des masques des différents musiciens du groupe et fermée par un drap marqué d’une impression gigantesque du visage de Mr. Lordi en personne (humilité quand tu nous tiens).

Et c’est donc après cette longue attente que nous avons droit à… encore plus d’attente. La bande d’intro, imitant une émission de radio comme souvent chez Lordi, semble elle aussi interminable, s’étalant sur plusieurs minutes avant que le show ne commence enfin. Et là, la magie arrive enfin sur scène.

Dès les premières mesures du premier morceau, Lordi envoie tout ce qu’il a, chaque musicien déjà totalement à fond. Lancé par l’ultra catchy Horror for Hire tiré du dernier opus Killection, ce set est efficace au possible de bout en bout. Les morceaux s’enchaînent, tous portés par le charisme propre à chaque musicien.ne, tous plus énergiques les uns que les autres et portant leurs iconiques costumes. Lordi maîtrise parfaitement sa performance live, et ne se fait pas prier pour le démontrer de la manière la plus spectaculaire qui soit.

Tout le long du show quelques saynètes sont jouées, par les membres du groupe et quelques figurants, parfois pendant les morceaux et parfois entre. Plusieurs solos agrémentent aussi le set, évidemment le classique solo de batterie mais également un duel entre la claviériste et le guitariste, et surtout un solo de basse incroyable. Déjà, le fait d’avoir laissé un solo au bassiste d’un groupe de rock est une rareté bienvenue, mais l’interprète engoncé dans son costume aux allures reptiliennes de Predator sublime totalement le concept par son jeu fluide trouvant un écho dans ses mouvements ondulant. Si je le voyais dans la jungle, je croirais à un serpent ! Cette incroyable performance s’achève sur un arrachage de cœur dont je n’ai toujours pas réussi à comprendre comment le trucage était possible (peut-être qu’ils sacrifient vraiment une figurante par soir, qui sait ?).

Le set continue au gré des hymnes caractéristiques du groupe finlandais, agrémenté d’interludes radiophoniques heureusement bien moins longs que celui de l’intro, et des habituels artifices de Mr. Lordi comme le micro-hache de Hard Rock Hallelujah ou bien les immenses ailes de chauve-souris (wink wink) sur Devil is a Loser. Une mise en scène digne des plus grands pour une scène parfaitement adaptée, à la fin du set le public en redemande et a bien vite oublié l’attente qu’il a dû subir en début de soirée.

Lordi maîtrise, Lordi envoie du lourd, de l’eau a coulé sous les ponts depuis l’Eurovision mais la réputation scénique de la formation n’est pas usurpée, loin de là. Chacun des membres du groupe y va de son grain de sel, la place n’est pas tout entière occupée par Mr. Lordi mais bien partagée équitablement par cette équipe bigarrée. Un Freakshow porté par des interprètes charismatiques, l’effet est là, le public est conquis.

Voilà qui conclut le dernier concert avant probablement un petit moment, mais quelle conclusion ! Et je finirais sur ces quelques mots entendus dans la salle ce jour-là, des mots de sagesse en ces temps de trouble, qui me portent encore au quotidien à ce jour :

« C’était 35 balles ? Bah ça les vaut. »

Setlist :

  • Radio SCG 10 (intro)
  • Horror for Hire
  • Midnite Lover / Granny’s Gone Crazy / Devil’s Lullaby
  • SCG10: The Last Hour / SCG10: Demonic Semitones (interlude)
  • Shake the Baby Silent
  • Blood Red Sandman
  • Drum Solo
  • Scare Force One
  • Like a Bee to the Honey
  • Naked in my Cellar
  • Bass Solo
  • I Dug a Hole in the Yard for You
  • Who’s Your Daddy
  • Guitar / Keyboard Solo
  • Hard Rock Hallelujah

Encore :

  • Devil is a Loser
  • Would you Love a Monsterman ?
  • Scream Demon (Outro)

Live Report : James Blunt @ Le Zénith – 27.02.2020


C’est dans un Zénith plein à craquer que nous nous rendons pour accueillir James Blunt, cet artiste à la si grande carrière, où il présentera ce soir son dernier album, Once Upon A Mind, sorti fin octobre. Léa Paci, déjà en duo sur la version française du hit Cold, sera à nouveau mise à l’honneur en assurant la première partie du concert parisien.

Léa Paci @Zenith – Juliet Faure

La chanteuse de 23 ans nous propose un set intimiste et chaleureux d’une quinzaine de minutes qui enchantera. Sa maturité impressionne, autant dans la rondeur de son chant grave et juste que par ses textes émanant d’un certain vécu. Évoquant des sujets tels que les rêves et les angoisses (A nos foliesAdolescente Pirate), la jeune fille à la voix éraillée s’annonce d’hors-et-déjà prometteuse au sein du milieu musical.

Des sons de cloches, trois immenses écrans, la silhouette d’un James Blunt et sa guitare qui se dessine… Ca y est, le show commence, et ce sur les chapeaux de roues, avec l’entraînant How It Feels To Be Alive, tiré de son dernier opus. Le britannique est survolté et ne cessera de l’être de toute la soirée. Après le brillant The Truth, il lancera un ‘Ca va, Paris?’ qui ravira la foule. High, titre de son tout premier album, Back to Bedlam, nous ramène des années en arrière ; un avant goût d’une setlist éclectique, pour mieux nous plonger dans chaque albums tout au long de la soirée.

James Blunt @Zenith – Juliet Faure

Outre la musique, la soirée est animée par le franglais absolument parfait (si si) du chanteur, surplombé de son humour lui aussi absolument parfait (on vous le jure) : ‘Mon français c’est absolument merde, ce soir, un peu de franglais.’ Il enchaînera alors les blagues, tout comme sur le calvaire des petits copains et autres maris qui accompagnent leurs femmes au concert:
‘Pour une soirée romantique, les mecs sont : ‘How long is this concert ?’
‘5h.’ (Horreur et damnation!)
et de rajouter qu’ils ne s’amuseront pas avec leurs femmes en rentrant chez eux car James Blunt fait des ‘Chansons misérables, your femme will be crying.’ James Blunt et l’auto-dérision, toujours un plaisir.

Mais place à nouveau aux chansons, et notamment aux émouvants Goodbye My Lover et I Really Want You. Meme si il nous fait rire, l’artiste est un mélomane dans l’âme et c’est avant tout pour cela qu’on l’apprécie. Il reviendra sur le dernier album avec, The Greatest, aussi appelée, ‘une chanson pour les enfants’, un morceau adressée à la jeunesse, à celle qui récupère un monde dirigé par l’argent, un monde qui se meure et pour lequel le chanteur aimerait que les futurs générations se battent, pour ne pas le voir dépérir encore plus.

Il s’amusera encore, indiquant au public qu’il a dû payer les musiciens qui l’accompagnent pour qu’ils jouent avec lui sur la tournée. C’est sa façon à lui de nous introduire Léa Paci qui montera sur scène pour jouer Halfway en duo avec le britannique. Un moment magique. Et puis, James Blunt en a apparemment assez de nous voir assis et sollicitera l’assemblée entière pour qu’elle se lève et entonne le dansant Postcards devant une foule qui répondra présent. Mais, public parisien, il se le demande: ‘Are you chaud?’ car il faut continuer sur notre lancée avec le rythmé Stay The Night? Oui, le public est chaud!

Mais que serait un concert du chanteur sans le hit qui a lancé et forgé sa carrière? L’indémodable You Are Beautiful sera repris presque a cappella par l’assemblée pour un moment touchant, et même vibrant. Terminant sur le tubesque OK, James Blunt veut encore nous faire bouger. Il demandera même à l’audience de se baisser, un instant, ‘Get down, cet down, get the f*ck down’, avant de se relever pour le refrain, à nouveau prêt à faire la fête. Une véritable rockstar ce James !

Mais non stop! Où aller vous? Rien n’est encore fini!

Le rappel se fait, James Blunt prend place pour nous interpréter l’un des bijoux du dernier album, le magnifique et émouvant Monsters traitant de la maladie de son père. On vous somme d’ailleurs d’aller regarder son clip pour mieux comprendre l’émotion intense perçue au Zénith. Enfin, nous retrouverons à nouveau Léa Paci sur scène, le temps d’une chanson, sur le fameux Cold, premier single du dernier album. Et puis, tout en apothéose, le rythmé Bonfire Heart clôturera la soirée comme il se doit. Merci l’artiste, c’était beau, c’était vrai.

Des titres qui se bousculent, une scénographie impeccable on ne savaient plus où donner de la tête, pour notre plus grand bonheur. Entre rires et larmes, James Blunt prouve qu’il est un véritable performer, en plus d’être le brilliant compositeur / interprète qui fait chavirer nos coeurs.

Live Report : Monuments @Petit Bain – 01/03/2020


Quelle a été la première préoccupation qui a agité les neurones de l’Humanité ? Au-delà des évidents besoins vitaux comme manger, boire, tuer des trucs, se faire tuer par des trucs et copuler joyeusement entre ADULTES CONSENTANTS (des bisous les Césars), on peut supposer que ça ressemblait à un genre de « Mais qu’est-ce qui fait donc que le monde est tel qu’il est, et suit ces règles ? Comment ? Pourquoi ? Oh tiens un loup, allons le domestiquer » et après quelques milliers d’années on se retrouve avec des chihuahuas partout bref, une horreur.

Mais la réflexion était lancée. Alors privé de science, l’Humain avait commencé à chercher des réponses à ses questions partout autour de lui. Ainsi naquirent une longue lignée et prédicateurs et autres prophètes, amenant chacun leur tour une Vérité Universelle différente de la précédente, déclenchant parfois des guerres pour décider de qui avait la meilleure. Et certains, notamment en Asie, adoptèrent des manières de concevoir l’Existence complètement mystiques, cherchant à se connecter à leur divin de toutes les manières possibles, en y sacrifiant parfois leur connexion au monde matériel.

Mais qui étaient réellement ces hommes ? Illuminés ? Authentiques prophètes ? Proto-junkies camés à la mort ? Et bien laissez-moi vous dire que Monuments s’en contre-carre royalement et marche droit dans leurs pas à la recherche du Nirvana en laissant derrière lui un chemin ensanglanté.

Accompagné de leurs compatriotes britanniques Heart of a Coward et du méconnu groupe australien I Built the Sky, John Browne et ses compères sont venus rendre visite au Petit Bain le 1er Mars dernier afin de nous présenter leur nouvelle voix, le jeune mais néanmoins talentueux Andy Cizek. Une épopée de quelques heures quelque part entre le déchaînement de violence et la transe mystique, Monuments nous a offert un voyage aux portes de la folie que nous avons vécu pour vous. Alors accrochez-vous bien mais surtout n’ayez pas peur, car même si vous n’en réchappez pas, le Samsara vous rappellera tôt ou tard…

 

– I BUILT THE SKY –

I Built The Sky @Le Petit Bain – Juliet Faure

La soirée s’ouvre avec ce petit groupe australien au nom évoquant des immensités dignes du grand et sacré Post-Rock. Mais ici point de nappes de guitares, point de crescendo majestueux, I Built the Sky évolue plus dans un math rock teinté de djent, mais très léger et mélodieux. Le batteur commence par entrer sur scène dans l’indifférence totale tandis que la bande se lance, juste avant que les lumières ne s’éteignent, et le public curieux mais encore peu nombreux du Petit Bain se tourne mollement vers la scène tel une bande d’éléphants de mer aux aguets.

D’un point de vue purement musical le groupe est à un excellent niveau. Les trois musiciens sont largement au niveau pour ce style de musique parfois un peu retors, les mélodies sont efficaces, voire planantes sur certains passages, tout est carré et à sa place, la qualité de la composition et de l’interprétation sont très vite établies. Le groupe semble manquer d’un second guitariste, les leads les plus répétitifs étant joués par la bande, mais cela ne fait que souligner la rigueur à toute épreuve du groupe qui retombe toujours pile sur le temps malgré la complexité rythmique et technique des compositions.

Mais la mise en scène manque encore de finesse. Le travail sur la light est globalement pauvre, et le chanteur peine à remplir le vide entre chaque morceau par sa seule éloquence (vide accentué par le fait qu’il doive changer d’accordage presque un morceau sur deux).  Malgré cela, et comme souvent à cet horaire, le groupe semble s’éveiller petit à petit au fil du concert. Le chanteur finit même par vanner lui-même le manque de notoriété du groupe avec juste ce qu’il faut d’autodérision, tout en prenant ses aises sur scène.

Le concert finit en beauté avec un laborieux mais néanmoins choupidou « High Five Wall of Death » et un slam du chanteur en plein lead (de math rock, donc pas un enchaînement de powerchords a priori) assez impressionnant. Le public semble conquis par le groove de folie et les mélodies douces de I Built the Sky, ne manque qu’une attitude scénique plus détendue et dynamique que l’expérience saura sûrement apporter à la formation.

 

– HEART OF A COWARD –

Heart of a Coward @Le Petit Bain – Juliet Faure

Mais en introduction je vous parlais certes d’une expérience mystique mais aussi d’un « chemin ensanglanté » (toujours dans la mesure, vous me connaissez), or même si I Built the Sky possède un groove indéniable, on est bien loin de ça. Mais pas d’inquiétude, car l’arrivée de Heart of a Coward fit immédiatement trembler le Petit Bain sur ses fondations (ce qui, pour une péniche, reste un tour de force).

Dès son entrée sur scène le groupe britannique retourne la salle comme un vieux pancake. Le morceau d’introduction amène avec lui une bagarre sans nom dans le pit, le public lançant les hostilités à peine les premières notes entendues. La musique de ce groupe de djent à l’esprit plutôt hardcore trouve son public sans aucun problème.

On entame alors une épopée à base de breakdowns qui tâchent, de transitions entre chant clair et scream d’une fluidité impressionnante, et de beaucoup trop de wall of death successifs pour une fosse de la taille du Petit Bain. A aucun moment la musique ne fait mine de baisser en intensité, enchaînant claque sur claque avec une efficacité presque surnaturelle. Le chanteur s’arrête à peine pour souffler entre les morceaux, pas le temps de briser le rythme, le show est inarrêtable.

Et quand je vous disais que la salle tremblait sur ses fondations, non seulement le sol de toute la pièce faisait des mouvements de haut en bas peu rassurants au rythme des mouvements de la foule, mais c’est bien vite toute la péniche qui s’est mise à tanguer dangereusement. Mais il en fallait plus pour arrêter Heart of a Coward qui, s’ils ont seulement senti cette légère perturbation, s’en sont sûrement amusés.

Un show tout en puissance d’une efficacité millimétrée, chaque morceau semblant plus énervé que le précédent, Heart of a Coward est une excellente découverte et une perle de live pour qui aime la bagarre la plus pure et les guitares accordées bas.

Setlist :

  • Down in Ruin
  • Ritual
  • Collapse
  • Shade
  • Monstro
  • Mouth of Madness
  • Hollow
  • Deadweight

 

– MONUMENTS –

Monuments @Le Petit Bain – Juliet Faure

Ainsi furent assemblées les deux moitiés d’un grand tout, la beauté légère de I Built the Sky et la violence irrépressible de Heart of a Coward mêlées dans un infini tourbillon de sensations. Et du cœur de ce chaos émergea le sommet de la pyramide, l’omnisciente présence, l’entité aux aguets au commencement et à la mort de tout. L’heure était venue d’accueillir Monuments.

Le groupe débarque un peu en retard mais attaque d’entrée de jeu au sommet de sa forme, capitalisant sur l’excitation laissée par Heart of a Coward derrière lui. Pendant plus d’une heure et demie le groupe nous livre son djent mystique influencé autant par le metalcore de début de siècle duquel il descend que par la musique mystique venue du très lointain orient. Les musiciens sont tous d’une rigueur irréprochable (nécessaire au jeu de ce genre de style très technique), et servis par une technique quasi parfaite offrant un son clair comme de l’eau équilibré de main de maître, laissant chaque instrument ressortir parfaitement à sa place. Mais la plus grande surprise de cette soirée se trouve derrière le micro de chant.

De loin, Andy Cizek ressemble à un jeune homme en fin d’adolescence, un peu maigrelet, timide mais poli et bien élevé (et il l’est sûrement). Drôle de casting en apparence, mais l’habit ne fait pas le moine et la grosse inconnue de ce set se retrouve bien vite en être la pièce maîtresse. Le chanteur possède comme ses collègues une technique carrée et sans faute, évidemment, les plus pointilleux déploreront peut-être la perte du growl profond de Chris Barretto mais la voix de son remplaçant remplit parfaitement le créneau.

Et même si ce n’était pas le cas, qu’importe ? Parce qu’au-delà de sa simple technique vocale correspondant parfaitement à la musique de Monuments, Andy est un frontman possédé vivant les morceaux qu’il chante, comme en transe mystique quand il hurle ses textes. Et toute la salle ne tarde pas à l’imiter, on peut voir ça et là des gens en communion avec les mélodies envoûtantes venant de la scène, pris de tremblements, les yeux révulsés (enfin je ne suis pas sûr d’en avoir vu, mais je ne peux pas être le seul à avoir atteint cet état, si ?).

Mais la force de Monuments ce ne sont pas seulement ses mélodies mystiques, ni son groove catchy à l’extrême, et pas non plus ses passages plus violents typiques du metal moderne dont il est issu. La vraie force de Monuments, c’est que tout ça arrive en même temps. Il n’est pas ici question de passages mystiques entrecoupés d’ultraviolence, l’ultraviolence EST mystique tout le long du show, à l’image d’un Gojira polyrythmique.

Sur la fin du concert tout est débridé, le chanteur se retrouve à scander ses refrains debout sur la foule qui continue sa communion avec le groupe. Se set s’achève sur A.W.O.L. et I, the Creator, deux morceaux incarnant à eux seuls toute l’expérience cérébrale offert par le groupe en live.

Monuments en concert est une expérience à vivre. Situé quelque part entre la transe encensée des prêtres d’extrême orient et les mosh pits des concerts de hardcore New Yorkais, ce voyage introspectif amène son auditeur aux limites de la conscience. Peut-être avons-nous tous touché du doigt ce que l’on appelle « Dieu » ce soir-là, peut-être qu’il faudrait que je me calme et que j’arrête de mettre autant de merde dans mes reports ? La vérité restera obscure…

Quoiqu’il en soit Monuments est toujours en pleine forme et bénéficie pleinement non seulement de sa nouvelle voix mais également du retour du batteur historique Mike Malyan. Le nouveau morceau Animus sorti il y a quelques mois et placé dans la setlist présage probablement de la sortie d’un nouvel album dans un futur plus ou moins proche, le premier porté par la voix d’Andy. Malgré ses déjà 10 ans d’expérience Monuments a toujours la hargne et la fougue des débutants, offrant une expérience de concert rare, une transe guerrière héritée des plus anciennes spiritualités, ou juste du djent ultra efficace avec des gammes orientales, c’est vous qui voyez.

Setlist :

  • Blue Sky Thinking
  • Leviathan
  • Horcrux
  • Mirror Image
  • Animus
  • Vanta
  • 97% Static
  • Empty Vessels Make the Most Noise
  • Regenerate
  • Origin of Escape
  • Degenerate

Encore :

  • A.W.O.L.
  • I, the Creator

Live Report : Sabaton @Zénith de Paris – 07/02/2020


Chère Lucienne,

Cela fait maintenant 3 mois que je n’ai plus quitté la ligne de front. Les journées sont longues ici, et les distractions rares. Tout suinte la crasse, les rats ont envahi jusqu’au moindre recoin de tranchée et continuent de se multiplier. La nuit le froid nous glace jusqu’aux os tandis que nous sommes obligés de dormir à même la terre. Enfin, quand les préparations d’artillerie nous permettent de trouver le sommeil.

La guerre n’est pas telle qu’on nous l’avait décrite. Ici nulle gloire, que de la crasse et du sang en abondance, et des frères d’armes tombés vite oubliés dans la fureur des combats. La seule chose qui me raccroche encore à la raison est l’espoir de vous revoir un jour et de tenir ma promesse. Il me tarde de rentrer à Villemont-sur-Orge et de revoir votre sourire, loin de ces champs de mort dévastés que sont devenues les verdoyantes terres de l’Est de notre belle France.

Vendredi dernier nous avons tout de même eu droit à une journée de permission impromptue offerte par le commandement, à l’issue de laquelle une troupe de comédiens est venue nous présenter un spectacle de leur cru en trois actes dans une petite salle communale appelée « Zenith ». Ils étaient tous musiciens mais jouaient une musique que je n’avais jamais entendue avant, quelque chose de très rythmique, presque tribal. Les anglais de la tranchée 17 m’ont expliqué que cela venait de chez eux, ils appellent cela le « Rock n’Roll ». Peu de chances que cela ait le moindre succès avant un siècle au moins selon moi, mais c’était une distraction bienvenue.

Il me reste tant de choses à vous dire Lucienne, mais le temps me manque car il me faut repartir à l’assaut dans l’heure. Je pense à vous à chaque instant de ce calvaire et garde espoir que nous nous reverrons.

Tendrement,

Votre Edmond

Edmond perdit la vie dans l’assaut qui suivi l’écriture de cette lettre. Dévastée par le chagrin, Lucienne s’enferma dans un mutisme pendant des années. Quand elle revint à elle-même en 1924 elle ne parlait plus que le suédois (qu’elle n’avait pourtant jamais appris) et était convaincue d’être la réincarnation suédoise de son défunt fiancé. Elle partit donc vivre en scandinavie et se lança dans la musique sous le nom de Joakim Brodén, identité sous laquelle elle fonda le groupe Sabaton (vous voyez bien que j’allais quelque part avec cette intro) dans le but de reproduire la musique qu’Edmond avait entendue avant de mourir bien des années plus tôt. Voici son histoire (ou du moins la partie de son histoire s’étant déroulée le 7 décembre 2020 entre 19 et 23h).

 

– AMARANTHE –

Amaranthe Zenith de Paris 7 février 2020 @Kikevist_Thierry

La soirée commence doucement avec un groupe beaucoup trop énergique pour l’heure. Amaranthe met le paquet dès l’intro avec son power sympho / eurodance devant un Zénith déjà aux trois-quarts plein malgré la relative jeunesse de la nuit.

La prestation livrée par les suédois impressionne par sa qualité technique : le son est d’une clarté impressionnante (qu’on ne retrouvera malheureusement pas dans la suite de la soirée) et le lightshow est une véritable démonstration de maîtrise. Les patterns sont bien choisis, dynamiques, les changements fréquents et toujours précisément dans les temps. L’équipe technique d’Amaranthe est d’une précision chirurgicale, et le groupe a visiblement bien su s’entourer.

Dommage donc que la prestation ne soit pas forcément à la hauteur de ce cadre exceptionnel. Le groupe a la lourde tâche d’ouvrir pour les géants du live que sont Sabaton et peine malheureusement à rentrer dans ses bottes malgré la présence de trois (!!!) chanteurs lead sur six musiciens.

 

Belle allégorie de ceci, le décor de Sabaton étant déjà en place Amaranthe doit jouer sur une scène réduite entourée de sacs de sable, et malgré les efforts louables d’un des frontmen pour chauffer la foule l’ambiance peine à décoller.

Amaranthe Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Il faut dire aussi que l’ambiance EDM de certaines compos du groupe peut rebuter la foule de metalleux présente ce soir-là, associant plutôt ces sons de claviers kitsch à une partie de la musique qui la rebute habituellement. Mais ne soyons pas mauvaise langue, Amaranthe nous présente un show tout à fait honnête et aussi plaisant à la vue qu’à l’écoute, et la réaction du public est tout à fait proportionnée pour une ouverture de soirée comme celle-ci. Un show technique parfaitement maîtrisé donc, pour un groupe qui mériterait peut-être d’arrêter d’ouvrir pour des groupes bien plus importants et qu’on aimerait voir en tête d’affiche pour une fois.

Setlist :

  • Maximalism Intro
  • Maximize
  • Digital World
  • Hunger
  • Amaranthine
  • GG6
  • Helix
  • That Song
  • Call Out My Name
  • The Nexus
  • Drop Dead Cynical

 

– APOCALYPTICA –

Apocalyptica Amaranthe Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Le show d’Apocalyptica se révèle vite à l’opposé de celui d’Amaranthe. Le lightshow est ici tout en sobriété et en fonctionnalité, ne se permettant quelques fantaisies que sur certains breaks de batterie, l’idée est avant tout de montrer les musiciens et pas d’ajouter une plus-value à la musique par la lumière. Une démarche différente mais tout aussi louable qui laisse en plus la place à une gigantesque projection plutôt travaillée sur tout le fond de scène, alternant entre simple backdrop et animation plus poussée.

A l’opposé d’Amaranthe aussi, la qualité sonore se dégrade beaucoup, notamment dans les basses qui deviennent beaucoup trop agressives (notamment sur la reprise de Seemann où c’en était carrément douloureux). Mais à côté de cela, Apocalyptica maîtrise bien mieux son sujet, et sans artifices.

La première partie du concert est dédiée aux compositions originales du groupe et reçoit un accueil assez mitigé de la part du public, malgré la présence galvanisante de quelques fans disséminé ça et là. Puis le frontman revient aux premiers amours du groupe en lançant la reprise de Seek & Destroy, et tout le monde devient fou. Toute la fosse semble s’éveiller d’un seul coup et déborde soudain d’énergie sur ce classique. Mais le groupe ne s’arrête pas en si bon chemin et décide de remonter encore plus loin en interprétant une version modernisée et bien plus rock du Hall of the Mountain King d’Edvard Grieg, entrecoupée des intros de Thunderstruck (après tout pourquoi pas) et de la Marseillaise reprise en cœur par le public (un ardent patriotisme qui m’a toujours procuré un frisson de gêne mais bon, vu la tête d’affiche ça n’était guère surprenant).

Les trois violoncellistes mettent le feu le plus naturellement du monde, notamment Perttu Kivilaakso, véritable shredder du groupe dont on peine parfois à reconnaître l’instrument tant il en joue vite (et avec une pédale de distortion). Le set s’achève sur une autre classique de Metallica : Nothing Else Matters. Drôle de fin pour un concert si endiablé, la coupure dans le rythme est tout de même brutale, mais le public est réceptif et après s’être déchaîné, il fait silence. J’ai rarement eu l’occasion de voir une salle aussi grande aussi silencieuse, cela relève de l’exploit (enfin c’est ce que je pensais avant le set de Sabaton, mais nous y reviendrons).

Apocalyptica Amaranthe Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Les techniciens d’Apocalyptica maîtrisent visiblement moins leur sujet que ceux d’Amaranthe, mais le gouffre qui sépare les musiciens en terme de chauffe de salle est bien plus impressionnant et le quatuor Finlandais n’usurpe pas sa réputation ce soir. Le groupe termine son set en nous promettant un concert en tête d’affiche à Paris dans les mois qui viennent, à surveiller.

 

Setlist :

  • Ashes of the Modern World
  • Path
  • En Route to Mayhem
  • Seemann (Rammstein Cover)
  • I Don’t Care
  • Grace
  • Seek & Destroy (Metallica Cover)
  • Hall of the Mountain King (Edvard Grieg Cover)
  • Nothing Else Matters (Metallica Cover)

 

– SABATON –

Sabaton Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Telle une armée perdue dans le calme avant la tempête, la foule du Zénith retient désormais son souffle. Le moment tant attendu est arrivé… ou pas, car avant de commencer son set Sabaton prend le temps de se faire attendre. On a tout d’abord droit à une série de versions orchestrales de leurs morceaux en guise de musique d’attente pendant la préparation du plateau, puis la musique s’éteint alors que la scène est cachée par une immense toile aux couleurs du groupe et s’entame alors une LONGUE attente alors que le morceau In Flanders Fields est diffusé en intégralité devant la foule en délire plongée dans le noir.

 

Mais nous voici déjà arrivés au bout de ce préambule, et il est désormais temps pour Sabaton de nous interpréter leurs plus beaux textes tous basés sur ce thème qui leur est si cher et qui fait la fierté de notre chère humanité :

 

LA GUERRE.

Et le set commence fort avec le classique et explosif Ghost Division. Il ne faut pas plus de deux mesures à ce morceau pour me rappeler à quel point Sabaton est une véritable machine de live. La salle semble exploser littéralement sous les coups de boutoir de la batterie et les claviers/chœurs à eux seuls suffisent à faire entrer la fosse en transe. La mise en scène n’est pas en reste puisque la pyrotechnie donne tout ce qu’elle a dès ce premier titre avec feux d’artifice, explosions, lance-flammes sur le TANK servant de pratos à la batterie, on a vraiment la sensation que la 7e Panzerdivision est sur le point de raser le Zénith. En termes d’introduction de concert, on a rarement fait plus efficace.

Sabaton Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Dès le troisième morceau joué (The Attack of the Dead Men) Sabaton nous montre que sa mise en scène a encore augmenté d’un niveau. Ce morceau, issu du dernier album, parle des soldats mutilés ayant survécu à une attaque au gaz de combat. On voit donc les membres du groupe monter sur scène noyés dans la fumée et affublés de masques à gaz, le chanteur étant même en tenue complète avec bonus gazeuse sous le bras et interprètera tout le morceau sans se défaire de son costume.

Et ce ne sera pas la seule audace de mise en scène, le point culminant étant pour moi une simulation de bombardement de tranchée à base de fusées de détresse et détonation complètement crédible. J’avais beau savoir que j’étais dans une salle de concert face à un décor de scène, ce court passage avait une portée presque cinématographique. C’est à cet instant précis que le groupe m’a fait comprendre qu’il ferait à l’avenir partie des grands.

Le début du concert est surtout consacré au dernier album. Il est en fait peu surprenant de le voir si représenté étant donné qu’il donne son nom à la tournée et que tout le décor de scène lui est dédié. Le groupe s’offre une petite excentricité sur Red Baron en apportant une reproduction à l’échelle ½ du fameux triplan du pilote éponyme dans laquelle est incrusté un orgue Hammond, faisant officiellement de cet objet l’orgue le plus metal du monde. Joakim se permet même une petite boutade en pianotant les notes de Swedish Pagans sur le clavier (en faisant passer cela pour un air traditionnel suédois dont les paroles seraient « Ikea » répété en boucle), trollant ainsi la foule qui passera tout le concert à entonner cette mélodie comme pour invoquer le morceau (mais qui ne viendra qu’en clôture de setlist, avec les tubes).

Sabaton Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Mais il est déjà l’heure d’un nouveau rebondissement quand Apocalyptica remonte sur scène pour interpréter pas moins de six morceaux avec le headliner à commencer par la magnifique collaboration Angels Calling sortie conjointement par les deux groupes à l’automne dernier. Juste derrière suit le puissant Fields of Verdun que Joakim semble tout fier d’interpréter en France, et qui reste pour moi une des moments les plus intenses de ce concert (plus encore que l’intro).

Mais si intense que soit ce titre il n’est rien, mais alors RIEN du tout face à la monumentale claque qui suit : l’immense, le solennel, la majestueux The Price of a Mile. Ce morceau est à lui seul devenu une de mes meilleures expériences de live, une marche lente mais inarrêtable, appuyée par une débauche de chœurs, les hurlements de la foule et les violoncelles d’Apocalyptica. Un moment qui restera gravé dans ma mémoire pour longtemps.

Le groupe continue sur sa lancée, se permettant un petit clin d’œil au Hellfest/Knotfest de l’été dernier (bouffez ça les Kings of Metal), et enchaîne ses tubes jusqu’à arriver au rappel. Primo Victoria est suivi de près par Bismarck lui-même trainant dans son sillage le tant attendu Swedish Pagans que la foule n’en pouvait visiblement plus d’attendre. Et là se produit l’ultime prodige de ce concert : alors que tout le monde attend avec regret que le groupe dise au revoir à cette foule en adoration et quitte la scène pour un repose bien mérité, Joakim fait taire le Zénith D’UNE SEULE MAIN en se contentant de la baisser progressivement entraînant le volume sonore de 6000 personnes avec, puis pointe du doigt la sono à cette assemblée médusée. Et dans le silence de 6000 âmes retenant leur souffle, le petit sifflet de Hell & Back se fait entendre.

Sabaton Zenith de Paris 7 fevrier 2020 @Kikevist_Thierry

Puis vient l’explosion, foule et groupe donnent tout ce qu’ils ont sur ce dernier titre jusqu’à l’épuisement, et les artistes finissent par se retirer un grand sourire aux lèvres.

Ce concert était assez similaire à ceux donnés à Clisson l’été dernier, mais c’était comme si tout avait été monté d’un cran. La mise en scène n’a clairement rien à envier aux plus grands, chaque membre du groupe semble plus heureux d’être là que son voisin, les décors sont toujours aussi travaillés… J’ai personnellement du mal avec Sabaton en studio (que ce soit pour le message belliqueux délivré par leurs textes ou leur musique peut-être un peu trop épique à mon goût), mais il faut bien se rendre à l’évidence : ce concert est une expérience de live que je souhaite à tout le monde. Joakim est une bête de scène qui pourrait emmener tout le groupe à lui seul, mais tous les membres y vont de leur petite intervention sur tous les morceaux. Peu importe ce qu’on pense de Sabaton, il suffit de les voir en concert pour réaliser qu’ils ont leur place parmi les plus grands groupes de live de leur génération, à la manière d’un Maiden ou d’un AC/DC à leur époque (fight me).

Setlist :

  • In Flanders Fields (intro)
  • Sun Tzu Says
  • Ghost Division
  • Great War
  • The Attack of the Dead Men
  • Seven Pillars of Wisdom
  • Diary of an Unknown Soldier
  • The Lost Battalion
  • The Red Baron
  • The Last Stand
  • 82nd All the Way
  • Night Witches

Avec Apocalyptica :

  • Angels Caliing
  • Fields of Verdun
  • The Price of a Mile
  • Dominium Maris Baltici
  • The Lion From the North
  • Carolus Rex

Encore :

  • WWII Intro
  • Primo Victoria
  • Bismarck
  • Swedish Pagans
  • Hell & Back
  • Dead Soldier’s Waltz
  • Masters of the World

Live Report : Dropkick Murphy’s @Zénith de Paris – 09/02/2020


Aaaaah, le mois de février… Les jours qui se rallongent, le 29 une fois tous les 4 ans, la St Valentin, et bien évidemment les concerts annuels des Dropkick Murphy’s au Zénith de Paris. Depuis des années les compères de Boston répondent présents à l’invitation de la capitale tous les ans aux alentours de la même date pour une paire de concerts dans la fameuse salle de la Villette. Cette année ils venaient défendre leur dernier single Smash Shit Up paru quelques jours plus tôt en interprétant une savante sélection de leurs meilleurs titres.

Mais après toutes ces années à tourner, cela vaut-il encore la peine de se déplacer pour ce rendez-vous réglé comme une horloge ? C’est ce que nous nous sommes demandé en plongeant dans cette verte et houblonnée soirée.

 

– JESSE AHERN –

Cette soirée placée sous le signe de la joie de vivre et de la camaraderie commence par un artiste complètement à l’opposé de ces deux tendances. Seul sur scène avec sa guitare et son harmonica pour seuls compagnons, Jesse Ahern nous conte ses « récits de la vie moderne » sur un ton mélancolique, presque triste parfois.

Le chanteur semble un peu perdu tout seul sur cette grande scène mais cela n’empêchera pas l’oreille avertie d’apprécier son très beau grain de voix, renforcé par une égalisation dans les bas mediums faisant résonner ses textes à travers les poitrines. On sent une réelle intention de bien faire chez l’artiste, en plus d’une cohérence avec l’imagerie et les thèmes du headliner (je l’ai distinctement entendu chanter « Give me some alcohol » en jouant de la guitare avec un béret, tout y est), mais malheureusement les circonstances ne sont pas de son côté.

Pour un interprète visiblement plus habitué à jouer dans l’ambiance intimiste de pubs irlandais la scène du Zénith paraît beaucoup trop grande, et on sent dès le départ qu’il est intimidé par la foule. Une foule qui, rappelons-le, est ici pour un concert de punk et ne s’attendait donc pas vraiment à être accueillie par un simple guitare/voix. De plus la salle est alors à moitié vide et se remplit petit à petit de gens pas forcément très concentrés sur ce qui se passe sur la scène.

Le chanteur se décrispe petit à petit, notamment après que sa reprise de Redemption Song de Bob Marley ait rencontré un certain succès, et ose enfin s’adresser au public, mais très brièvement. Jesse Ahern semble être un artiste intéressant mais placé ici dans un décor démesuré lui faisant perdre ses moyens et sa prestance, et on espère avoir l’occasion de le revoir passer sur Paris dans une salle plus réduite, voire un bar, où il serait plus dans son élément.

 

– FRANK TURNER & THE SLEEPING SOULS –

Prenant le contrepied total de cette première prestation, le britannique Frank Turner et ses Sleeping Souls (ou SS en abrégé) révèle bien vite ses qualités de showman. D’entrée de jeu la performance est explosive et vient réchauffer la foule laissée sur sa faim après Jesse Ahern. La particularité de la formation est d’inclure un organiste utilisant des sons très typés années 50-60, et on note en effet une certaine influence du rock de cette époque dans les compositions du groupe.

Et ce n’est pas la seule influence que l’on décèle dans cette prestation. Sur une base de rock à tendance pop à la Feeder (dont nous avions couvert le concert en novembre dernier) Frank Turner et la SS rajoute des éléments de country, de folk, de punk… pour créer un mélange énergique à base d’hymnes entraînants enchaînés sans répit.

Le set est porté par un lightshow ne prenant pas trop de risques mais toutefois efficace. Mais ce n’est pas ce qui frappe le plus. Ce qui frappe le plus c’est que Frank Turner n’est en fait pas du tout venu pour faire un concert, mais bien un one man show. Fait notable, le chanteur parle dans un français imparfait mais parfaitement compréhensible (bien plus que celui de Bruce Dickinson en tout cas) tout le long du concert avec un enthousiasme sans faille.

Et tout le concert sera ponctué de petits moments humoristiques et totalement barrés comme la reprise d’un des morceaux de l’artiste traduit mot à mot en français, ou un autre morceau sur Ressuci Anne (si vous ne savez pas qui c’est, voici de la culture, c’est cadeau, me remerciez pas). Ce concert va à 100 à l’heure, alternant ses interludes humoristiques avec les hymnes du groupe, le toute dans une ambiance très pop avec quelques très beaux moments comme le slam chanté débordant de punkitude sur la fin du set. Frank Turner semble être un frontman à l’égo surdimensionné, mais force est de constater que son talent de showman est indéniable et que la durée du set (une heure, exceptionnel pour une première partie) n’est pas de trop tant on ne se lasse pas de l’énergie qui irradie depuis la scène.

Setlist :

  • Get Better
  • 1933
  • The Lioness
  • Try This at Home
  • If I Ever Stray
  • Photosynthesis
  • Polaroid Picture
  • Long Live the Queen
  • Rescue Annie
  • Eulogy (version française)
  • The Next Storm
  • Sons of Liberty
  • Out of Breath
  • Recovery
  • I Still Believe
  • Four Simple Words

 

– DROPKICK MURPHY’S –

C’est après cette première partie longue (près de deux heures) et éclectique que le public des Dropkick Murphy’s quelque peu sceptique face à cette introduction perçue comme interminable par certains finit par obtenir ce pour quoi il est venu.

La salle plongée dans l’ombre est bercée par une mélodie traditionnelle irlandaise faisant encore monter l’impatience générale suivie du titre The Lonesome Boatman, et le set démarre en trombe sur le classique The Boys Are Back. Entrée en scène impactante et rudement efficace, seulement entachée par sa lumière (les spots blancs à hauteur de visage qui m’empêchaient presque d’ouvrir les yeux, j’éviterai à l’avenir). Heureusement elle se calme bien vite, et ce début de set continue sur sa lancée jusqu’à un interprétation magistrale et jouissive de Blood.

Fun fact, de longs serpentins sont envoyés au-dessus de la foule sur le début de ce morceau selon un angle bien trop grand… et restent coincés dans la structure du plafond, hors de portée de main. Petite erreur de la part des techniciens du groupe, étrange quand on sait que l’effet avait sûrement déjà été utilisé deux fois la veille, et réinterviendra plus tard dans le set.

Mais le set suit son cours avec la même énergie. Le tout est enveloppé par les projections sur l’écran géant du fond de scène dont on apprécie la diversité. Paroles des chansons, clips, animations originales… le soin apporté à cet élément principal de la mise en scène fait plaisir à voir.

Le public semble enthousiasmé par cette prestation, et l’ambiance est à l’image de l’explosivité du show. Mais malgré tout quelque chose me dérange dans ce set : je l’ai déjà vu, plusieurs fois, et depuis des années.

Entendez-moi bien : Dropkick Murphy’s est toujours au top de sa forme, le lien avec le public est bien présent, les musiciens ont l’air de passer un aussi bon moment que le public. Mais le groupe semble avoir du mal à se renouveler dans sa mise en scène. La sortie de 11 Short Stories of Pain and Glory il y a quelques années avait renouvelé un peu tout ça, mais pas fondamentalement, et j’ai un peu l’impression que le groupe se repose sur ses acquis et stagne.

Malgré cela la performance est tout à fait appréciable, et certains morceaux fonctionnent parfaitement bien en live comme par exemple le nouveau single Smash Shit Up ou le quasi-final Until the Next Time tout en émotion alors que la moitié de la fosse se retrouve sur scène, et bien sûr le mythique Shipping Up to Boston.

Ce concert était bon. Mais il était bon comme l’avait sûrement été son jumeau de la veille, et comme l’ont été tous ceux ayant eu lieu au même endroit à la même époque depuis quelques années. Malgré cela les afficionados du groupe y trouvent toujours leur compte, et c’est bien là le plus important pour ce groupe qui peut compter sur une fanbase forte et inépuisable.

AHHHHH un photographe !

Setlist :

  • Foggy Dew
  • The Lonesome Boatman
  • The Boys Are Back
  • Famous for Nothing
  • Blood
  • The State of Massachusetts
  • The Bonny
  • The Walking Dead
  • The Fields of Athenry
  • Rocky Road to Dublin
  • Citizen C.I.A.
  • The Black Velvet Band
  • First Class Loser
  • Smash Shit Up
  • Cruel
  • The Warrior’s Code
  • Amazing Grace
  • Prisonner’s Song
  • Sunday Hardcore Matinee
  • Caught in a Jar
  • Johnny, I Hardly Knew Ya
  • Out of Our Heads
  • Worker’s Song
  • Rose Tattoo

Encore:

  • Going Out in Style
  • Until the Next Time
  • I’m Shipping Up to Boston
  • My Way (Frank Sinatra)

Live report : Bernard Minet Metal Band @Nouveau Casino – 13/02/2020

DANS LE DERNIER EPISODE

Après avoir échappé à d’étranges poursuivants à l’apparence occulte et fait un voyage dans le futur pour assister à un concert de Dragonforce d’anthologie, Kärscheras se retrouve en présence d’un être supérieur s’adressant à lui directement dans sa tête, ou peut-être est-ce dans son cœur ?

La silhouette se tenait toujours dans son grand halo lumineux, immobile, à la fois impressionnante et rassurante, comme un souvenir venu du fond de mon enfance. Des mélodies que je n’avais pas entendues depuis des années s’insinuaient dans ma tête, tournant en boucle en évoquant des images d’un autre temps. Les levers à 6h30 le weekend pour ne pas rater le début des dessins-animés, la hâte de la sortie d’école à 16h30 pour réussir à être à l’heure devant les rediffusions de Dragon Ball Z et des Chevaliers du Zodiaque, l’attente pendant des jours qu’il se passe quelque chose dans l’intrigue parce que le moindre arc narratif se devait de durer au moins 100 épisodes. La saveur et l’insouciance de l’enfance.

Le temps de réaliser qui se tenait en face de moi, je m’aperçus que je n’étais plus dans cette étrange cave et que la borne au dragon avait disparu. A la place se dressaient autour de moi les murs du Nouveau Casino, et je compris que je n’avais en fait pas quitté 2020, et que l’homme qui se tenait devant moi, flanqué de deux roadies à la carrure imposante, était la voix de milliers d’enfants d’hier et d’aujourd’hui : Bernard Minet.

Accompagné du groupe de metal cannois Heart Attack et à la veille de la sortie de son album Bernard Minet Metal Band, le batteur des Musclés s’est extirpé des conventions pour lancer cette tournée au concept improbable, creuser jusqu’au fond de votre enfance et en faire ressortir les meilleurs souvenirs revisités à la sauce sidérurgique.

 

– ROADIES OF THE D –

Roadies of Tenacious D @Nouveau Casino

Mais avant de remonter si loin dans le temps, arrêtons-nous seulement quelques années en arrière avec les Roadies of the D. Les plus perspicaces d’entre vous l’auront sûrement compris, il s’agit d’un tribute band au célèbre duo américain Tenacious D formé par l’acteur Jack Black et son compère Kyle Gass. Ici point de formation trop imposante, seulement deux guitaristes et leurs voix respectives interprétant une série de tubes du groupe angelin. On note l’effort de style puisque les deux musiciens ne se contentent pas de jouer la musique de Tenacious D, mais viennent carrément cosplayés en eux. Sachant que Bernard Minet passe le plus clair de son temps en convention depuis quelques années, peut-on dire que la boucle est bouclée ? Certainement pas, mais le clin d’œil est tout de même apprécié.

Le début du set est long, TRES long. Le duo commence par interpréter Flash, mais en faisant tourner seulement la première note en boucle pendant bien cinq minutes. Commençant ce long et répétitif riff assis dans les escaliers menant à la mezzanine, les deux compères descendent petit à petit, puis entament leur traversée de la foule avant de se poser face à face au milieu, toujours sur la même note, réglés comme une paire de métronomes. Puis au bout de quelques instants ils se dirigent vers la scène, fendant une fois de plus la foule, avant d’aller s’installer derrière leurs micros, tandis que la foule s’agitent silencieusement, se demandant quand sera rompue cette longue suspension.

Puis le morceau commence enfin, et on s’aperçoit vite qu’en plus d’adopter le style vestimentaire de Tenacious D et de jouer leurs morceaux, les Roadies of the D sont également d’excellent sosies vocaux de leur groupe-mère. Reprenant les meilleurs morceaux du groupe avec une efficacité surprenante pour un guitare/voix et beaucoup d’autodérision (comme on pouvait s’y attendre), l’esprit de Jack Black et Kyle Gass est bien là et le public se laisse emporter en reprenant les hymnes en cœur.

Le duo se permet quelques écarts à sa doctrine en interprétant des parties de Chop Suey ! et Ace of Spades, toujours seulement en guitare/voix, et toujours aussi efficacement. Tout au long du set la scène est en contre-jour, baignant les musiciens dans une lumière christique, en rajoutant encore plus au côté jusqu’au boutiste de la performance.

Fidèles à son nom, le duo rend hommage à Dimitri et Mélanie (respectivement au son et à la lumière ce soir-là) (de vrais amours, je les embrasse) pour leur travail avec le morceau Roadie dédié à tous les techniciens du spectacle du monde (j’ai versé ma petite larme je l’avoue).

Pour finir en beauté, ce tribute band de Tenacious D nous interprète Tribute de Tenacious D, suivi par le public conquis. Les vrais Tenacious D seront de passage mercredi prochain au Zénith de Paris, l’occasion de mesurer ce magnifique ersatz montpelliérain à sa matrice. Mais en attendant dans la petite salle qu’est le Nouveau Casino et dans cette soirée pleine de second degré, les Roadies of the D ne détonnent pas et offre un bon divertissement, à la fois infiniment sérieux et plein d’auto-dérision.

Setlist :

  • Flash
  • Wonderboy
  • History
  • Ace of Spades (Motörhead Cover)
  • Rize of the Fenix
  • Roadie
  • Fuck Her Gently
  • Chop Suey (System of a Down Cover)
  • Tribute

 

– BERNARD MINET METAL BAND –

Bernard Minet @Nouveau Casino

Voilà un nom qui a de quoi faire lever les sourcils, associant deux univers a priori pas trop liés l’un à l’autre… Pourtant, une fois devant le fait accompli le lien devient évident. L’entrée se fait dans une lumière rouge uniforme éclairant un épais écran de fumée. Le groupe Heart Attack rebaptisé pour l’occasion vient se positionner sur scène en jouant une intro plus digne d’un concert de Death Metal que de la compilation de comptines promises, et puis retentit enfin la voix du maître de cérémonie.

Bernard Minet commence à haranguer la foule depuis les coulisses, toujours sur le mur sonore de l’intro, puis entre sur scène avec veste en cuir et bracelets de force toujours en s’adressant au public pendant que la tension monte. Contrairement à un show traditionnel, le premier morceau (Goldorak Go) est introduit longuement par le chanteur faisant jouer la fibre nostalgique des spectateurs. C’est un des aspects les plus atypiques de ce concert, chacun des morceaux est précédé par une introduction parlée afin d’annoncer duquel il s’agit, de le remettre en contexte, éventuellement de laisser échapper deux ou trois anecdotes…

Car Bernard Minet est une vraie vedette sur scène, serrant des mains tel un politicien entre ses couplets, occupant toute la place sur scène, blaguant avec le public, un vrai showman n’ayant pas peur de briser un peu le rythme du concert pour finalement le dynamiser encore plus. Mais trêve de bavardages, le morceau commence et dévoile immédiatement une des grandes qualités de ce projet : les arrangements sont parfaitement crédibles. On n’a pas l’impression d’avoir affaire à de bêtes reprises metal comme il en existe des dizaines sur youtube ; en fait, changez tous les textes et vous vous retrouverez avec un album de metal tout à fait crédible en tant que tel.

Bien évidemment sur une date comme celle-ci le public est immédiatement transporté et chante en cœur la quasi-totalité des paroles de la soirée. Les musiciens ne sont pas en reste puisque Bernard lui-même est obligé de tomber la veste au bout de deux morceaux, complètement en nage. Le second morceau de la soirée est l’iconique Bioman, précédé de la version parodique des Inconnus par le public sur la demande du chanteur lui-même, montrant que ses airs de star ne sont en fait qu’une bonne dose d’autodérision.

Et les tubes de notre enfance s’enchaînent. Ranma ½, Olive et Tom, le chanteur se replonge dans ses jeunes années pour interpréter ses plus grands titres, mais pas seulement. On trouve également quelques reprises dans la setlist comme Nikki Larson (présente sur le futur volume 2 de l’album annoncé officiellement sur scène !) ou encore Denver que le groupe jouera même deux fois de suite face à l’engouement du public.

La fin du set devient encore plus personnelle pour Minet. Après avoir demandé un « Wall of the Death » sur Ken le Survivant, il revient à l’époque des Musclés et s’installe derrière la batterie pour un solo furieux. Puis, après un touchant hommage au Club Dorothé, et à ses disparus, Le groupe revient sur scène pour interpréter La Fête au Village, l’un des plus grands tubes de l’ancien groupe du chanteur, pour lequel s’invite sur scène un des membres du public, s’emparant d’un des micros de back pour lâcher son plus beau chant yodel. Puis vient la pièce maîtresse du répertoire avec l’enchaînement des deux premiers génériques des Chevaliers du Zodiaque, immédiatement suivi de Capitaine Flam pour enfin dire au revoir à la foule sur une reprise de Bioman, non sans avoir avant promis que le groupe reviendrait dans la capitale l’an prochain, probablement avec un second album à son actif.

Bernard Minet @Nouveau Casino

J’avais déjà eu l’occasion de retomber en enfance avec Henri Dès au Motocultor l’été dernier, mais ici on est à un tout autre niveau. Le public est à fond, les musiciens aussi, Bernard Minet donne tout ce qu’il a, et surtout la musique apporte une réelle plus-value aux morceaux de base (je vous jure, je ne pensais pas que Jeanne et Serge puisse sonner aussi lourd et martial) tout en restant diversifiée avec des inspirations variées selon les morceaux (thrash, power, heavy, punk…).

Carton plein pour cette soirée, un beau moment de communion entre de vieux enfants heureux de retrouver le temps d’un concert leur insouciance perdue depuis longtemps et l’homme qui leur a compté pendant toute leur jeunesse les histoires qui habitent encore leurs rêveries aujourd’hui. Le Bernard Minet Metal Band est un ovni, mais un ovni qui tombe sous le sens une fois qu’on l’a dans les oreilles, et on attend avec impatience le volume 2 et la prochaine date parisienne que le chanteur nous a promis ce soir.

Setlist :

  • Entrée
  • Goldorak Go
  • Bioman
  • Sylver Hawks
  • Ranma 1/2
  • Le Collège Fou Fou Fou
  • Olive et Tom
  • Les Samouraïs de L’Eternel
  • Denver le Dernier Dinosaure (x2)
  • Nicky Larson
  • Jeanne et Serge
  • Conan L’Aventurier
  • Ken le Survivant
  • Solo de Batterie
  • La Fête au Village
  • La Chanson des Chevaliers
  • Les Chevaliers du Zodiaque
  • Capitaine Flam
  • Bioman (reprise)

Live Report : Dragonforce @La Machine du Moulin Rouge – 11/02/2020


C’était une douce nuit d’hiver quelque part dans les années 90. Je ne sais plus trop pourquoi je m’étais retrouvé dans cette ruelle sombre en pleine nuit, j’avais probablement cru y voir un raccourci vers chez moi, toujours est-il que je n’étais pas vraiment rassuré par l’ambiance étouffante qui y régnait. Je pensais n’en avoir que pour une dizaine de secondes à la traverser de part en part, et pourtant plus j’avançais et plus j’avais l’impression que le lampadaire situé à l’autre extrémité s’éloignait de moi.

Tout ceci était décidément bien étrange, je me commençai alors à me dire qu’il serait peut-être temps de faire demi-tour. Cette ruelle n’était qu’une ruelle, mais un sentiment irrationnel me tenaillait. Mais alors que je me retournais pour rejoindre mon point de départ, j’aperçu une paire d’yeux qui m’observaient dans la nuit. Des yeux totalement bleus, brillant d’une lumière intense. Alors que je retirais mon walkman je m’aperçu qu’un genre de grognement venait du même endroit, accompagné d’un grincement métallique. Et que des bruits identiques venaient aussi de devant moi.

C’est là que je commençais à paniquer, je ne cherchais pas à savoir ce qu’étaient ces choses ni comment elles s’étaient retrouvées là, il fallait juste fuir le plus vite possible. Je repérais une petite ouverture au pied d’un mur, une fenêtre cassée menant à une cave. Ni une ni deux, je me laissai glisser dedans, juste à temps pour esquiver deux énormes paires de mâchoires en métal semblables à des dragons asiatiques couleur acier se refermer là où se trouvait ma tête quelques instants plus tôt.

Après quelques secondes d’acharnement je vis mes agresseurs s’éloigner doucement, trop gros pour le petit interstice par lequel je m’étais échappé. Quelles étranges bêtes, ce genre de chose existait-il vraiment ? En tout cas cette sortie était bloquée. Je regardais autour de moi pour me retrouver face à un spectacle encore plus troublant. La pièce quand laquelle je me trouvais ressemblait à une salle d’arcade, mais abandonnée depuis des années. Il ne s’agissait pas des dernières sorties, c’est le moins qu’on puisse dire. Du Tetris, du Pong, et d’autres curiosités d’un autre temps, le tout faiblement éclairé par quelques néons bleus et violets.

Je déambulais quelques minutes dans la pièce à la recherche d’une issue, quand quelque chose attira mon regard vers un coin de la pièce. Une borne, beaucoup plus grosse que les autres, la seule n’étant pas recouverte d’une épaisse couche de poussière, mais surtout la seule étant en fonctionnement. L’aspect de la borne était exubérant comme jamais je n’en avais vu. Des couleurs néons partout, et surtout un énorme dragon dont la gueule grande ouverte contenait l’écran. Sur cet écran, un écran noir seulement orné d’un « PRESS START » et d’un énorme logo stylisé composé de deux lettres : un D et un F mis côte à côte.

Je devais quitter cet endroit pour échapper à mes poursuivants, mais allez savoir pourquoi, je me dis que c’était une bonne idée de lancer une partie à la place, comme si j’étais irrésistiblement attiré par ce jeu. J’appuyais sur le bouton start, et quelques lignes de dialogues apparurent. Elles m’expliquaient que j’étais le dépositaire d’un pouvoir appelé la « Dragonforce » et qu’avec son aide je devais retrouver un artefact appelé la « Frozen Crown » retenu par la terrifiante « Athanasia ». Ou peut-être qu’Athanasia était une alliée, je ne sais pas vraiment, le texte était très confus. Alors que je m’approchais pour essayer d’y voir un peu plus clair, le texte changea soudain pour un imposant « READY TO STRIKE INTO THE FUTUR ? ». Avant que je comprenne de quoi il s’agissait, le dragon s’anima. Ses yeux prirent la même couleur que ceux des créatures au dehors et j’eus juste le temps de lire le « WELCOME TO 2020 » qui s’affichait à l’écran avant de me faire gober d’une seule traite et de me retrouver à accélérer dans un quadrillage violet sur fond noir s’étendant à perte de vue. Je vis presque 30 ans d’histoire du monde défiler sous mes yeux en un instant et me retrouvais subitement dans un RER futuriste, bloqué à la gare d’Issy, en retard pour le concert de Dragonforce à la Machine du Moulin Rouge.

 

– ATHANASIA –

[Le paragraphe qui suit sera malheureusement d’une piètre qualité puisque je n’ai pas pu assister au concert d’Athanasia. En cause un no-name quelconque qui s’est dit que c’était une bonne idée d’aller faire du moonwalk sur les voies du RER C un mardi soir et ainsi de bloquer totalement la circulation pendant 50 minutes, me faisant rater ce court premier set de la soirée. Les informations utilisées sont donc toutes de seconde main, recueillies par ma meilleure acolyte de petite taille (à savoir Farah, notre photographe préférée). Donc focalisez-vous sur les photos, a priori ce sera mieux]

 

Un début de soirée timide avec les suédois d’Athanasia et leur metal aux influences diverses, tant modernes que classiques. Le groupe fait son entrée sur l’hymne national américain avec une bonne dose d’ironie et entame une demi-heure de set avec entrain. Le trio en costume de cuir dégage une bonne énergie, notamment le bassiste surmotivé cherchant sans cesse le contact avec la foule. De son côté le guitariste et chanteur lead a plus de mal à conserver sa justesse sur les parties en chant clair, et semble moins à l’aise que son comparse.

La foule a du mal à se laisser emporter par la musique du groupe, comme souvent à cet horaire. Il faut dire aussi que la performance n’est pas forcément des plus prenantes. Le groupe semble avoir du mal à s’imposer et montre un certain amateurisme tant dans la propreté de l’interprétation que dans le jeu de scène. D’un autre côté on ne peut pas vraiment en vouloir à une formation si jeune et probablement dans sa première tournée internationale de bégayer quelque peu sur scène.

La performance n’est malheureusement pas à la hauteur du potentiel du groupe dont l’unique album studio semble pourtant prometteur. Cette tournée était peut-être trop ambitieuse à ce stade de leur carrière naissante, et je vous conseillerai plutôt de vous pencher sur leur travail en studio en laissant encore quelques années de gestation à la formation pour atteindre sa pleine maturité.

– FROZEN CROWN –

Les italiens de Frozen Crown débutent leur set en retard à la suite de quelques menus problèmes techniques (l’absence de son dans la façade en fait). Rien de bien grave, mais ce petit délai aura malheureusement des répercussions sur le son durant tout le set, l’ingé son étant visiblement en train d’affiner sa balance en permanence.

Le groupe interprète un Power Metal assez lambda dans la lignée d’un Seven Kingdoms, assez mal servi par les problèmes de son décrits plus haut. En tout début de set la voix de la chanteuse est totalement inintelligible et la batterie recouvre tout donnant une impression de fouillis peu agréable à l’oreille. Mais fort heureusement ces problèmes se règlent bien vite et le public peut profiter pleinement de ce show qui, malgré ces quelques difficultés techniques, ne manque pas de qualités.

De la même manière qu’Athanasia, Frozen Crown donne l’impression d’un certain amateurisme dans l’interprétation, mais plein d’une insouciance qu’on ne peut que partager. Tous les musiciens ont l’air de s’éclater sur scène et de communier avec le public, malgré un manque de dynamisme chez la chanteuse ayant beaucoup de mal à s’imposer dans son rôle de frontwoman. On notera également la présence d’une deuxième femme dans la formation, la guitariste âgée d’à peine 19 ans Talia Bellazecca qui assure le show comme jamais, avec à ses côtés le monstre de charisme faisant office de bassiste.

Frozen Crown nous régale pendant une demi-heure de ses mélodies épiques portées par la voix de sa chanteuse parfois rejointe par le guitariste pour de magnifiques harmonies. Tous les musiciens ont un jeu efficace et propre, réussissant à tenir même sur la longueur le rythme effréné propre au style qu’ils interprètent. Tout le groupe a l’air de passer un excellent moment sur scène, comme un groupe de jeune ayant monté le projet dans leur garage, et le public s’y laisse prendre. Les problèmes de son du début ne sont bientôt plus qu’un vague souvenir (à l’exception notable de la caisse claire au son immonde et 3dB au-dessus du reste de la balance dont on ne se débarrassera pas jusqu’à la fin du set) et on ne peut que se laisser emporter par l’épopée que nous propose Frozen Crown.

Setlist :

  • Artic Gales
  • Neverending
  • In the Dark
  • Everwinter
  • Kings
  • I am the Tyrant
  • The Shieldmaiden

– DRAGONFORCE –

Quoi de mieux pour un groupe prétendant être le plus rapide du monde que de commencer son set dans l’urgence ? Toute l’équipe s’affaire sur scène pendant le changement de plateau afin de rattraper les quinze minutes perdues au début de Frozen Crown, à tel point que des techniciens sont encore en train de dévoiler l’immense tête de dragon posée en fond de scène alors que les lumières sont éteintes et la bande d’intro lancée. Mais the show must go on, et le décor est finalement prêt à temps.

Et quel décor mes aïeux. Au-delà du mur de LEDs en fond de scène utilisé pour projeter toutes sortes d’animations tout au long du concert (mais nous y reviendrons), quelques praticables servent à surélever l’arrière du plateau et à soutenir l’immense tête de dragon mentionnée plus haut, mais également une impressionnante batterie constituée d’une seule pièce aux formes galbées, derrière laquelle on peine à apercevoir le batteur. Pour parachever cette installation colossale à l’échelle de la petite scène de la Machine, le plateau est flanqué de deux énormes bornes d’arcade faites main par Hermann Li en personne, dans son garage.

Quoiqu’il en soit, les membres du groupe montent sur scène successivement sous les acclamations du public jusqu’à ce que le set ne démarre sur Highway to Oblivion issu du petit dernier du groupe, Extreme Power Metal. Il me faut quelques secondes pour comprendre d’où vient le son des guitares avant de m’apercevoir dans un élan de joie brute que les deux compères sont perchés au sommet des bornes. Et c’est tout ce que sera ce show, une série de moments d’euphorie incrédule face à tout ce que nous réserve le groupe londonien.

C’est également pour nous l’occasion de découvrir sur scène la remplaçante de Frédéric Leclercq à la basse, Alicia Vigil. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le groupe a eu le nez creux en la choisissant pour ce poste. Alicia ne fait pas dans l’extravagance et se contente de jouer les compositions de son groupe d’adoption en étant simplement là. Mais cela suffit à lui faire prendre toute la place sur scène. Elle n’est pas dans l’exubérance, pas dans le show, mais ce qu’elle fait paraît si naturel qu’on dirait qu’elle n’y pense même pas.

Le reste du groupe n’est évidemment pas en reste, Hermann Li en tête toujours souriant en enchaînant ses solos toujours plus rapides et impressionnants. C’est également l’occasion pour le guitariste qui a vécu à Clamart pendant quelques années de parler français à la foule, s’occupant de toute les adresses au public à la place du frontman Marc Hudson, bien content de ne pas trop se fouler le soir de son anniversaire.

Le set regorge de surprises comme un impressionnant machinima de Skyrim sur The Last Dragonborn, ou un hommage complètement barré à Farming Simulator avec en featuring les guitaristes de Frozen Crown et surtout Sam Totman habillé en pêcheur à la mouche au banjo dans un morceau de country (vous avez bien lu), une coupure pub avec une série de spot pour la Master System de SEGA, ou encore un medley de thèmes vidéoludiques à la guitare joué par Marc Hudson revenant à sa première passion.

L’humour est aussi omniprésent, les musiciens se payant la tête les uns les autres (Sam portait un t shirt avec marqué en gros Lee sur la poitrine, et Marc un autre avec le logo d’une marque de sauce soja, fin et subtil). En même temps qu’attendre d’autre d’un groupe ayant des porte-gobelets sur ses pieds de micro ? La plupart de l’alcool présent sur scène sera d’ailleurs réquisitionné par Sam Totman, mais sans jamais entamer son jeu de guitare (jouer le solo de Through the Fire and the Flames ivre, ça demande un certain niveau de style), mais au grand dam de ses camarades.

Parce que finalement c’est ça Dragonforce, juste une bande de potes avec un gros brin d’autodérision, et un niveau de jeu hallucinant. Le set continue son chemin à travers un mélange de classiques et de nouveautés. Petit pinacle de l’incrédulité sur Valley of the Damned en toute fin de set quand Li, Totman et Vigil forment un triangle sur le devant de scène et commencent à jouer un riff… avec chacun la main gauche sur le manche de son voisin. Ce morceau sera aussi accompagné de la projection d’un jeu de course factice dans une ambiance synthwave, drôle d’alliance avec la vallée des damnés mais pourquoi pas !

Enfin vous l’aurez compris à ma narration décousue, ce set était une escalade bien trop incroyable pour être simplement racontée ici. Le concert finit sur le « circle pit romantique » commandé par Hermann Li sur la reprise de My Heart Will Go On, puis sur une interprétation magistrale de Through the Fire and the Flames qui commence sans Hermann Li avant que celui-ci ne réapparaisse subitement SUR LE BAR pour jouer sa partie.

Un show grandiose, sans limites, servi par une bande d’adolescents d’entre 30 et 40 ans débordant d’une joie de vivre qui contamine tout le public sans problème dans l’ambiance intimiste de la Machine du Moulin Rouge, Dragonforce est à l’image de son dernier album : extrême, rapide, flashy, et avec une solide dose d’autodérision. Et comme je l’avais dit plus tôt :

« Le dernier album de Dragonforce c’est Gloryhammer, mais pas fait exprès »

Setlist :

  • Highway to Oblivion
  • Fury of the Storm
  • The Last Dragonborn
  • Ashes of the Dawn
  • Heart Demolition
  • Video Games Medley
  • Banjo Time (w/ Frozen Crown)
  • Black Fire
  • Razorblade Meltdown
  • Cry Thunder
  • Rememberance Day
  • Valley of the Damned

Encore :

  • My Heart Will Go On
  • Through the Fire and the Flames

 

#tut#

#tut#

#

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#GAME OVER#

Je revenais à moi en sueur, toujours dans cette étrange cave. Combien de temps avais-je passé dans la borne ? Je l’ignorais. Aucune lumière ne venait du dehors, et pourtant j’étais aveuglé par quelque chose. Une lumière chatoyante venait du fond de la salle, et une silhouette se dessinait en son sein. Une coupe mulet, une veste en cuir, une aura de sympathie et un micro. Je restais subjugué par cette apparition, quand soudain résonna dans ma tête cette simple phrase : « Ça va les copains ? ».

Live Report : MIKA @ L’Axone (30/01/2020)


C’est à Montbéliard dans le Doubs que nous nous sommes rendus pour assister au concert de MIKA, cet artiste aux milles couleurs qu’on ne présente plus. A l’occasion de la sortie de son nouvel album, il écume les salles de concerts pour son Revelation Tour. Arès plusieurs dates en France, un de ces pays de cœur, il posera donc ses valises à l’Axone, ce 30 janvier 2020.

Charlotte, une jeune chanteuse anglaise ouvrira le concert du soir. La demoiselle, accompagnée de son guitariste, propose un set intimiste et plein de douceur, avec une voix qui n’est pas sans rappeler Adele d’une certaine manière, un côté soul en plus. D’ailleurs, elle reprendra le célèbre If I Ain’t Got You d’Alicia Keys et on apercevra quelques personnes chantonner le tube.

La prestation de la native de Hull en Angleterre sera sobre et belle, se tenant parfois seulement au chant, parfois s’accompagnant au piano. Elle nous fera même le plaisir de discuter avec le public dans un français presque parfait ! Néanmoins, Charlotte ne semble pas marquer les esprits du public des Montbeliardais ce soir, malgré un set à la fois agréable et plaisant.

Un piano rose, un décor gigantesque, en carton, une photo de ses parents, celle d’une planète, d’un gorille, une descente de scène aux couleurs arc en ciel, symbole du drapeau LGBT…pas de doute, ce soir, on va voir MIKA. La star de la soirée commence son show avec une intro très romancée, racontant son histoire de vie, celle qui l’a inspirée pour son dernier album, une mise à nu intitulée My Name Is Michael Holbrook. Sortant de l’ombre, c’est sur Ice Cream, un des single de cet album, qu’il débarquera devant son public. Le sourire aux lèvres qu’on lui connaît si bien, le chanteur ne cessera de danser et sauter tout en exécutant ses chansons. Sur cette tournée, il jouera sur les sentiments, déterminant un code couleur à certains de ses morceaux. Et c’est donc sur le vert, couleur de la Jalousie selon lui, ce Dear Jealousy, qu’il continue en trombe avant d’entamer le très célèbre Relax (Take It Easy) qui enthousiasmera les fans, et nous mêmes !

Toujours armé de sa bonne humeur, le showman continuera sur Origin of Love qui ravira bien du monde (tout autant qu’à Paris, où nous l’avions vu en décembre dernier). Un petit bain de foule sur le très dansant Big Girl (Your Are Beautiful) avant de reprendre avec le vibrant Underwater, aux envolées lyriques qui en fait frissonner plus d’un. Les excellents Paloma et Tomorrow du petit dernier seront aussi joués et c’est là d’ailleurs qu’on remarquera que le public ne semble pas connaître ce dernier album, et reste beaucoup plus actifs sur les anciennes chansons de l’artiste. C’est un peu dommage quand on connaît la qualité du dernier opus et les sentiments qui en découlent.

Mais, au moins, MIKA nous servira une setliste très éclectique, ressassant les chansons qui ont marqué sa carrière. C’est donc, tout naturellement, sur Elle Me Dit qu’il continuera son concert. Cette dernière ravive les sourires de la salle et la fera sauter et chanter comme jamais. Un pur plaisir à contempler. Le magnifique Happy Ending aussi enchantera à son tour, et on entendra résonner les célèbres ‘Little bit of love’ ce soir là. Et puis, une fin en apothéose, avec les non moins célèbre Love Today et We Are Golden qui mettront tout le monde d’accord.

Le temps d’un petit changement et MIKA, habillé dans un costume noir à pois blancs, et ses comparses musiciens reviendront sur scène pour un titre qui n’est plus à présenter et qui a fait la carrière de son artiste, Grace Kelly. Pour l’occasion, des ballons immenses coloreront l’Axone avant de laisser place à un immense cœur en ballon de baudruche qui sortira du piano du chanteur pour terminer sur Stay High. Décidément, ce MIKA a plus d’un tour dans son sac ! Une chose est certaine, il ne cesse de nous émerveiller.

 

Live Report : Gloryhammer @Trabendo – 28/01/2020


Cette histoire se déroule en un temps très ancien, dans une cité mystérieuse à l’origine incertaine. La nuit était tombée depuis bien longtemps sur cette capitale poisseuse et obscure à l’histoire millénaire, mais la vie fourmillait toujours autant dans ses rues alors que citoyennes et citoyens rentraient retrouver la chaleur paisible de leur foyer ou bien sortaient chercher l’ivresse afin d’oublier la noirceur de leurs vies monotones et misérables.

Parmi tous ces gens, quelques centaines étaient en route vers une bien singulière cérémonie qui devait se dérouler le soir même au Temple du Soleil Triomphant. Sous l’impérieuse garde d’une meute de Mauvais Loups, le grand prêtre Mustaine de la Mégamor était venu transmettre son titre et ses pouvoirs aux guerriers de l’école d’arts martiaux des Cinq Doigts du Poing de la Mort. La foule se pressait nombreuse afin d’assister à cette orgie de violence dans l’imposant Temple rayonnant.

Mais en secret, et tout près de là, quelque chose de bien plus sombre se tramait. Un groupe de païens répondant au nom de Hootsforce avait décidé de tenir également réunion ce soir là dans un lieu bien plus petit dénommé Trabendo, caché à l’abri des arbres mais dont l’aura était sentie par tous. Parmi cette assemblée de sorciers et autres guerriers s’étaient introduit quelques nains et même des gobelins, venus rejoindre la coalition. Toutes ces âmes tourmentées étaient venues dans le but de s’abreuver de la parole et des récits du plus grand héros qu’ait connu cette galaxie depuis bien longtemps : le tout-puissant prince de la Terre de Fife, Angus McFife, porteur du Marteau de Gloire.

Tous les guerriers assemblés devant les portes closes de l’endroit rugissaient d’impatience, ignorant le froid et la pluie. Des milliers de Hoots attendaient de pouvoir pénétrer dans l’enceinte, mais seuls quelques élus y eurent droit. Le vieux Kärscheras faisait partie de ce groupe de privilégiés, et je suis revenu de très loin pour vous conter par le détail ce que j’ai vu ce soir-là.

 

– WIND ROSE –

Wind Rose – Photographe Romain Keller – Média Error404

Venus tout droit des terres méridionales de l’Italie, une compagnie de nains répondant au nom de Rose des Vents avait été chargés par le grand McFife d’ouvrir la cérémonie. Une lourde tâche pour ce groupe encore méconnu ayant eu son quart d’heure de gloire il y a quelques mois sur internet, mais nous y reviendrons.

Alors que des centaines de Hoots se massaient dans la fosse, une musique épique retentit, sonnant le début des hostilités. Les fiers membres de Wind Rose entrèrent sur la scène un par un, occupant tout l’espace scénique très réduit laissé par le matériel des deux autres groupes, la scène du Trabendo n’étant déjà pas bien grande à la base. Mais qu’importe, les compagnons assurent le show car tel est leur devoir.

La scénographie était plutôt travaillée pour un groupe de cette ampleur (dans la limite de ce qu’une salle de cette taille peut offrir évidemment). Tous les musiciens étaient en costumes, peaux de bêtes et tunique pour les instrumentistes, armure massive aux épaulières à l’effigie de têtes de nains casquées pour le chanteur. Ce dernier remplissait à merveille son rôle de frontman, réussissant à mettre l’ambiance dans un Trabendo encore à moitié vide, et alternant entre chant rock standard voire hurlé et envolées lyriques qu’on ne lui attendait pas forcément, mais qui font leur effet au milieu de la geste chantée par le groupe.

Wind Rose nous offre un Power Metal teinté de folk faisant penser à du Ensiferum, notamment avec le titre d’ouverture Winter Saga. Force est de constater que la musique du combo est redoutablement efficace, le public ne tardant pas à se décrisper et à lancer les hostilités, porté par l’ambiance épique qui emplit bien vite toute la salle.

La prestation était également servie par un lightshow des plus convaincants. L’utilisation quasi systématique des sunstrips apportait une touche très « naine » à l’ensemble (j’entends par là symétrique et carrée, pas anormalement petite, le handicap n’est pas un plaisanterie les enfants) et le changement de couleur des wash donnait à chaque morceau une ambiance différente. Le concert atteint son point culminant sur l’avant-dernier morceau, la cover de Diggy Diggy Hole ayant lancé le succès du groupe sur internet il y a quelques temps.

On trouvera peut-être dommage de ne pas avoir conclu par ce titre, le suivant To Erebor suscitant beaucoup moins d’enthousiasme parmi la Hootsforce, mais l’ensemble de la prestation reste quand même d’un excellent niveau. Malgré un set très court, une scène minuscule et sa place en ouverture de soirée, la Compagnie de la Rose des Vents parvient à séduire son public et lance cette soirée à pleine vitesse, assurant ainsi la place des nains au ban du clan McFife.

Setlist :

  • Of Iron and Gold (intro)
  • Wintersaga
  • Drunken Dwarves
  • Mine Mine Mine !
  • Diggy Diggy Hole
  • To Erebor
  • We Were Warriors (outro)

 

– NEKROGOBLIKON –

Les deuxièmes invités de cette cérémonie étaient la troupe de gobelins de John Goblikon répondant au doux nom de Nekrogoblikon. Venus tout droit de terres situées par-delà les mers, loin à l’ouest, le groupe californien de goblin metal n’est que très rarement de passage en France, et c’est pourquoi de nombreux Hoots (dont votre serviteur) attendaient avec impatience cette prestation depuis bien longtemps. Le résultat fut-il à la hauteur de nos attentes ?

Non.

Mais développons voulez-vous ? Tout le monde se doute bien que les gobelins sont les plus enclins à (pardonnez-moi l’expression) « faire de la merde » une fois sur scène, mais nous ne sommes pas ici pour nous plaindre sans étoffer, ni pour être absolus (car comme le disait Obi-Wan McFife, seuls les sorciers du chaos raisonnent en absolus).

Le show commence avant l’heure prévue dans la sono de la salle. La musique d’attente entre les sets de Wind Rose et Nekrogoblikon était visiblement contrôlée par ces derniers et correspondait parfaitement au style burlesque des comparses à la peau verte. Puis commença le set en lui-même, et avec lui les problèmes.

Problème de son d’abord, l’ensemble était extrêmement brouillon au départ, puis se précisa au fur et à mesure du concert mais la voix resta désespérément à la limite de l’audible. Ensuite le lightshow. Je ne le descendrai pas trop parce qu’il était en réalité tout à fait honorable, mais après la claque visuelle de Wind Rose il faisait réellement pâle figure.

Mais le plus gros défaut du set résidait dans les membres du groupe. En même temps que s’attendre d’une troupe de gobelins me direz-vous ? Et vous n’auriez pas tout à fait tort (en fait si, le racisme c’est pas drôle les enfants). Mais là, entre le bassiste s’absentant sans raison apparente pendant trois morceaux, les guitaristes brouillons à l’extrême, et le chanteur sous acide qui avait l’air fasciné par sa propre main droite et marmonnait les paroles des MAUVAIS MORCEAUX dans son micro tout en perdant son regard dans le vague entre chaque ligne de texte. Chanteur chez qui j’ai cru repérer un playback sur quelques morceaux (lâcher un growl de 5 secondes la bouche quasiment fermée c’est ambitieux tout de même). On aurait dit que tout le groupe (y compris les techniciens) s’était murgé juste avant de monter sur scène.

Fort heureusement l’ensemble était rattrapé par le seul membre du groupe dont le taux d’alcoolémie n’importe pas sur scène : la mascotte John Goblikon. Chargé de chauffer la foule, ce gai luron infatigable parvint à lui seul à mettre les Hoots sur le droit chemin. Car oui, je me plains beaucoup de cette prestation, mais force est de constater que le public n’était pas aussi pointilleux que moi et a semblé plutôt apprécier ce show. Alors qui suis-je pour juger alors que la grande armée galactique approuve ce set ? Car finalement, si les gens passent un bon moment, le concert n’est-il pas par essence réussi ? Je le pense, et nul doute que le seigneur McFife sera aussi de cet avis quand il sera question du sort de ces gobelins.

Setlist :

  • The Many Faces of Dr. Hubert Malbec
  • No One Survives
  • We Need a Gimmick
  • Darkness
  • Dressed as Goblins
  • Dragons
  • Nekrogoblikon
  • The Magic Spider
  • Powercore

 

– GLORYHAMMER –

La foule commençait à bouillonner dans ce Trabendo comble. L’introduction de la soirée était désormais finie et tous attendaient les maîtres de cérémonie dans une impatience fébrile. Au plus profond de la fosse la camaraderie et la bonne entente règnent, les hoots sont unis.

La scène est tout d’abord investie par un étrange personnage, un vieillard plat, en carton, posé au milieu du plateau avec un air benêt. Et ce singulier invité vient avec un thème ! Une valse d’un certain âge diffusée dans une qualité médiocre, mais il n’en fallait pas plus pour que votre serviteur devienne fou. C’est ainsi que j’ai délicatement saisi la main de mon ami Thomas (que j’embrasse chaleureusement) et nous avons commencé à valser, bientôt suivis par une poignée de hoots enthousiastes. Evidemment la place est venue à manquer dans cette fosse bondée, et ce moment de délicatesse a vite dégénéré en pogo valsé. C’est ainsi qu’avant même le début du set ce concert s’annonçait déjà comme anthologique.

Mais trêve de plaisanteries alors que la lumière retombe, l’heure est venue de se jeter au cœur de la bataille et de faire honneur au clan des McFife. Pendant plus d’une heure trente les maîtres de la galaxie vont mener la horde venue assister à leurs exploits à travers un récit dantesque et épique. La setlist est équitablement répartie entre les trois albums du groupe pour un show en forme de best of entrecoupé d’interludes parlés.

Et là, la Hootsforce en a pour son argent. Entre la simple narration, les blagues foireuses du grand et majestueux seigneur McFife, la décapitation de gobelin (un message envoyé à Nekrogoblikon ?), le groupe redouble sans cesse d’inventivité pour animer ce récit du combat du bien contre les forces de la désolation. Le sommet de cette tendance restant tout de même la quête secondaire proposée à la moitié du concert consistant à ramener un artefact de la forteresse galactique (comprendre : « aller chercher une bière au bar ») et le ramener en crowdsurf jusque sur la scène afin de gagner un t-shirt du groupe offert par Angus en personne, le tout sur le bien nommé Questlords of Inverness, Ride to the Galactic Fortress !

Toute l’âme de ce groupe si particulier est palpable dans ce concert, des costumes kitsch à souhait mais toujours majestueux à la lumière composée d’assemblages de couleurs que je qualifierais sobrement d’« originaux » (mauve et vert sapin, ça ne se croise pas tous les jours) mais toujours en raccord avec l’imagerie habituelle de la formation.

Mis à part une petite faiblesse du niveau de la voix en début de concert (vite corrigée) Gloryhammer nous délivre là une performance impeccable. Tout est là pour faire de cette soirée la plus épique ET la plus débile de la saison, portée par les textes sans limites vous emmenant combattre des dragons à coup de marteau dans une forteresse noire située sur une planète lointaine peuplée de licornes chassée par des gobelins de l’espace, le tout sur une lumière à base de néons et à 200bpm. Ce 28 janvier au soir nous étions tous des héros en quête de gloire et de batailles l’arme au poing, les sorciers du chaos furent massacrés, les gobelins éventrés, les licornes chevauchées, mais surtout n’oubliez jamais cette phrase du vieux Kärscheras :

« Gloryhammer c’est le dernier album de Dragonforce, mais fait exprès »

Setlist :

  • Into the Terrorvortex of Kor-Virliath (intro)
  • The Siege of Dunkheld (In Hoots We Trust)
  • Gloryhammer
  • Angus McFife
  • Magic Dragon
  • The Land of Unicorns
  • Questlords of Inverness, Ride to the Galactic Fortress !
  • The Hollywood Hootsman
  • Goblin King of the Darkstorm Galaxy
  • Legend of the Astral Hammer
  • Masters of the Galaxy
  • Hootsforce

Encore :

  • Infernus Ad Astra
  • Rise of the Chaos Wizards
  • Universe on Fire
  • The Unicorn Invasion of Dundee

Live Report : Mass Hysteria @Zénith de Paris – 06/12/2019


Un vendredi soir pluvieux, Paris paralysée par la grève, tous les voyants n’étaient pas au vert pour faire de cette soirée du 6 Décembre une réussite. Mais il en fallait plus pour arrêter la Grande Famille du Métale venue célébrer avec Mass Hysteria la fin du Maniac Tour, et plus officieusement les 25 ans du groupe. Annoncée comme anthologique, encore plus que leur show titanesque du Hellfest déjà présenté comme « le plus grand concert de leur carrière », cette soirée faisait briller les yeux des fans de région parisienne mais également de partout ailleurs en France venus assister à ce moment unique. Partagé entre la déception de devoir laisser une partie de son public sur le carreau et son soutien à la protestation, le groupe a néanmoins pu compter sur un Zénith quasi plein et une armée de fans déchaînés. Retour sur ce concert aux allures de célébration.

 

– POGO CAR CRASH CONTROL –

L’affiche 100% française de ce soir est ouverte par les jeunes franciliens de Pogo Car Crash Control et leur post-grunge-punk-metal-larsen-ultraviolence pour leur tout premier Zenith, devant une salle très peu remplie du fait de la grève, retardant l’arrivée de nombreux spectateurs. La formation a déjà taillé au fil du temps une petite réputation à sa musique située à mi-chemin entre BB Brunes et Cannibal Corpse, à la fois violente et criarde, notamment grâce à quelques performances lives très remarquées au Hellfest 2018 et à la Flip Party. Et les voici, jeunes et fringants, prêts à enflammer la Villette en ce pluvieux soir de grève.

Le public de Mass Hysteria semble d’abord dubitatif face à ce déferlement, mais le groupe ne se laisse pas démonter par cette apparente frilosité et donne tout ce qu’il a. Et avec succès, puisque la foule commence peu à peu à réagir face à l’énergie qui émane du quatuor. La bassiste Lola est comme à son habitude une bête de scène, visiblement totalement transcendée à l’idée de jouer dans une salle à cette échelle. Petit à petit la mayonnaise prend avec le public, et la fosse se déchaine définitivement quand le frontman appelle un wall of death à l’aide d’une blague foireuse sur le divorce de tes parents (du génie, je vous jure), la violence allant alors crescendo jusqu’au titre final, le déjà classique Crève.

PCCC nous offre une performance digne de sa réputation et prouve sa capacité à retourner une grande scène avec autant d’efficacité qu’un petit bar. Ce petit groupe de potes de Lésigny (77) (une super ville, pas forcément hyper animée) a su convaincre ce Zenith et commence à se tailler une place sur la scène metal française à la manière d’un Rise of the Northstar quelques années plus tôt, et on leur souhaite le même succès dans les années à venir.

« Grunge is not dead »