Call of the Night, de Kotoyama


Call of the Night de Kotoyama est sorti début octobre, publié par Kurokawa. Si le pitch me faisait de l’œil, les dessins ne me plaisaient pas particulièrement… Cette lecture a été une agréable surprise !

Impossible de résister à l’appel de la nuit !! La nuit où Kô Yamori, collégien et éternel insomniaque, décide de sortir se promener seul, il fait la rencontre de Nazuna Nanakusa, une jolie vampire.
« Veille jusqu’à ce que tu sois satisfait de ta journée, Garçon ! » Sa veillée seule avec elle va bouleverser le destin de Kô…

Surprenant

Si je devais résumé ma lecture des deux premiers tomes en un seul mot, ce serait celui-ci : surprenant. Je l’avoue, je pensais ne pas aimer. Shônen*, compo de la couverture, trait de la mangaka : tout semblait indiquer que le titre me déplairait. Et puis finalement, je me suis laissée porter par la lecture et j’ai eu envie de savoir comment l’histoire allait se dérouler !

J’ai aimé le fait que Call of the Night parle, sous couvert des insomnies de Kô et de vampirisme, de difficultés sociales plus globales et très actuelles. Des thèmes intéressants comme l’Intégration, amitié, anxiété, monde ultra connecté… et de la solitude que cela engendre. En ressort une ambiance qui détonne, entre situations légères (et humour décalé) et des passages qui sont plus mélancoliques, plus introspectifs. Sans oublier des passages franchement sensuels. La ville est presque un personnage, tant les backgrounds sont travaillés et parfont cette ambiance particulière.

Call of the Night comporte 13 tomes pour le moment (publication en cours au Japon) donc bien sûr, il faudra voir sur le long terme si on tourne un peu en rond ou pas. Mais pour le moment, j’ai bien accroché et j’attends le 3e tome, qui sort en décembre, avec impatience. Laissez-vous tenter !

*Même si je n’aime pas classifier mes lectures, force est de constater que je ne suis pas le public visé et c’est OK !

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Oshi no ko, de Aka Akasaka et Mengo Yokoyari


Oshi no ko ou le nouvel ovni manga ! Édité par les éditions Kurokawa et parus en janvier dernier, Oshi no ko m’intriguait par son résumé très particulier (psttt, il ci-dessous). Les deux premiers volumes de la série – qui en compte pour le moment 7 au Japon – sont sortis en simultanée en librairie. Cela m’a permis de me faire un avis plus complet sur ce titre hors-norme.

Le docteur Gorô est obstétricien dans un hôpital de campagne. Il est loin du monde de paillettes dans lequel évolue Ai Hoshino, une chanteuse au succès grandissant dont il est “un fan absolu”. Ces deux-là vont peut-être se rencontrer dans des circonstances peu favorables, mais cet événement changera leur vie à jamais !

Réincarnation(s)

Sous un résumé fantasque (qui au final ne donne le ton que du tout début du premier tome) et un ton qui semble léger, Oshi no ko se révèle une série qui vaut le détour. Oubliez les paillettes, à travers ce premier tome, Aka Akasaka et Mengo Yokoyari présentent un titre intriguant. Dans Oshi no ko, nous allons rapidement découvrir les dessous peu glorieux du show business – loin d’être rose et pailleté – : hypocrisie, management douteux, salaires (très) bas et conditions de vie difficiles…

Le premier tome, comme souvent, est un peu introductif mais ça ne m’a pas du tout gêné, et ça n’a pas ralenti le rythme de l’intrigue. Les jumeaux (d’abord bébés puis enfants, et enfin jeunes adultes sur les tomes 1-2), tous deux des humains réincarnés, et leur façon d’être et de s’exprimer fonctionne à merveille et crée un décalage original dans la narration. Le personnage d’Ai est également intéressant – loin d’être creux et inutile.

Le titre ne plaira pas à tout le monde, tant la façon d’aborder le sujet des idoles est étonnant. Et si j’ai redouté ma lecture lors des premières pages, c’est passé vite et j’ai maintenant hâte de lire le troisième tome, dont la sortie est prévue mi-mai !

PS : si le nom Aka Akasaka vous dit quelque chose, c’est sans doute car il s’agit du mangaka de Kaguya-sama: Love is war (éditions Pika) dont l’anime est disponible sur Crunchyroll.

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Wandering Witch, Voyages d’une sorcière


Wandering Witch, Voyages d’une sorcière est une nouveauté Kurokawa écrite par Jougi Shiraishi avec Itsuki Nanao (manga) et Azure (design des personnages). Le deuxième volume il y a peu (mi octobre), l’occasion pour moi de faire un petit point sur cette série !

Jeune sorcière vagabonde, Elaina sillonne un monde vaste et bigarré rempli de créatures surprenantes et de civilisations mystérieuses. Suivez ses rencontres, son apprentissage et découvrez les liens qu’elle tissera au gré de ses voyages…

Les sorcières ont le vent en poupe ces dernières années ! Cet été, je vous parlais de L’Eden des sorcières (qui paraît chez Ki-oon), et en début d’année de La Sorcière Invincible tueuse de slime depuis 300 ans (chez Soleil). Ces parutions suivent le succès de la sortie de L’Atelier des Sorciers, chez Pika. Récemment, Akata a publié Les Sorcières de la fin du monde… qui m’attend d’ailleurs dans ma PAL* !

Encore des histoires de sorcières ?

Disons le tout de suite, l’idée n’est PAS de comparer ces titres, car ils n’ont pas grand chose à voir… à part parce qu’ils mettent tous en scène des sorcières ! Dans Wandering Witch, on suit les aventures d’Elaina, la fameuse sorcières des cendres et donc la « jeune sorcière vagabonde » mentionnée par le résumé. À peine majeure (dans notre monde en tout cas), Elaina parcoure le monde sur son balai et fait des rencontres très variées. Le premier tome reste finalement en surface, alors que le deuxième va plus loin et présente des récits plus sombres. C’est ce deuxième tome qui donne de la profondeur au titre et me donne espoir pour la suite !

Les chapitres sont le plus généralement indépendants les uns des autres, offrant une variété de récits et de rencontres, et permettant par la même occasion de nous faire voyager aux côtés d’Elaina. Si la lecture est plutôt sympa, pour le moment je ne suis pas sur un coup de cœur – la différence de tons entre les chapitres (tantôt légers, tantôt glauques) et le manque d’un vrai fil rouge me gêne un peu.

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*PAL : pile à lire

La Méthode pour dessiner des mangas, Yusuke Murata


La Méthode pour dessiner des mangas de Yusuke Murata, édité par Kurokawa, est sorti le 6 mai en librairie. Bien que le titre date de 2008 au Japon, ce one-shot bourré d’humour, de conseils et d’anecdotes ne reste pas moins une sortie à ne pas rater.

Saitou, éditeur au Weekly Shônen Jump, décide de devenir mangaka afin d’être rapidement riche et célèbre… mais il ne sait pas dessiner ! Le voilà qui s’en va frapper à la porte de Yusuke Murata afin que ce dernier lui apprenne (sous la contrainte) les ficelles du métier ! Une histoire bourrée d’humour, d’anecdotes, et de précieux conseils de l’auteur ! La méthode indispensable des apprentis mangaka ! Un guide étape par étape pour bien débuter sur la voie du manga. De nombreux conseils pratiques et ludiques pour concevoir vos personnages et vous améliorer en dessin. Des recommandations distillés pas les plus grands mangakas : Mitsutoshi Shimabukuro (Toriko), Mizuki Kawashita (Ichigo 100%) et Yoshihiro Togashi (Hunter x Hunter) !

A-t-on encore besoin de présenter Yusuke Murata ? J’en doute, mais au cas où… On l’a découvert en France avec Eyeshield 21 (Glénat). Et bien sûr, il a ensuite rejoint ONE pour le titre à succès One-Punch Man (également édité par Kurokawa) dont le 22e tome est sorti en janvier chez nous.

Plus qu’une simple méthode, La Méthode pour dessiner des mangas est, si j’ose le dire ainsi presque un « vrai manga »  : il y a un scénario avec des personnages et une intrigue – même si tout sert essentiellement à développer les conseils de Murata par la suite. Ceci dit, c’est un réel avantage car cela rend la lecture plus agréable et plus marrante. Murata vous apprendra quel matériel utiliser et comment s’exercer avec, comment dessiner des visages (hommes, femmes) ou des décors…
Entre chaque chapitre, des « fiches » guident et ponctuent l’ouvrage pour donner plus de détails, d’informations ou d’anecdotes. En plus, il y a des « guests », d’autres mangaka (comme Yoshihiro Togashi, à qui l’on doit Hunter x Hunter et YuYu Hakusho), à qui il est allé demander conseils pour ensuite les partager avec nous.

La Méthode pour dessiner des mangas est un one-shot parfait pour tous les apprentis mangaka, ou pour les personnes qui souhaitent en connaître plus Yusuke Murata !

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Dans l’ombre de Creamy, Emi Mitsuki


Dans l’ombre de Creamy, de la mangaka Emi Mitsuki, met en scène Creamy – évidement – mais surtout sa rival, Megumi Ayase. La jeune femme est devenue arrogante et n’apprécie pas l’arrivée d’une nouvelle venue qui lui vole sa place sous les spotlights… Édité par Kurokawa, le premier volume est sorti le 8 avril.

Creamy, l’idole mystérieuse, est apparue telle une étoile filante. Sa popularité devient très vite un phénomène de société. À l’opposé, Megumi Ayase, la vedette de la même maison de disques, est traitée avec de moins en moins d’égards… Le cœur rempli de jalousie, Megumi passe alors à l’action pour redevenir la star !!

Creamy Mami est l’une des magical girls les plus connues des années 1980. Véritable succès pour le Studio Pierrot, Creamy fut leur première magical girl ! L’anime a ensuite été diffusé en France (La Cinq, TF1…) ; il se concentre sur Yû, 10 ans, une jeune fille qui se transforme en ado de 16 ans grâce à un pendentif, des formules (bien que les chats extra-terrestre qui l’accompagne n’en connaissent qu’une) et une baguette magique.

Le monde impitoyable des idols

Idol à succès, star du label Parthenon Productions, Megumi a travaillé dur pour en arriver là où elle est. Lorsqu’elle surprend Shingo, le patron de son label et son manager Kidokoro discuter de son déclin imminent, elle réalise avec effroi qu’ils cherchent déjà la prochaine star – celle qui a la « magie », qui sera capable de mettre des étoiles dans les yeux des fans.

Dans l’ombre de Creamy propose un panel de personnages, dont Megumi, qui ressort plus réaliste. Ils ont leurs défauts, leurs caractères pas toujours faciles. Kidokoro par exemple travaille d’arrache-pied mais se fait maltraiter autant par son patron que par sa chanteuse. Le manga reste assez léger sur les thèmes abordés mais démontre quelques notes plus sombre. On effleure donc dans ce premier volume une petite partie des coulisses du milieu des idols au Japon : travail acharné (sport, régime, vie privée interdite…), hyper médiatisation, stress, déloyauté, jalousie…

Le point de vue de Megumi

Tout est centré autour de Megumi, de son point de vue, et malgré les déconvenues (et certaines actions peu reluisantes), la star n’est pas montrée comme « la méchante » de l’histoire. On ne peut pas dire non plus que ce soit un personnage hyper attachant – pour le moment tout du moins. Bien qu’elle ne soit pas montrée sous son meilleur jour (arrogance, jalousie…), au moins elle ne baisse pas les bras et ne se laisse pas faire !

Le graphisme est vraiment beau et colle parfaitement à l’ambiance shôjo/magical girl. Le dessin est d’ailleurs franchement magique lorsqu’il s’agit de Creamy – comme si Emi Mitsuki voulait nous ensorceler au même titre que les fans alors qu’ils découvrent l’étoile montante de Parthenon.

Vous n’avez pas besoin de connaître Creamy, merveilleuse Creamy sur le bout des doigts pour lire cette nouveauté, mais il est sûr que vous apprécierez d’avantage votre lecture en connaissant l’œuvre originale. Le petit plus : entre chaque chapitres, des petites scénettes sur la vie dans les années 1980. J’attends avec impatience les apparitions de la secrète Creamy Mami. Prochain tome prévu en juillet !

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© 2019 by EMI MITSUKI AND STUDIO PIERROT/COAMIX

The Ride-on King, Yasushi Baba

The Ride-on King de Yasushi Baba est sorti le 11 mars en librairie. Édité par Kurokawa, ce shônen rejoint un catalogue déjà bien rempli (One-Punch Man, Mob Psycho 100, FullMetal Alchemist, Kemono Incidents… pour ne citer qu’eux !).

Alexandre Ploutinov est maître des arts martiaux et président de la République de Prussie, à vie. Son désir insatiable de chevaucher et de conquérir toutes sortes de choses – des bêtes, des machines et même une nation – l’a conduit vers le triomphe et la gloire. Mais un jour, victime d’une attaque terroriste, il est écrasé par la tête de sa propre statue. Quand il se réveille enfin, il se retrouve dans un monde magique peuplé de créatures fantastiques !

Les isekai ont le vent en poupe ces dernières années. Pourtant, The Ride-on King sort du lot dès le premier coup d’œil sur la couverture ! Il faut dire que la ressemblance avec un certain président est difficile à éviter…

Des étoiles plein les yeux ?

Le trait de Yasushi Baba, très soigné, est rempli de petits détails qui mettent en valeur les décors et l’environnement dans lequel évolue Ploutinov. Finalement, on peut dire que le mangaka nous transmet le sentiment d’émerveillement que ressent le protagoniste dans ce nouveau monde médiéval fantastique. Monde dans lequel il atterri sans comprendre comment ni pourquoi, d’ailleurs. Ça fonctionne bien sur moi, malgré quelques légers passages de fan-service (si légers que j’ai hésité à le relever ici). Ploutinov est montré stoïque ou avec des étoiles dans les yeux, il y a rarement un entre-deux.

L’homme est si fort, imbattable même – au point qu’il puisse arrêter un camion poids lourd avec un simple coup de pied. Pour autant, il a de grosses lacunes sur ce nouveau monde (logique), ce qui permet d’introduire au lectorat ce monde fantasy de manière naturelle. De plus, bien qu’amateur de bêtes à dompter, Ploutinov semble se soucier de la cause animale et respecter les autres formes de vie. D’autres thèmes plus sombres sont également abordés dans le récit, comme l’esclavage ou encore l’addiction.

Délire assuré

C’est parfois risible mais The Ride-on King ne se prend pas au sérieux… Si les retournements de situations sont parfois tirés par les cheveux, rien ne choque : on tourne les pages d’un manga délirant avec un personnage central atypique – et ces deux acolytes haut en couleur.

La qualité de la traduction se fait sentir, entre les jeux de mots, les niveaux de langage et les tics (c’est pas évident, genre)… La lecture du premier tome m’a donné envie de découvrir la suite. Pourtant, à l’annonce du titre, je pensais vraiment qu’il ne serait pas fait pour moi. Parfois, il faut savoir prendre des risques et sortir de sa « zone de confort » de lecture.

Mention spéciale aux centaures qui ont la classe dans leur armure, aux jeunes centaures trop mignons… Et aux hotchi (et à Pov’Chou qui se démène, genre), même s’ils ne seront jamais aussi mignons à mes yeux que les chocobo !

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Spy X Family, Tatsuya Endo


Spy X Family de Tatsuya Endo était la nouveauté tant attendue de la rentrée. Je l’annonce d’emblée : ce premier tome est un coup de cœur ! Au Japon, 5 tomes sont sortis pour le moment. Alors qu’on attend avec impatience que Kurokawa sorte le deuxième tome en France (normalement le 12/11), passons en revue les raisons pour lesquelles vous devriez craquer, vous aussi !

Twilight, le plus grand espion du monde, doit pour sa nouvelle mission créer une famille de toutes pièces afin de pouvoir s’introduire dans la plus prestigieuse école de l’aristocratie. Totalement dépourvu d’expérience familiale, il va adopter une petite fille en ignorant qu’elle est télépathe, et s’associer à une jeune femme timide, sans se douter qu’elle est une redoutable tueuse à gages. Ce trio atypique va devoir composer pour passer inaperçu, tout en découvrant les vraies valeurs d’une famille unie et aimante.

Cocktail explosif

Twilight est un espion. Il est charismatique et efficace : il effectue ses missions d’une main de maître. Yor, sous des airs de jeune femme timide, est l’inquiétante tueuse à gages répondant au doux nom de Princesse Ibara. Anya, la télépathe, est tout simplement adorable. La force de Spy X Family de Tatsuya Endo repose sur ses personnages atypiques, et loin des clichés. Ils sont présentés rapidement et sans chichis aux lecteur·rice·s. On s’attache ainsi très vite à eux (surtout à Anya, tellement mignonne). L’univers fictif est suffisamment expliqué pour qu’on s’imprègne facilement de l’ambiance. On découvre également de petits clins d’œil au monde occidental. Et puis l’action et l’humour ne manque pas !

On oscille donc entre des passages comiques et ceux, plus émouvants, qui nous donne envie de croire en cette famille nouvellement unie. Chapitres après chapitres, on vit des aventures qui plairont à toute la famille. La touche de kawaii est apportée par Anya, la jeune télépathe qui veut bien faire, mais on a aussi une pincée de romantisme ici et là (entre Twilight et Yor).

Le trait du mangaka est fin et précis, les décors sont souvent détaillés. Grâce à une bonne dose de quiproquos, de rythme et de combats, Spy X Family est une pépite qui met de bonne humeur. Bref, c’est une comédie familiale divertissante et addictive, écrite avec intelligence. J’attends beaucoup de la suite : est-elle vraiment à la hauteur du succès du manga au Japon ?

SPY x FAMILY © 2019 by Tatsuya Endo / SHUEISHA Inc.

Dans un tout autre genre, vous pouvez lire ma chronique « coup de cœur » d’octobre : Nos temps contraires, je ne te laisserai pas mourir. J’ai hâte de vous reparler manga !

Silver Wolf, Blood, Bone : Là où le passé nous emporte


Le monde occidental connait depuis les années 80 une fascination grandissante pour la culture populaire japonaise, ce n’est pas une surprise, tout le monde sait ça. Mais ce qui est peut-être moins perceptible depuis par nos yeux européens c’est à quel point l’effet inverse est aussi vrai. Entre les figurines Star Wars en version Edo, le groupe de metal Versailles, les jeux vidéo, le cinéma… Le public nippon est aussi friand de culture américano-européenne que nous le sommes de mangas et anime. Aujourd’hui je vous propose donc de découvrir avec moi l’un des fruits de ces multiples et mutuelles influences. Un manga seinen dans la veine de ce qui a pu se faire avec des titres comme Akame Ga Kill par exemple, saupoudré de mythes de vampires d’Europe de l’Est et du légendaire Van Helsing. Je me suis plongé dans les quatre premiers tomes de Silver Wolf, Blood, Bone, une petite série sans prétention allant bien au-delà de toutes les attentes qu’on pouvait lui trouver.

 

Silver Wolf est un premier manga, autant pour son scénariste que son dessinateur. Sa parution ayant commencé en 2015 et étant encore en cours, aucun des deux artistes n’a encore travaillé sur une autre œuvre. Nous sommes donc face à un cas de figure assez rare ; en effet, on a souvent tendance à aller fouiller les premiers travaux d’un artiste pour tenter de comprendre un peu mieux sa carrière. Mais quand cette carrière se résume à ces premiers travaux, que faire ?

Et bien on peut simplement apprécier cette œuvre en gardant le recul nécessaire face à un rendu forcément imparfait. Mais pas ici. Car Silver Wolf est ce qu’on appelle un départ magistral. Adoubé par la légendaire auteure de Fullmetal Alchemist Arakawa Hiromu (ou Hiromi) elle-même, Silver Wolf, Blood, Bone montre dès ses premiers tomes qu’il a tout des grands.

Le soutien d’Arakawa n’est pas si surprenant quand on voit à quel point ce manga est empli d’inspiration et de similitudes avec l’histoire des frères Elric. Ce qui saute aux yeux dans un premier temps est évidemment le dessin, ces personnages aux traits arrondis, très lisses, ainsi que le design du pouvoir de l’antagoniste principal (vous aurez la nette impression d’avoir déjà vu ces dents quelques part). L’univers est également étrangement similaire. Nous sommes dans les deux cas sur une imitation de l’Europe en pleine ère industrielle, sûrement au tournant du XXe siècle, dans laquelle on introduit une touche de fantastique (l’alchimie dans un cas, les vampires dans l’autre). On a également affaire dès le tome 1 à un protagoniste venu d’un pays du lointain orient (clairement identifié comme le japon), redoutable guerrier obéissant à un code d’honneur n’étant pas sans rappeler les multiples habitants de Xing du manga d’Arakawa. Enfin, ici aussi l’armée semble avoir un rôle assez prépondérant dans la société et être globalement intouchable, tout en cachant de sombres secrets mettant en doute la moralité de ses actions.

Mais la comparaison s’arrête à ces quelques éléments de contextes, car là où FMA avait pour protagonistes deux enfants en quête de rédemption, tournés vers l’avenir, et finalement aptes à mener une vie saine et pleine d’aventures après la fin du manga, le personnage principal de Silver Wolf est bien différent.

On nous parle ici de la fin d’une époque. Hans Vahpet, célèbre chasseur de vampires, n’a plus de travail depuis que ces derniers ont été totalement exterminés et profite paisiblement de sa retraite à l’approche de son soixante-dixième anniversaire. On est bien loin des frères Elric en pleine tourmente dans leur prime jeunesse, défiant toute une société d’adultes pour arriver à la vérité. A l’inverse, Hans semble avoir été mis au placard par une armée plus jeune, plus innovative, qui n’a que faire de héros solitaires et compte désormais sur sa cohésion et sa technologie pour vaincre.

Bien évidemment, un élément déclencheur va venir perturber ce statu quo et pousser Hans à reprendre du service, déclenchant une série de révélations en chaîne catastrophiques. Et partant de l’ordre établi du début où les gentils humains ont gagné la guerre contre les monstrueux vampires et profitent calmement de la paix obtenue, tout va soudainement être remis en question par l’apparition du mystérieux Grim, principal antagoniste, et de vampires survivants cherchant à réhabiliter leur peuple.

Tout le repère moral instauré à l’origine est mis à mal. Personne n’est ce qu’il semble être, comme si une immense manipulation ourdie dans l’ombre avait poussé le monde à se déchirer trente-cinq ans plus tôt, au prix de millions de vies, sans aucune raison compréhensible. Même le personnage de Hans, pourtant adulé comme le héros de la guerre, libérateur de l’humanité, est rongé par le doute après avoir exterminé les vampires non pas par altruisme mais bien par vengeance personnelle.

Et après une dizaine de chapitres, plus rien n’est sûr. Les vampires ont effectivement attaqué les premiers pendant la guerre, mais était-ce pour libérer leurs frères victimes de l’armée qui se la jouait Mengele-style en secret ? Grim massacre des innocents à tour de bras mais semble enclin à les ressusciter, pouvoir qu’il possède, et cherche à faire éclater la vérité dans une sorte d’immense jeu, son action est-elle donc tout à fait répréhensible ? Et même certains des vampires survivants ne semblent plus vraiment hostiles, au point de jeûner pour ne pas avoir à tuer d’humains, faut-il donc continuer à les chasser ?

Le manga est plein de ce genre de dilemmes, de rencontres fratricides entre d’anciens compagnons d’armes, de fantômes surgissant du passé au rythme des révélations sur la Grande Guerre et des résurrections de Grim. Silver Wolf est l’histoire d’une guerre sale déguisée en guerre sainte, et de ses conséquences personnifiées par son charismatique antagoniste. Drôle de paradoxe, un premier manga aussi tourné vers le passé et les regrets, mais l’effet est saisissant, et le manga se dévore aussi vite que Grim dévore un être humain.

 

Silver Wolf, Blood, Bone est un départ en grande pompes pour ses auteurs. Bien évidemment tout n’est pas parfait, mais l’œuvre parvient à se bonifier au fil des tomes. Les combats notamment, tout à fait acceptables dans les premiers chapitres, deviennent de plus en plus dynamiques. Les personnages sont tout en nuances, chacun croyant défendre son intérêt personnel ou sa race en fonction des informations dont il dispose, allant parfois à l’exact opposé de ses intentions. Chacun suit sa propre route dans un entrelac dément de secrets et de vengeances, un chaos fluide où tout le monde est au même niveau, sans plus de légitimité qu’aucun autre. Point de héros ici, juste des meurtriers servant des intentions plus ou moins nobles avec des méthodes plus ou moins sales, tous enfermés dans une immense spirale de haine dont la seule issue semble être la mort, même si la plupart d’entre eux sont déjà morts une fois.

Silver Wolf est une réussite que je ne saurais trop vous conseiller et qui se dévore sans modération et d’une traite, et on comprend sans problème comment un grand nom comme Arakawa Hiromi a pu tomber sous son charme.

Pokémon, Aux Origines du Phénomène Planétaire

Aaah, Pokémon… Le plus grand jeu vidéo du monde. Même sans y avoir joué, tout le monde connaît ces petites créatures toute mignonnes étant capable de provoquer des ras-de-marées. Mais vous êtes-vous déjà demandé comment nos petites créatures favorites avaient été créées ? Comment avaient-elles vu le jour et sous quelles conditions ? Et bien j’ai le manga parfait pour répondre à vos questions !  Aujourd’hui, je vous parle de Pokémon, aux origines du phénomène planétaire, la biographie officielle de Satoshi Tajiri, le créateur de Pokémon, en explorant ses points positifs et négatifs.

Un jour je serai le meilleur joueur, je programmerai sans répit…

 

 

 

  •  Il est très instructif :  Même si ce manga est à l’origine une biographie, il nous apprend également énormément de choses sur différents sujets, notamment la programmation et l’arrivée des jeux vidéos à la fin des années 70. Cette vulgarisation express nous permet donc de voir la saga Pokémon sous un tout autre angle et donne une nouvelle vision au jeu vidéo. Par exemple, saviez-vous qu’il devait y avoir seulement 30 pokémons, et pas 150 ? Ou bien que les premières esquisses de pokémon ne ressemblaient à rien, et que du coup l’argument que « la 1G est bien meilleure que la 8G » niveau design est complètement é-cla-té ? Vous le saurez en lisant le manga !

 

moi avant de lire Pokémon, aux origines du phénomène planétaire

moi après la lecture de Pokémon, aux origines d’un phénomène planétaire

 

  • Il est facile à lire –  En plus de faire preuve de pédagogie destinée à la fois aux petits et aux grands, la lecture de ce manga est particulièrement agréable et ne présente aucune difficulté, même pour un néophyte n’ayant jamais lu ce format auparavant. Il se lit également très rapidement, comme une bande dessinée. Si jamais vous avez un trou d’une demi-heure dans votre emploi du temps, ce manga est idéal pour passer le temps ! C’est donc sans trop de prise de tête que vous apprendrez tout de l’origine de notre petite souris jaune préférée ! Petit point bonus, vous n’avez pas besoin d’être un fan inconditionné de la saga pour pouvoir suivre l’histoire, vu qu’il s’agit d’une biographie.

 

  • Il va au-delà d’un simple manga –  Non seulement ce manga est doté d’une histoire passionnante et remplie de suspense sous les yeux, Miyamoto a incorporé des pages « Le saviez-vous ? » écrites par Satoshi Tajiri, où ce dernier nous explique divers choses, comme la musique dans les jeux vidéos ou encore les Veri Card, outil à la pointe de la technologie quand Satoshi était enfant. Nous avons également trois différentes frises chronologiques à la fin du manga, une étant dédiée à l’histoire du monde et du Japon à partir de 1965 (année de naissance de Satoshi Tajiri) jusqu’à aujourd’hui, une autre plus focalisée sur l’évolution du jeu vidéo au Japon, et la troisième sur le génie qu’est Satoshi.

(j’avais pas de gif pour accompagner mon propos alors voici le meilleur pokémon du monde, concombaffe, un concombre de mer)

 

  • Il y a une bonne morale –  Il est important qu’une histoire délivre un message, qu’elle soit fictive ou réelle. Ici, la morale est excellente et est le moteur du manga. Elle est également très facile à repérer et à comprendre : si vous vivez vos passions à fond et que vous vous donnez les moyens d’atteindre vos objectifs, vous serez capable de tout. Cette partie du manga s’adresse aux plus jeunes lecteurs, les encourageant à poursuivre leurs rêves coûte que coûte.

 

  • Le rythme est un peu saccadé par moments – En effet, j’ai trouvé que par moment, le manga d’apparentait plus à de la narration basique digne d’un article venu d’un webzine (coucou) plutôt qu’à un manga véritable. Mais bon je suis un peu une noob en terme de manga et puis je suis un peu en galère de points négatifs alors je fais comme je peux !

Pziouuuuuu

 

  • Ça ne parle pas beaucoup de Pokémon – Ce point-là est un peu plus difficile à expliquer. Alors oui, il parle bien de Pokémon, mais relativement peu, il traite plus sur la programmation et la création de la société Game Freak. Mais Pokémon est bien présent dans le manga, rassurez-vous ! Le contenu du manga est excellent et il est explicitement écrit qu’il tourne autour de la biographie du créateur de Pokémon plutôt que la création de Pokémon en lui-même. Cependant j’aurais bien aimé avoir tout un chapitre tournant autour du processus créatif derrière Tadmorv. Peut-être dans un éventuel Tome 2 ?

Quel éphèbe <3

 

 

En conclusion, je conseille vivement Pokémon, aux origines d’un phénomène planétaire. Même si les fêtes sont passées, il n’y a jamais de mauvais moment pour offrir un cadeau à un proche ! Ce manga fut vraiment un coup de cœur au sein de l’équipe et j’espère vraiment que d’autres mangas du même style feront leur apparition un jour de la part de Nintendo, pour continuer sur cette belle (bien que petite) lancée !

 

Anecdote de Max : D’ailleurs, j’ajoute une petite anecdote à l’avis de notre amie Julia car j’ai aussi lu le manga. A un moment donné dans le livre, les équipes de Game Freak citent le premier vinyl de jeu vidéo ayant existé au Japon. Sachez qu’à la suite de ma lecture, je suis allé voir l’histoire de ce vinyle sur Internet et j’ai découvert qu’il se vendait toujours à des prix « raisonnables ». Il s’agit du vinyl de Haruomi Hosono, sobrement intitulé « Video Game Music » et qui pose sur nos disques microsillons préférés les musiques 8-bit de Pac-Man ou bien encore Galaga ! Ce disque de 1984 est un vrai petit morceau d’histoire pour peu qu’on aime la musique ou le jeu vidéo !

 

[Manga] Les coups de cœur Manga de 2019

Vous le savez, cette année de nombreuses perles ont été publiées en France côté manga. Qu’il s’agisse de Beastars, Tsugumi Project, Le chef est une copine, Heart Gear, la trilogie de Project Itoh et d’autres, nous avons été gâtés par les éditeurs francophones !

Petit tour de mes coups de coeur de l’année ! (car oui, on ne fait pas que des concerts, on lit aussi !) 

 

Ces nouveautés manga qui nous ont fait palpiter en 2019

Divines – Eniale & Dewiela aux éditions Pika

Divines – Pika

Série en 3 tomes, Divines est le premier manga de l’auteure de L’Atelier des Sorciers, SHIRAHAMA Kamome, également aux éditions Pika.

Cette série nous raconte les mésaventures d’Eniale, une ange, et Dewiela, une démone recherchée par les exorcistes du Vatican. Bien qu’assez proches, les deux protagonistes sont également de grandes rivales, chacune cherchant à récupérer plus d’âmes que l’autre.

Avec un design précis et détaillé, SHIRAHAMA Kamome nous propose une série légère et pleine d’humour qui pose une question essentielle : les notions de bien et de mal sont-elles réellement aussi simples à comprendre ? En mettant en scène des personnages complices mais opposés par essence, l’auteure nous invite à une réflexion sur les camps historiques que sont le bien et le mal. Un manga parfait pour les fans d’humour et de maladresse !

Le tome 3 est disponible depuis le 16 octobre 2019.

 

 

Helvetica aux éditions Kurokawa

Helvetica – Kurokawa

Publiée depuis 2017 au Japon et sortie à l’occasion du 20ème anniversaire de Japan Expo, Helvatica est une série en 4 tomes publiée aux éditions Kurokawa. Issue du partenariat entre SOMEI Tsumugi et TSUKIBA Shizuka, deux lauréates du Young Jump.

Helvetica nous raconte l’histoire d’Asahi Mayuzumi, étudiant japonais, embarqué malgré lui dans une guerre invisible aux côtés d’une mystérieuse jeune femme misogyne du nom d’Aya. En partant à la recherche de « sorcières », nos deux amis vont devoir affronter une organisation dont le but est de détruire toutes les sorcières.

A l’aide d’un design très contrasté et détaillé, notre duo d’auteures nous plongent dans un univers particulièrement sombre mettant à l’honneur les côtés sombres de notre société. Cette série plaira à ceux qui aiment les dessins contrastés et les univers sombres et cyniques. Un manga fait pour les adeptes des magical girl sombres et cyniques !

Le 4ème et dernier tome est sorti le 14 novembre 2019.

Magus of the Library aux éditions Ki-oon

Magus of the Library – Ki-oon

Parmi les nouveautés 2019 des éditions Ki-oon, le magnifique Magus of the Library compte parmi les perles de la maison d’édition. L’auteur, que l’on connait pour 7th Garden aux éditions Delcourt, n’est autre que IZUMI Mitsu. La série compte actuellement 3 tomes.

Magus of the Library suit l’histoire de Shio Fumis, un jeune métisse pour qui les livres représentent tout. Souhaitant rejoindre la capitaledes livres, Afshak, afin de devenir Kahunas, notre héros doit quitter le village qui l’a vu grandir. Son voyage et ses rencontres à travers ses escales lui apprendront de nombreuses choses et lui permettront de se créer des vraies amitiés. Cependant, le plus dur reste à venir et les examens pour réaliser son rêve sont réputés pour être les plus difficiles du continent.

Avec un design détaillé, IZUMI Mitsu nous emmène dans un univers fantastique où l’adage « Le savoir c’est le pouvoir » est au centre de tout. Mettant au cœur de sa série les livres et leur préservation, l’auteur pose chez le lecteur des questions essentielles liées à la confiance en soi mais également à l’acceptation d’autrui. Ce manga plein de magie laisse rêveur. Un manga idéal pour ceux à qui l’on répète sans cesse de garder les pieds sur terre !

Le tome 3 est disponible depuis le  17 octobre 2019.

Heart Gear aux éditions Ki-oon

Heart Gear – Ki-oon

Autre nouveauté des éditions Ki-oon, le manga Heart Gear, de TAKAKI Tsuyoshi l’auteur de Black Torch, série en 5 tomes qui s’est terminée le 07 mars 2019. Le jeune mangaka revient avec une nouvelle série d’un tout autre genre que sa première oeuvre, souvent comparée à Bleach.

Dans un futur post-apocalyptique où l’espèce humaine a pratiquement disparu, TAKAKI Tsuyoshi met en scène une jeune adolescente du nom de Roue, élevée par le robot Zett. Leur train-train quotidien est perturbé par l’arrivée de Chrome, un robot qui doit tout ré-apprendre et qui est dénué d’objectif. Alors que Zett est détruit par un android fou, Chrome change d’apparence pour protéger Roue en dévalant une puissance hors du commun. Roue découvre aux côtés de Chrome que Zett peut être sauvé mais qu’un corps compatible est nécessaire. Nos héros partent alors à l’aventure dans une monde où les humains ne sont plus les bienvenus.

L’auteur nous propose là une nouvelle histoire totalement différente de son premier manga. Toujours avec un design soigné, le premier tome pose les premières bases d’un scénario qui intrigue. Abordant la destruction de l’humanité et l’évolution des machines, thème cher à la science-fantasy, TAKAKI Tsuyoshi nous dévoile de plus en plus ses talents de mangaka. Ce manga s’adresse surtout aux fans de science-fiction et de robots !

Le tome 2 sera disponible le 06 février 2019.

 

La malédiction de Loki aux éditions Delcourt/Tonkam

La malédiction de Loki – Delcourt/Tonkam

Disponible au Japon depuis début 2018, La malédiction de Loki est le premier manga d’un auteur bien mystérieux répondant au nom de Hachi. Publiée aux éditions Delcourt/Tonkam, les deux premiers tomes sont sortis le 04 septembre en simultané.

L’auteur nous plonge dans un univers fantastique dans lequel nous suivons Loki, jeune guerrier à la recherche des peintures de la sorcière. Jeune homme mystérieux, Loki parcourt le monde dans un unique but : tenir sa promesse en détruisant toutes les peintures de la sorcière. Créées par une jeune fille du nom d’Aisya depuis longtemps décédée, ces fameuses peintures aux pouvoirs magiques ont été corrompues par la noirceur du cœur humain et laissent sur leur passage de nombreuses victimes. Au cours de son périple, Loki devra affronter une organisation religieuse dont l’intérêt pour les peintures n’est pas bienveillant.

Hachi nous propose ici un manga sombre et cynique. Abordant les dérives des hommes, La malédiction de Loki met également en avant les intentions cachées des religions, qui peuvent se révéler être de puissants ennemis. Avec un design doux mais détaillé, l’auteur réussit à donner vie à ses personnages grâce à des expressions et des gestuelles bien travaillées. Ce manga s’adresse principalement aux fans d’histoires romantiques qui survivent à la mort, de malédiction et d’héros ténébreux (coucou Shakespeare).

Le tome 3 est disponible depuis le 27 novembre 2019.

 

Mes voisins les esprits aux éditions Doki-Doki

Mes voisins les esprits – Doki-Doki

Sorti en France le 03 juillet 2019 à l’occasion du 20ème de Japan Expo, le premier tome du manga Mes voisins les esprits de SHIROTORI Ushio est le premier manga de l’auteure. Il s’agit d’une toute jeune licence, publiée depuis 2018 au Japon.

Ce manga suit l’histoire d’une jeune lycéenne du nom de Yachiho qui emménage dans une maison abandonnée qui a la réputation d’être hantée. Cherchant à éclaircir le mystère qui englobe la disparition de sa mère, Yachiho va être rapidement confrontée à d’étranges événements impliquant des créatures surnaturelles, plus connues sous le nom de mononoke. Le gardien de la maison, Moro, va alors lui demander de l’assister dans son travail.

Les mononoke et yokai sont des éléments importants dans la culture japonaise et il n’est donc pas rare de retrouver cette thématique dans le manga. Mes voisins les esprits a cet avantage de ne pas se concentrer que sur un seul typique de créature magique. A travers l’histoire de son héroïne, SHIROTORI Ushio nous permet de découvrir davantage le folklore le japonais avec poésie mais également cynisme, n’hésitant pas aborder des thèmes tabous comme la mort ou l’avarice. Malgré les apparences, ce manga ne s’adresse pas forcément aux enfants mais plutôt à un public adulte qui affectionne les histoires folkloriques liés aux esprits japonais.

Le tome 2 est disponible depuis le 11 septembre 2019.

 

Les manga qui ont commencé avant 2019 mais qu’on aime toujours autant

Silver Wolf, Blood, Bone aux éditions Kurokawa

Silver Wolf, Blood, Bones – Kurokawa

Disponible depuis le 11 janvier 2018, le 8ème tome est sorti dans nos rayonnages le 05 décembre dernier. Silver Wolf, Blood, Bone est le premier manga du duo YUKIYAMA Shimeji et KONDA Tatsukazu.

L’histoire raconte l’histoire de Hans Vahpet, ancien chasseur de vampires à la retraite. Suite à la grande guerre qui opposa les humains aux vampires, lui et son équipe, les Silver Wolf, anéantirent la race des suceurs de sang. Bien des années après, de curieux événements commencent à avoir lieu dans la ville dans laquelle Hans Vahpet vit désormais. Il sera alors entraîné malgré lui dans une chasse surnaturelle dans laquelle ses anciens camarades lui feront face.

Alors que notre protagoniste principal est érigé en héros par ses concitoyens, notre duo de mangaka l’emmène faire face à ses erreurs de jeunesse, poussant ainsi le lecteur à se questionner lui-même et à se remettre en question. En dépit du cynisme que l’on peut trouver dans Silver Wold, Blood, Bone, les auteurs ont réussi à faire de Hans Vahpet un personnage attachant et plein d’humour qui ne se prend jamais réellement au sérieux malgré les situations périlleuses qu’il doit affronter. Ce manga s’adresse principalement aux fans de héros déchirés entre le devoir et les sentiments mais aussi de baston !

 

Les héros de la galaxie aux éditions Kurokawa

Les héros de la galaxie – Kurokawa

Disponible depuis Japan Expo 2018, Les héros de la galaxie est le manga issu du partenariat entre FUJISAKI Ryû (que l’on connaît notamment pour Soul HunterShi ki ou plus récemment Stray Souls) et TANAKA Yoshiki (que l’on connait pour l’anime Les héros de la galaxie ou Les chroniques d’Arslan).

A l’image de l’anime sorti dans les années 80, ce space opéra se déroule dans un futur où s’affrontent depuis de longues années L’Empire et L’Alliance des Planètes Libres. Le lecteur suit les affrontements de deux hommes, Reinhard Von Müsel et Yang Wen-li, chacun héros d’un des deux camps et chacun ayant un but bien précis.

Reprise très personnel de son roman éponyme de la science fiction, TANAKA Yoshiki nous propose là une interprétation personnelle de l’histoire de nos deux héros. Grâce au design détaillé de FUJISAKI Ryû, le lecteur se plonge à corps perdu dans une histoire de liberté, de compréhension mais également de remises en question politique. Avec son approche de la révolution, ce manga pourrait plaire aux fans de Star Wars.

Le tome 7 est disponible depuis le 14 novembre 2019.

 

Golden Kamui aux éditions Ki-oon

Golden Kamui – Kioon

Sorti en France à la fin de l’été 2016, Golden Kamui est le premier manga de NODA Satoru et est disponible aux éditions Ki-oon. Le manga a été adapté en anime et compte déjà 3 saisons.

Golden Kamui se déroule à l’époque d’un Japon en guerre contre la Russie. Saichi Sugimoto, surnommé « L’Immortel », entend parler d’une légende à propos d’un trésor Aïnou, le peuple primitif russo-japonais. Afin de retrouver ce trésor, une mystérieuse carte doit être assemblée. Les seuls indices pour mettre la main sur cette carte sont les tatouages de criminels évadés en cavale à travers tout le Japon. Cependant Sugimoto n’est pas le seul à rechercher ce trésor et il va devoir affronter des hommes tous plus dangereux les uns que les autres.

Golden Kamui est un manga fictif mais qui a su intéresser son audience au peuple oublié des Aïnous. L’auteur étant originaire de la région d’Hokkaïdo, il réussit à travers un dessin maîtrisé à rendre hommage aux paysages de l’île au nord du Japon. Avec son aspect historique, Golden Kamui pourrait tout à fait plaire aux fans des traditions japonaises et de l’histoire du pays du soleil levant.

Le tome 17 est disponible depuis le 05 décembre 2019.

 

Voici une belle sélection de manga. Et ce n’est qu’une sélection. Parmi les manga les plus populaires nous n’oublions pas The Promised NeverlandMy Hero Academia ou encore L’attaque des Titans, des titres pour lesquels un simple paragraphe ne serait pas suffisant pour présenter l’oeuvre. D’ailleurs les premières annonces pour 2020 ont déjà commencé à tomber. Et nous sommes impatients de voir ce que les éditeurs nous réservent. Et vous, quel a été votre manga de l’année ? ou vos mangas ? Et quels sont ceux que vous attendez le plus ?

 

My Home Hero 1 – Le manga du mois

Pour rester dans la même vibe que Mon Ami Dahmer, je vous propose pour finir le mois de février en beauté un p’tit manga pas piqué des hannetons que j’ai eu l’occasion de croiser dans les rayonnages de ma librairie préférée et duquel je suis immédiatement tombée amoureuse. Eh oui, on est romantiques chez Error 404 …

Attirée par la couverture qui m’a immédiatement fait penser à un manga yaoi (les vrais savent) avant que je ne remarque le bandeau bien voyant « SALUT, MAXIME CHATTAM ADORE CE MANGA ». Bon, les goûts en matière de manga de Chattam ne m’intéressent pas particulièrement vu que je ne lis pas ses bouquins mais ça ne m’a pas empêché  d’acheter ce petit seinen, fort alléchée par le résumé.

En quelques mots, My Home Hero c’est un salaryman japonais, tout ce qu’il y a de plus classique en mode « metro, boulot, boire des coups entre potes, dodo », passionné de littérature policière qui est amené par la force du destin à commettre un crime pour sauver la vie de sa fille. Sauf que le père Testsuo, le principal protagoniste donc, ne s’en est pas pris à n’importe qui et que désormais, il va falloir faire preuve de beaucoup de ruse et d’intelligence pour sauver sa vie et celle de sa famille.

Impossible de vous en dire plus sans gâcher une partie de l’intrigue de ce premier tome de My Home Hero qui ne perd pas de temps pour nous plonger dans cette passionnante course contre la montre. Les principaux personnages sont présentés de manière quasi expéditive dans le premier chapitre du manga et l’intrigue débute quasi-immédiatement. Commence ainsi une lecture absolument haletante où on se demande à chaque instant si Tetsuo va réussir à se sortir de la mouise dans laquelle il s’est plongé mais surtout de quelle manière. Bien sûr, le répit n’est que de courte durée et chaque pic de tension du tome est surpassé par le suivant. En effet, les adversaires du héros ne sont pas tombés de la dernière pluie et savent aussi que se joue une partie d’échecs mortelle.

Les lecteurs de Death Note ne seront pas déroutés par la succession rapide d’événements et le mindgame entre les différents protagonistes de l’histoireReste que dans My Home Hero, le deus ex-machina ne viendra pas d’un shinigami et que la seule option qu’ont les personnages pour s’en sortir est d’être les plus malins et les plus déterminés face à des adversaires absolument redoutables.

 

  • Une intrigue menée tambour battant : Pas un temps mort à déplorer dans ce premier tome qui délivre tout de suite un thriller extrêmement qualitatif.
  • Un dessin de très bonne facture  : Sans aucun doute un des gros points forts de ce manga. Le dessin est
  • Des personnages attachants (pour l’instant …) : Vu que l’intrigue part très rapidement, on connait assez peu les personnages qui se révèlent pour l’instant tous intéressants et plutôt bien construits. On attend de voir comment ils vont évoluer dans les tomes suivants.

 

  • Le risque que le soufflé redescende avec les tomes suivants : Seul le temps nous le dira …
  • Aucune surprise pour les habitués du genre : Les amateurs de longue date risquent d’être moins surpris que les autres de voir comment Tetsuo règle les différents problèmes qui se présentent à lui mais ce qui n’enlève rien à la bonne qualité de l’intrigue et de la lecture.

Vous reprendrez bien un peu de lecture ?!

Bon, sans aucune surprise, je recommande chaudement Death Note à ceux et celles qui ne l’auraient pas lu. Bien que n’ayant pas aimé la deuxième partie de l’intrigue qui faisait un peu « forcée », les six premiers tomes sont magistraux et Light est un antihéros qu’on ne peut qu’admirer.

 

SORTIE DU TOME 2 LE 14 MARS !

 

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