Kaiju N°8, de Naoya Matsumoto


Kaiju N°8 de Naoya Matsumoto est LA sortie du moment. Edité par Kazé, le manga bénéficie d’une mise en avant commerciale de folie (oui, le monstre géant sur la BNF n’est autre que Kafka, le héros du manga) et un tirage tout aussi fou pour ces deux premiers volumes : 250 000 ex/tome.

Les kaiju sont d’effroyables monstres géants qui surgissent de nulle part pour attaquer la population. Au Japon, ces apparitions font désormais partie du quotidien.
Enfant, Kafka Hibino rêvait d’intégrer les Forces de Défense pour combattre ces terribles ennemis, mais après de nombreux échecs à l’examen d’entrée, ce trentenaire travaille à nettoyer les rues de leurs encombrants cadavres. Jusqu’au jour où une mystérieuse créature s’introduit dans son organisme et le métamorphose en une entitée surpuissante mi-humaine, mi-kaiju. Son nouveau nom de code : “Kaiju n° 8” !

Métamorphose

Vous allez me dire, « on est dans du bon gros shônen, pas étonnant que le succès soit au rendez-vous pour Kaiju N°8 ! » mais pourtant, il y a ces petites touches en plus qui pourraient, sur le long terme, faire une réelle différence. Le héros – un adulte désabusé – qui sait à la fois être sérieux et comique, un « raté » dont la vie change du jour au lendemain. Et puis surtout… les femmes sont badass et ne se font pas marcher sur les pieds (que ce soit Mina ou Kikoru des Forces de Défense) ! D’ailleurs, j’ai hâte d’en apprendre plus sur ces fameuses « Forces Japonaises de Défense Anti-Kaiju ».

Le rythme est soutenu, et saupoudré d’une bonne dose d’humour. Les dessins sont modernes et accrocheurs. Je ne suis pas fan de shônen classique (en même temps, je ne suis pas la cible). Il ne réinvente pas franchement le genre, mais Kaiju N°8 combine tous les ingrédients du futur blockbuster. Bonne pioche pour l’éditeur !

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KAIJYU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto/SHUEISHA Inc.

Mashle, Hajime Komoto


Mashle d’Hajime Komoto est la nouvelle sortie de chez Kazé. Au Japon, Mashle est édité dans le Weekly Shônen Jump*. Pour l’occasion, l’éditeur a vu les choses en grand. Les deux premiers volumes sont disponibles en librairie depuis le 7 avril.

Dans un monde où la magie fait loi, il était une fois Mash Burnedead ! Élevé au fin fond de la forêt, le jeune garçon partage ses journées entre séances de musculation et dégustation de choux à la crème. Mais un jour, un agent de police découvre son secret : il est né sans pouvoirs magiques, ce qui est puni de mort ! Pour survivre, il va devoir postuler à Easton, une prestigieuse académie de magie, et en devenir le meilleur élève… La magie n’a plus qu’à bien se tenir : avec sa musculature affûtée et sa force hors du commun, Mash compte bien pulvériser tous les sorts et briser les codes de cette société !

Pour le moment, 5 tomes sont disponibles au Japon. Ce shônen sort des sentiers battus par son humour revendiqué dès les premières pages : dans un monde magique, Mash, le héros, est incapable de la pratiquer ! C’est par ses muscles qu’il va tenter de se faire accepter par les autres.

Hajime Komoto mélange aux codes du shônen une bonne dose d’Harry Potter (univers magique, créatures et personnages très ressemblants…). D’ailleurs, il ne s’en cache pas : le manga est rempli de clins d’œil au sorcier à la cicatrice, mais également aux shônen à succès comme One-Punch Man de Kurokawa (qu’on a plus besoin de présenter).

La magie du muscle

Si on veut pousser la réflexion un peu plus loin, Mashle pose également les bases de problèmes (malheureusement) courant dans notre société : être accepté malgré sa différence, la place de chacun dans un monde difficilement tolérant, le harcèlement et la violence entre élèves dans une école… Reste à voir si cela prendra une part importante dans la suite du manga – malgré l’humour prédominant.

Le trait du mangaka est très particulier, mais sied parfaitement au côté déjanté du titre. En tout cas, la lecture de ces deux premiers tomes passe comme une lettre à La Poste** : on tourne les pages sans s’ennuyer et on se marre bien ! Mais j’ai bien peur que sur le long terme (si le schéma reste le même dans les autres tomes), je ne me lasse vraiment.

Pour lire l’extrait (le premier chapitre du premier tome) : cliquez ici.
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*Si besoin de préciser, le magazine de prépublication (hebdomadaire) de Shueisha est réputé car il a édité Dragon Ball, Naruto ou encore Hunter x Hunter – pour ne citer que quelques uns des titres de l’éditeur japonais. Actuellement, le Weekly Shônen Jump publie dans ses pages One Piece, Jujutsu Kaisen, Black Clover, Dr Stone
** Hors période de confinement total et de pandémie…

MASHLE © 2020 by Hajime Komoto/SHUEISHA Inc.
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