Mimizuku et le roi de la nuit, de Iduki Kôgyiku et Yû Suzuki


Le premier tome de Mimizuku et le roi de la nuit, de Iduki Kôgyiku et Yû Suzuki, est paru début juin aux éditions Vega-Dupuis (Le Batheau de Thésée, Deep Sea Aquarium Magmell, Kakushigoto…). Un shôjo fantastique à la couverture intrigante, il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour tenter la lecture !

Qui a fait de Mimizuku cette esclave marquée et enchaînée, qui s’enfuit au fond de la forêt chercher un démon qui pourra la libérer de cette vie qu’elle ne peut plus supporter ? Mimizuku se croit exaucée en croisant le chemin du Roi de la nuit, le monstre qui doit la dévorer. Sauf qu’il n’en a aucune intention. Les monstres sont les humains qui ont affligé Mimizuku, le Roi de la nuit est le monstre qui va la sauver !

Un drôle d’oiseau

Mimizuku est un personnage détonnant. La jeune fille est franche mais naïve… Et elle a envie de mourir ! Nul doute qu’elle cache un secret très lourd, en plus d’avoir un passé d’esclave particulièrement difficile dont elle semble être détachée*. Le trait peut sembler inégal par moment, mais il retranscrit parfaitement l’aspect sombre et mystérieux du récit (événements, caractères des personnages…). Le tout est très intriguant pour un premier tome d’exposition (beaucoup de choses restent non expliqués), et on se laisse facilement porter par la lecture.

Ce premier tome de Mimizuku et le roi de la nuit mêle ainsi habilement drame et mystère, tout en ébauchant rapidement le monde fantastique dans lequel les personnages évoluent. Un manga qui pourra plaire à tout le monde grâce à ces thèmes difficiles aborder de manière accessible… pour le moment tout du moins. La série comporte 4 tomes et est terminée au Japon, je suis donc assez curieuse de lire la suite !

*Je suis pas psy, mais ça ressemble à un choc post-traumatique quand même.
Pour plus de chroniques mangas, rendez-vous par ici !

Nina du royaume aux étoiles, Rikachi

Nina du royaume aux étoiles est la première nouveauté de l’année des éditions Michel Lafon. Ou plus exactement, de leur récent label manga « kazoku ». Les bons shôjo deviennent de plus en plus rares avec le nombre croissant de sorties. Et comme nous sommes dans un univers fantasy, j’avais très envie de le découvrir.

Nina est une jeune orpheline aux très rares yeux bleu azur qui se fait passer pour un garçon afin de ne pas attirer l’attention des esclavagistes qui seraient prêts à la vendre pour un bon prix. Elle essaie tant bien que mal de survivre dans les bidonvilles avec Corin et Saji, ses amis qui, comme elle, ont tout perdu dans une épidémie qui a ravagé le royaume.
Lorsque Corin meurt de maladie, Saji, désespéré, vend la mèche à propos de Nina.
Rapidement, la fillette se retrouve face à un homme au regard froid qui lui annonce qu’en cet instant elle n’est plus Nina l’orpheline mais la princesse Alisha. Et elle a trois mois pour apprendre à parler et se comporter comme la vraie princesse, disparue en secret dans un accident, et dont elle partage les yeux bleus.

Désormais, il n’y a plus personne… qui pourrait m’appeler par mon prénom

La couverture est vraiment chou : l’utilisation des couleurs et le trait de Rikachi sont un bon combo. Le résumé, même s’il ne présage pas d’une grande originalité dans le scénario, se tient. J’ai donc décidé de donner sa chance à ce shôjo.

Je suis une grande lectrice de shôjo, mais il est vrai qu’à force (de sorties et d’années qui passent…) j’en trouve de moins en moins qui me vont vibrer comme lorsque j’étais ado. Normal, j’ai évolué, et je ne suis pas la cible principale.

Le premier tome offre un bon rythme, et dans l’ensemble dessin de Rikachi est maîtrisé – même si côté background/décors et tenues, on a le minimum de détails nécessaires à l’immersion dans les aventures de Nina. Je pense que Nina du royaume aux étoiles plaira aux jeunes ados d’aujourd’hui : grâce au dessin rond et doux de Rikachi, on découvre des personnages attachants dans cet univers fantasy.

Pour les habitué·es de shôjo, le thème de la princesse « de substitution » et du prince taciturne n’est pas nouveau, donc j’espère que la suite de la lecture apportera un peu plus d’originalité. Mais sans être la sortie de l’année, pour un premier tome d’exposition, les ingrédients sont réunis et la lecture agréable.

Pour plus de chroniques manga, c’est par ici !

© Rikachi / Kodansha Ltd.

Sleepless, de Sarah Vaughn et Leila Del Duca


Sleepless de Sarah Vaughn et Leila Del Duca et une histoire complète en un volume. Le titre est publié chez Urban Comics, dans la collection Urban Links – collection plutôt axée adulescents. La couverture et le thème de Sleepless m’ont tout de suite attiré.

Au royaume d’Harbeny, le vénérable roi Verato a rendu son dernier souffle. Alors que l’on couronne tout juste son frère comme nouveau régent, nombreux sont ceux à voir en la princesse Licottia, fille illégitime du feu souverain, une menace d’envergure pour le trône. Une première tentative d’assassinat à son encontre inaugure alors un nouveau chapitre de sa vie, ponctué de trahisons multiples. Fort heureusement, la jeune femme bénéficie de la protection de son fidèle chevalier sans sommeil, Cyrenic l’indormis. Tous deux vont alors s’efforcer de découvrir qui sont les commanditaires de ce vil complot, navigant dans les eaux dangereuses de la vie à la cour et de leurs sentiments grandissants l’un pour l’autre.

Un monde envoûtant

Les illustrations et le trait de Leila Del Luca sont envoûtants. Les tenues sont particulièrement détaillées, les visages expressifs. À côté, certaines planches et backgrounds manquent de détails, de finitions. Sarah Vaughn mélange dans Sleepless romance et fantasy. Les personnages sont attachants et la relation entre Licottia et Cyrenic – son garde indormis – est donc au cœur du récit. Pour autant, ce fil rouge est habilement mené et le récit n’est pas un simple prétexte à leur romance, puisque les intrigues politiques sont également très présentes.

Dense, le récit l’est assurément : pour saisir les tenants et les aboutissants de l’histoire, la concentration est de mise ! Les péripéties rythment le récit : entre la solitude de Licottia d’être séparée de sa mère, l’émergence de ses sentiments amoureux ou encore les tentatives d’assassinats…

Sleepless est lecture agréable dans un univers original. Sa narration est efficace et subtile à la fois, et les personnages attachants. Pour une histoire complète en un volume, et son prix (14,5 €), pas de raison de passer à côté !

Pour plus de chroniques, je vous donne rendez-vous par ici !

L’Éden des sorcières, Yumeji


L’Éden des sorcières de Yumeji est une nouvelle création des éditions Ki-oon. Sorti tout début juillet, je l’attendais avec impatience : qui dit « sorcières » dit un manga fait pour moi… !

Autrefois, plantes et animaux vivaient en harmonie… jusqu’à l’arrivée de l’homme. Incapable de coexister avec les autres espèces, il les a détruites sans remords. Faune et flore ont alors décidé de fuir et de se cacher… Voilà des centaines d’années que le monde n’est plus qu’une vaste étendue désolée. Pourtant, il existe encore de rares enclos de verdure : ce sont les repaires secrets des sorcières, ces femmes d’exception sensibles à l’appel des plantes. Rendues responsables de leur disparition, elles sont la cible de la haine des humains…
Pilly a grandi dans un de ces sanctuaires. Élevée par la puissante Toura, elle tente de développer ses pouvoirs… sans succès ! Pour l’encourager, la vieille femme lui offre une graine qui doit la mener un jour vers l’Éden, un jardin verdoyant réservé à l’élite de leur communauté.

L’Éden des sorcières plante un décor sombre sur le rapport de l’homme à la nature, aux autres espèces. Pour les personnes qui s’intéressent au genre, Ki-oon le classe en seinen. Il s’agit d’un récit fantasy. Avec ses thèmes difficiles, on le voit également en « dark fantasy » (personnellement, les cases ne m’intéressent pas vraiment). En plus, si la maladie et mort font partie de ce premier tome, la naïveté de Pilly m’empêche de voir le récit comme entièrement dramatique.

Sans grosse surprise au niveau du scénario pour le moment, le coup de cœur vient sans conteste du dessin. Le style de Yumeji est fin et délicat, parfaitement adapté à l’univers qu’il met en place (la végétation, les créatures fantastiques…). Il est également très détaillé lorsqu’il s’agit des visages et expressions des personnages.

Ainsi, ce premier volume – bien que très introductif – joue bien son rôle : on découvre globalement l’univers, les personnages, les enjeux… Une lecture fluide et attrayante. L’Éden des sorcières est une jolie découverte à laquelle le trait vraiment soigné de Yumeji n’y est pas pour rien. Maintenant, il faut espérer que la suite tienne ses promesses !

Je remercie grandement les éditions Ki-oon pour cet envoi. Vous pouvez découvrir un extrait ici ; d’autres articles mangas sont disponibles sur ce lien.

The Elf & the Hunter, Aoi Umetaro


The Elf & the Hunter d’Aoi Umetaro est sortie le 21 avril. Editée par les éditions Soleil Manga, cette courte série en 5 tomes (terminée au Japon) est un peu passée inaperçue… Pourtant, c’est un vrai rayon de soleil !

Dans une petite cabane au fond des bois vit l’elfe artisan Magritte, ainsi que celui qui lui voue une adoration sans borne, le chasseur humain Yura. Bien qu’ils soient d’âges et d’espèces différents, ils demeurent ensemble et créent des objets fabuleux pour répondre à diverses requêtes. Et si vous jetiez un œil à leur paisible vie, tissée au quotidien dans cet atelier forestier ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’éditeur multiplie les titres fantasy dans son catalogue ces dernières années : Jeune dragon recherche appartement ou maison, La sorcière invincible tueuse de slimes depuis 300 ans ou encore Le Puissant dragon vegan et L’Imprimerie des sorcières – le choix ne manque pas !

Dans The Elf and the Hunter, Magritte l’elfe et son chasseur Yura profitent d’une vie paisible et calme (la plupart du temps) dans un monde magique. Un manga tranche-de-vie, donc, mais largement empreint de fantasy ! Entre les sentiments innavoués de nos deux protagonistes et le trait d’Aoi Umetaro, cette douceur met du baume en cœur. D’ailleurs, si le trait du mangaka vous est familié, c’est peut-être parce que vous l’avez découvert dans le tout aussi mignon Le bonheur c’est simple comme un bento de Yuzu (nobi-nobi !).

Un premier tome vraiment sympathique, tout doux avec des touches de poésie. The Elf & The Hunter est un « manga bonbon » qui contient de l’émotion, de l’aventure (pour récolter les ingrédients) et des touches d’humour. Personnellement, j’ai bien envie de me plonger dans la suite dès maintenant !

Vous pouvez lire un extrait sur ce lien. Et pour plus de chroniques manga, c’est par ici !

Mashle, Hajime Komoto


Mashle d’Hajime Komoto est la nouvelle sortie de chez Kazé. Au Japon, Mashle est édité dans le Weekly Shônen Jump*. Pour l’occasion, l’éditeur a vu les choses en grand. Les deux premiers volumes sont disponibles en librairie depuis le 7 avril.

Dans un monde où la magie fait loi, il était une fois Mash Burnedead ! Élevé au fin fond de la forêt, le jeune garçon partage ses journées entre séances de musculation et dégustation de choux à la crème. Mais un jour, un agent de police découvre son secret : il est né sans pouvoirs magiques, ce qui est puni de mort ! Pour survivre, il va devoir postuler à Easton, une prestigieuse académie de magie, et en devenir le meilleur élève… La magie n’a plus qu’à bien se tenir : avec sa musculature affûtée et sa force hors du commun, Mash compte bien pulvériser tous les sorts et briser les codes de cette société !

Pour le moment, 5 tomes sont disponibles au Japon. Ce shônen sort des sentiers battus par son humour revendiqué dès les premières pages : dans un monde magique, Mash, le héros, est incapable de la pratiquer ! C’est par ses muscles qu’il va tenter de se faire accepter par les autres.

Hajime Komoto mélange aux codes du shônen une bonne dose d’Harry Potter (univers magique, créatures et personnages très ressemblants…). D’ailleurs, il ne s’en cache pas : le manga est rempli de clins d’œil au sorcier à la cicatrice, mais également aux shônen à succès comme One-Punch Man de Kurokawa (qu’on a plus besoin de présenter).

La magie du muscle

Si on veut pousser la réflexion un peu plus loin, Mashle pose également les bases de problèmes (malheureusement) courant dans notre société : être accepté malgré sa différence, la place de chacun dans un monde difficilement tolérant, le harcèlement et la violence entre élèves dans une école… Reste à voir si cela prendra une part importante dans la suite du manga – malgré l’humour prédominant.

Le trait du mangaka est très particulier, mais sied parfaitement au côté déjanté du titre. En tout cas, la lecture de ces deux premiers tomes passe comme une lettre à La Poste** : on tourne les pages sans s’ennuyer et on se marre bien ! Mais j’ai bien peur que sur le long terme (si le schéma reste le même dans les autres tomes), je ne me lasse vraiment.

Pour lire l’extrait (le premier chapitre du premier tome) : cliquez ici.
Pour plus de chroniques sur le site, cliquez là !

*Si besoin de préciser, le magazine de prépublication (hebdomadaire) de Shueisha est réputé car il a édité Dragon Ball, Naruto ou encore Hunter x Hunter – pour ne citer que quelques uns des titres de l’éditeur japonais. Actuellement, le Weekly Shônen Jump publie dans ses pages One Piece, Jujutsu Kaisen, Black Clover, Dr Stone
** Hors période de confinement total et de pandémie…

MASHLE © 2020 by Hajime Komoto/SHUEISHA Inc.

Le Conte des Parias, Makoto Hoshino

Le Conte des Parias de Makoto Hoshino est une nouveauté éditée par les éditions Doki-Doki. Les deux premiers volumes sont sortis simultanément en librairie début mars. Cette histoire fantastique se déroule en Angleterre.

Après avoir scellé un pacte, Marbas le diable et Wisteria se mettent en route à travers l’Angleterre de cette fin du XIXe siècle à la recherche d’un bonheur tout simple. Mais leur errance à travers le pays ne sera pas de tout repos. Parmi les chasseurs de diables lancés à leurs trousses, il en est un qui a une place toute particulière dans le cœur de la petite Wisteria…

Wisteria, notre jeune héroïne orpheline rencontre Marbas alors qu’elle fait la manche. Ces deux êtres, esseulés, établissent rapidement une connexion. Si on devait simplifier, ce serait l’envie de découvrir le monde de Wisteria (et son innocence) d’un côté, l’ennui d’un diable immortel de l’autre.

Vivre heureux, rien que tous les deux

Ce binôme atypique, on le « connaît » parce qu’il a souvent été utilisé ces dernières années. Et il a fait ses preuves. On pense à The Ancient Magus Bride ou à L’Enfant et le Maudit, pour ne citer que ces deux titres (que j’aime particulièrement !). Des histoires aux airs de contes fantastique, une jeune fille et une créature – avec un duo improbable mais attachant, en somme.

Dans Le Conte des Parias, le schéma est simple, voire assez classique, mais fonctionne bien ! On dénote même quelques pointes de noirceur ici et là… Et la découverte de L’Ordre de l’épée présage de rebondissements plus complexes dans le scénario.

Si le trait de Makoto Hoshino apparaît parfois inégal, de belles illustrations et de belles planches ponctuent l’ensemble. L’ambiance de l’Angleterre victorienne se ressent assez peu au début, mais sert correctement le cadre de l’histoire. Elle prend de l’ampleur dans le 2e volume, ce qui laisse penser que les volumes suivants pourraient nous réserver d’agréables surprises.

Le Conte des Parias est un manga tranche-de-vie souligné d’histoires fantastiques. On découvre le monde en même temps que Wisteria – qui elle, en plus, le découvre à travers le regard de Marbas depuis qu’elle a perdu la vue.

Au Japon, le manga est en cours de parution et compte six volumes. Le premier volume présente bien l’univers, les personnages et les enjeux. Le 2e approfondie la relation entre Wisteria et Marbas. On rencontre même d’autres binômes humain-diable. On a hâte de voir ce que nous réserve la suite… Et d’en apprendre plus sur le passé de Marbas !

Lecture du premier chapitre possible sur le site de l’éditeur.

Pour plus de chroniques manga, c’est par ici !

Nokemono-tachi no yoru © 2019 Makoto HOSHINO / SHOGAKUKAN

Folklords, Matt Kindt & Smith

Folklords de Matt Kindt & Matt Smith est sorti début février. Présenté comme un savant mélange entre Fables, Le Seigneur des Anneaux ou encore Narnia, ce comics édité par Delcourt** a tout de suite suscité mon intérêt !

Dans un monde de magie et de monstres, Ansel est un outsider hanté par des visions de costumes bien repassés et de technologie moderne. Quand vient le temps pour lui de démarrer sa quête, Ansel brave l’interdit et décide de rechercher des personnages légendaires : les « Folklords ». Il veut aller jusqu’au bout car il espère qu’ils pourront expliquer ses visions…

« Le but des quêtes est de s’accomplir »

Ansel, notre jeune héros, quitte le village pour trouver les maîtres-peuples, ces « folklords » dont personne n’est censé parler… mais il est loin de se douter de ce qui l’attend dans sa quête ! Une découverte de son monde, et de lui-même, l’attends au tournant.

Ce premier tome de Folklords, mélange savamment dans son récit de fantasy médiévale : quêtes, amour, trahisons… trolls et elfes ! Rempli de clins d’yeux aux contes et légendes (qui sont ici plus qu’une simple inspiration), Matt Kindt semble s’amuser en détournant les codes de ces contes et les revisite avec humour.

Matt Kindt, au scénario donc, est accompagné par Matt Smith au dessin. Son trait est agréable, les personnages particulièrement expressifs malgré des dessins qui peuvent paraître simples. La colorisation est gérée de manière efficace par Chris O’Halloran.

Le premier volume de Folklords est intriguant, inventif, plutôt rythmé et plein de rebondissements ! On s’attache doucement au héros et à ses camarades de voyage, dont on sait finalement peu de choses. Le développement des personnages est effectivement un peu limité, avec un scénario un peu trop brouillon et rapide sur la fin. Difficile de savoir où va vraiment le récit avant ce tournant fatidique un peu poussif. Mais le concept est là, prometteur, et ma curiosité est piquée !

Pour lire l’extrait en ligne sur le site des éditions Delcourt, cliquez-moi. Et c’est par ici pour découvrir d’autres de mes chroniques

** Boom! Studios aux États-Unis

Le Renard et le petit Tanuki, Mi Tagawa


Rien qu’à sa couverture, je savais que j’aurai envie de lire Le Renard et le Petit Tanuki de Mi Tagawa, publié chez Ki-oon. La lecture de l’extrait laissait présager d’un titre attendrissant à souhait – et c’est le cas ! Je ne regrette absolument pas mon achat.

Senzo était un renard puissant, craint de tous. Les dieux ont décidé de le punir, et ils l’ont plongé dans un profond sommeil… 300 ans plus tard, la déesse du Soleil le laisse reprendre le cours de sa vie, mais seulement s’il accepte de prendre soin d’un petit tanuki ! Abandonné par sa famille, celui-ci a bien du mal à contrôler ses pouvoirs.

Folklore et métamorphes

La mangaka de Père & fils (série également disponible chez Ki-oon) explore à nouveau le lien familial sous forme d’un duo craquant. Mal assortis, ces métamorphes devront apprendre à vivre ensemble et à porter assistance aux autres. Senzo le noir refuse d’abord de se plier aux exigences de la déesse, mais il est vite contraint d’obéir sous peine de ressentir de violentes douleurs. L’association de personnages diamétralement opposés n’est pas une nouveauté scénaristique mais le trait de Mi Tagawa est harmonieux et apporte un plus indéniable à la lecture de la série.

Senzo, le renard agressif et bourru, et Manpachi, adorable et maladroit, sauront charmer les lecteur·rice·s. La mise en scène est simple (mais pas simpliste) et dynamique. Malgré les touches douces-amères apportées, entre autres, par les souvenirs difficiles de Manpachi et par le thème de l’abandon abordé de manière récurrente, on sort de cette lecture avec un sentiment de bien-être.

Un manga pour tous

Le Renard et le Petit Tanuki est sorti sous le label Kizuna ; c’est un titre qui pourra plaire aux lecteur·rice·s de tout âge. Entre humour, émotions et quelques passages où l’action est savamment dosée, ce premier tome offre un agréable moment de lecture. Mention spéciale au duo Tachibana et Mikumo ! Ils apportent une touche d’humour supplémentaire grâce à leurs déconvenues canines (ou humaines, lorsqu’ils sont transformés). Le Renard et le Petit Tanuki est également une excellente façon de découvrir le folklore japonais pour les néophytes.

Le seul bémol serait la présence d’événements assez convenus. On choisit donc le manga surtout pour son ambiance et les dessins de l’autrice. La série compte actuellement 3 volumes au Japon, et on ne peut qu’espérer que le scénario prenne du galon. Pour ma part, je suis curieuse de voir l’évolution de ces personnages au relationnel tumultueux.

Pour visionner le trailer, c’est par ici ! Le premier tome est disponible depuis le 5 novembre : pensez à soutenir vos libraires préférés grâce à la livraison à 0,01 cts ou au click & collect !
Pour lire ma précédente chronique sur un titre bourré d’humour et d’action : c’est par ici.

© Mi Tagawa / MAG Garden

Four Dead Queens, Astrid Scholte


Les histoires « royales » de manquent pas dans le young adult (surtout que j’avais lu Rule peu de temps avant). La couverture de Four Dead Queens est jolie. Mais pour une fois le résumé de la 4e de couverture qui m’a intrigué en premier. Le roman d’Astrid Scholte est sorti en juin dernier chez Casterman.

Keralie est une voleuse douée, jusqu’au jour où elle vole le mauvais objet et tombe sur des informations compromettantes. Si elle arrive à déchiffrer ce qu’elle a vu, elle pourra déjouer le complot et demander une récompense. La jeune femme devra tout faire pour éviter Mackiel, le malfrat qui lui a tout appris avant de la trahir. Elle trouvera un allié inattendu en la personne de Varin…

Une narration unique

Four Dead Queens allie habilement fantasy et enquête policière. L’héroïne découvre que les quatre reines de Quadara ont été assassinées, et elle n’aura que trois jours pour déjouer le complot.
Si on oscille dans les chapitres entre Keralie et les reines, l’élément le plus intelligent mis en place par l’autrice est la différence de temporalité entre ceux-ci. Tout en suivant le cheminement de Kéralie, on découvre la vie (et le passé) des différentes reines jusqu’à leur assassinat respectif. La chronologie choisie est donc d’une importance capitale, et elle vraiment bien amenée dans le récit. J’ai adoré qu’Astrid Scholte brouille les pistes malgré le fait que l’on connaît (ou croit connaître) d’emblée le destin funeste des reines.

Un univers riche

Si le pitch indique un rythme soutenu, l’autrice commence par mettre en place le background de sa dystopie : histoire du royaume, personnages… J’ai trouvé la séparation de Quadara et l’explication des spécificités des quadrants (Archia, Eonia, Toria et Ludia) vraiment intéressants. On en apprend plus sur les reines au pouvoir, et on prend le temps de s’attacher à elles. On découvre les inégalités sociales des habitants des quadrants. En plus, les personnages féminins sont vraiment mis en avant dans ce récit. Keralie est une jeune femme qui s’est perdue et se retrouve au fil des pages. Varin, quant à lui, finira par dépasser sa condition de messager Eolien.

Une fin que vous ne devinerez jamais

C’est cette phrase du résumé qui m’a incité à lire Four Dead Queens. Et c’est vrai, on découvre avec surprise le meurtrier. Ceci dit, je réfléchis toujours pour décider si j’ai apprécié ce retournement de situation ou non ! Je ne nie pas l’originalité du procédé, mais la révélation n’est finalement pas amenée par « grand-chose ». Très peu d’indices sont disséminés dans le récit, et de manière à ce que ça ne ressorte pas de celui-ci : si on ne donne pas les clés nécessaires, il est sûr que les lecteurs ne pourront pas deviner de qui il s’agit. Par contre, les révélations sur le personnage de Mackiel ne m’ont pas surprise du tout : dès le départ, j’ai eu le sentiment que Keralie était plus attachée à lui que lui à elle. Et comme souvent, je trouve la romance inutile (celles des reines sont, à mon sens, bien plus attrayantes).

Au final, Four Dead Queens ressort comme une lecture agréable dont l’intrigue et le rythme sont efficaces, démontrant que c’est possible même pour un « one-shot » (de plus en plus de YA sont des duologie ou trilogie).

Vous pouvez en lire un extrait sur Amazon.

Quitter la version mobile