Live Report : James Blunt @ Le Zénith – 27.02.2020


C’est dans un Zénith plein à craquer que nous nous rendons pour accueillir James Blunt, cet artiste à la si grande carrière, où il présentera ce soir son dernier album, Once Upon A Mind, sorti fin octobre. Léa Paci, déjà en duo sur la version française du hit Cold, sera à nouveau mise à l’honneur en assurant la première partie du concert parisien.

Léa Paci @Zenith – Juliet Faure

La chanteuse de 23 ans nous propose un set intimiste et chaleureux d’une quinzaine de minutes qui enchantera. Sa maturité impressionne, autant dans la rondeur de son chant grave et juste que par ses textes émanant d’un certain vécu. Évoquant des sujets tels que les rêves et les angoisses (A nos foliesAdolescente Pirate), la jeune fille à la voix éraillée s’annonce d’hors-et-déjà prometteuse au sein du milieu musical.

Des sons de cloches, trois immenses écrans, la silhouette d’un James Blunt et sa guitare qui se dessine… Ca y est, le show commence, et ce sur les chapeaux de roues, avec l’entraînant How It Feels To Be Alive, tiré de son dernier opus. Le britannique est survolté et ne cessera de l’être de toute la soirée. Après le brillant The Truth, il lancera un ‘Ca va, Paris?’ qui ravira la foule. High, titre de son tout premier album, Back to Bedlam, nous ramène des années en arrière ; un avant goût d’une setlist éclectique, pour mieux nous plonger dans chaque albums tout au long de la soirée.

James Blunt @Zenith – Juliet Faure

Outre la musique, la soirée est animée par le franglais absolument parfait (si si) du chanteur, surplombé de son humour lui aussi absolument parfait (on vous le jure) : ‘Mon français c’est absolument merde, ce soir, un peu de franglais.’ Il enchaînera alors les blagues, tout comme sur le calvaire des petits copains et autres maris qui accompagnent leurs femmes au concert:
‘Pour une soirée romantique, les mecs sont : ‘How long is this concert ?’
‘5h.’ (Horreur et damnation!)
et de rajouter qu’ils ne s’amuseront pas avec leurs femmes en rentrant chez eux car James Blunt fait des ‘Chansons misérables, your femme will be crying.’ James Blunt et l’auto-dérision, toujours un plaisir.

Mais place à nouveau aux chansons, et notamment aux émouvants Goodbye My Lover et I Really Want You. Meme si il nous fait rire, l’artiste est un mélomane dans l’âme et c’est avant tout pour cela qu’on l’apprécie. Il reviendra sur le dernier album avec, The Greatest, aussi appelée, ‘une chanson pour les enfants’, un morceau adressée à la jeunesse, à celle qui récupère un monde dirigé par l’argent, un monde qui se meure et pour lequel le chanteur aimerait que les futurs générations se battent, pour ne pas le voir dépérir encore plus.

Il s’amusera encore, indiquant au public qu’il a dû payer les musiciens qui l’accompagnent pour qu’ils jouent avec lui sur la tournée. C’est sa façon à lui de nous introduire Léa Paci qui montera sur scène pour jouer Halfway en duo avec le britannique. Un moment magique. Et puis, James Blunt en a apparemment assez de nous voir assis et sollicitera l’assemblée entière pour qu’elle se lève et entonne le dansant Postcards devant une foule qui répondra présent. Mais, public parisien, il se le demande: ‘Are you chaud?’ car il faut continuer sur notre lancée avec le rythmé Stay The Night? Oui, le public est chaud!

Mais que serait un concert du chanteur sans le hit qui a lancé et forgé sa carrière? L’indémodable You Are Beautiful sera repris presque a cappella par l’assemblée pour un moment touchant, et même vibrant. Terminant sur le tubesque OK, James Blunt veut encore nous faire bouger. Il demandera même à l’audience de se baisser, un instant, ‘Get down, cet down, get the f*ck down’, avant de se relever pour le refrain, à nouveau prêt à faire la fête. Une véritable rockstar ce James !

Mais non stop! Où aller vous? Rien n’est encore fini!

Le rappel se fait, James Blunt prend place pour nous interpréter l’un des bijoux du dernier album, le magnifique et émouvant Monsters traitant de la maladie de son père. On vous somme d’ailleurs d’aller regarder son clip pour mieux comprendre l’émotion intense perçue au Zénith. Enfin, nous retrouverons à nouveau Léa Paci sur scène, le temps d’une chanson, sur le fameux Cold, premier single du dernier album. Et puis, tout en apothéose, le rythmé Bonfire Heart clôturera la soirée comme il se doit. Merci l’artiste, c’était beau, c’était vrai.

Des titres qui se bousculent, une scénographie impeccable on ne savaient plus où donner de la tête, pour notre plus grand bonheur. Entre rires et larmes, James Blunt prouve qu’il est un véritable performer, en plus d’être le brilliant compositeur / interprète qui fait chavirer nos coeurs.

Live Report : Dermot Kennedy @ Bataclan – 29/11/2019


Le froid automnal qui frappe notre capitale a poussé les parisiens, en quête de douceur et de chaleur à se retrouver au Bataclan vendredi soir dernier, pour le concert de Dermot Kennedy, accompagné de Lilla Vargen.

– Lilla Vargen –

La soirée s’ouvre avec la prestation de la jeune irlandaise Lilla Vargen. Il n’aura suffit que de peu de notes pour envoûter le public, et installer un silence presque religieux dans l’audience. Sa voix à la fois puissante et mélancolique emplit la salle d’une façon presque enveloppante, confortable, et instaure très vite un climat de confiance. Durant une petite demi heure, l’artiste nous conte des pertes, des amours. Elle se livre, à nu, devant nous, dans toute sa fragilité, dont elle fait une force. Il y a quelque chose de pur, de merveilleux dans cet instant, quelque chose de magique. Mais ses texte n’y sont pas pour rien. De fait, elle s’adresse à tous et chacun, faisant passer des messages nécessaires, sur l’affirmation de soi, sur le fait de s’émanciper de nos dépendances aux autres, à ce qui n’est pas bon pour nous, comme dans Why Wait ou Solitary.

 

Après quelques mots de remerciements, mentionnant l’honneur d’être présente dans un lieu si chargé d’histoire et d’émotions, l’Irlandaise entonne les première notes de On My Mind, dont les paroles « Is it really this fun when you’re on my mind? » semblaient prendre une toute autre tournure dans cette salle.
La vocaliste aura sans doute mit autant de baume aux coeurs qu’elle en aura conquis ce soir, et sa nouvelle meute n’est pas prête de la quitter.

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– Dermot Kennedy –

Lorsque Dermot Kennedy foule enfin les planches du Bataclan, presque dans l’obscurité, les spectateurs ne cachent pas leur ferveur. Dès le premier morceau, il nous promet une soirée que [nous] n’oublierons pas (An Evening I Will Not Forget), et l’audience lui rendra bien. En effet, le choeur de la foule fera écho au vocaliste durant presque tout le set, bien que parfois incités par des « please sing with me » et « one more time » (litt. « s’il vous plaît, chantez avec moi » et « encore une fois »), mais bien souvent spontanément. Le chanteur, bien qu’ayant l’air assez timide, est loin d’être perdu (Lost) ce soir. De fait, d’une certaine façon, il est entouré de tous [ses] amis (All My Friends), puisqu’une bonne partie de la salle l’a suivi depuis l’Irlande.

Mais tout le mérite ne revient pas au public, bien loin de là. L’artiste a à coeur d’impliquer chaque personne présente et ne cesse de se justifier sur ses textes, sur ses intentions derrière chacune de ses créations, comme pour gagner une confiance qui lui est déjà donnée d’emblée. Il y a une sorte de pureté, d’humilité, et d’entièreté qui se dégagent de lui, de son discours, de ses morceaux écorchés vifs, et alors qu’il semblerait souhaiter rester dans un coin (The Corner), sa personne le ramène malgré lui à la lumière, sur le devant de la scène, comme lorsqu’il explique qu’il se sent une responsabilité, étant écouté par un grand nombre de personnes, d’avoir une portée universelle dans ses textes, avec des messages qui pourraient faire du bien, et aider ceux qui en auraient besoin, comme pour Outnumbered qui rappelle qu’il y a toujours de la lumière au bout du tunnel, et que tout ira pour le mieux.

 

L’artiste nous propose ensuite une petite expérience : celle de fermer les yeux, et de s’imaginer dans un lieu où l’on se sent bien, une personne avec qui l’on se sent comme à la maison, avant d’interpréter la chaleureuse For Island Fires and Family. Nul doute que de nombreuses personnes ne se sont imaginées nul part ailleurs que là, à l’écouter, tant nous nous sentons bien et sans peur (Without Fear). Certains artistes ont un certain pouvoir sur [nous] (Power Over Me), celui de nous faire oublier nos soucis le temps d’un concert, celui d’alléger nos coeurs, et ne nous faire nous sentir compris, comme une sorte de rédemption (Redemption). Dermot Kennedy en fait partie, et mérite toute la gloire qui aura pu lui être chantée ce soir-là.

Le concert se termine sur la sublime After Rain, pour laquelle les fans ont prévu des lanternes en papier, accompagnées de lumières de smartphones pour illuminer la salle. Un dernier geste qui ne manquera pas d’émouvoir le frontman, une dernière fois avant de nous dire adieu sans rappel.

« Après la pluie (After Rain), le beau temps », mais ce soir, après une telle soirée, ce sera un retour dans le froid et la grisaille pour les parisiens, mais le coeur emplit de soleil.

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Setlist :
An Evening I Will Not Forget
Lost
All My Friends
What Have I Done
Moment Passed
The Corner
Rome
Couldn’t Tell
Outnumbered
For Island Fires and Family
Glory
Without Fear
Redemption
Power Over Me
After Rain

Galerie : Never Say Die ! @ Le Trabendo – 26/11/19


Le Never Say Die ! est de retour pour une nouvelle édition et déposera ses valises pour la dernière de cette tournée dans la salle parisienne du Trabendo.

Great American Ghost

Fin novembre et une salle quasiment vide à 17h passé ? C’est bien dommage ! Qu’importe, Great American Ghost n’est pas là pour faire dans la dentelle et nous pose son metal avec une énergie sans pareille ! Ça fait plaisir à voir et la salle semble réceptive à leur dynamisme.

 

Alphawolf

Après les Etats-Unis, c’est en Australie que nous nous rendons pour retrouver bobs et sandales avec Alphawolf, mais toujours sous le signe du hardcore et de la démesure. Tout comme leurs prédécesseurs, ils mettent le feu sur scène. Il n’y a pas à dire, on ne s’ennuie pas ce soir !

Polar

Retour en Europe désormais, avec un groupe qu’on ne présente plus, tant ils ont tournés par chez nous, et même écumé les NSD: les anglais de Polar ! Le moins qu’on puisse dire, c’est que le public français ne se lasse pas de leur présence au vu de leur accueil chaleureux à la sauce hardcore: moshs et autres pogos font enfin leur entrée dans la fosse du Trabendo, pour notre plus grand plaisir !

Our Hollow Our Home

Prennent enfin place, Our Hollow Our Home, très en forme ce soir entre coups de high kicks à droite à gauche et autres screams qui donnent le sourire. Mais, au bout du quatrième groupe, force est de constater que la ligne musicale se ressemble un peu trop, cela devient un peu trop générique à notre goût.  On adhère néanmoins à la bonne humeur et le jeu de scène impeccable des groupes présents ce soir.

King 810

Et puis, sorti de nul part, tel un ovni, King 810 casse cette linéarité et nous sert un métal pour le moins transcendant. Le chanteur de la formation se meut littéralement sur scène, presque possédé, délivrant un chant cathartique. Nous plongeant dans un univers particulier, leur musique emporte chacun petit à petit et on remarque déjà quelques fans du groupe qui s’époumonent dans la fosse. La révélation de la soirée !

In Hearts Wake

Les tant attendus In Hearts Wake rejoignent la scène pour un set intense, qui ravira la salle entière: entre crowdsurfs et pogos, on ne sait plus où donner de la tête. Le public parisien scande chaque chanson comme un hymne. Les australiens étaient attendus dans la capitale et ça s’est ressenti lors de leur set.

Crystal Lake

C’est enfin aux très attendus Crystal Lake de mettre, comme chacun le dit, ‘la branlée’ de ce soir. C’était le groupe que chacun attendait avec impatience ce soir et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils n’ont déçu personne. Visiblement heureux d’être là, ils ont délivré un set explosif avec une présence scénique hors normes. Les japonais ont retourné tout le Trabendo et on ne peut que les en remercier. Arigato !

C’est un Never Say Die en demi teinte auquel on dit au revoir ce soir. Des groupes un peu répétitifs dans leur sonorités, une salle parisienne pas tant remplie que ça…le Never Say Die a vu des jours meilleurs.

Néanmoins, on notera l’efficacité Crystal Lake en headline, qu’on ne présente plus, tout comme In Hearts Wake ou Polar qui ont satisfait le public parisien, et on vous recommandera à nouveau les américains de King 810.

On restera sur du positif pourtant, avec une énergie définitivement présente, des sourires, des pogos aussi, et surtout, une musique bien forte, et, on ne va pas se mentir, c’est bien ça qu’on aime. Alors, à l’année prochaine ?

Chronique : Cigarettes After Sex – Cry


Cigarettes After Sex, c’est ce groupe américain créée il y a plus de dix ans, dont l’univers musical se veut planant dans une ambiance feutrée. Après un album éponyme sorti en 2017, le groupe revient avec un opus, intitulé Cry, qui suit les pas de son prédécesseur.

Plongée à nouveau dans cette ambiance dream-pop si particulière, pour seulement 9 titres au total, assez semblables dans leurs structures harmoniques. Mais, si la redondance musicale est présente, cela n’en est pourtant pas si dérangeant. On se laisse volontiers happer dans cette sensualité artistique qu’a crée le leader du groupe, Greg Gonzales. Avec sa voix androgyne, il susurre des hymnes au désir, entre un Kiss It Of Me vibrant, ‘If you’re gonna break my heart, this is a good start‘ et le doucereux Hentai et son ‘I’ve been waiting for you to fall for me, and let me in your life‘.

L’envie, la sensualité, tels sont les thèmes recoupés au sein de Cry, en faisant la ligne directrice de l’album. Rien qu’à la tracklist, entre Heavenly, Touch ou Pure, le ton est donné, Cigarettes After Sex n’a pas prévu de changer sa recette. Des morceaux tout en douceur, un rythme lent, qu’on pourrait même qualifier de ‘langoureux’ dans sa progression, pour des titres que ne font jamais moins de 4 min. Cette notion d’attente vers l’être attendu, maintes fois évoquées, se mue en musique.

Pourtant, dans ce concept, il y a une part sombre qui se reflète. D’un certaine manière, elle commence au travers de l’artwork. Sobre, un noir et blanc d’un orage tombant sur une mer presque déchaînée, avec pour titre d’album Cry, telle est la vision d’approche. A l’écoute des chansons, le tourment décelé auparavant, se dévoile au travers de la musique, il prend l’aspect de la mélancolie. On peut l’entendre, discrète dans son emprise, mais néanmoins transparaissant par une certaine tension au fil de l’album, comme un pleur inavoué.

Cry est beau, mais Cry ne se réinvente pas. Des titres qui se suivent et se ressemblent presque, c’est bien dommage. On l’écoute cependant avec plaisir même si on aurait aimé une prise de risque de la part des américains. Cry ne marque pas les esprits, mais Cry nous enchantera malgré tout.

Tracklist:

1. Don’t Let Me Go
2. Kiss It Off Me
3. Heavenly
4. You’re The Only Good Thing In My Life
5. Touch
6. Hentai
7. Cry
8. Falling In Love
9. Pure

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