Parasite Eve

Avant la déferlante Final Fantasy 7 Remake j’ai personnellement profité du confinement pour creuser un vieux titre de Squaresoft, le dénommé Parasite Eve. Si le titre et la série a globalement une bonne réputation parmi les plus aguéri, il est probable que le jeu ne vous est pas familier du tout. Et pour cause, Parasite Eve n’est jamais sorti en Europe ! Ce qui n’est bizarrement par le cas de ses suites Parasite Eve 2 (PS1 -2000) et The 3rd birthday (PSP – 2010).

Aya Brea, flic de choc !

L’histoire se déroule à New-York, vous incarnez la charmante Aya Brea, inspectrice de police du NYPD. Invité par un prétendant à l’opéra, la pièce tourne rapidement au cauchemar quand la chanteuse principale Melissa Pearce entame sa vocalise et que le public se met à s’embraser soudainement. Seule Aya Brea n’est pas affectée, et a même ressenti une mystérieuse connexion avec la cantatrice. Ni une ni deux, elle se lance à sa poursuite.

Scénario digne d’un polar

L’histoire est très romancé, et pour cause. Le jeu s’inspire lui-même du livre Parasite Eve de Hideaki Sena, dont il est la suite directe. On ressent réellement ce coté polar surnaturel, surtout avec le choix des lieux (L’opéra, le poste de police, le musée, l’hôpital…). L’enquête suit une progression logique. Il ne s’agit ici ni d’un monde ouvert, ni d’un jeu ultra-linéaire. On est dans une narration qui frise la perfection.

Un hybride RPG / Survival-horror

Le jeu est à mi-chemin entre un Final Fantasy et un Resident Evil. On retrouve la technique des plans fixes, qui offrent de superbes représentation des différents lieu de Manhattan. Les combats se rapprochent plutôt des RPGs : une barre d’ATB, des points de vies, des équipement (armes, armures…), des items (Médicaments, potions…) et du tour par tour. Seule différence : on peut déplacer le personnage quand on n’attaque pas.

Un jeu intemporel… on veux aussi un remake !

Alors qu’en est-t-il de Parasite Eve en 2020 ? Les graphismes en plan fixe n’ont vraiment rien perdu de leur superbe et ont un charme intemporel ; l’ambiance générale et les musiques sont réussi. Le gameplay quand à lui reste acceptable et assez maniable, bien qu’aujourd’hui, il serais peut-être plus adapté et intéressant de proposer une manière de jouer similaire à Resident Evil 2 Remake.

 

 

 

  • Scénario et narration au poil Même si parfois les explications s’embrouillent dans des détails un peu complexe (la mitochondrie), on comprend globalement où on va. (Et en plus comme personne connaît le jeu on évite les spoils !)

 

  • Lieux bien choisi  Si New-York est parfois trop utilisé dans pas mal de jeux-vidéos (notamment les open-world comme GTA, Spiderman, The Division 2…), on redécouvre ici le vrai Manhattan culturel.

 

  • Ambiance générale, personnages et bestiaire Les graphismes, la musique et le scénario n’ont rien à envier à un Silent Hill. Les personnages sont bien défini entre les protagonistes et les antagoniste. Et niveau monstres, on est aussi servi !

 

  • Des modes supplémentaires Le jeu propose une nouvelle aventure EX et un niveau supplémentaire. Toujours appréciable pour ceux qui veulent faire le jeu à fond.

 

  • Les musiques parfois répétitives Si le jeu propose une bande-son d’une qualité indéniable, les thèmes tournent parfois un peu en rond, et certains niveau utilisent le même thème que d’autres.

 

  • Quelques lenteurs Le personnage semble se déplacer un peu lentement surtout sur l’axe vertical. Un peu pénible car il faut faire des aller-retour pour gérer l’inventaire.

 

  • Les combats parfois un peu trop nombreux Quand on tourne en rond à fouiner, c’est toujours rageant de se manger un combat aléatoire.

 

18/20

Un titre oublié de Squaresoft, qui reste un hit et mériterait aussi un Remake !

 

The Lighthouse, la lumière à tous les étages ?


The Lighthouse est le dernier film de Robert Eggers (The Witch), tourné en 35mm, avec la collaboration de Jarin Blaschke (déjà présent sur son oeuvre précédente), mettant en scène Robert Pattinson (Cosmopolis, Map to the Stars, De l’eau pour les éléphants, Life, Twilight…) et William Dafoe (Spider Man, Aquaman, Death Note, Platoon, Beyond Two Souls, …) dans un récit marin loufoque et hallucinatoire.

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Kronik : Mrs. Yéyé – Electrochoc


Le monde change mes oisillons, il change vite pour le meilleur et pour le pire, et je suis venu vous parler du meilleur. Au sortir d’une année mouvementée où la parole des femmes s’est encore un peu plus libérée, où le nombre de féminicides a atteint des niveaux records mais n’a en même temps jamais été autant dénoncé, où la question « Faut-il séparer l’homme de l’artiste ? » trouve de plus en plus une réponse négative, où des jeunes désespéré.e.s du monde entier s’échangent des memes dépressifs sur les réseaux sociaux en guise de thérapie, il est une artiste qui a décidé de se faire la voix de tou.te.s les meurtri.e.s de la vie. Les dernières années ont été particulièrement chargées pour elle également, et elle nous offre un regard sur ce qu’est sa vie aujourd’hui, sept ans après le début de son projet, alors que de profonds changement se produisent partout, dans sa personne comme dans sa musique. Mais trêve de bavardages, Kärscheras est de retour en ce début d’année et en écriture inclusive pour vous parler d’Electrochoc, le nouvel album de Mrs. Yéyé.

Il s’est écoulé un peu plus de deux ans depuis Hybride, mais on croirait qu’une éternité a passé. Entre-temps le projet électro-rock Mr. Yéyé est devenu Mrs. Yéyé, le jour même où sa meneuse a annoncé à sa communauté sa transidentité via une touchante vidéo sur sa chaine youtube. L’artiste traversait alors, de ses propres dires, une très mauvaise phase de sa vie déjà entraperçue dans des titres comme Sous la Surface ou Chute Libre sur le précédent opus.

Puis vint le concert du 8 juin 2018 au Flow, un tournant de ses propres dires. Exit la dépression, exit les mauvaises ondes, cette expression de tout le spectre émotionnel de l’artiste (du brise-cœur Ton heure viendra au puissant et alors inédit Rage, tout y est passé) a eu l’effet d’une catharsis sans pareille. Tout pile 4 mois après sortait le single Dans la Pierre écrit en collaboration avec Christophe Mali de Tryo, véritable tournant plein d’espoir face à la noirceur de la vie.

Et nous voici, plus d’un an et un financement participatif plus tard, avec ce nouvel album entre les mains. Le premier changement majeur se situe dans la production puisque Mrs. Yéyé redevient à l’occasion de cette sortie un projet solo et indépendant. La chanteuse a en effet choisi de se séparer d’un même coup des musiciens qui l’accompagnaient aussi bien en studio et de son label, le tout sans conflit aucun. Tout cet album a donc été entièrement écrit, composé, enregistré et mixé dans une chambre, comme à l’époque maintenant lointaine d’Eclore, l’expérience en plus.

 

Playlist youtube de l’album

Tracklist :

  1. Coups de sang
  2. Bonhomme
  3. Ultimatum
  4. Comme personne
  5. Tragédie
  6. Tout le monde n’aime pas le sexe
  7. Crève
  8. Ma chair
  9. Femme
  10. Si seulement le vent
  11. Dans la pierre

 

Coups de sang

Dès l’ouverture de l’album on s’attaque à un sujet bien gras : les relations toxiques. Ce titre électro-rock décrit un couple de ce type du point de vue de sa victime avec une précision et une exactitude presque douloureuses. Dans la musique comme dans le texte on s’enfonce de plus en plus dans la violence, à l’image de la spirale décrite, passant de petites concessions à un véritable enfermement sans qu’on parvienne à s’en apercevoir sur le coup. Le texte est parfois entrecoupé du témoignage, probablement réel, d’une ancienne victime ayant réussi à s’extraire de ce carcan.

L’auditeur.trice qui suit Mrs. Yéyé depuis longtemps ne sera pas dépaysé.e par ce titre introductif. On y retrouve tous les ingrédients de Cabaret Noir et Hybride, avec peut être un son plus électronique et des guitares moins agressives, plus modernes. Mais l’important n’est pas tant dans la forme que dans le fond. Ce morceau s’attaque à un sujet dur, d’autant plus qu’il est d’actualité pour de nombreuses personnes encore aujourd’hui, et comme vous allez le voir ce ne sera pas le seul.

Bonhomme

Après la gravité de Coup de Sang on est presque soulagé de tomber sur ce morceau à l’allure plus légère. Bonhomme n’est pas exactement joyeux, mais il aborde son sujet avec moins de gravité et une pointe de moquerie. En même temps, pour s’attaquer à la masculinité toxique le meilleur angle reste encore la dérision. Le texte se fiche ouvertement des adeptes de cette philosophie de vie et attaque sur tous les fronts : « drague » de rue intempestive, dick pics non sollicitées, homophobie banalisée, tout y passe. Le break est d’ailleurs une satire (ou peut-être pas ?) du discours tenu par ces gens terriblement sûrs d’eux à la virilité finalement pas si solide.

On abandonne presque le rock ici en adoptant une structure plus proche de celle de l’électro (build up/pré drop/drop/repeat) tout en gardant un instrumental de type guitare/batterie. Mais point de guitares bien grasses ici, le son s’allège, l’essentiel étant en réalité mené par la section rythmique. Les guitares servent presque exclusivement de lead sur les parties non-chantées. L’ensemble prend un tour très moderne qui, pour le coup, risque fort de laisser en plant les fans des précédents opus mais ravira les amateur.trice.s de rock plus moderne.

 

Ultimatum

Changement radical de point de vue sur ce troisième titre, Mrs. Yéyé abandonne le point de vue de la victime pour rejoindre celui de l’oppresseur.e. Le thème abordé ici est celui de Murmures, tube iconique d’Hybride. Il parle du passé de notre narratrice, et d’un comportement nocif envers d’autres qu’elle regrette amèrement aujourd’hui. Mais ce morceau porte un message bien différent ; là où Murmures était un combat schizophrénique mené par une haine de soi profonde et dévorante, Ultimatum est passé au-dessus de tout ça. Le texte est ici tourné vers l’avenir : le passé est ce qu’il est, mais l’avenir peut le racheter.

Depuis deux titres on s’éloigne de plus en plus du rock, et la rupture se fait encore plus nette ici. Plus aucune trace de guitare à part pour quelques légers leads, à peine une basse, des claps en guise de percussions, une batterie synthétique à souhait, le côté électro-pop de l’album est enfin pleinement assumé sur ce morceau encore plus personnel que les deux précédents. Mrs. Yéyé commence à nous dévoiler ici une nouvelle part de sa personnalité, prépondérante sur cet album : le magma bouillant d’émotions négatives a fait place à un optimisme à toute épreuve.

 

Comme Personne

Et rien de mieux pour incarner ce flux optimiste que le morceau suivant. Sa sortie s’est accompagné d’un clip touchant, mi-chanté mi-parlé, où des fans ont été invité.e.s à venir raconter leur histoire face caméra. Des gens qui ont traversé des périodes troubles de leurs vies et s’en sont sortis le jour où ils ont osé franchir un pas. Des gens qui pensaient n’avoir rien pour eux et ont pourtant trouvé tout un monde ouvert à leur portée le jour où ils s’y sont autorisés. Comme Personne glorifie la différence, la singularité en chacun de nous que nous apportons au monde qui nous entoure, le fait que chacun.e a le droit de vivre comme iel l’entend, selon ses propres désirs, et qu’il est important de savoir s’écouter soi-même avant de céder à la pression externe.

 

Tragédie

Nous voici arrivés à ce que je considère comme l’un des meilleurs morceaux de l’album, à la fois le plus dur et celui qui fait le plus de bien. Nous allons ici parler de suicide. Et ça fait un bien fou d’avoir un regard frais sur cette question. Mrs. Yéyé s’adresse ici à un.e proche parti.e de son propre choix, mais il n’est pas question ici de culpabilisation, de colère, de tristesse. Bien sûr ces émotions sont présentes, mais elles sont éclipsées par le vrai sujet du morceau : la compréhension. Il ne s’agit pas de pleurer une mort mais de respecter le choix qu’a fait une personne qui nous est chère, entre continuer à vivre une existence qui la faisait souffrir ou choisir de tout abandonner pour faire taire la douleur une fois pour toute. C’est un point de vue qui est très rarement adopté, la plupart des gens ne pouvant simplement pas se mettre à la place de quelqu’un dans cette situation et souhaitant donc le.a maintenir en vie en lui promettant un avenir meilleur (souvent à raison, quoique). Mais pas ici. Ici pas de dénonciation de l’« égoïsme » caché derrière un suicide, ou d’autres clichés cachant plutôt l’égoïsme de la personne qui les prononce.

Cette power-ballad électro (une originalité sans aucun doute) est une véritable épreuve pour la chanteuse autant que pour son auditeur.trice. On le sent parfaitement dans le tous derniers vers du morceau, qui synthétise le propos de tout le texte alors que la musique se coupe nette et que la voix de la chanteuse vacille :

« Je sais que t’as pas abandonné tu voulais juste plus avoir mal »

 

Tout le monde n’aime pas le sexe

Et sans transition retour à un morceau beaucoup, beaucoup mais alors BEAUCOUP plus léger sur un thème également bien moins pesant. Le titre dit tout, on est ici devant une apologie de l’asexualité. La chanteuse nous raconte son choix de ne plus continuer à avoir d’activité sexuelle alors que cela ne l’intéresse pas le moins du monde, et comment la seule difficulté qu’elle rencontre est l’incompréhension des gens qui l’entourent et voient en cela un problème. Une fois encore, un message assez peu diffusé dans l’industrie musicale, à l’heure où il est encore parfois difficile pour un.e artiste d’avouer appartenir à la communauté LGBTQI+, on imagine parfaitement qu’une orientation sexuelle consistant en l’absence total de désir sexuel peut laisser pantois beaucoup de gens jamais ne serait-ce que mis au courant que c’était possible.

Encore un texte porté presque exclusivement par Mrs. Yéyé auquel beaucoup de gens pourront sûrement s’identifier. Pour ce qui est de l’instrumental… mon avis est plus partagé. Il me fait l’effet d’un trip sous champignons, quelque chose de très coloré, sautillant, joyeux, avec une mélodie entêtante. Cela semble plutôt cohérent avec l’idée première du morceau, qui est de se libérer des pressions sociales pour vivre sa vie sans se soucier du regard du monde, mais autant le texte est bon, autant la mélodie me laisse assez dubitatif.

 

Crève

Fort heureusement tout ceci est contrebalancé par un nouveau retournement de situation totalement inattendu. Vous avez cru que Mrs. Yéyé s’était adoucie ? Mes chéri.e.s… Toute la violence et l’agressivité que l’on ne retrouve pas dans cet album se sont en fait concentrées dans ce discret titre d’à peine plus de trois minutes prenant le contrepied de toute l’œuvre. On retrouve ici les vieux démons auxquels on était familier, un besoin impérieux d’éclater des têtes digne du Break Stuff de Limp Bizkit, mais en bien plus noir. Il ne s’agit pas ici d’une colère aveugle mais bien d’une pulsion qu’on cherche à refreiner et qui n’en est que plus violente quand elle se libère.

Ce retour brutal à un rock presque metal vient se croiser avec un chant rappé du plus bel effet, avec des traces d’Horrorcore à la Ghostemane. Un des textes les mieux écrits d’un point de vue stylistique qui tranche avec tout le reste de l’album, ainsi qu’une structure inédite à base d’une évolution du couplet plutôt que d’une banale alternance couplet/refrain. En bref on ne comprend pas vraiment ce que ce morceau fout là, mais wow, on n’a vraiment pas envie qu’il en parte.

 

Ma chair

La positivité qui caractérisait l’album jusqu’ici semble en avoir pris un sacré coup avec Crève, et on croirait presque la voir peiner à se relever sur Ma Chair. Ce morceau nous parle d’acceptation de soi, et plus précisément d’accepter son propre physique tel qu’il est. Le morceau est découpé en trois parties notables : tout d’abord la dissociation du corps et de l’esprit où la narratrice dit ne pas se reconnaître dans son corps, puis un genre de paradoxe la poussant à faire le plus de mal possible à son corps via divers excès (le rendant encore plus détestable à ses yeux), et enfin un début d’acceptation au moment où elle réalise que son corps est le seul qu’elle aura jamais et qu’il vaut mieux travailler dessus plutôt que de chercher à l’user le plus vite possible.

Les complexes physiques sont quelque chose d’omniprésent dans l’humanité, et bien qu’il soit de plus en plus accepté aujourd’hui d’avoir un physique « atypique » (ne rentrant pas parfaitement dans les canons de beauté) il n’en reste pas moins que de nombreuses personnes s’identifieront sûrement à ce texte. Pas le meilleur morceau donc, mais peut-être le plus universel de cette tracklist.

 

Femme

Peut-être un des morceaux les plus personnels jusqu’ici, Femme nous parle de beaucoup de choses. Tout d’abord des dualités et contradictions imposées aux femmes dans notre société patriarcale, ainsi qu’aux hommes dans une moindre mesure également victimes de ces idées, mais aussi très vite de quelque chose de plus profond : « C’est quoi être une femme ? ». Mrs. Yéyé aborde dans ce morceau le sujet en apparence délicat de la transidentité, sa transidentité. Le questionnement est soulevé, est-ce que le genre se détermine par des critères physiques, biologiques, par des comportements, par une apparence ? Aucune réponse n’est apportée, à part celle-ci : « je sais que je suis une femme ». Et c’est là tout le message de ce morceau, peut-être qu’il est impossible de définir la notion de genre et que la seule chose qui définit celui d’une personne, c’est celui qu’elle s’attribue d’elle-même parce qu’elle le sait en son for intérieur comme une évidence.

Bien évidemment le titre ne tourne pas qu’autour des femmes trans mais bien de toutes les femmes. On y retrouve un clin d’œil au débat sur le voile, la condition déplorable des femmes n’étant évoquée dans le débat public que pour être instrumentalisée au profit de pensées racistes ou islamophobes.

Musicalement parlant cette composition n’est pas non plus en reste. On a affaire à une marche électro presque martiale, l’alternance kick/snare portant tout pendant ces trois minutes d’une puissance délectable. Femme ne nous parle pas de la femme des années 80 de Sardou tout juste bonne à être sexy et rouler des pelles à ses subordonnés, il nous parle d’une battante avançant implacablement à travers les difficultés que le monde lui impose uniquement sur le critère biologique de sa naissance.

 

Si seulement le vent

L’optimisme nous aurait-il donc vraiment quitté avec Crève ? On est en droit de le craindre, mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Avec ce titre sorti il y a maintenant presque un an, Yéléna touche encore son auditoire au plus profond de son âme. On nous parle ici de dépression, au sens le plus clinique du terme. Pas une douleur constante, pas une tristesse accablante, rien qu’un vide insatiable si dévorant qu’on en vient à souhaiter de souffrir juste pour ressentir quoique ce soit.

La musique est à l’image du texte, une nappe presque post-rock, mélancolique à souhait. Les percussions, éléments normalement marquant du mix, sont ici mise en retrait et filtrées à l’extrême comme si elles perçaient à peine à travers un mur épais, à l’image des sensations émoussées de notre narratrice.

Mais alors, est-ce vraiment ainsi que tout finira ? Parti sur de si bonnes bases, cet album va-t-il s’éteindre dans les affres de la tristesse et de l’oubli ?

 

Dans la pierre

Et bien NON cher.e lecteur.trice, bien loin de là, car voici le bouquet final de ce voyage, celle qui a été le premier single de cet album il y a plus d’un an et vient le clôturer aujourd’hui : Dans la pierre.

Ce morceau est à lui seul le condensé de tout cet album. Un hymne électro-rock à la fois aérien sur son couplet et écrasant sur son refrain portant un message fort et infiniment positif, voilà ce qu’est la nouvelle essence de Mrs. Yéyé. Le texte est parsemé de référence à d’anciens morceaux de la chanteuse (Sous la surface et Ton heure viendra pour ne pas les citer), tous deux centrés autour d’émotions négatives (le premier traitant de l’acceptation résignée de la dépression et le second de l’attente désespérée d’une vie meilleure), bien qu’il ne s’agisse pas ici de leur donner un écho, mais bien de les enterrer.

Cette poussée vers l’avant est parfaitement transcrite par cet instrumental triomphal qui englobe le tout, et appuyée par une voix narrative, un genre de témoignage parfaitement dans l’axe du morceau. Dans la pierre conclut parfaitement cet album en réussissant l’exploit d’être à lui seul plus positif que le reste de l’œuvre réuni, un final magistral à mi-chemin entre l’ancien style de Mrs. Yéyé et le nouveau.

 

 

Les plus audacieux d’entre vous ont peut-être tenté l’écoute de la version Deluxe de l’album contenant une série de versions acoustiques ainsi que le bonus track Impunis éternels abordant le sujet délicat (encore un oui) du harcèlement scolaire, ainsi que le tube instantané Rage déjà présenté en live avant même la sortie de Dans la pierre (sûrement hors de la tracklist principale parce que le mood avait évolué, ou à cause d’une possible redite avec Crève, mais tout de même trop bon pour être laissé de côté). Ces deux morceaux s’inscrivent parfaitement dans le reste de l’album, mais j’ai choisi ici de me focaliser sur la tracklist principale que nous venons de découvrir ensemble, me frappez pas please.

Mrs. Yéyé a changé. Dans son état d’esprit déjà, son point de vue est plus positif, il lui reste certes de la noirceur mais elle est bien plus diluée et canalisée que par le passé. Stylistiquement ensuite, sa voix se fait plus haut perchée, plus « féminine », une voix qu’elle assume enfin maintenant que sa transidentité n’est plus un secret. Enfin dans la production, plus de label, plus de groupe fixe, tout est fait main et la diversité parfois surprenante des compositions en témoigne. Mais loin d’offrir un résultat amateur, cet album est au contraire encore plus léché que les précédents et offre une authenticité mêlée à une production de niveau professionnelle. Ce disque est un véritable pamphlet porté au nom de tant de causes, et je ne peux que vous conseiller d’aller jeter un œil au travail de Mrs. Yéyé dans sa globalité.

D’ici là portez vous bien, remettez-vous au sport, et soyez heureux les enfants, c’est le plus important.

Artworks : Chaîne youtube de Mrs. Yéyé

 

Kronik : Blind Guardian Twilight Orchestra – Legacy of the Dark Lands


Salutations chers amis ! Bienvenue à vous dans mon antre, entrez donc, mais ne vous installez pas trop confortablement cette fois, car notre voyage du jour ne sera pas de tout repos. Je vous emmène dans une fantastique épopée à travers une terre dévastée en proie à une guerre sanglante, vous l’aurez compris, pour cette Kronik on s’attaque à un très gros morceau, alors chaussez vos bottes, affutez vos rapières et graissez vos mousquets, aujourd’hui les enfants, c’est Blind Guardian.

Blind Guardian: Twilight Orchestra n’est en réalité pas Blind Guardian mais nous est présenté comme un side-project fortement lié au groupe. Ce projet est l’œuvre de Hansi Kürsch et André Olbrich, respectivement chanteur et guitariste au sein de la formation originale, et son premier (et peut-être unique) album Legacy of the Dark Lands est l’accomplissement d’un rêve remontant à plus de vingt ans.

L’idée d’écrire un album symphonique est venue aux deux compères après la parution de l’album de Blind Guardian Nightfall in Middle Earth en 1998, une adaptation partielle du Silmarillion de Tolkien dans le Power Metal du groupe, et encore aujourd’hui acclamé par de nombreux fans comme le pinacle de leur carrière. Le concept est ici quasiment similaire, l’ouvrage adapté étant cette fois-ci le roman Die Dunklen Lande de Markus Heitz paru en février dernier en allemand et traduit en anglais en octobre pour pouvoir coïncider avec la sortie de l’album. Les deux œuvres nous plongent dans la Guerre de Trente Ans, conflit qui déchira l’Europe au début du XVIIe siècle, et suivent l’histoire d’Aenlin Kane (fille du célèbre Solomon Kane de Robert E. Howard) à travers l’Allemagne de cette époque.

https://www.youtube.com/watch?v=K4tp4As_5_8&t=4541s

Tracklist :

  1. 1618 Ouverture
  2. The Gathering
  3. War Feeds War
  4. Comets and Prophecies
  5. Dark Cloud’s Rising
  6. The Ritual
  7. In the Underworld
  8. A Secret Society
  9. The Great Ordeal
  10. Bez
  11. In the Red Dwarf’s Tower
  12. Into the Battle
  13. Treason
  14. Between the Realms
  15. Point of no Return
  16. The White Horseman
  17. Nephilim
  18. Trial and Coronation
  19. Harvester of Souls
  20. Conquest is Over
  21. This Storm
  22. The Great Assault
  23. Beyond the Wall
  24. A New Beginning

Le pari était de taille, produire un album concept narratif de près d’une heure et demie entièrement basé sur l’idée de la voix de Kürsch menant un orchestre symphonique ne semble pas au premier abord être une tâche aisée. Mais le terrain avait déjà été préparé par certains morceaux des précédents albums comme Sacred Worlds, Wheel of Time ou encore la quasi-totalité de l’album Beyond the Red Mirror, paru en 2015, qui possédaient déjà une patte symphonique importante. L’aspect « adaptation » a également beaucoup été pratiqué par le groupe depuis Nightfall in Middle Earth en empruntant à des œuvres comme La Roue du Temps de Robert Jordan ou bien au Multivers de Michael Moorcock. La capacité d’Hansi Kürsch à pratiquer le chant lyrique n’étant plus à prouver depuis longtemps, tous les ingrédients semblaient réunis pour que cet album soit une réussite. C’est ainsi qu’après nous avoir emmenés voir ce qui se cachait de l’autre côté du Miroir Rouge, Kürsch et Olbrich se sont concentrés sur la production de cet album concept un peu particulier, jusqu’à l’amener à portée de nos oreilles le 8 novembre dernier.

 

Et le moins qu’on puisse dire c’est que l’effet est saisissant. Presque une heure trente d’un voyage épique à travers ces Sombres Terres™, l’album est saupoudré des thèmes chers à Blind Guardian tournant autour de l’occultisme, des mondes parallèles et de la démonologie sous toutes ses formes (avec une apparition de Satan en personne, rendez-vous compte !). Les morceaux sont tous séparés d’un interlude parlé faisant intervenir un certain nombre de personnages, probablement dans le but de clarifier la narration.

Evidemment part belle est faite aux envolées lyriques de Kürsch qui se fait plaisir comme jamais sur toute la durée de l’œuvre, exploitant la totalité de sa tessiture et menant avec brio l’orchestre qui l’accompagne. La partie instrumentale est également grandiose à souhait, d’entrée de jeu avec le titre instrumental 1618 Ouverture la patte de Blind Guardian est parfaitement perceptible, nous rappelant les meilleurs moments de Beyond the Red Mirror. L’absence de parties metal dans ces compositions peut déstabiliser, les afficionados de Sacred Worlds ou Beyond the Red Mirror regretteront peut-être au premier abord leur absence, mais force est de constater que, même si l’effet rendu est un peu différent, l’orchestre symphonique dégage quand même une puissance équivalente, comme par exemple sur des titres comme In the Underworld ou sur le refrain de The Great Ordeal.

Paradoxalement, on pourrait reprocher cet aspect un peu monolithique à l’album. L’histoire décrite semble plus ésotérique qu’épique, Aenlin Kane à la recherche des secrets de son père à travers l’Allemagne du XVIIe siècle, mais même certains morceaux comme In the Red Dwarf’s Tower ou Point of no Return s’essayant à des mélodies plus calmes et mystérieuses finissent invariablement par sonner comme les explosions lyriques de Wheel of Time.

Ou peut-être est-ce justifié ? Impossible de le savoir, et c’est le gros reproche que j’ai à faire à cet album, et qui était déjà valable pour Nightfall in Middle Earth : si vous n’avez pas lu le livre, impossible pour vous de comprendre ce que l’album vous raconte. Les interludes parlés supposés clarifier le propos ne sont en fait que des namedrops de noms de personnages dans des situations en apparence aléatoires entre lesquelles il est parfois difficile de faire le lien. On pouvait s’y attendre, l’album est plus un complément du roman qu’une œuvre indépendante (à l’image du 2001 de Stanley Kubrick ne pouvant être pleinement compris qu’avec l’aide de celui d’Arthur C. Clarke) et il est évident qu’on ne peut adapter un roman de 560 pages en album sans en tronquer une partie, mais il faut bien avouer que j’aurais préféré un récit compréhensible de bout en bout sans trop d’apports extérieurs.

On a également parfois une impression de déjà-entendu, certaines mélodies ressemblent à s’y méprendre à des morceaux présents sur les deux précédents albums. Ce n’est pas vraiment dérangeant en tant que tel, cela ne fait que confirmer que cet album a connu une longue période de gestation et qu’il emprunte donc à toute la discographie du groupe des vingt dernières années. En revanche cela devient nettement plus déstabilisant sur Harvester of Souls dont l’instrumental est pratiquement une copie note par note d’At the Edge of Time, morceau du précédent album, cette nouvelle version rajoutant seulement quelques passages la rendant sensiblement plus longue. Ce recyclage est assez surprenant de la part d’artistes aussi inventifs, on avait déjà noté par le passé des similarités troublantes entre morceaux de Blind Guardian (Fly et Dead Sound of Misery par exemple, tous deux issus de A Twist in the Myth), mais jamais à ce point. Impossible de dire d’où vient cet étrange phénomène, mais ce qui est sûr c’est que la découverte de cette similarité sort immédiatement l’auditeur de son écoute, le laissant perplexe quand il devrait être transporté.

 

Le tout est finalement assez mitigé et hétéroclite. La réalisation de l’album est une réussite, cela ne fait aucun doute, la voix d’Hansi est parfaitement taillée pour ce genre d’exercice, le style de Blind Guardian est parfaitement perceptible tout le long sans jamais dénoter, et le tout est une épopée grandiose comme le groupe sait en produire. Les quelques bémols sont situés dans la seconde moitié du concept : l’adaptation. Die Dunklen Lande n’est certainement pas une œuvre aussi décousue que le Silmarillion, et pourtant ce Legacy of the Dark Lands souffre du même écueil que Nightfall in Middle Earth en ce qu’il est presque incompréhensible sans le support du livre. Evidemment, il est totalement impossible de retranscrire un roman complet dans un album d’une heure trente, pas plus que dans un film, mais en ce cas peut-être eût-il mieux valu abandonner l’idée d’adapter un roman et développer un concept original, comme pour Beyond the Red Mirror (voire même prolonger le concept de ce dernier), ou bien de remplacer les cryptiques dialogues des interludes parlés par un unique narrateur relatant les faits non explicités dans les morceaux.

Néanmoins cet ovni reste une très bonne écoute et la preuve que Blind Guardian n’a pas fini de faire parler la puissance épique de sa musique. Si l’on met de côté la narration on a affaire ici à un album unique en son genre trouvant parfaitement sa place dans le prolongement de la discographie du groupe. A partir de là l’avenir est ouvert, cette œuvre restera-t-elle unique ou d’autres albums dans ce style sont-ils prévus ? Cette sortie marque-t-elle l’apogée de l’ère symphonique de Blind Guardian, amenant peut-être avec elle une tournée symphonique ? Autant de questions pour l’instant en suspens. Quoiqu’il en soit nos allemands préférés semblent bien loin d’en avoir fini avec nous, et montrent une fois encore une capacité à innover qui n’annonce que du bon pour l’avenir.

Kronik : We Lost The Sea – Triumph & Disaster


Amis, soyez les bienvenus dans mon antre, ne faîtes pas vos timides, c’est sûrement la première fois ici pour vous aussi, alors installez-vous confortablement, et écoutez la voix du vieux Kärscheras. Aujourd’hui je vous propose de me suivre dans un voyage à travers les plaines, les océans, et peut-être même les cieux, mais surtout à travers vous-mêmes. Vous l’avez compris, aujourd’hui, je vais vous parler post-rock.

En Octobre dernier le groupe australien We Lost The Sea a dévoilé au monde son dernier opus intitulé Triumph & Disaster. Celui-ci fait suite à Departure Songs paru en 2015, album ayant marqué le début de l’envol du groupe en le faisant connaître à l’international, s’imposant comme une sortie majeure de l’année au sein de la scène post-rock mondiale. Comme son prédécesseur, T&D est un concept album, racontant un voyage tourmenté et post-apocalyptique s’étirant jusqu’à la fin de toute chose, alors que l’humanité observe sa propre chute.

      Tracklist :

  1. Towers
  2. A Beautiful Collapse
  3. Dust
  4. Parting Ways
  5. Distant Shores
  6. The Last Sun
  7. Mother’s Hymn

 

Avec T&D, le quintet se voit rejoint par un troisième guitariste, Carl Whitbread, illustre inconnu officiant habituellement dans le groupe Lo! (brutal sludge). On pouvait donc s’attendre à un changement assez marquant par rapport à Departure Songs, d’autant que le premier single Towers suggérait déjà en juillet dernier une rupture, un son moins aérien, presque martial par endroits, tout en gardant l’évanescence caractéristique du genre. Mais qu’en est-il finalement ? Cet album est-il le digne successeur de la pièce onirique et mélancolique ultime qu’était Departure Songs ? Un triomphe ou un désastre ? C’est pour répondre à cette question que je me suis plongé une fois de plus dans la musique irréelle de We Lost The Sea, et voici ce qu’elle m’a légué.

  • Towers :

L’album commence par cette pièce pharaonique de plus de 15 minutes à la structure labyrinthique que je n’hésiterais pas à qualifier de progressive. Dès les premières notes on sent une rupture nette avec Departure Songs. On a ici affaire à un drone anxiogène, bien loin de la plénitude procurée par le début de A Gallant Gentleman, vite rejoint par un riff de guitare qui ne dépareillerait sans doute pas dans un morceau de stoner. Et cet esprit alternera tout au long du morceau avec des passages plus planants, plus mélancoliques, restant plus fidèles au style du groupe.

Le ton de l’album est donné dès cette pièce introductive : il sera bien plus sombre que le précédent. Adieu la douce mélancolie parfois anxiogène, on a ici affaire à une ambiance bien plus lourde, plus noire, le morceau s’achevant par un crescendo martial aboutissant à une explosion mélodramatique, comme si le monde lui-même s’écroulait majestueusement sous nos yeux.

 

  • A Beautiful Collapse :

Et quoi de mieux que cet effondrement pour passer au second morceau, A Beautiful Collapse. Bien plus doux au premier abord, ce crescendo va vite reprendre les caractéristiques de Towers, transformant d’un seul coup sa petite mélodie minimaliste en mur de son massif et continu. Ce morceau s’avère bien plus rock dans ses riffs que le précédent. Une forme d’agressivité s’en dégage, comme s’il exprimait une colère sourde s’échappant d’un coup pour tout réduire en cendre, tout en effaçant totalement la quiétude du début de morceau qui reparaît parfois subrepticement sous forme d’une plainte douloureuse. A Beautiful Collapse, je vois ici l’effondrement d’un esprit soumis à des émotions intenses dont la nature est laissée à la discrétion de l’auditeur, et finissant par perdre tout repère pour ne plus voir qu’un voile rouge.

 

  • Dust :

Après toute cette urgence, ce déferlement, cette chute majestueuse et effrénée, l’album semble reprendre son souffle sur Dust. Bref interlude de 4 minutes (bref à l’échelle des autres morceaux, évidemment), ce morceau nous livre une douce mélodie de guitare agrémentée de quelques notes de trompette par moments. Le paysage qui nous est décrit ici est désolé, triste, froid, un bruit continu de vent venant accentuer cette impression en arrière-plan. L’humanité s’est effondrée d’un coup sec, il ne lui reste à ce moment-là plus d’espoir.

 

  • Parting Ways :

Et une fois ce moment de calme passé, le voyage continue paisiblement avec Parting Ways. Introduit par un riff assez neutre émotionnellement, ce titre se révèle vite bien loin de l’esprit vindicatif du début d’album. La mélodie est ici de retour, évoquant un genre de quête salvatrice. Ce morceau cherche quelque chose, il tente de faire table rase du passé, à mettre fin au regret, puis reprend du poil de la bête environ à sa moitié, se faisant violence pour avancer à travers la tourmente et les souvenirs, l’histoire d’une séparation douloureuse en somme. Le mur sonore revient, mais cette fois-ci ne se défait pas de sa mélodie, renforçant encore le torrent d’émotion, pour finalement s’achever sur une sonorité apaisée, comme si l’on avait finalement trouvé la paix, et que le passé appartenait enfin au passé.

 

  • Distant Shores :

Ce titre est exactement ce que l’on pouvait attendre du groupe, une mélodie aérienne au lapsteel, quelques accords de guitare afin d’agrémenter le tout, et le tour est joué. Il n’y a pas à épiloguer trop longuement sur ce morceau, il est finalement assez simple et répétitif du point de vue technique, mais incroyablement efficace dans sa manière de passer son message. Il n’y a qu’à fermer les yeux, se laisser porter par la mélodie, et tout apparaîtra sans effort devant vos yeux, le rivage, le soleil couchant, le cabanon sur pilotis où couler le restant de vos jours. Distant Shores est un havre de paix, une accalmie bienvenue dans un album finalement bien plus violent que ce à quoi on pouvait s’attendre.

 

  • The Last Sun :

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le début de cette ultime (ou pas ?) pièce est à la hauteur de son pendant introductif. Là où Towers semblait partir en tous sens, cet ultime soleil reste fidèle à sa mélodie et la développe dans un lent crescendo ternaire, s’étirant sur de longues minutes. Rien de révolutionnaire ici, on a déjà entendu cela des dizaines de fois partout dans les albums du genre, mais cette odeur de fin du monde m’est toujours aussi agréable après toutes ces écoutes. L’ascension continue sans cesse, jusqu’à une fin des plus brutales. Au beau milieu d’une mesure, le crescendo est brutalement interrompu pour laisser place à une reprise de la mélodie au synthé. Bémol pour moi, j’aurais préféré un silence complet à ce moment, ou une fin triomphale, mais on parvient quand même à ressentir le vide laissé par le frénétique voyage qui vient de s’achever.

 

  • Mother’s Hymn :

Mais même s’il avait toutes les qualités pour occuper cette place (jusqu’à son nom), The Last Sun n’est pas le dernier titre de l’album. Il est suivi par Mother’s Hymn, un morceau… de pop à chanteuse. Choix assez décontenançant ma foi, ce titre n’aurait pas dépareillé quelque part dans la tracklist d’un album d’Alicia Keys, de par son style de chant (il s’agit d’ailleurs du seul morceau non-instrumental de l’album), sa production, même son instrumental (avec cuivres, claquements de mains en guise de percussions, départ au piano seul…). Ce titre final se clôture sur un duo voix/piano, accompagné de chœurs gospel, achevant de me perdre totalement. Bien que pas désagréable à écouter, ce morceau dénote tant avec le reste de l’œuvre qu’il n’y trouve pas vraiment sa place musicalement parlant.

 

Mis à part ce titre final qui n’a pas fini de me faire remettre en question la notion de cohérence au sein d’un album, ce Triumph & Disaster est pour moi une flambante réussite. Le concept est prenant, ce voyage d’une mère et son enfant dans une journée vers l’anéantissement de l’humanité est parfaitement perceptible. « Are we really too late ? » se demande la chanteuse de Mother’s Hymn (seul morceau non instrumental de l’album), la seule issue est-elle réellement la destruction ou pouvons nous encore sauver notre espèce de l’auto-destruction ? La question reste en suspens, mais la musique instrumentale du groupe laisse la liberté à chacun d’y coller les mots et les images qu’il souhaite, s’affranchissant du concept pensé par le groupe, et on peut ainsi interpréter chaque morceau et même l’album dans son ensemble de bien des manières.

Cette sortie est un incontournable de cette fin d’année pour ceux d’entre vous qui aiment voyager sans bouger de leur fauteuil. Le groupe reste en cela fidèle à lui-même, et réussit son pari. Triumph & Disaster n’aura pas une aussi grande résonnance que Departure Songs, mais il reste quand même parfaitement à la hauteur de la réputation que s’est forgée le groupe et les pousse un peu plus vers une place prépondérante au sein de la scène post-rock internationale. Et qui sait si d’ici quelques années le sextet australien ne jouera pas aux côtés de titans du genre comme God Is An Astronaut ou Mogwai ? Seul l’avenir nous le dira. En attendant la vie est courte, alors écoutez du post-rock, et n’oubliez surtout pas de rêver.

Source photos : We Lost The Sea

Artworks par Matt Harvey

Ma première game sur LOL

Ma première game sur LOL

(C’est le jeu League of Legends)

 

 

 

 

Ca y est, je me lance dans l’esport. Moi aussi, je veux briller dans un stade devant des millions de spectateurs IRL et Twitch. J’arriverai dans l’arène dans un costume sponsorisé par Coca-cola qui m’aura payé 10k pour le porter. J’aurai l’air sérieux, concentré sur le match à venir. Je serai pas là pour rigoler, ça non. Et alors, quand j’entrerai, les spectateurs se lèveront et on entendra :

  • Ragequit ! Ragequit ! Ragequit !

https://www.youtube.com/watch?v=OrgOH-nY9No

Comme je serai devenu une personnalité prétentieuse, je ne réagirai pas et j’irai m’asseoir dans ma chaise gaming matelassée et rembourrée avec des plumes de cygnes du Mont Neigeux du Tibet. Je ferai craquer mes phalanges et j’empoignerai ma souris chauffée 4Go.

Mais pour le moment, je lance ma première partie de League of Legends.

Un premier choix s’impose : mon champion. Pas Aatrox, trop moche. Pas Teemo, je suis pas un lâche, je vais pas me battre à distance. Pas Veigar parce que non. Ah ! Taric ! Lui, il a de la gueule.

Mon champion choisi, je lis le chat :

  • Jungle
  • Mid
  • Top
  • Bot

  Quoi ? C’est quoi ça ?

  • Bonjour, j’ecris.

Tout à coup, j’ai comme l’impression que de très mauvaises ondes émanent de mon écran tandis que mes coéquipiers ne répondent pas.

Sûrement n’en ont-ils pas eu le temps car déjà me voilà dans le jeu. Sans attendre je m’élance pour explorer la carte. Je suis tout d’abord le chemin de terre vers le haut de la carte.

  • C’est moi top.
  • Tu fous quoi.

Je décide de laisser mes coéquipiers à leur petite conversation et continue sur ma lancée. Quelques secondes plus tard, je me heurte à une bande de petits gnomes rouges qui se suivent à la queue leu leu.

Ils sont mignons

Ni une ni deux, je les attaque. Ils sont beaucoup cependant, je les contourne donc et continue de courir. Ah, là ! Un champion ennemi !

– Qu’est-ce tu fous !
-Reviens !
-Noob

Je me lance vers le champion. C’est alors qu’une tour me lance des super laser dans la face et en moins de deux me voilà KO.

-Je déco.
-Ragequit, réveille-toi.
-Rage, va en bot.
-Rage, dégage de là.

Je me rends compte une fois revenu à la base que je peux acheter tout un tas d’objet intéressant. J’achète la lame de Doran et une potion et me voilà reparti. Cette fois, je me dirige vers la forêt.

-C’est moi jungle
-Noob
-DEGAGE JE TE DIS
-Je reporte
-On est pas là pour perdre, dit ToukanSama, niveau 5 dans la partie amicale qu’on disputait.

Je tombe sur un crapaud et me fais tuer. Je commence à m’énerver. C’est quoi le but de ce jeu ? Je remarque alors que je peux voir où en sont mes coéquipiers.

ToukanSama se cache dans un buisson à côté de sa tour tandis que les ennemis lui passent sous le nez. Truc est à la base en train de tourner en cercle.

C’est alors que le chat a dégénéré :

-Retourne Jungle !
-HEAL
-Help bottom
-I keel you Rage
-HEAL
-Retourne sur Hearthstone Rage !
-Go Nexus

De retour dans la forêt, je me fais tomber dessus par cinq ennemis en même temps pendant que mon équipe me menace de mort.

Soudain, mon champion est seul sur la carte, tous mes coéquipiers ont ragequit. Du coup, moi aussi.

 

WTF Xenoblade Chronicles 2 ?

Xenoblade Chronicles 2

Sorti le 01/12/2017 

Exclusivité Nintendo Switch

 

  L’histoire de Xenoblade Chronicles 2, et surtout son monde, est pour le moins originale. C’est un scénario un peu compliqué, un peu osé et complètement barré. Alors si vous ne connaissez pas l’histoire du jeu, je vous conseille d’inspirer un coup avant de vous lancer dans mon article.

  Dans Xenoblade Chronicles 2, la terre est recouverte par une mer de nuages infinie, il n’y a nulle part où poser le pied.  Pas la peine de chercher, vous ne trouverez ni continent, ni île, ni lopin de terre, ni même une plante crevant la surface de l’océan. Pour survivre sur cette mer, l’humanité se doit de vivre à dos – et parfois à l’intérieur– de Titans. Ces dinosaures géants qui peuvent nager et vivre dans l’océan de nuages accueillent sans broncher leurs visiteurs, comme le requin accueille les poissons pilotes. 

La tête d’un titan.

 

  Les titans sont pour certains dotés de parole et à priori tous doués de la même sorte d’intelligence qu’un humain. Ces créatures peuvent atteindre des dimensions colossales, allant jusqu’à la taille de petit continent où sont établies plusieurs villes. Il peut leur pousser des arbres, des plantes, des falaises ou encore des rivières dessus. En fait, ce sont les continents perdus du monde d’Alrest, sauf qu’ils ont des cerveaux, qu’ils naissent, vieillissent, grandissent et meurent comme les Hommes. Certains ont l’habilité de renaître de leur cendre une fois mort.

Le titan précédent rené de ses cendres.

 

  On ne le dit pas dans le jeu mais le joueur se rend vite compte que les titans sont de véritables martyres. Sans leur demander leur avis, les humains construisent à même leur chair des villes entières, forent dans les montagnes que forme leur dos et même creusent des puits dans leur estomac.

  • J’avais une grue plantée dans le derrière et je ne m’en plaignais pas, confesse l’un d’eux.

  Nous sommes malgré tout reconnaissants du service qu’il nous a rendu car cette grue nous a permis de gagner notre vie (cf plus bas).

  Malheureusement, les titans se meurent, alors la seule chance de survie de l’humanité, qui ne peut pas survivre dans la mer de nuages, serait de trouver Elysium, un paradis hypothétique. Cette terre sainte se situerait en haut d’un arbre géant d’où ils seraient un jour tous tombés. Une fois l’éden atteint, les guerres, la faim et la pauvreté ne seraient alors plus qu’un lointain souvenir.

  Peu croient en l’existence d’Elysium, mais le personnage principal, lui, y croit dur comme fer et son but dans la vie, ça tombe bien pour l’humanité, c’est de le trouver. Rex est un garçon optimiste d’une quinzaine d’années qui vit seul sur le dos de son propre titan – dans lequel il a planté une grue parce qu’il l’aime beaucoup. Il gagne sa vie en plongeant – grâce à la grue – dans la mer infinie de nuage qui, à un moment donné assez flou que les scénaristes évitent d’exploiter, devient de l’eau. Et il cherche dans les profondeurs des objets, comme des vis et des écrous, qu’il revend ensuite.

  Rex est prêt à aider tout ceux qui apparaissent sur son chemin, que ce soit pour retrouver leur cochon ou pour aller chercher trois épis de blés supersoniques de l’autre côté de la terre. Il est motivé, il est pour la paix, il est parfait, il souhaite amener la terre entière à Elysium et il déclare un jour devant les caméras :

  • Si un tel lieu existe, peut-être pourrions-nous vivre en paix, sans avoir besoin de se battre.

  Cela, cependant, ne l’empêchera pas d’écraser quiconque dira du mal de sa « lame ».

  C’est maintenant que les choses se compliquent. Comment ? Vous les trouviez assez bizarres comme ça ? Attendez un peu. Les habitants d’Alrest, le monde de Xenoblade Chronicles 2, se battent en utilisant des « lames ». A l’état passif, une lame est enfermée à l’intérieur d’un cristal. Une fois libérée par un humain, la lame prend sa véritable forme, souvent humanoïde, et se trouve liée à la personne qui l’a trouvé jusqu’à sa mort. Chaque lame a sa conscience et sa volonté propre, et est en quelque sorte un esclave forcé de se battre et de se plier à la volonté de son propriétaire car là encore, on ne leur demande pas leur avis.

  La première lame de Rex, c’est Pyra.

Voilà Pyra.

  En tant que lame, Pyra vous suivra où que vous alliez et quelque soit le projet que vous entrepreniez. Que ce soit l’escalade d’une falaise, ou le saut sans parachute depuis une falaise. Lors des combats, elle ne se bat pas directement mais vous permet de manier une véritable épée – l’objet cette fois-ci – beaucoup mieux que si elle ne vous prêtait pas sa force.

  Une chose est à savoir, Pyra se positionne toujours derrière vous, sur la gauche. Donc si vous vous baladez sur un étroit sentier au-dessus du vide, elle essaiera de se positionner à sa place usuelle, et en conséquence se suicidera en sautant dans le vide.

  Il est possible d’améliorer Pyra et les autres lames comme on améliore tout objet normal. Cependant, avant de vous aventurer dans le menu pour attribuer vos compétences, dépenser vos points, et changer d’équipement comme on le fait dans tout RPG digne de ce nom, il vous faut vous assurer d’avoir un peu de temps libre devant vous comme cela dure très longtemps.

TUTORIEL (On ne vous en voudra pas de sauter cette partie qui est très chiante)

  Il y a plusieurs façons d’améliorer les compétences de vos personnages humains. Tout d’abord, vous pouvez utiliser des points d’action pour renforcer les arts. Les arts sont les attaques spéciales utilisables en combat. Il y en a quatre par lame. L’ « humain » peut équiper trois lames. Et utiliser trois attaques spéciales par lame.

  Ensuite, vous pouvez utiliser des points de compétence pour améliorer les aptitudes des personnages à l’aide d’un arbre de compétences.

  Puis, vous pouvez assigner deux accessoires à chaque personnage pour augmenter ses statistiques. Vous pouvez aussi leur donner des consommables pour bénéficier de certains effets. S’il se trouve que le personnage ou l’une de ses lames en raffole- Pyra aime les boissons – les effets augmenteront. Vous pouvez jouer trois personnages en même temps, qui chacun peuvent équiper trois lames en même temps. Cependant, chaque personnage peut avoir un nombre indéfini de lame en réserve.

  Pour modifier une lame, vous pouvez la fusionner avec des fragments de cristal. Vous pouvez aussi faire évoluer ses compétences en effectuant certaines actions. Par exemple, pour que Pyra augmente sa capacité à se concentrer et donc à trouver des objets et faire exploser des trucs, il faut lui faire boire plusieurs boissons. Pour qu’elle inflige 70% de dégâts en plus aux bêtes, il faut éliminer 6 félys à Gormott. Enfin, on peut placer des cœurs auxiliaires sur les lames pour leur conférer des effets. Une fois que vous aurez fait ça avec une lame, vous pourrez le faire avec la dizaine d’autre que vous utilisez – en supposant que vous ne le faîtes pas avec la trentaine que vous n’utilisez pas.

  En plus des lames classiques, il existe des lames « artificielles », créées de toute pièce par l’Homme, qui elles, fonctionnent différemment. Parce que jusqu’ici, c’était trop simple. Vous pouvez les modifier à l’aide de fragments de cristal et les faire évoluer à travers des sociogrammes de la même manière que les lames ordinaires mais en plus vous pouvez y ajouter des pièces supplémentaires et gérer les pièces déjà installées.

  Il est aussi possible de fusionner une lame avec un humain et d’ainsi créer une lame super puissante. Une lame ne peut mourir ; si son combattant meurt, elle retournera à l’état de cristal jusqu’à ce qu’un autre la trouve et elle aura alors tout oublié de sa vie précédente.

FIN TUTORIEL

  J’ai résumé ce qui a pris au jeu cinquante heures de tutoriels à rallonge à m’expliquer.

  Les tutoriels font partie intégrante de Xenoblade Chronicles 2. C’est un peu ce dont on se souvient une fois qu’on a fini le jeu. En jouant, vous allez peut-être penser : « si seulement le jeu pouvait me laisser jouer tranquillement sans mettre des tutos en travers du chemin de mon personnage toutes les cinq minutes ». Et vous aurez raison.

  Autrement dit, votre personnage attaque automatiquement.

 

Autrement dit : dans Xenoblade Chronicles 2, vous pouvez vous téléporter.

 

Sérieusement ?

 

  Lorsque les tutoriels arrêteront de vous barrer la route, vous pourrez librement vous balader dans le monde d’Alrest et découvrir des merveilles et des trésors de design. Chaque décor est une explosion de couleur dans un environnement irréprochable. La direction artistique crève les plafonds. A travers les tunnels transparents au fond de la mer, les étendues désertiques et sablonneux, les ilots flottants et les estomacs des titans ressemblants aux forêts d’Avatar, vous souhaiterez qu’Alrest et sa mer de nuages soient réels.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=37&v=0svNgZ3oQuA

  Vos explorations seront ponctuées par les conversations de l’IA des personnages. Certains éléments du jeu déclenchent chez eux des dialogues qu’ils répètent sans relâche tout au long du jeu. Pendant les combats par exemple, ils ont tous leur mot à dire et se crient les uns sur les autres, ce qui les rend totalement incompréhensibles. Chaque fois que le soleil se lève, vous entendrez les phrases : « Morning already. », « Rise and shine ! » et « It’s a new day every one ! », et ce peu importe la situation où vous vous trouvez, que ce soit dans l’auberge ou sur le champ de bataille en train de mourir.

  Mais Xenoblade Chronicles 2, il faut le dire, c’est avant tout des cutscenes mélodramatiques.

  Me voilà dans un combat à mort pour la propriété/la main de ma lame/ma bien-aimée. Mes ennemis sont bien plus fort que moi cependant. Ils nous terrassent, moi et mes compagnons, un à un. Tandis qu’exténué, je me rends compte que jamais je ne pourrais gagner ce combat, l’un de mes amis se plante son épée dans le ventre, devenant ainsi un super combattant pendant quelques minutes ; parce que, c’est bien connu, si tu fais kamikaze dans un JRPG, tu deviens un super sayan.

  • Fuyez, nous dit-il dramatiquement avant de se lancer dans un combat acharné.

  Mais non, Rex est bien trop noble pour fuir, alors au lieu de cela, il reste les bras ballants à regarder son ami combattre à force de :

  • Non !
  • Vandham !

C’est son prénom.

  • Non !
  • Uh !
  • Oh !
  • AAh !
  • NOOOON !

  Finalement, Vandham, même avec son kamikaze galactique, se retrouve au sol, terrassé. Alors, notre personnage principal se met en super-colère et attaque une seconde fois ses adversaires. Cette fois sa lame change de forme, de Pyra, femme aux cheveux rouges, elle devient Mythra, femme aux cheveux d’or surpuissante. Ainsi devenu un super-guerrier, il bat ses adversaires en deux temps trois mouvements sous mes yeux stupéfaits. Pourquoi est-ce que sa lame n’a pas changé de forme dès le début ? C’est un mystère. Toujours est-il qu’une fois ses ennemis terrassés, Rex s’approche de son ami Vandham kamikaze. Celui-ci, à l’agonie, semble avoir tout juste assez de force pour murmurer quelques paroles sages :

  • Mène ton propre combat, Rex.
  • Non, je ne t’abandonnerais pas !

   Vandham rassemble une seconde fois le peu de force qu’il lui reste pour dire :

  • Nous avons tous une guerre à gagner, notre propre combat à mener.
  • Non, Vandham, ne meurs pas.
  • Au revoir.
  • Non !

  Et alors que cette fois, il semble encore plus sur le point de mourir, il réussit encore à lancer :

  • Pourrais-tu dire à Pyra de ne pas avoir peur et de mener sa propre guerre.
  • Arrête Vandham.

Oui, arrête Vandham. Au loin, c’est alors que le soleil se lève sur la mort de notre regretté Vandham, et alors que tout le monde est au deuil, on entend de joyeuses voix s’exclamer :

 

  • Rise and Shine !

 

  • It’s a new day everyone !

 

  • Good morning !

 

Je ragequit.

La Grande Muraille The Great Wall

Que penser du film La Grande Muraille avec Matt Damon en acteur principal et Zhang Yimou à la réalisation. En tant que bon rédacteur d’Error 404 je vous livre mon avis, et toujours #NoSpoil (ou presque).

Synopsis

William Garin (allias Matt Damon) et Pero Tovar (allias Pedro Pascal) chevauchent vers l’inconnu. Sans cartes ni nourriture, ils sont à la recherche d’une arme qui changerait leur vie, la poudre noire. Mais ils vont vite être confrontés à un problème de taille qui va mettre à rude épreuve leurs talents de guerriers et de mercenaires.

Mon appréhension avant séance

Un film chinois parlant d’une histoire étrange avec un acteur américain? Le tout en anglais et autour de la grande muraille? Je n’en attendais pas beaucoup (oui je suis méchant). Mais je dois dire que la bande annonce bien que visuellement impressionnante n’a pas changé mes craintes.

L’univers visuel

Alors, est-ce que ce film est beau? La réponse est oui. Le film est visuellement impressionnant dans les combats, vos yeux passeront un bon moment devant ce film.

Il y a clairement une recherche très poussée sur l’univers mythologique chinois, et une idéalisation de ce dernier, ce qui donne de belles scènes, aussi bien visuellement que dans l’action. Mais je dois prôner ma méconnaissance de cette mythologie chinoise, ce qui limite une critique sur ce sujet.

Il y a souvent une grande quantité de couleurs à l’écran, ce qui peut donner des plans magnifiques à mon gout. Une des scènes finales prend presque un aspect mystique avec un déluge de couleur.

 

Le film étant une réalisation chinoise, ma crainte était de me sentir en décalage avec l’univers visuel montré. Finalement cet écueil est en partie évité par une habile présentation des protagonistes de la part de nos héros.

Le scénario 

L’histoire est somme toute classique, sans vous spoiler le film. Il faut garder en tête que le film se base sur une forme de fable historique, d’histoire fantasmée autour de la grande muraille, et que par conséquent, il faut oublier tout aspect réaliste envers certains points.

J’ai été agréablement surpris de la place laissée à la femme dans ce film chinois. J’avais un peu peur que ce soit un film de guerre avec une surenchère de virilité. 

Le film tente aussi d’insuffler une notion morale à l’action des hommes et à leurs conséquences. Un parti pris intéressant qui aurait pu être plus développé. Mais ce propos accompagne bien l’histoire des origines de la création de la grande muraille. Mais cet aspect disparaît peu à peu dans le film derrière la place très importante des scènes d’actions.

Car oui le film donne une place très importante aux scènes d’actions et à des scènes très (trop?) spectaculaires, qui l’inscrivent à la fois dans une démarche de blockbuster, et de récit fantasmé. Et il est des fois difficile de savoir ou le réalisateur veut en venir entre une démonstration visuelle, une remise en question de la nature humaine, et un récit mythologique.

Par rapport Legolas peut prendre face à la précision des archers dans ce film !!

Alors on y va? 

Clairement ce film d’action n’est pas le futur film du siècle. Le film est agréable à regarder. J’ai passé un bon moment et je ne regrette pas de l’avoir vu.

Le film n’est pas trop dans la démarche du « j’entre et je dépose mon cerveau ». C’était un reproche que j’avais pu entendre avant d’aller le voir.

Alors oui allez le voir si vous voulez voir Matt Damon transformé en Legolas version machine de guerre, aux côtés d’une ravissante commandante chinoise se battant dans un bel univers de la culture chinoise, et avec de grosses scènes d’actions.

Star Wars Rogue One, le spin-off gagnant?


Le film est sorti depuis quelque temps déjà, mais vis-à-vis des attentes que nous avions tous après un épisode 7 en demi-teinte, j’ai voulu vous écrire mon avis sur cet opus, mais sans spoil (ou presque?).

Contexte et les a priori

J’avais pu entendre de nombreuses réactions lors du passage en salle de cinéma de la bande-annonce de Rogue One.

« Encore une étoile de la mort? »

« Comment ça Dark Vador? il n’était pas mort lui? »

« Je ne comprends pas qu’est ce qu’il vont bien pouvoir dire »

Remettons tout de suite les choses en place, Rogue One est un film en dehors des deux précédentes trilogies, et ne fait pas suite au Réveil de la force. Rogue One se déroule entre l’épisode  3 et 4. Il vise donc a expliquer comment nous passons de la destruction de l’ordre Jedi, à la scène d’ouverture où une corvette (Tantive IV) rebelle se fait aborder par un destroyer impérial (Devastator).

Scène ouvrant L’épisode 4 de la saga. Cette scène devient maintenant la suite directe du film Rogue One.

 

Nous suivons donc Jyn Erso (alias Felicity Jones) qui va rejoindre l’alliance rebelle afin d’accomplir une mission vitale pour la survie de la galaxie.

La mission...
…récupérer les plans de l’étoile noire

Indispensable?

 

La première question qu’on est en droit de se poser c’est : ce spin-off est’il indispensable à la narration dans l’univers Star Wars.

Il est vrai qu’il y a un gouffre assez important entre La Revanche des Sith et Un Nouvel espoircomment passons-nous de la chute de tout un système, de la prise de contrôle du sénat par l’Empire Galactique à une attaque rebelle contre l’étoile de la mort.

Les plans de l’étoile de la mort rapidement montrés dans l’épisode 2.

 

De mon avis Rogue One n’est pas de trop et explique un moment charnière dans l’histoire de la Galaxie Star Wars.

 

 

Mon impression générale sur l’histoire et le film (sans spoil)

 

La première crainte que j’ai eue en allant voir ce film était : Star Wars sans jedi?

Et bien comme l’univers est reproduit avec grands soins, et que l’histoire fait sens autour des personnages, cela s’oublie assez vite. D’autant plus que Chirrut Îmwe (alias Donnie Yen) remplit bien son rôle en maîtrisant la force.

Néanmoins le démarrage du film est assez long pour beaucoup. De mon avis cela permet de mieux s’imprégner de l’histoire et de la situation après que l’Empire ait pris le contrôle sur la galaxie. Malheureusement les personnages manquent parfois de relief. C’est un reproche qui a souvent été émis à l’encontre du réalisateur Gareth Edwards. Et ici vous aurez souvent l’impression qu’on vous donne une liste de personnes dans la première partie du film. Un déluge trop brutal de nouveaux caractères dans l’histoire.

Par exemple le personnage de Saw Gerrera (alias Forest Whitaker) pourrait avoir une importance bien plus forte, au vu du charisme dont il dispose. Mais au final il n’est qu’un petit rouage dans le film.

Sinon l’histoire est agréable à suivre, bien que connue d’avance par les fans de la saga. De petites pointes d’humour disséminées dans le film sont d’ailleurs bien agréables et savent amuser la salle.

Et puis à tout Star Wars son Robot, ici vous serez aussi gâté d’un Android haut en couleur. Il est bien souvent en décalage avec les autres personnages reprenant le rôle de C-3PO, mais dans une version plus héroïque.

Il est indéniable que la production à accordé une grande place au souci du détail, et j’ai été agréablement surpris du choix de la reconstitution faciale opéré sur des acteurs qui pour certains (et certaines) sont trop vieux ou ne sont plus de ce monde pour jouer dans le film. Mais l’utilisation de leur image telle qu’elle aurait dû être dans le récit sert positivement la narration.

La qualité visuelle?

Une claque visuelle? Oui clairement.

L’univers de Star Wars est reproduit avec une fidélité impressionnante. Les couleurs sont saisissantes. Et le cadrage sait faire varier l’intensité dramatique des scènes et personnages.

J'ai même été agréablement étonné du traitement réservé à Dark Vador ...
… avec un éclairage totalement maîtrisé qui le hisse au rang de figure divine et dérangeante du fait de sa puissance visuelle. Une seule ombre arrive à montrer toute la puissance et l’angoisse que le personnage inspire, et ça, c’est beau !

J’ai eu la chance de visionner le film en 3D, et je ne me rends compte finalement que maintenant que le film que j’ai vu était en 3D. Pourquoi? Parce qu’elle est utilisée dans un équilibre agréable à l’oeil. Je ne me souviens pas avoir senti que mes yeux aient eu du mal à regarder une scène en 3D.

La 3D à su se faire oublier au sens où elle améliore le récit visuel et ne le gène pas. C’est une qualité que j’apprécie particulièrement, mais qui peut ne pas être l’avis de tous.

Un détail m’a quand même troublé. C’est la blancheur extrême des Destroyers de l’empire.

Un ami m’a judicieusement dit :

Ça pour être blanc ils ont l’air tout neuf sortis du hangar à maquette.

Les vacances à la plage?

Cette plage semble en effet très présente dans les trailers. Je vous rassure n’est pas trop présente, je me suis même étonné ne pas voir plus de plans jouant sur la qualité visuelle du décor. Ce décor arrive au bon moment et reste un temps bien maîtrisé.

 

Dark Vador

Que vous l’attendiez ou non, cela reste un des protagonistes clés de la saga. La version Rogue One de ce dernier est de loin celle qui m’a le plus marqué par sa violence et sa force.

Cela commence visuellement. Toutes ses apparitions sont très travaillées, et reflètent très bien le personnage. Sa toute-puissance transparaît aussi dans ses combats, malheureusement j’aurais voulu en voir un peu plus.

 

Le plus sombre des Star Wars?

Qui a dit que Disney faisait des films gentils ? J’ai un grand nombre de caricatures moquant un Star Wars enfantin , lors du rachat de LucasFilm par Disney.

Rogue One prouve tout le contraire, le film à plusieurs niveaux de lecture, mais traite aussi des sacrifices nécessaires à la cause, ici rebelle. Certains plans montrent clairement des soldats quasiment brisés, qui n’ont plus que l’espoir  d’un monde meilleur pour donner un sens à l’atrocité de leurs actes.

Il y a un réalisme humain que je n’avais jamais aussi fortement dans les précédents Star Wars.

De nombreuses scènes, et actions montrent le déséquilibre inhumain des combats et développent un aspect dramatique intense  menant souvent au sacrifice des protagonistes.

Les combats avec Dark Vador sont d’une violence et d’une noirceur saisissante par rapport à ce qui a pu nous être donné à voir dans cette Licence.

 

Mais contrairement à l’épisode 7 le Réveil de la force, les Stormtroopers ne sont pas humanisés, ils agissent dans l’impartialité du commandement militaire.

Verdict

Est-ce le meilleur Star Wars? Non, ce film à quand même des défauts, le démarrage est un peu lent, et beaucoup auraient voulu plus de scènes avec Vador qui à un charisme et une force phénoménale à l’écran.

Mais c’est très clairement un des meilleurs opus actuels de la saga. Impressionnant par sa noirceur et néanmoins sa qualité globale.

Il y a en plus de nombreuses références à la saga que je ne vous ai pas détaillées pour ne pas vous gâcher le plaisir, mais qui sont habilement placées dans le film. Alors foncez le voir vous ne perdrez pas votre temps.

J’espère que les prochains spins off prévus autour de la saga seront aussi bons que celui-ci !

Playstation VR : Premières impressions à la Paris Games Week : MotoRacer 4

Une révolution dans notre manière de jouer ?

Durant la Paris Games Week j’ai eu la chance de tester le jeu Moto Racer 4 sur PS4 avec le casque de réalité virtuelle PS VR. L’occasion était trop belle et je me suis glissé dans la peau d’un pilote de mot- cross afin de me faire une idée sur le jeu ainsi que sur l’immersion proposée et le résultat est convaincant mais en demi-teinte.

La VR et La Playstation VR

La réalité virtuelle semble belle et bien s’implanter dans notre quotidien « gaming » alors autant se montrer curieux.

En tant que joueur PC j’étais plutôt réticent à me laisser embarquer sur un jeu PS4, et puis force est de reconnaître que la PS VR à un argument de taille : le prix.

Quand sur PC il vous faudra débourser à partir de 300 euros pour investir dans une carte graphique compatible Réalité Virtuelle, il vous faudra ajouter un casque VR, commençant à partir de quasiment 700 euros (949 pour l’HTC Vive), la facture s’annonce salée.

 

Alors que la PS VR est vendu 399 euros (auxquels vous devrez ajouter quelques accessoires, comme la caméra VR mais le prix reste en de-ça). Le périphérique de Sony a t-il de réels arguments? Voici mes impressions.

 

Les premières impressions

La prise en main

La première impression est tout à fait positive, le casque s’ajuste parfaitement à ma tête en quelques secondes et tient en place, malgré mes mouvements brusques, seul le câble peut-être gênant, dommage que ce ne soit pas sans fil comme la manette Sony.

Le jeu

Le jeu Moto Racer 4 (ou MR4) développé par par Artefacts Studio et édité par Microïds est un jeu de course moto en arcade assez plaisant à jouer mais dont les graphismes ne révolutionneront pas le genre. La démo sur le stand Microids proposait une course simple contre des IA, le tout se déroulait sur un parcours cross, ponctué de sauts et de quelques raccourcis bien cachés ! Je n’ai fini que 4e faute à un excès de zèle de ma part en tentant un backflip sur le saut final.

 

Le rendu VR

À ma grande surprise, le jeu est parfaitement fluide pour l’œil dans le casque (ce n’est pas le cas sur l’écran TV qui retransmet votre course). La course commence directement et la VR répond immédiatement aux mouvements de tête.

Vous souhaitez regarder derrière vous pour vérifier votre avance, vous pouvez d’un coup de tête, mais gare au torticolis !

La course se transforme alors en un défi intérieur entre le plaisir de balader mon regard dans le paysage du jeu et la course, mais une fois fixé sur on souhait de victoire la VR nous immerge totalement dans la course. Sauts, bosses, virages, concurrent, la VR chamboule la perception du jeu mais s’en sort bien, la camera ne pas nullement désorienté au sol, et était bien maîtrisée pour ne pas donner mal au cœur. Seules les phases de saut sont plus troublantes avec un temps d’adaptation aux phases de saut et figures permises par le jeu, nos repères étant littéralement dans le vide.

Verdict

Pour un premier test, ce fut une bonne claque immersive, et qui me réjouit face aux possibilités offertes par un tel dispositif dans les jeux.

Mais rapidement une question m’est venue à l’esprit. La console n’est faite exclusivement pour des jeux d’arcade, mais à aussi l’énorme avantage vis-à-vis du PC de permettre de jouer tous ensemble entre amis, que devient alors la PS VR dans cette optique? La télévision permet bien de suivre la partie de son ami, mais la console a généralement du mal à rendre les mouvements de caméras fluides à l’écran et offrira de magnifiques ralentissements ( ce qui n’arrive pas avec le casque qui est géré à part ).

Si dans l’ensemble je suis très satisfait de mon expérience, je suis déçu de constater que la Réalité Virtuelle sur console ramène cette dernière au jeu sur Ordinateur isolant le joueur (d’un point de vue physique).

En tout cas si l’offre de jeu suit cette nouvelle technologie, la PS VR changera votre manière de jouer et marquera surement un tournant dans nos habitudes.

Suicide Squad – Têtes brûlées

Suicide Squad – Têtes brûlées (Tome 1)

Adam Glass, Federico Dallocchio et Clayton Henry. 

Sorti chez Urban Comics le 8 avril 2016, et trouvable ici-même pour 15€

Etant plutôt une amoureuse de Marvel à l’origine, j’étais plutôt sceptique devant une bande dessinée DC Comics. Finalement, la lecture de Suicide Squad a été une agréable surprise. 

Cet article est une republication : il est sorti la première fois le 27 avril 2016. Nous vous le repartageons pour la sortie du film Suicide Squad ce 3 août -Maximilange

Synopsis : Des détenus sont exploités par une branche particulière du gouvernement, la Force Spéciale X, pour effectuer des missions secrètes sous le contrôle de Waller. Ces condamnés font partis d’un groupe appelé Suicide Squad. Enfermés et entraînés dans les cellules de Belle Rêve, les membres ont pour objectif d’exécuter les obligations secrètes en vue de retrouver une peine réduite de leurs condamnations, voire même une liberté définitive.

 

Histoire : Je ne connaissais pas du tout l’histoire, ni les personnages avant de lire le livre. Du moins, je ne connaissais pas l’intrigue de base, ni le contexte. Et finalement on se plonge très facilement dans l’histoire, qui est relativement captivante. Je suis vraiment restée sur ma faim une fois le comics fini et d’ailleurs, avec peu de textes et beaucoup de grosses images, l’ouvrage se lit très vite. 

Le déroulement n’est pas qu’une succession de bagarres, et même si les textes ne sont pas d’une nature soutenue, l’humour y est très présent.

 

Personnages : Chaque personnage a son caractère et son attitude bien défini : Deadshot en leader raisonnable, Diablo qui joue avec le feu mais qui aime son prochain, King Shark la brute ou bien encore Harley Quinn, la déjantée folle amoureuse du Joker, pour les personnages principaux.

Dessin : mon petit bémol. J’aurais aimé voir plus clairement les coups de crayon et les petits défauts de chaque personnage. Ici, l’image est trop retouchée, et enlève son charme de comics à mon goût.

 

Verdict : Je conseille volontiers ! C’est une belle découverte pour une personne novice mais également pour aficionados de DC Comics. Vivement le tome 2 et cet été avec la sortie du film 😉

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