Teen Titans : Beast Boy, Kami Garcia & Gabriel Picolo


Teen Titans : Beast Boy de Kami Garcia et Gabriel Picolo, le comics d’Urban Link qui a détrôné Raven (même auteurs, même éditeur) dans mon cœur.

Garfield Logan est en terminal. C’est sa dernière année de lycée, et il est bien loin d’avoir rempli les objectifs qu’il s’était fixé. Les régimes protéinés l’ont à peine remplumé de quelques kilos, sa croissance est au point mort et sa voix n’a toujours pas mué. En bref, Gar complexe. Tous les autres étudiants semblent avoir trouvé leur place, ont l’air de savoir avec précision ce qu’ils aiment, ce qu’ils veulent et surtout ce qu’ils sont mais, à dix-sept ans, Gar est encore bien loin de tout ça. Il est celui que personne ne remarque, et son crush, Alana, ne fait pas exception. Ses amis, Stella et Tank, ont du mal à comprendre ses obsessions et cette volonté tenace de devenir le prochain M. Populaire. Á trop se soucier du regard des autres, ne risque-t-il pas de se perdre en chemin ?

En octobre dernier, je vous avais parlé de Batman Nightwalker et du label Urban Link. Label qui se développe extrêmement vite (et bien ou moins bien, il en faut pour tous les goûts !). Teen Titans : Beast Boy est considéré comme le deuxième tome de la trilogie Teen Titans (le premier étant centré sur le personnage de Raven, le troisième – à paraître – les fera se rencontrer).

« Les autres ne t’accepteront que si tu t’acceptes toi-même. »

J’avais beaucoup aimé Teen Titans : Raven, malgré quelques défauts dans la narration et son découpage. J’attendais donc avec impatience que Teen Titans : Beast Boy soit disponible dans nos librairies ! Je ne m’attendais pas à l’apprécier encore plus. L’agréable surprise est la présence de la cause animale dans le récit, qui ajoute un peu plus de profondeur et de distance (puisque centré sur Gar sinon).

Il faut dire qu’il existe peu de titre centré sur ce personnage ; pourtant, Gar est tellement attachant ! Difficile de ne pas s’identifier à lui, l’ado complexé par son physique « de gringalet », qui ne grandit pas et ne prends pas de muscles malgré ses efforts. On le voit qui cherche désespérément sa place, à se faire accepter par les autres lycéens… On y trouve également beaucoup d’humour, et une bonne dose de sarcasme.

Graphiquement, on retrouve donc le style de Gabriel Picolo. Les illustrations sont magnifiques. Les tons sont majoritairement verts pour la colorisation des planches, pour coller au personnage de Beast Boy.

Ainsi, Teen Titans : Beast Boy est avant tout à propos de Gar avant qu’il ne « devienne » Beast Boy. Le jeune homme découvre peu à peu ses capacités hors-norme. Comme pour les autres titres du label, on assiste à sa transformation, à ses épreuves, jusqu’à ce qu’il arrive à s’accepter pour ce qu’il est. Vivement la suite, Beast Boy Loves Raven !

Pour lire d’autres articles (mangas, comics…) c’est par ici !

Decorum, Jonathan Hickman et Mike Huddleston


Decorum de Jonathan Hickman et Mike Huddleston est un space opera graphiquement incroyable. Le scénario, quant à lui, est également très léché. Édité par Urban, le comics est disponible en librairie depuis le 12 mars dernier.

Decorum se déroule dans un monde futur. L’Église de la Singularité a pris le pouvoir de l’ancien Empire solaire. Pour mater la résistance (l’Union de Persée), L’Église de la Singularité a libéré un virus mortel. Pour survivre, tous les moyens sont bons…

Expérimentations et complexité

Urban offre un format légèrement plus grand que ceux auxquels ont est habitués pour leurs autres publications. Le trait atypique de Mike Huddleston y détone. La mise en page conceptuelle, les changements de style, le travail effectué sur les couleurs (ou l’effet du noir et blanc), le découpage débridé… On pourrait trouver beaucoup de raisons pour mettre en avant la qualité graphique du comics. Certaines parties du récit ne contiennent aucun dialogue, et sont pourtant très expressives ! Preuve s’il en faut de l’expérience, de l’efficacité et du talent – indéniable – de Mike Huddleston.

Côté scénario, on sera exalté ou repoussé par la narration et son procédé, très riche et alambiqué. À la première lecture je l’ai trouvé un peu dense, trop abstrait. L’univers galactique présenté est vraiment ambitieux. Hickman est très fort pour mettre en place un monde complexe ; à côté, ses personnages semblent plutôt archétypaux. Heureusement, leur traitement est intéressant – puissant même lorsqu’il s’agit des deux protagonistes (Neha et Morley) qui nous sont présentés.

En tout cas, côté graphisme, j’ai été conquise. Étrange et franchement ambitieux, j’ai besoin du dernier tome du diptyque pour me faire une idée précise de mon affect sur l’histoire. De part son côté expérimental, Decorum ne plaira pas à tout le monde, mais ce qui est certain… c’est qu’il est graphiquement captivant !

Un extrait est disponible en ligne sur le site de l’éditeur. Vous pouvez lire plus de chronique par ici.

Folklords, Matt Kindt & Smith

Folklords de Matt Kindt & Matt Smith est sorti début février. Présenté comme un savant mélange entre Fables, Le Seigneur des Anneaux ou encore Narnia, ce comics édité par Delcourt** a tout de suite suscité mon intérêt !

Dans un monde de magie et de monstres, Ansel est un outsider hanté par des visions de costumes bien repassés et de technologie moderne. Quand vient le temps pour lui de démarrer sa quête, Ansel brave l’interdit et décide de rechercher des personnages légendaires : les « Folklords ». Il veut aller jusqu’au bout car il espère qu’ils pourront expliquer ses visions…

« Le but des quêtes est de s’accomplir »

Ansel, notre jeune héros, quitte le village pour trouver les maîtres-peuples, ces « folklords » dont personne n’est censé parler… mais il est loin de se douter de ce qui l’attend dans sa quête ! Une découverte de son monde, et de lui-même, l’attends au tournant.

Ce premier tome de Folklords, mélange savamment dans son récit de fantasy médiévale : quêtes, amour, trahisons… trolls et elfes ! Rempli de clins d’yeux aux contes et légendes (qui sont ici plus qu’une simple inspiration), Matt Kindt semble s’amuser en détournant les codes de ces contes et les revisite avec humour.

Matt Kindt, au scénario donc, est accompagné par Matt Smith au dessin. Son trait est agréable, les personnages particulièrement expressifs malgré des dessins qui peuvent paraître simples. La colorisation est gérée de manière efficace par Chris O’Halloran.

Le premier volume de Folklords est intriguant, inventif, plutôt rythmé et plein de rebondissements ! On s’attache doucement au héros et à ses camarades de voyage, dont on sait finalement peu de choses. Le développement des personnages est effectivement un peu limité, avec un scénario un peu trop brouillon et rapide sur la fin. Difficile de savoir où va vraiment le récit avant ce tournant fatidique un peu poussif. Mais le concept est là, prometteur, et ma curiosité est piquée !

Pour lire l’extrait en ligne sur le site des éditions Delcourt, cliquez-moi. Et c’est par ici pour découvrir d’autres de mes chroniques

** Boom! Studios aux États-Unis

Batman Nightwalker, Marie Lu & Chris Wildgoose


Urban Link est un label d’Urban Comics. Ils ont démarré celui-ci juste avant l’été avec le très attendu Teen Titans Raven (de Kami Garcia et Gabriel Piccolo). L’éditeur souhaitait proposer des romans graphiques à « une nouvelle génération » de lecteur·rice·s. Batman Nightwalker est sorti le 24 septembre dernier.

À dix-huit ans, Bruce Wayne est loin d’être un jeune homme comme les autres. Si l’argent n’achète pas tout, il permet au moins à l’orphelin d’assouvir sa soif de justice en combattant le crime de jour comme de nuit, parfois même à son propre détriment. Arrêté et condamné à des travaux d’intérêts généraux alors qu’il tentait d’arrêter les Nightwalkers, Bruce est envoyé au centre pénitencier pour criminels instables : l’asile d’Arkham. Il y fait la connaissance de la troublante Madeleine, qui lui révèle être en contact avec le gang qui terrorise Gotham. Les Nightwalkers ciblent les puissants de la ville, et le nom de Bruce est le suivant sur leur liste…

Romans graphiques engagés

On retrouve nos héros et anti-héros dans leurs jeunes années. Harley Quinn, Catwoman, Black Canary ou encore Supergirl… Il y en avait pour tous les goûts ! Et maintenant, c’est au tour de Batman de rejoindre la collection.
La force des sorties Urban Link vient des thèmes abordés. Questions d’inégalités sociales, de rapport à soi ou à l’autre ; réflexions sur la société, l’écologie… Les romans graphiques regorgent de sujets forts sous couvert de personnages qui se cherchent. Ni enfants, ni tout à fait adultes, les personnages se découvrent au fil des pages.

C’est le cas de Bruce Wayne. 18 ans ans dans Batman Nightwalker, Bruce n’est donc pas encore le Batman que l’on connaît : il a des amis, des idéaux encore bien ancrés… et un petit côté naïf, idéaliste. On connaît bien Batman, on connaît Bruce enfant. Les flashbacks (et scènes du meurtre de ses parents) ne manquent pas dans les comics ou les adaptations. Mais finalement, on connaît très peu son adolescence.

Bruce et Madeleine, sitting on a tree

Madeleine est difficile à cerner. Intelligente et calculatrice, elle semble toujours avoir un coup d’avance sur les autres. J’ai apprécié que Bruce se fasse manipuler (et perde ses moyens comme un amoureux transi), qu’il soit maladroit comme un ado le serait. Bien sûr, Madeleine se révélera plus qu’une simple criminelle – cela donne une certaine profondeur au personnage. Il n’y a pas de grande surprise dans le scénario, mais quelques bons retournements de situation agrémentent la lecture.

J’aime le clin d’œil d’Arkham. Le fait que l’histoire de Nightwalker s’y déroule en grande partie. Bruce s’y retrouve à faire des travaux d’intérêts généraux et tombe amoureux (pour la première fois ?) dans ce lieu si emblématique de Gotham. Lieu auquel il sera lié tout le restant de sa vie, puisqu’il y enverra par la suite ses ennemis.

Une belle découverte

Batman Nightwalker est une adaptation du roman de Marie Lu (publié en 2018 en France chez Bayard). Je n’ai pas eu l’occasion de lire le roman, mais le trait de Chris Wildgoose est vraiment plaisant et je pense qu’il ajoute son petit plus au récit, adapté pour l’occasion. J’aime particulièrement le traitement des couleurs de Stuart Moore, dans les tons bleus/gris avec les touches de jaune pour apporter du contraste.

J’étais très curieuse de découvrir Nightwalker et je ne regrette pas le temps passé sur ma lecture (ou cette chronique). Sans être le meilleur titre sur Batman, Nightwalker est plaisant et a le mérite de nous montrer un autre pan de la personnalité de Bruce.

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