A sign of Affection, Suu Morishita

A sign of Affection de Suu Morishita (un duo d’autrices) est une nouveauté d’Akata. La maison d’édition est réputée pour éditer des titres forts, où l’inclusion et les émotions sont mises en avant. D’abord proposé en numérique, le manga A sign of Affection est sorti au format papier au mois de mai.

Yuki est une étudiante qui, comme beaucoup d’autres, construit son quotidien autour de ses amis, des réseaux sociaux et de ce qu’elle aime. Mais quand un jour, dans le train, elle croise un jeune homme qui voyage à travers le monde, son univers va être chamboulé : ce dernier, bien que trilingue, ne connaît pas la langue des signes. Pourtant, très vite, il manifestera pour elle un intérêt bien particulier… Comment réagira-t-elle face à ce camarade d’université entreprenant et communicatif ?

Perfect World, Eclat(s) d’âme, Le Marie de mon frère, Nos temps contraires (chroniqué ici, d’ailleurs) ne sont que quelques unes des séries proposées par Akata que je vous invite à découvrir !

L’ouverture au monde
« Fais-moi entrer dans ton monde, Yuki. »

Si le scénario part d’un postulat assez simple*, l’intérêt survient de leurs différences. Yuki est sourde de naissance, alors qu’Itsuomi aime voyager et apprendre des langues étrangères.
Dans A sign of Affection, bienveillance et délicatesse sont les mots clés. Il s’en dégage une certaine poésie. Les personnages sont vites attachants. Le manga montre un peu « ce que c’est de vivre avec un handicap » sans tomber dans le pathos.
C’est un sujet encore trop peu abordé. En France, nous avons Comme les autres (Kana) et bien sûr A Silent Voice (Ki-oon), ou encore Hidamari ga kikoeru (BL édité par IDP). Ca m’a aussi rappelé le drama Orange Days (et m’a donné envie de le re-regarder !).

Je trouve le dessin magnifique. Le trait est rond, doux et léger et s’accompagne d’un découpage épuré qui permet une lecture lisible mais entraînante. Le duo ne lésine pas sur les plans rapprochés (mains, visages) pour faire passer les sentiments. Cela sert aussi, bien sûr, à exposer les difficultés de communication que peuvent rencontrer ceux-ci.

Doux dans le trait et dans le fond, A sign of Affection met en avant l’importance de la communication avec une réelle sensibilité. Le seul point négatif, pour moi, est l’esquisse d’un triangle amoureux. Ceci dit, grâce à cette atmosphère bienveillante et douce, je n’ai aucun doute sur le fait que je vais aimer la série. J’ai vraiment hâte de pouvoir lire la suite (parution du 2e tome début juillet !) mais ne vous y trompez pas : A sign of Affection est déjà un coup de cœur.

*La rencontre entre Yuki et Itsuomi, la découverte de leur quotidien, la romance qui s’installe entre eux.
Vous pouvez lire un extrait sur ce lien ; d’autres articles mangas sont disponibles ici. J’attends avec impatience le 2e (et dernier) tome d’Analog Drop pour vous écrire une chronique – vous savez donc qu’elle sera la prochaine chronique Akata !

Nos temps contraires, je ne te laisserai pas mourir, Gin Toriko

Aujourd’hui, je souhaite vous faire découvrir une pépite de science-fiction éditée par Akata (ça fait quelques mois que nous n’avions parlé de mangas Akata sur Error404 !). Nos temps contraires, je ne te laisserai pas mourir de Gin Toriko fait partie de ces nouveautés de fin octobre qu’il ne faut pas rater.

L’humanité, ne pouvant plus vivre sur Terre, s’est réfugiée dans l’espace, cloîtrée dans des « Cocoons ». Arata, Tara, Caesar et Louis sont des enfants précieux : des « néotènes », ces êtres qui, malgré leur apparence prépubère, possèdent la maturité d’adultes. Leurs corps se sont adaptés à la vie dans l’espace et, à ce titre, ils incarnent l’espoir et l’avenir de la race humaine. Quand un jour, ces quatre-là rencontrent une mystérieuse femme aux longs cheveux verts, atteinte de la « maladie de Daphné », leurs destins basculent à jamais…

Si j’ai été attiré par Nos temps contraires, c’est pour plusieurs raisons – bien sûr pour les thèmes abordés (une société où toutes les interactions sont codifiées mais où le genre n’a pas l’air d’avoir de l’importance, le rapport à l’autre…). Aussi, le fait qu’il s’agisse d’une série courte (8 tomes). Une autre des raisons qui m’ont poussé à m’intéresser au manga de Gin Torik : la science-fiction, tout simplement. Un genre trop mal-aimé ici. Finalement, la lecture de l’extrait m’a convaincu !

Un manga à part

Le shôjo de science-fiction est assez rare dans le paysage manga pour attirer à lui seul toute mon attention. Dans Nos temps contraires, les relations humaines sont au centre du récit, avec des personnages complexes et variés. Les néotènes sont des êtres qui ne grandissent et ne vieillissent pas comme les humains. Même s’ils vivent dans des cocons différents (Japon, Amérique, France et Inde), ils se réunissent régulièrement. Leurs interactions sont possibles parce qu’ils ont été liés les uns aux autres par un contrat durant leur enfance. La population des cocons semble extrêmement mélancolique de leur vie sur Terre, et nostalgique des époques passées (les tenues de Tara et de Louis, le masque d’Arata, la simulation de l’été 1975 qu’ils passent ensemble au début du récit…).

J’ai beaucoup aimé cette diversité, et j’espère qu’elle sera développée par la suite également. Ce premier volume promet une aventure intelligente, et j’ai hâte d’en apprendre plus. Les chapitres sont fluides et le côté futuriste crédible. L’univers est expliqué au fur et à mesure de la lecture, sans aucune lourdeur. Les relations entre nos quatre héros est d’emblée ficelée de manière efficace et attendrissante. La rencontre avec Gion ne laissera personne indifférent ; elle chamboulera nos héros et fera terriblement avancer l’intrigue. Je suis curieuse de voir si la maladie prendra une place encore plus importante dans la suite de l’histoire. Nos temps contraires, je ne te laisserai pas mourir est à découvrir de toute urgences !

© 2017 Gin Toriko (AKITASHOTEN)  

[Akata WTF?!] Samurai Comeback, Tome 1


Cette histoire prend place dans un pays lointain, perdu aux confins de l’Orient, lieu où le soleil se lève sur le monde. Nous sommes au Japon en l’an 1 de l’ère Genji, le shogunat Tukogawa, qui règne en maître sur l’île depuis plus de 250 ans connus sous le nom d’époque Edo, est actuellement en plein règne de son 14e Shogun : Tokugawa Iemochi. Le monde ne le sait pas encore, mais le régime du shogunat en place depuis le XIIe siècle est sur le point de s’effondrer pour laisser place à l’Empire du Soleil Levant, changeant radicalement le visage de ce pays aux valeurs traditionnalistes et renfermé sur lui-même. C’est dans ce contexte tourmenté que débute l’intrigue de Samouraï Comeback.

Ce manga, paru il y a presque 20 ans au Japon et arrivant seulement aujourd’hui en France, débute donc en l’an 1 de l’ère Genji (correspondant grossièrement à l’année 1864 du calendrier grégorien) pendant la fête de Gion alors que quatre samouraïs isolés s’apprêtent à déjouer une tentative d’attentat visant à incendier Kyôto fomentée par une vingtaine d’hommes originaires du fief de Chôshû. Le but de cet attentat est de détruire partiellement la ville (mais surtout de créer une gigantesque diversion) et permettre à l’empereur de s’échapper jusqu’au fief de Chôshû d’où il pourra fonder un nouveau régime qui mettrait fin à 700 ans de domination shogunale. Cet épisode est un évènement historique réel appelé Affaire Ikedaya, mais nous y reviendrons.

Au même moment en 2001 (?) un groupe de terroristes cherche lui aussi à incendier Kyôto et à renverser le régime en place afin de restaurer l’ordre et anéantir la décadence qui s’est emparée du pays au nom du Tout-Puissant (tout un programme). Après une lutte acharnée des deux côtés les samouraïs parviennent à massacrer leurs opposants et les terroristes prennent le contrôle d’une station de télévision. Mais, alors que tout semble aller pour le mieux à l’ère Genji, les samouraïs se retrouvent malencontreusement frappés par la foudre et transportés dans le Kyôto de 2001. Comment ça marche ? Aucune idée, mais ce n’est que le début du tome 1 mes lurons, gardons notre calme.

Pas décontenancés pour un sou, nos samouraïs échangent une bande de comploteurs incendiaires voulant changer la face du Japon de manière violente au nom d’une entité religieuse contre une bande de terroristes incendiaires voulant changer la face du Japon de manière violente au nom d’une entité religieuse. Le choc initial passe donc bien vite et les quatre compères s’en vont au combat, et triomphent. A partir de là l’intrigue est lancée et le manga se présente comme une course-poursuite entre les samouraïs coupable de meurtres légitimés par une autorité disparue depuis 150 ans et la police de Kyôto.

Le gimmick de l’étranger perdu dans un pays ou une époque lointain.e n’est pas neuf. Mais résumer Samouraï Comeback à cela serait un peu réducteur. Ce premier volume balaie d’un revers de la main toutes les situations vues et revues de ce type d’histoire par une prouesse scénaristique inattendue : les héros sont idiots. Car oui, si la description que j’ai fait d’eux les montre comme de fiers guerriers nobles prêts à tout pour leur shogun, en réalité on a plus l’impression de se retrouver face à une bande d’ados un peu attardés en armure avec des manières grandiloquentes et un code d’honneur strict. Et c’est ce qui fait toute la saveur de ce manga, la réaction des protagonistes est extrêmement sereine, les samouraïs se prennent grave au sérieux mais ne sont juste pas dans le bon environnement (ce qu’ils n’ont même pas l’air de réaliser), créant des situations absurdes pouvant devenir hilarantes.

Le dessin est par ailleurs assez original et très inspiré de l’art traditionnel japonais, notamment dans le design des personnages ne ressemblant pas vraiment à ce qu’on a l’habitude de voir dans du manga. Les scènes de combat et le mouvement de manière gérérale sont très dynamiques et efficaces, un sans faut à ce niveau-là.

Difficile de se faire une idée précise de l’œuvre avec seulement un volume sur les cinq japonais mais le style semble presque parodique, une affaire de voyageurs du temps bloqués dans le futur mais où rien ne semble grave, laissant place à l’humour situationnel créé par le décalage entre l’époque moderne et ces guerriers au code d’honneur strict appartenant à une caste supérieure.

Le seul bémol qu’on pourrait relever serait l’aspect culturel, le lecteur occidental étant un peu perdu face à l’anecdote historique qui nous est présentée et aux multiples noms qui la suivent. Mais même cela ne reste pas longtemps un problème puisque l’auteur a pris soin de laisser quelques pages à la fin du volume pour nous renseigner sur l’Affaire Ikedaya et le Shinsen-Gumi. On découvre donc l’anecdote de l’intérieur avant de se la faire expliquer en détail une fois la lecture terminée.

Intrigante curiosité de la collection WTF?! d’Akata, Samouraï Comeback est un manga d’apparence assez légère, laissant une belle part à l’humour là où le drame semblerait plus de rigueur. La barrière culturelle peut être un frein et c’est probablement à cause d’elle que l’œuvre n’avait jamais été importée en France malgré ses 19 ans d’âge, mais les quelques rappels historiques de l’auteur et un peu de bonne volonté suffisent à outrepasser cet aspect. Malgré cela il reste difficile d’établir un jugement précis après la lecture d’un seul tome, et on attend donc avec impatience la sortie des quatre autres en version française afin d’avoir le fin mot de cette histoire, prochain rendez-vous le 28 mai pour la sortie du tome 2 !

Crédits illustrations : SHIPPU JINRAI © 2001 Tsuru MORIYAMA / SHOGAKUKAN

[Akata WTF?!] Mitochon Armageddon : le Japon et l’Absurde


Nous avons tout perdu… Cette crise a frappé bien plus durement que tout ce que nous pouvions imaginer. Au début personne n’y croyait, tout le monde pensait que la vie allait continuer normalement. Personne ne voulait penser au confinement, ce n’était pas possible, les concerts continueraient d’avoir lieu, les bars resteraient ouverts et les familles iraient toujours pique-niquer dans les parcs. Même dans les dernières heures les gens continuaient de sortir, de boire, de faire la fête. Les idiots… Aujourd’hui il n’est plus une seule famille dans tout le pays qui n’ait perdu au moins un de ses membres. Les plus fragiles furent emportés les premiers, mais bien vite il n’y eut plus de discrimination. Les rares survivants vivent désormais cloîtrés chez eux, dans la peur du moindre contact, parfois sans eau, sans aucun moyen de contacter l’extérieur, et bien trop terrifiés pour tenter la moindre sortie. Depuis des semaines des familles entières attendent dans la peur de l’inévitable et… et…

Ah.

Un instant.

Oui on m’annonce qu’en fait ce n’est pas le bon confinement. Oui ça c’est l’édition « pays en guerre », nous on est sur la version où les gens peuvent sortir de chez eux s’ils s’y autorisent eux-mêmes et sont confinés avec une connexion internet et toute la nourriture dont ils ont besoin parce qu’ils peuvent aller normalement faire leurs courses. Ah bah ça va en fait du coup.

Mais alors que nous traversons ce moment historique et que tout ce qui nous vient à l’esprit c’est que quand même, on se fait chier, l’occasion est parfaite pour enrichir sa culture de manière intensive. Et c’est ainsi qu’un petit groupe de rédacteurs d’Error 404 s’est retrouvé plongé dans la magie plutôt atypique de la bien nommée collection WTF?! des éditions Akata. Et nous vous proposons aujourd’hui le premier article d’une petite série consacrée à cette collection, avec pour débuter en beauté l’œuvre absurde et bizarroïde qu’est Mitochon Armageddon.

 

Le premier tome s’ouvre sur un message d’insulte. Le mangaka explique, en bref, que ses fans ne sont qu’une bande d’abrutis illettrés, tellement qu’il a dû réorthographier son pseudonyme pour que les gens puissent le lire (une sombre affaire de caractères chinois… incompréhensible pour l’occidental profane que je suis). Ce message complètement boomisant sur un ton passif-agressif et intitulé Mea Culpa n’est fort heureusement, pas représentatif du reste de l’œuvre (quoique).

A ce petit préambule succède une introduction à l’univers et à l’histoire du royaume de Mito. Tout commence le 10 Juillet de l’an 310 du calendrier Mito alors qu’une invasion extraterrestre menée par le puissant Agornoa s’en vient ravager le royaume dans des scènes nous ramenant aux heures les plus sombres de Berserk (vous voyez parfaitement de quelles heures je veux parler) mais dans une version low cost. Oui car autant le dire maintenant : le dessin n’est pas le point fort de Gatarô○Man, ou du moins sa patte est minimaliste et très marquée.

Mais fort heureusement ce cataclysme planétaire se retrouve tué dans l’œuf par l’intervention de neufs héros valeureux et fiers, jusqu’ici rien de bien méchant, on connait l’histoire. Mais dès le premier chapitre (qui est une mise en abîme de l’auteur cherchant à vendre le manuscrit du manga que vous tenez entre les mains, mais dans la diégèse de ce même manga) tout part en couille, et je pèse mes mots.

Car c’est bien là le mot d’ordre de Mitochon Armageddon : c’est N’IMPORTE QUOI. Là où l’introduction laisse penser que l’on va avoir droit à un genre de light fantasy à la cool, assez légère, le chapitre un nous montre vite que l’on a affaire à bien plus que ça. Tout le manga est un enchaînement de situations cohérentes brisées par un moment d’absurdité complète qui redistribue complètement les cartes. Votre cerveau a à peine le temps de se rebooter en se demandant bien ce qu’il vient de voir que la chute suivante vient l’assommer à nouveau. Toutes les quatre ou cinq pages le lecteur pense avoir compris la logique de ce qu’il lit, et à ce moment précis Gatarô○Man démontre sa maîtrise inouïe de l’absurde en une simple case et laisse le lecteur hilare se demander si, finalement, ce n’est pas lui-même qui est fou.

Parmi ces retournements on retrouve aussi quelques running gags dont chaque itération est complètement hors-sujet en apparence mais tombe toujours à pic, ainsi que quelques personnages directement inspirés de la vie réelle (et de la maison d’édition de l’auteur) mis dans des situations improbables, ou encore des références méta posées sans aucune délicatesse un peu n’importe où.

Le seul moment où l’humour pèche est sur certains situationnels un peu lourdingue (voire carrément malsains) tournant globalement autour du champ lexical de la poitrine dont on se serait bien passé, Gatarô○Man laissant transparaître qu’il n’est pas qu’un boomer aigri mais aussi parfois un boomer tout bonnement dégueulasse. Mais cela ne représente qu’une minuscule partie de la fresque épico-absurde que nous offre Mitochon Armageddon.

 

Ce manga pour qui l’épithète « méconnu » serait encore un euphémisme est un véritable chef-d’œuvre d’humour absurde. Le lecteur a à peine le temps de se remettre d’un gag que le suivant vient le remettre à terre sans vergogne, en continu. A chaque nouvelle chute Gatarô○Man nous prend totalement à contrepied, livrant un scénario totalement absurde et décousu mais en permanence hilarant.

Les trois tomes parus pour l’instant chez Akata se dévorent en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et on attend avec impatience la suite. En attendant n’hésitez pas à vous les procurer en ces temps d’isolement, en physique ou en e-book, Mitochon Armageddon est un ovni d’une qualité exceptionnelle sous ses dehors brouillons. Et pour les plus sceptiques d’entre vous, akata vous offre le premier chapitre, c’est pas beau ça ?

Quant à moi je vous dis à très bientôt pour un nouvel article sur cette prometteuse collection au doux nom de WTF?! (on dirait de la poésie, je vous jure), et en attendant restez chez vous, lisez des mangas, lavez-vous bien les mains et n’oubliez pas que le PQ N’EST PAS en pénurie !

Crédits illustrations : MITOKON PERESTROIKA © GATARO O MAN 2014 / Shinchosha

 

Made In Heaven


Imaginez un monde où les mangas seraient fait par des moines. Où le fan-service n’existerait pas et où les filles ne seraient pas sexualisés. Dans Made In Heaven, au moins l’un de ses deux points est vrai. Aujourd’hui on va parler d’un manga, et d’un genre dont on a peu l’habitude ici. C’est Bruno de chez Akata himself qui m’avait donné envie de lire ce manga. Je tenais un stand pour l’entreprise dans laquelle je travaille qui était juste à côté de celui d’Akata. Après avoir passé une journée à raconter le speech de mes jeux vidéo, et entendre le speech de ses mangas, cela m’a forcément interpellé !

Résumé :

Atsurô Nogi était un moine bouddhiste. Comme tous les moines, celui-ci était vierge. Jusque là, logique pour un moine. Un beau jour et lors d’une réincarnation divine, le voilà devenu mangaka. Malgré le fait qu’il soit toujours puceau, Nogi affirme pouvoir dessiner n’importe quelle scène de sexe dans son manga ! Même s’il est débutant, il se retrouve à travailler pour le prestigieux Weekly Shônen Gump (qui s’inspire évidemment du plus célèbre magazine japonais, le Jump !) C’est alors que Kanade, jeune femme aux seins démesurément grands, devient son assistante. Par soucis de réalisme, le mangaka réalise que la réalité est différente de ce qu’il avait imaginé, et une romance entre les  personnages va s’installer… Mais, pour le travail, uniquement ! Nogi va donc chercher à obtenir le consentement de Kanade afin de pouvoir la tripoter… pour les besoins du manga !

Avis : 

Ako Shimaki, la mangaka de l’oeuvre (et oui, c’est une femme qui est à l’origine de ce manga, comme quoi !) n’a pas lésiné sur les moyens et l’humour. Les situations sexy mènent évidemment à des quiproquo lorsque le meilleur ami de Nogi, moine et gay amoureux de ce dernier, débarque en pleine séance de travaux pratiques pour un de-seins.

Ce premier tome place le contexte, il nous montre rapidement le passé de Nogi et ses nouvelles marques au sein de son travail pour le Shônen Gump, et sa nouvelle aventure manga. Kanade tombe bien évidemment dans le cliché de la fille faite pour le fan-service avec des cases dessinées pour la mettre dans des positions laxistes à tout bout de champ. Il y en a tellement et dans des situations improbables que cela en devient vite drôle. Par ailleurs, Kanade a beau être le stéréotype vivant de la blonde à forte poitrine, elle est loin d’être idiote et est au contraire très (trop?) dévouée pour son sensei. La chute de la fin de ce premier tome pourrait être une réelle fin absurde, mais elle amène aussi tout une ouverture vers une potentielle suite. Il semblerait que ce manga aura bien sa suite de publiée prochainement chez Akata, alors nous aurons tout le loisir de voir le dénouement de cette situation finale rocambolesque prochainement !

Ce manga est qualifié de shojo et a été publié chez Shôgakukan au Japon, maison d’édition de shojo. Il a été pris avec beaucoup d’auto-dérision, et on le comprend en le lisant !

On en attendait pas moins des éditions Akata et de leur collection WTF?, une collection caractérisée par les mangas absurdes aux scénarios insensés ! D’ailleurs, on a déjà hâte de lire Les Contes Graveleux de Mon Papy, nouvelle licence de la collection WTF?, prévu pour le 13 décembre 2018 !

En tout cas, on peut recommander Made In Heaven aux curieux et amateurs de WTF. En revanche pour les petits pervers, passez votre chemin car toutes les scènes restent implicites et les passages à ne pas montrer sont bien camouflés/floutés !

 

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