A l’occasion de leur journée promo sur Paris, nous avons eu l’occasion de rencontrer le groupe SWARM, pour nous parler de leur dernier opus, Anathema, au cours d’une interview sympathique.

En fin d’interview, un petit concours pour remporter l’album du groupe !



Aurélie :
Bonjour !  Alors, comment ça va ?

Antoine : Bah écoute, ça va !

Aurélie : Parfait. Nous sommes donc ici aujourd’hui pour parler de votre dernier album, qui s’appelle Anathema, qui est sorti le 30 septembre dernier. Pouvez-nous nous faire une présentation générale de l’album ?

Antoine : C’est notre deuxième album (le premier étant sorti en 2017). On a déjà sorti un clip, sur le morceau Frontiers, un second va sortir dans les semaines qui viennent.

Aurélie : Anathema signifie, entre autres, « malédiction », il y a-t-il une malédiction à votre album ?

Antoine : Entre autres oui, car Anathema signifie plein de choses. Ça peut vouloir dire malédiction oui, mais aussi offrande, sacrifice… En fait, c’est un concept album autour de la contradiction, et autour du double sens, que ce soit au niveau des paroles, ou même au niveau de la pochette… Il y a une pochette « lumière », l’homme est au dessus de la femme. Et si l’on retourne, il y a une deuxième pochette, qui est son contraire. Anathema était un mot intéressant pour ça, et que nous sommes partis sur ce concept de double-sens et de contradiction. Le morceau « Frontiers » le montre bien, d’ailleurs : c’est un peu les frontières entre les gens, celles que l’on se met, même musicalement parlant, d’où notre clip au passage, puisqu’on fait un morceau de metal, mais habillés à la Beasty Boys, rap 90’s, old school. L’idée était un peu de casser les barrières, et d’insister sur les contradictions. Donc s’il y a une « malédiction », elle est dans cette contradiction.

Aurélie : D’où ce sentiment d’être vraiment bousculés et chahutés musicalement tout au long de l’opus…

Antoine : Oui, voilà, c’est un peu cette idée-là ! C’était une idée qui était voulue depuis longtemps, histoire d’apporter de la variété. Mais c’est vrai que musicalement parlant, il y a plein de choses différentes, pour cette raison-là, oui.

Aurélie : Dans cette contradiction, tu viens de dire qu’il y avait l’artwork. Est-ce que tu peux nous parler de ces choix visuels, au-delà de la contradiction entre les deux pochettes ? Pourquoi cette idée des chaines, de domination d’une personne par rapport à l’autre, dans un monde qui semble s’écrouler ?

Antoine : C’est un travail qui a été fait par le chromatorium, c’est une boite de Brest qui a bossé avec plusieurs groupes comme Heart Attack, The Butcher’s Rodeo, Aqme, et pas mal de groupes français. Et du coup, le concept principal, vient d’une idée de Rémy, notre chanteur, qui a fait une esquisse et nous a présenté ça directement. L’idée c’est d’interpréter ça chacun à sa manière. D’un côté, on a l’homme qui enchaîne une femme, de l’autre côté on a l’inverse, c’est la contradiction dont je t’ai parlé, mais l’idée c’est vraiment de l’interpréter comme on veut, mais il faut bien voir les deux côtés. Certains nous ont demandé si c’était misogyne, donc il a fallu montrer l’autre face, mais qui n’est pas non plus forcément du féminisme… mais c’est libre à interprétation. Et par rapport à cette ville en feu derrière, on peut y voir l’écologie. Il y a vraiment cette idée de rassembler tout le concept de l’album sur ces deux pochettes.

Aurélie : Donc ils sont vraiment complémentaires, plutôt qu’interchangeables ou chronologiques ?

Antoine : Oui, c’est ça, c’est un genre de Yin et Yang, sans début ni fin. Ce sont les deux faces d’une même pièce.

Pochette « obscure » d’Anathema

Aurélie : Tu viens de parler de l’aspect écologique. Selon toi, la musique a-t-elle pour vocation d’être politique et engagée ? Et comment vois-tu la votre, dans tout ça, puisque vous parlez pas mal de la société ?

Antoine : Je ne pense pas qu’on puisse parler d’engagement, dans le sens d’un engagement très précis pour une cause ou une autre en particulier, enfin pas dans le sens militant. On a effectivement tendance à avoir des thèmes de société. C’est un engagement généraliste, plutôt que de dire explicitement « je suis pour telle chose ou pour telle chose », mais oui, nos textes ont tendance à être axés sur la société, et forcément l’écologie qui nous concerne, là dedans.

Aurélie : Et mis à part l’écologie, les frontières que l’on se met, et la contradiction, du coup, quels autres thèmes sont présents sur cet album ? Par le passé, vous avez pas mal travaillé sur les maux de l’être humain, sur le mal qu’il peut faire… Quels sont les sujets traités sur Anathema ?

Antoine : Il y a pas mal de thèmes, mais l’idée était que les morceaux soient ouverts à réflexion. Le but était justement, dans les paroles, que ce ne soit pas évident, qu’elles soient interprétables de différentes manières. Il y a des textes qui peuvent se mettre ensemble, s’associer. Mais par exemple, sur l’artwork, les textes ne sont pas dans le même ordre que celui dans lequel ils sont chantés, car ça raconte une histoire. Par exemple, Life On Hold, va plutôt parler de notre société, où l’on va avoir tendance à être tous rivés sur nos écrans, et enfermés dans nos bulles, alors qu’on est supposés être ouverts, mondialisés. Après, Death By Silence va parler plutôt d’écologie, ainsi que The Deed Is Done, si je ne dis pas de bêtises (rires). Mais oui, l’idée était qu’il y ait plein de thèmes différents, que l’on puisse attacher chaque texte à un autre, et qu’ils aient une part d’interprétation personnelle. On peut résumer en disant qu’on parle simplement de la société au sens large.

Aurélie : Nous parlions tout à l’heure des différentes significations du mot Anathema, dont celle du sacrifice. Avez-vous dû faire des sacrifices pour cet album ?

Antoine: Oui, on a dû en faire. Pas que pour cet album, d’ailleurs ! Ce groupe, comme beaucoup d’autres groupes bien sûr, c’est un investissement financier, émotionnel, mais aussi au niveau du temps, qui est énorme. On s’auto-finance totalement, on ne fait évidemment par tout nous même puisqu’il y a l’artwork, et la production, mais c’est vraiment quelque chose qui demande beaucoup de sacrifices. Même au niveau financier, il faut payer pour partir en tournée, pour le van, tout ça… Donc oui, il y a une notion de sacrifice là dedans.

Aurélie : Votre album précédent vous avait posé quelques soucis, et avait été éprouvant à faire. Celui-ci était-il plus paisible ?

Antoine : Oui, celui-ci s’est mieux passé ! Pour l’autre album, ce qui s’est passé, c’est qu’on a eu beaucoup de soucis avec la personne chez qui on a enregistré, ça a mis énormément de temps. Je crois qu’on a mis plus d’un an, un an et demi, entre la première note de guitare enregistrée et la sortie de l’album. Donc on s’est retrouvés, quand il a fallu l’amener au mixage, avec un album duquel il manquait des parties : des parties étaient corrompues. On a vraiment fait comme on a pu… Sebastien Camhi, du studio Art Music nous a vraiment sauvé l’album en récupérant le projet. Il l’a mixé, il a réussi à faire un bon premier album malgré tout ça. Et du coup, avec cet album là, on a enregistré directement chez Sebastien Camhi, on a refait le mix chez lui également, et le mastering chez son partenaire, donc ça a été beaucoup plus simple. On a eu un changement de line-up entre deux, on a changé de second guitariste mais il n’y a pas eu de soucis, ça a d’ailleurs été plus simple à composer.

Aurélie : En parlant de « plus simple à composer », qu’est-ce qui déclenche votre écriture ? Comment se passe votre processus d’écriture ?

Antoine : On va dire que l’exemple type de la composition d’un morceau, en général, part d’un riff. Que ce soit moi, ou un autre membre du groupe, on va partir d’un riff pour commencer à poser les bases du morceau. Une fois que le morceau est fini de composer, qu’il aura une structure correcte, Rémy notre chanteur intervient. Il va écouter le morceau, et essayer d’en tirer l’émotion, voir ce que ça lui inspire, et il va adapter ses paroles par rapport à ça. Il a déjà des thèmes en tête, par exemple il avait déjà le concept album en tête avant qu’on le compose, donc ensuite il adapte ses texte et l’emplacement des textes selon les morceaux.

Aurélie : En parlant des textes, pourquoi sont-ils tantôt en anglais, tantôt en français, comme sur Five ou The Deed is Done ?

Antoine : A la base, tout était supposé être en anglais. Rémy écrit en français les textes, et ensuite on les traduit ensemble en anglais. Du coup, on part toujours d’une base en français, mais notre but est d’écrire en anglais, parce que c’est plus facilement intelligible pour tout le monde en dehors de la France. Mais ce qui s’est passé, c’est qu’il avait des textes qui sonnaient tout simplement mieux en français. Par exemple, à la fin de Five, c’est plus un poème qu’un texte vraiment chanté, c’est un peu plus slammé que chanté ou screamé, et en anglais ça ne sonnait pas donc on a décidé de le garder en français. C’est la même chose pour The Deed is Done, à la fin du morceau, on s’est dit que c’était plus percusif en français. On a trouvé que c’était une fin de morceau un peu à la Mass Hysteria on va dire, un peu hardcore, péchu, donc ça se mariait bien avec cette fin de morceau.

Aurélie : Tu viens de parler de Mass Hysteria. En parlant de groupes, dans vos morceaux on ressent le fantôme de groupes tels que Pantera, Machine Head, Lamb of God, Slayer… Est-ce que ce sont des inspirations directes ?

Antoine : Oui, oui, totalement ! En fait, on va dire que la base du groupe, l’idée générale qu’on avait il y a quelques années, c’était de faire un groupe de groove metal. Mon idée était celle-ci depuis de début, parce que c’est un style que peu de groupes font, au final. Ce sont soit des gros groupes très connus, donc Pantera, Machine Head, Lamb of God, tout ça, soit ça n’existe pas du tout. Il n’y a que quelques très petits groupes qui en font un peu, et au final ce n’est pas une musique très explorée. Donc l’idée est donc de partir là-dessus, parce que ça nous plait tout simplement, c’est la feuille blanche sur laquelle on va partir, et ensuite on développe notre musique dessus. C’est notre inspiration de base, et après on va rajouter d’autres inspirations. Par exemple, l’instrumental tire plutôt du côté progressif, mais sur des morceaux tels que Deaf Blind Silent, ça va être plutôt hardcore, on a aussi une power-ballade, ce qui n’est pas forcément le truc évident en 2020 quoi, donc on essaie de varier à partir de cette base groove-metal, en passant par du trash, hardcore, selon nos inspirations et ce qui marche le mieux, quoi.

Aurélie : Avec une identité musicale aussi variée, il n’est pas évident de vous décrire… Admettons que tu doives choisir une seule chanson pour vous définir, pour faire découvrir le groupe à quelqu’un qui ne vous connaît pas du tout, ce serait laquelle ?

Antoine : Je dirais Life on Hold ! Frontiers marche bien aussi, mais Life on Hold est un bon résumé, il a pas mal de dynamique, il y a un pont en clean, un riff principal que j’aime beaucoup, donc je pense que c’est un morceau qui marcherait bien pour faire découvrir le groupe.

Aurélie : Et à titre personnel, quelle est ta préférée ?

Antoine : Celui-là ! (rires) Après, c’est pour cet album-là, mais sur le premier, ce serait plutôt Rest of My Dust.

Aurélie : Si tu devais décrire ton groupe en un seul mot, ce serait lequel ?

Antoine : Je n’ai pas le droit au mot « porte-manteau », je suppose ? (rires)

Aurélie : Pourquoi « porte-manteau » ?

Antoine : Pour le côté « assimiler plusieurs choses ». Mais justement, c’est intéressant d’essayer de réduire le plus possible ! Je dirais « efficace », parce que notre but est avant tout d’être efficaces ! Que ce soit en faisant passer un message, ou au niveau de notre musique livre : comme un groupe de metal, quoi ! (rires)

Aurélie : En parlant de musique live, vous avez déjà fait des tournées avec du beau monde ! Mais avec qui rêverais-tu de partager l’affiche ?

Antoine : En groupe vivant, si je pouvais, je dirais Lamb of God car c’est personnellement mon groupe préféré. Machine Head aussi, ce serait génial.

Aurélie : À ce sujet, parlons un peu de tes goûts musicaux : quel est le dernier titre que tu as ajouté à ta playlist ?

Antoine : C’est une bonne question ! (rires) Le dernier titre ajouté à ma playlist ? Ça veut dire un titre que j’ai écouté récemment… Je dirais… Oh, c’est trop dur, je ne sais plus ! Je pense que c’est Behold the Crown, de After The Burial, il me semble que c’est le dernier que j’ai ajouté.

Aurélie : Chez Error 404, nous ne parlons pas que de musique, mais aussi de films, donc dis-moi, quel est ton film préféré, et pourquoi ?

Antoine : Je ne vais pas être très original, malheureusement, mais je dirais Pulp Fiction ! C’est un film qui a marqué mon enfance et celle de tellement de gens… Enfin, mon adolescence plutôt ! Il y a un côté percutant, efficace, et tellement mémorable dans ce film, que ce serait peut-être bien mon film préféré, oui.

Aurélie : Et si ton groupe devait être un film ?

Antoine : Oh, c’est trop dur ! Il me faut quelques secondes pour réfléchir ! (rires) Lord of War, pourquoi pas ! Pareil, parce qu’il a un côté efficace et percutant, mais il y a quand même quelque chose derrière d’un peu plus profond, et ça me paraît être pas mal !

Aurélie : Pour terminer sur une note un peu plus sérieuse, avez-vous eu des ambitions nouvelles, à la suite de la sortie d’Anathema ? Quels sont vos objectifs pour la suite ? Et qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?

Antoine : Disons que l’idée est avant tout de développer le groupe. On avait déjà fait deux tournées sur le premier album, donc le but est de faire découvrir un peu plus notre musique à tout le monde. Donc nous aimerions faire des petits festivals, de tourner un peu ailleurs. Le but à moyen terme est de développer notre groupe, de jouer le plus possible. Là, nous sortons d’une tournée française fin octobre-début novembre, et allons ré-attaquer avec une date à Lyon le 1er février, une autre date en mars à Nice, suivi d’une nouvelle tournée en mai si tout va bien, ainsi qu’une petite date de festival dans le Var en juillet… Donc oui, on peut nous souhaiter plein de succès sur les scènes ! Le mieux ce serait qu’on puisse jouer sur de beaux festivals, de belles premières parties… C’est notre objectif en tous cas !

Aurélie : C’est tout ce qu’on vous souhaite alors !

Antoine : Merci beaucoup !

Merci au groupe pour sa disponibilité !

On vous fait gagner des lots SWARM pour vous remercier !

1er lot : Les deux derniers albums de SWARM et un t-shirt L du groupe !

2ème lot : Le dernier album Anathema de SWARM.

Retrouvez Anathema sur Spotify, Bandcamp, Deezer, et n’oubliez pas de suivre le groupe sur Facebook.

 

 

 

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