Disponible depuis le 20 mars 2020 sur la célèbre plateforme de streaming Netflix, Self Made: Inspired by the Life of Madam C.J.Walker retrace l’histoire de l’une des pionnières de la cosmétique capillaire afro-américaine, Madam C.J. Walker.

 

Contexte social et économique de la série

Quelques années avant la période historique de la série, la Guerre de Sécession, qui a mené à l’Émancipation des Noirs le 1er janvier 1863, opposait les Yankee et les Confédérés. Durant cette sombre période de l’histoire américaine, le pays est divisé en deux camps : les États-Unis d’Amérique, également appelés l’Union, et les États Confédérés d’Amérique, également appelés la Confédération.

C’est donc dans un contexte social et économique particulièrement tendu que se situe la série. En effet, bien que l’esclavage ait été aboli, les esprits étaient marqués par des siècles d’esclavage durant lesquels le peuple afro-américain n’avait strictement aucun droit et était traité comme du vulgaire bétail.

C’est à cette époque que Madam C.J. Walker a décidé de prendre sa vie en main.

Mais qui est Madam C.J. Walker ?

Madam C.J. Walker est née sous le nom de Sarah Breedlove le 23 décembre 1867 à Delta, un village situé en Louisiane. Ses parents sont d’anciens esclaves et elle est la première enfant de la famille née après la proclamation d’émancipation. Alors qu’elle perd ses parents durant son enfance, Sarah doit vivre avec sa sœur aînée, Louvenia, dans le Mississippi.

A 14 ans, elle épousera un ouvrier qui décédera en 1887 dont elle aura une fille née en 1885. Alors qu’elle n’a pas eu une éducation solide, Sarah se voit dans l’obligation de subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille, Lelia. Elle décide donc de remonter le Mississippi et de s’établir à Saint-Louis, dans le Missouri, où vivent déjà ses trois frères et où elle sera blanchisseuse et décidera de suivre des cours du soir.

Durant cette période, Sarah ne gagnera pas plus de 1$ par jour et aura comme objectif de gagner suffisamment d’argent afin d’offrir une bonne éducation à sa fille.

Le métier de blanchisseuse provoquera de nombreux problèmes capillaires à Sarah comme par exemple la calvitie ou différents troubles cutanés dus à l’agressivité des produits utilisés pour la lessive mais également pour les shampoings. Ces problèmes étaient accentués par une mauvaise alimentation, de mauvaises conditions hygiéniques, etc.

Comme dit plus haut, Sarah avait rejoint ses trois frères. Ces derniers exerçaient à l’époque le métier de barbier et c’est d’eux qu’elle apprit les soins capillaires.

C’est après avoir été pris sous l’aile d’Annie Malone, une autre pionnière afro-américaine en cosmétique, que Sarah décide de développer ses connaissances et de lancer sa propre ligne de cosmétiques. Elle lancera ainsi son entreprise, la Madam C.J. Walker Manufacturing Company.

Madam C.J. Walker Manufacturing Company
Madam C.J. Walker Manufacturing Company

 

La série Netflix rend-elle hommage à Sarah Lovebreed, alias Madam C.J. Walker ?

Déclinée sous un format court (4 épisodes de 50 minutes), la série reprend l’histoire de Sarah Lovebreed à partir de sa rencontre avec Annie Malone et suit le parcours de cette femme d’affaire.

Interprétée par Octavia Spencer  (La couleur des sentiments, Les figures de l’ombre), nous rencontrons une femme prête à tout pour atteindre ses objectifs. En créant sa propre marque de cosmétiques, Sarah va devoir faire face à de nombreux obstacles, notamment les hommes. Pour rappel, nous sommes au début du 20ème siècle, époque où la femme dépend de son homme et c’est précisément ce qu’attendent les hommes de Sarah.

Alors qu’à cette époque les produits cosmétiques sont conçus pour les femmes blanches, Sarah part d’un constat : les cheveux d’une femme sont ce qui lui permet d’avoir confiance en elle. C’est ainsi qu’elle souhaite proposer des produits qui permettent aux femmes noires de se sentir au moins aussi belles que les autres et surtout d’avoir confiance en elles, et donc d’être indépendantes.

Self Made: Inspired by the Life of Madam C.J.Walker
Self Made: Inspired by the Life of Madam C.J.Walker

C’est cette ligne directrice que suit Netflix, mettant en avant non seulement Madam C.J. Walker mais également tout ce qu’elle représente, à savoir la beauté de la femme noire et son besoin d’indépendance.

Soyons honnêtes, je ne connaissais pas du tout la marque ni même Sarah Lovebreed. À ma connaissance, cette marque n’est pas distribuée en France, du moins je n’en ai pas trouvé sur Google. Je me suis donc renseignée sur cette femme d’affaires.

Alors que le Wikipédia français est assez avare en informations, il n’en est rien sa version américaine, et heureusement. Madam C.J. Walker est un personnage historique, que ce soit pour la communauté afro-américaine ou pour les femmes qu’elles soient noires, blanches, asiatiques, métisses, etc.

De mon point de vue (et cela n’engage que moi), la série est un magnifique hommage à une femme unique qui a brisé bien des codes et des idées reçues. Profondément féministe, Madam C.J. Walker nous rappelle à quel point les femmes se doivent d’oser aller à contre-courant et de suivre leurs rêves.

En plus d’être une ode à la beauté des femmes noires, cette série est un véritable appel aux femmes à savoir s’imposer dans une société encore très patriarcale.

De cette série, je retiendrais cette phrase, ou plutôt ce discours lorsque Sarah Lovebreed montera sur scène afin de convaincre des investisseurs de la suivre :

Regardez vos femmes. Regardez-les ! Superbes, non ? Mais ce n’est pas tout. Cultivées, politisées, brillantes ! Elles gâchent leur talent dans l’ombre ! Aidez-moi à leur offrir des opportunités qui profiteront à toute votre famille. L’entrepreneuriat féminin est bon pour tous. C’est l’avenir. C’est évident. C’est comme ça qu’on peut élever notre peuple !

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