Chapitre 90 : Mains en l’Air

 

– Ca y est, je l’ai vraiment fait …

Murmurai-je dans la baignoire, plongé dans l’eau chaude et nettoyant mon corps en me sentant légèrement mal … La salle de bain de la chambre était vraiment superbe, équipée de toutes sortes de shampoings et appareils. Il y avait même des instructions pour les utiliser, ce qui était plutôt utile.

Actuellement, je prenais un bain. Hestia et moi nous nous trouvions toujours dans le love hôtel, et puisque j’avais payé pour 2 heures, notre temps arrivait bientôt à expiration. Toutefois, nous souhaitions prendre un bain rapide avant de partir. Je ne voulais pas expliquer la raison pour laquelle Hestia et moi nous avions une odeur bizarre, ce qui serait vraiment trop embarrassant.

Et sur ce sujet, je ne savais plus trop comment agir maintenant. Je savais que je voulais le faire avec Hestia, et qu’il s’agissait d’une chose tout à fait normale. Mais Hestia n’avait pas du tout l’air dérangée, alors pourquoi étais-je aussi nerveux tout à coup ?

Avais-je l’impression d’avoir fait une erreur ? Non, pas du tout … M’en voulais-je à moi-même ? Pourquoi ? Et dans ce cas, aimais-je Hestia ?

– …

Je me figeai un instant. Pourquoi me bloquai-je sur cette question ? Et puis d’abord, pourquoi aimerais-je Hestia ? Ce n’était pas que je ne l’aimais pas, mais Hestia et moi nous nous étions rencontrés il y a peu. Nous avons passé moins d’une semaine ensemble, alors comment pourrais-je tomber amoureux d’elle ?

Je me mis à attaquer ce sujet un peu plus en profondeur, afin de mieux me comprendre. Je voulais vraiment blâmer simplement mes hormones et l’apparence attirante d’Hestia, mais je savais qu’il y avait quelque chose de plus …

*Crrrr*

Tandis que je réfléchissais, j’entendis quelqu’un ouvrir la porte de la salle de bain. Des bruits de pas s’approchèrent de moi.

Surpris, je me retournai en vitesse pour voir de qui il s’agissait …

Hestia.

– Hey, tu as encore un peu de place dans ce truc ?

S’exclama-t-elle amusée, un sourire pervers sur le visage. Son corps était à nouveau entièrement exposé devant mes yeux, et je ne pus m’empêcher d’admirer les courbes devant moi. Distrait pendant quelques secondes, j’essayai d’avaler ma salive, abasourdi.

– Ehh … tu … c’est …

Je voulais lui poser de nombreuses questions, mais puisque mon cerveau était en pleine surchauffe, les mots n’arrivaient pas à sortir de ma bouche. Hestia s’en rendit compte et prit l’initiative en plaçant sa jambe dans la baignoire et montant sur moi, utilisant mon épaule comme coussin.

– Je prends ça pour un oui …

Rajouta-t-elle, mettant fin à mes vaines tentatives d’expression. Le silence enveloppa rapidement la salle de bain blanche … Je pouvais sentir le corps d’Hestia contre le mien, et même si nous ne faisions rien, mon cœur battait à toute allure. Mais tout à coup, Hestia se mit à parler sur un ton triste et hésitant,

– Est-ce que je suis une gêne à tes yeux ?

En entendant cela, mon cœur faillit s’arrêter de battre instantanément et un frisson parcourut mon échine. J’avais du mal à comprendre ce qu’elle voulait dire, mais elle continua,

– Je … Je t’ai peut-être placé dans une mauvaise position maintenant que j’y repense. De plus, tu n’as pas l’air très à l’aise avec tout ça, alors tu n’as pas à le cacher, si tu … ehh ?

Ne voulant pas en entendre plus, j’enlaçai tout à coup Hestia par derrière. Cela fit taire Hestia, et elle baissa les yeux en rougissant.

– Tu n’es pas une gêne, et je suis tout à fait à l’aise avec toi. Non, c’est juste que je n’ai pas l’habitude de tout ça … Je ne sais pas comment te faire face ou quoi te dire. Je suis juste un gamin gêné de 15 ans qui essaye habituellement de rester discret et de se débrouiller tout seul. Je suis peut-être intelligent, mais cela ne change pas le fait que je ne comprends pas certaines choses. Parfois, je suis totalement ignorant sur ces choses et parfois j’en suis certain, mais je suis sûr à 100% d’une chose … Tu n’es pas une gêne Hestia. Tu es parfois énervante, mais ce ‘est pas un défaut, c’est ce qui fait à mes yeux de toi une personne … une personne importante.

En m’entendant parler avec une telle sincérité, Hestia essaya de tourner la tête pour me cacher son visage. Toutefois, je ne la laissai pas faire et l’en empêchai. En voyant son visage, je vis qu’elle souriait et pleurait à la fois. Elle essaya tout de même de se cacher en plaçant sa main devant mes yeux, mais il était déjà trop tard car mes lèvres étaient entrées en contact avec les siennes. Elle essaya de résister, mais pour une raison inconnue ne parvint pas à mobiliser la moindre force. Même si elle était un Phénix, dans mes bras elle n’était qu’une femme ordinaire souhaitant être aimée. Incapable de résister, elle abandonna et m’embrassa passionnément.

Nous continuâmes ainsi pendant 3 minutes jusqu’à ce que nous fussions obligés d’arrêter pour respirer. En nous séparant, un petit filet de salive se forma entre nos lèvres précédemment connectées. Nous nous regardâmes droit dans les yeux, admirant les couleurs et émotions que nous tentions de transmettre. Et enfin, à cet instant, je me rendis compte de mes véritables sentiments pour Hestia … Je l’aimais.

– Haha, tu peux parfois être étonnamment ringard, tu le sais ça … ?

Se moqua Hestia, me rendant ainsi légèrement embrassé. Jouer avec moi avait toujours autant l’air de l’amuser. Sans rien dire, je la laissai s’amuser étant donné que je la préférais ainsi. Elle paraissait maintenant bien plus joyeuse, et moi aussi.

Nous continuâmes ainsi notre échange. Je commençais à retrouver mon attitude normale, mais gardais conscience de ma proximité avec Hestia. Sans que je ne fasse rien d’érotique, les battements de mon cœur se stabilisèrent enfin en dehors de la zone rouge.

– Alors, toi aussi tu m’aimes ?

– Ehh …

La question fut soudaine et me fit paniquer. Puisque j’avais déjà la réponse à cette question, je pensais qu’il serait facile d’y répondre … mais pourquoi était-ce si dur à prononcer ?

– Uhuh …

J’acquiesçai en hochant la tête. En voyant cela, Hestia parut contrariée.

– Allez, dis-le. Un simple ‘’uhuh’’ ne suffit pas.

La trouvant un peu trop exigeante en essayant de m’arracher les mots de la bouche, je ne pus m’empêcher de m’énerver et de lui répondre,

– Et si toi, tu essayais de le dire ? On va bien voir comment tu t’en sors …

 En entendant cela, Hestia sourit d’un air satisfait. Elle se retourna, montant sur moi tout à coup, et enlaça mon coup en me chuchotant à l’oreille,

– Très bien, si c’est ce que tu veux.

– Quoi !?

L’avoir devant moi dans une telle position me rendit nerveux à nouveau. Hestia se rapprocha de moi, jusqu’à s’arrêter à quelques centimètres de mon visage. Nos nez se touchèrent et elle me regarda droit dans les yeux, comme si elle était sur le point de me dévorer. Toutefois, je pouvais aussi voir une profonde détermination sur son visage, un expression sérieuse que je n’avais jusqu’alors jamais vu.

– Je t’aime. Je t’aime tellement que je préférerais disparaitre avec toi plutôt que de te perdre. Je t’aime, et je t’aimerai toujours.

Sa confession, combinée avec sa voix féminine profonde et son regard sérieux, était assez pour me perdre dans ses mots. Ces mots s’incrustèrent profondément dans mon cœur et s’y engravèrent pour l’éternité. A cet instant, je savais qu’hésiter allait nous blesser tous les deux, alors je pris mon courage et regardai droit dans ses yeux oranges flamboyants,

– Moi aussi, je t’aime …

Et rien de plus, car cela était déjà trop embarrassant pour moi. Hestia parut satisfaite de ma confession et sourit joyeusement. Elle retourna dans sa position originale, son dos contre mon torse et sa tête contre mon épaule, et se blottit à moi …

Tout était paisible, un sentiment que je n’avais jusqu’alors jamais ressenti était apparu dans mon cœur, et je savais qu’Hestia était dans le même cas que moi …

Mais peu après, Hestia décida d’être un peu plus sournoise. Agissant comme un enfant gâté, elle me demanda de la nettoyer avec mes mains. En retour, elle allait faire de même avec mon corps, avec un petit bonus en plus … Et bien sûr, j’acceptai, excité.

 

– Ahhh, c’était parfais …

Hestia soupira de soulagement pendant que nous quittions l’hôtel. Nous étions tous les deux anxieux quand à ce qui allait arriver sous peu, mais nous étions en même temps calmes.

En marchant, je sentais une gêne dans mon pantalon étant donné qu’Hestia avait déchiré mon caleçon. Au final, j’étais obligé de marcher bizarrement pour réduire le sentiment de déconfort.

Avant de quitter le bâtiment, nos avions eu une petite conversation sur la situation. Nous avions décidé de garder notre relation secrète, étant donné que je travaillais et que maintenant, beaucoup de personnes vivaient avec nous. De plus, notre relation pouvait paraitre bizarre à cause de notre différence d’âge. Mais la raison principale quand à la volonté de garder cela secret était … Stella.

Je n’étais pas prêt à lui annoncer une telle chose. Je n’étais même pas sûr de sa réaction …

– N’oublie pas ce que tu m’as promis, Dawn … Enfin, je veux dire jeune maitre.

Hestia me pinça le bras en disant cela, me forçant à diriger mon attention vers elle. Oui, étant donné que nous voulions garder notre relation secrète, nous devions respecter quelques règles de bases.

Hestia était d’accord pour tenir le secret et comprenait mes raisons, mais elle avait imposé une condition : que je passe un peu de temps avec elle tous les deux jours ; qu’il s’agisse de rendez-vous, moments intimes ou tout ce qu’elle souhaitait d’autre. Nous pouvions choisir chacun notre tour une activité ; Hestia allait en choisir une, puis j’allais choisir la suivante etc.

A la base, Hestia voulait m’avoir une fois par jour, mais puisque j’étais très occupé, j’avais suggéré une fois tous les 3 jours. Elle avait ensuite marchandé pour 2 jours et choisit le fonctionnement, et puisqu’au bout d’un moment elle avait l’air contrariée, j’avais juste accepté afin de lui faire plaisir.

Ainsi, nous nous dirigions actuellement vers la banque la plus proche, car il me fallait de l’argent liquide afin que tout le monde à la maison puisse vivre normalement pendant que je travaillais. Mais sur le chemin, un problème survint …

– Hey beau gosses, est-ce que mes sous-vêtements sont visibles ?

Tandis que nous marchions dans la rue, une belle femme s’arrêta devant moi pour me poser une telle question. Je ne portais pas mon masque car je l’avais prêté à Hestia étant donné que nous aurions eu du mal à avancer si des hommes venaient nous déranger à chaque instant. A cause de ça, je n’avais pas mon masque, nous amenant directement à notre situation actuelle …

– Non …

Répondis-je honnêtement, pas vraiment sûr de ses intentions. Hestia qui se tenait derrière moi se mit à fumer de colère et mourait d’envie de frapper la femme avec ses pouvoirs kinésiques. La seule chose qui l’en empêchait était moi, car je lui avais demandé de ne pas blesser les personnes normales. Mais …

Après avoir reçu ma réponse, la femme prit une pose séduisante soulignant ses hanches. Elle me fit un clin d’œil en faisant tournoyer dangereusement sa jupe …

– Et est-ce que tu en as envie ?

– Ehh … ?

– Assez …

Ne pouvant pas résister plus longtemps, Hestia utilisa ses pouvoirs kinésiques pour déchirer la jupe de la femme, révélant ainsi sa culotte noire. La femme ne se rendit compte de cela que quelques secondes après en sentant le léger courant d’air entre ses jambes. Elle baissa les yeux pour voir ce qui n’allait pas et découvrit rapidement que sa jupe était déchirée. En hurlant, elle ramassa ce qu’il restait de sa jupe en cachant ses parties intimes et s’enfuit en courant. Les spectateurs admirant la scène se mirent à suivre la femme à moitié nue. Bon, évidemment, il ne s’agissait que d’hommes.

– Tu es à moi.

Hestia s’approcha de moi, m’enlaçant de façon possessive et créant un mur invisible empêchant à toute femme de s’approcher de nous. Enfin plutôt de s’approcher de moi pour être plus précis … Ce mur invisible fonctionna plutôt bien car nous pûmes nous diriger jusqu’à la banque sans le moindre incident. Je ne savais pas s’il s’agissait de l’un de ses pouvoirs, et je ne voulais pas vraiment le savoir étant donné que cela me faisait plutôt peur …

Après être entrés dans la banque, nous nous plaçâmes dans la file d’attente. Je n’avais jamais utilisé de banque, mais j’étais sûr d’y arriver sans problème. Mais qui aurait pu deviner qu’après notre entrée, une telle chose nous arriverait …

– TOUT LE MONDE LES MAINS EN L’AIR ! C’EST UN CAMBRIOLAGE !

10 individus armés et masqués entrèrent tout à coup dans le bâtiment. Hestia et moi nous les avions déjà détectés à l’avance, mais puisque nous ne pouvions pas les voir, nous ne savions pas qu’il s’agissait de cambrioleurs …

 

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3 réflexions sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 90

  • Avatar
    7 octobre 2016 à 19 h 01 min
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    Merci pour le chapitre 🙂

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  • Avatar
    7 octobre 2016 à 21 h 40 min
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    Les cambrioleurs qui ont trop mal choisi leur moment xD
    Merci pour le chapitre. En tout cas c’est bien qu’il soit casé ^^

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  • Avatar
    8 octobre 2016 à 12 h 09 min
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    pauvre braqueur :'(

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