Chapitre 88 : Le Sentiment dans la Boite (18+)

 

– Ahh, vous êtes revenus !

S’exclama joyeusement Christina en voyant moi et Hestia descendre les escaliers. Les autres filles arrivèrent elles aussi et nous regardèrent en souriant.

– Hmph …

Hestia quand à elle commença directement à descendre les escaliers menant au rez-de-chaussée. Elle retira le masque sur son visage et me le redonna sans rien dire … Apparemment, le fait que je lui cache des choses sur moi ne lui avait pas plu. Elle se comportait ainsi depuis notre départ de la bibliothèque, et ne voulait même plus me parler ou me regarder. Même les personnes s’approchant de nous dans la rue avaient été de plus en plus blessés, me forçant à lui demander d’arrêter. Je lui avais même donné mon masque, ce qui n’avait que très légèrement fonctionné, me forçant ainsi à agir et déplacer manuellement nos suiveurs en arrêtant le temps. Heureusement, personne ne m’avait remarqué …

D’un pas lourd, Hestia descendit les escaliers. De la fumée était visible, émanant de ses cheveux rouges vifs.

– Elle … elle va bien … ?

Je continuai à regarder Hestia jusqu’à ce qu’elle disparaisse avant de répondre à Christina,

– Oui, elle va bien. De ce que je sais d’elle, elle a toujours été comme ça …

En y repensant, je ne savais pas grand-chose sur Hestia. C’était peut-être la raison pour laquelle je ne lui dévoilais pas mes secrets, mais j’en savais assez pour la considérer comme une amie sur qui je pouvais compter.

Sentant la présence d’Hestia s’éloigner petit à petit, je me rendis compte qu’elle était sur le point de sortir, me rendant légèrement nerveux. Je me tournai vers Christina, un sourire troublé sur le visage.

– Désolé, je viens juste d’arriver mais je dois encore régler quelque chose. Ma petite sœur arrive dans une heure, alors s’il-vous-plait, occupez-vous d’elle pour moi …

Suppliai-je. Christina et les autres filles comprirent et hochèrent la tête. Christina se pencha même en avant d’un air sérieux et répondit,

– Je comprends, Maitre. Nous attendrons votre retour et nous nous occuperons de votre sœur.

J’acquiesçai, reconnaissant de les avoir à mes côtés.

Ainsi, je partis à nouveau pour aller chercher Hestia.

 

– Arrêtez de me suivre jeune maitre !

S’écria Hestia tandis que nous marchions dans la rue. Les passants se tournèrent vers nous, curieux de voir ce qu’il se passait étant donné qu’Hestia venait de parler fort. En ajoutant son apparence plus qu’agréable, presque tout le monde nous regardait. C’état légèrement embarrassant mais supportable.

– Et où comptes-tu aller ? Connais-tu cette ville au moins ? Pas moi en tout cas !

– Je m’en fiche, arrêtez de me suivre ! Ce n’est pas comme si je pouvais me perdre !

– Tu es vraiment déraisonnable parfois, tu le sais ça ?!

Légèrement surprise, Hestia s’arrêta. Serrant les poings, elle se retourna pour me regarder. Je portais toujours mon masque, le masque blanc que m’avait donné Steward. Il était maintenant devenu comme une partie de mon corps, bloquant le regard des autres. Je n’avais pas particulièrement peur ; j’aimais juste rester inconnu et passer inaperçu sans la moindre trace. Il s’agissait pour moi de la façon de vivre la plus confortable et maintenant, Hestia paraissait mépriser ce même masque. Une flamme orange brûlait dans ses yeux et l’air autour de nous commença à se distordre … Elle n’allait pas m’attaquer, j’en étais sûr. Elle essayait juste de maintenir une façade, un bluff … et j’avais raison.

*Pchhh*

Hestia soupira puis baissa les yeux, ses flammes disparaissant et son apparence redevenant normale. Les personnes autour de nous continuèrent à nous regarder, impressionnés par le spectacle et les petits effets spéciaux apparus autour d’Hestia. Ne souhaitant pas nous faire remarquer plus longtemps, je marchai vers Hestia et pris sa main. Elle ne résista pas et je commençai à la tirer vers un café au hasard. Nous avions besoin d’un peu d’intimité, d’un endroit où discuter, mais Hestia s’arrêta tout à coup.

– Attendez, entrons ici …

Légèrement surpris, je regardai en direction de l’endroit que pointait Hestia … Ehh ?!

– Tu … tu es sûre ?!

Demandai-je, perplexe à l’idée d’entrer dans un tel bâtiment …

– Oui, j’en suis sûre. Vous voulez parler n’est-ce pas ? Dans ce cas, entrons.

Hestia paraissait déterminée à suivre son propre chemin et ce fut à mon tour d’être tiré par le bras, mais cette fois-ci nous nous dirigions vers un large bâtiment dont la façade était constituée de néons roses. Il était écrit sur l’enseigne ‘’Nuits Sans Fins’’ et pour faire court, il s’agissait d’un Love Hôtel …

En entrant, nous croisâmes plusieurs couples quittant l’endroit, main dans la main. En nous voyant, plusieurs sourirent, amusés. De plus, je remarquai qu’il n’y avait aucune réception à l’entrée … où fallait-il payer dans ce cas ?

Je regardai dans l’entrée et vis un ascenseur. Hestia le remarqua elle aussi et commença à se diriger vers lui en me trainant par le bras. En y regardant de plus près, la réception toute entière était automatisée. J’avais juste besoin d’entrer ma carte de crédit dans le distributeur situé à côté de l’ascenseur, ajuster l’heure et le temps, choisir une chambre de 1 à 50 et enfin payer le prix. Les chambres déjà occupées étaient accompagnées d’une croix rouge, tandis qu’un pouce vert était visible sur celles libres.

En regardant la machine, Hestia ne réfléchit même pas et appuya instinctivement sur un bouton vert. Des détails sur la chambre apparurent, indiquant le prix qui était de 50 dollars pour 1 heure et 100 dollars pour 2.

En voyant les énormes chiffres apparaitre, Hestia parut confuse, ne sachant pas ce que cela voulait dire. Je décidai donc d’abandonner et de sortir ma carte de crédit afin de payer. Après ça, une petite case s’ouvrit et la clé de notre chambre apparut. J’avais payé pour 2 heures, un temps largement suffisant pour discuter et remettre les choses en ordre.

Hestia fut satisfaite en voyant la porte de l’ascenseur s’ouvrir et y entra en souriant. Je me sentis tout à coup menacé par son changement soudain d’humeur …

– N’avais-tu pas dit qu’une telle chose était … ? Je ne sais pas, illégal ?

Suggérai-je en entrant à mon tour dans l’ascenseur. J’avais déjà payé le prix, alors j’allais bien évidemment l’utiliser. Dans l’ascenseur, je me tenais devant Hestia, dos à elle tandis que je regardais la porte de l’ascenseur se fermer.

En entendant cela, elle me regarda platement et s’exclama,

– Les règles sont faites pour êtres brisées. D’ailleurs, je ne vois aucun policier, alors où est le mal ? Tu es parfois vraiment coincé, tu le sais ça ?

Ses derniers mots n’étaient franchement pas nécessaires mais je choisis de ne pas commenter là-dessus étant donné qu’elle avait raison. J’étais en effet coincé, mais je savais toutefois quand rigoler et quand rester sérieux. Je choisissais juste de rester sérieux la plupart du temps. C’était juste ma façon d’être et la façon dont j’avais grandi étant donné que je n’avais pas la liberté de m’amuser, de lier des connexions avec les autres ou de découvrir de nouvelles choses. Honnêtement, je ne comprenais pas l’insouciance. Cela me faisait peur pour une raison inconnue, et je n’avais jamais aimé avoir peur.

 De telles pensées traversant mon esprit, l’ascenseur arriva à destination. A l’ouverture des portes, un long couloir apparut, menant vers diverses portes toutes fermées. L’étage était silencieux et seules les ouïes surpuissantes d’Hestia et moi pouvaient entendre les bruits provenant des différents chambres.

– Oh oui baise-moi ! Plus fort !

– Plus vite, plus vite, plus vite, oh putain …

– Tu aimes ça salope ? Vas-y, suce !

– Vas-y, jouis ! Jouis sale fils de pute !

– Frappe-moi plus fort ! Pénètre mon cul !

Je ne pus m’empêcher de me figer en entendant les voix provenant des différentes chambres. De plus, ma tête tournait légèrement et je pouvais sentir une odeur de drogues dans l’air ; principalement de l’aphrodisiaque. Peut-être s’agissait-il des bougies ?

Je savais déjà que mon visage était devenu rouge vif, mais j’en profitai pour me tourner vers Hestia et voir ce qu’elle en pensait … pour découvrir une expression d’indifférence totale, malgré les voix autour de nous …

Tandis que nous marchions dans le couloir, le temps paraissait s’étirer sans fin. Je vérifiai même à plusieurs reprises si je ne ralentissais pas inconsciemment le temps, mais il ne s’agissait bien évidemment pas de mon œuvre.

Puis, enfin, nous arrivâmes devant notre chambre, la 47.

Rapidement, je plaçai la carte dans la serrure magnétique. Puis, j’ouvris la satané porte et entrai dans la chambre, suivi par Hestia.

– Ahh, hufff …

Je pris une large inspiration puis vidai mes poumons. Cette place était beaucoup trop imposante, même pour moi … Je pouvais toujours entendre leurs voix !

– Jeune maître, vous n’êtes pas à l’aise avec ces choses là, je me trompe ?

Demanda Hestia avec son expression taquine habituelle. Mais à nouveau, j’y repérai autre chose … de la curiosité.

– Oui, mais la plupart du temps, j’essaye de les ignorer …

C’était vrai. Si un acte sexuel ou excitant survenait devant moi, je réagissais en détournant le regard et prétendant qu’il ne s’agissait pas de grand-chose. Garder un visage neutre était quelque chose d’important à mes yeux. Maintenant, je devais prendre le dessus sur cette conversation. Ce n’était pas comme si nous étions là pour faire quelque chose d’indécent, nous étions juste là pour clarifier des choses.

– Ecoute Hestia, je …

Tandis que j’essayais de changer de sujet, je vis des flammes apparaitre autour d’Hestia. Ses vêtements se mirent à brûler d’une flamme orange avant de disparaitre. Elle ne prit que quelques secondes à se changer et apparut à nouveau devant moi, mais cette fois-ci elle était entièrement nue, comme lors de notre première rencontre …

Instinctivement, je voulus détourner le regard mais les yeux d’Hestia m’en empêchèrent.

– S’il-vous-plait, ne détournez pas les yeux …

Ses mots ressemblaient à une supplication. Je ne comprenais pas ce qu’elle faisait. Et surtout, pourquoi ? Je n’en avais pas la moindre idée. Son côté déraisonnable avait toujours été une facette que j’ignorais volontairement étant donné qu’elle agissait probablement ainsi avec tous ses amis … Mais maintenant, ses actes n’avaient aucun sens. J’avais l’impression de me retrouver dans une sorte de novel dont l’auteur ne saurait plus quoi écrire et rajouterais donc une scène romantique pour s’amuser … Mais non, c’était différent ; il s’agissait de la vie réelle, pas d’un mauvais livre.

Prenant mon courage à deux mains, je regardai Hestia, enfin surtout son visage. J’essayai d’éviter le reste de son corps mais ne pus m’empêcher de remarquer ses seins tremblant tandis qu’elle se dirigeait vers moi. Son regard était déterminé … Mais déterminé à quoi ?!

Tandis que je me perdais dans mes pensées, Hestia arriva à 20 centimètres de moi. Elle était légèrement plus grande que moi, me donnant du mal à regarder devant moi sans voir le reste de son corps. J’étais assailli par un conflit et je me sentais brûler de l’intérieur ; je pouvais voir qu’Hestia elle aussi paraissait hésitante. Ses mains se dirigèrent vers moi et elle me prit dans ses bras, pressant sa poitrine contre mon torse. Je sentis ainsi sa chaleur impressionnante et elle me chuchota à l’oreille, des larmes coulant le long de ses joues,

– Je veux mieux vous connaitre … Vous êtes la première personne à m’invoquer, jeune maitre, et vous êtes probablement la dernière … c’est pourquoi, s’il-vous-plait, laissez-moi vous connaitre mieux. J’ai peur. Peur d’être un jour abandonnée et de n’avoir d’autre choix que de retourner dans le Clavicula pour y attendre mon prochain maitre. Attendre et ne pouvoir qu’observer sans même bouger, j’avais si mal, je me sentais si seule. La résurrection est pour moi la seule méthode pour être libre, pour aimer …

Ses mots étaient touchants et emplis de sincérité. Elle s’était entièrement mise à nu devant moi. Il s’agissait de la raison pour laquelle elle avait retiré ses vêtements. Elle voulait m’exposer sans la moindre honte l’ensemble de son être, afin de me faire comprendre avec sa méthode des plus maladroites …

Je la comprenais, je comprenais la solitude de cette boite, de ne pouvoir qu’observer sans rien faire. C’était douloureux et parfois insoutenable, donnant presque envie de crier de désespoir. Mais je ne l’avais pas fait. Non, dans ma boite, j’avais quelqu’un, ma sœur. Elle m’avait donné un but et une lueur d’espoir pour y parvenir, comme si son sourire était la seule chose suffisante pour que je reste en vie ; pour continuer à avancer sans tomber ou succomber à la folie. Mais maintenant, je comprenais que je voulais aussi vivre pour moi-même. Moi aussi je voulais jouer et me faire des amis. Moi aussi je voulais ressentir l’amour ; je voulais avoir un père et une mère aimants. Je voulais aussi dormir paisiblement mais non, les choses ne fonctionnaient pas ainsi et n’allaient jamais fonctionner ainsi. Pourtant, je savais qu’il ne s’agissait pas d’une raison pour ruiner la vie d’autrui.

Ainsi, je décidai d’accepter les sentiments d’Hestia et lui rendis son étreinte, me sentant triste et désolé de l’avoir repoussé.

– Je suis désolé … Jeune maitre … d’avoir été impolie avec votre amie et de vous avoir fait honte.

– Moi aussi. Je suis désolé de t’avoir ignoré et de t’avoir repoussé après que tu m’aies tant aidé.

Nous continuâmes à nous enlacer ainsi pendant quelques minutes jusqu’à ce qu’Hestia suggère que nous nous dirigions vers le lit … une chose dont, honnêtement, je n’étais pas encore certain.

 

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4 réflexions sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 88

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    1 octobre 2016 à 21 h 46 min
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    Alors je vois pas comment il peut connaitre les novel vue son style de vie, deuxièmement sa mnetonerait qu’ils se sépare un jours deja a cause de sa capacité il sera sûrement absorber par le clavicula ou il remplacera chronos, et enfin *saigne* hestia x dawn +.+

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      1 octobre 2016 à 21 h 49 min
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      Pour les novels, oublie pas qu’il avait accès à des magazines et livres en prison.

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      1 octobre 2016 à 21 h 54 min
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      En plus novel ça veut dire livre en anglais, mais j’ai préféré garder novel pour le fun ^^

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      1 octobre 2016 à 22 h 06 min
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      Pour les novels, au debut du novel, il dit qu’il avait beaucoup de lecture dans la prison, c’etait surement un des type de livre qu’il avait, apres remplacer chronos je veux bien, mais je pense pas qu’il sera absorbé par le clavicula

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