Chapitre 81 : Fin Partielle de la Requête

 

Mon action fut rapide et décisive. Je ne savais pas si j’agissais par choix ou par simple pulsion, mais peu importait. Lorsque j’activai l’épée plasma, la lame dorée apparut et l’air autour vacilla à cause de la chaleur. Le vieil homme était toujours en train de secouer la cage, ne remarquant pas le triste destin qui l’attendait. La fillette quand à elle regarda la lame dorée s’abattre d’un coup net sur le vieil homme …

*Slash … Tsssss*

Je n’eus même pas besoin d’arrêter ou de ralentir le temps pour le tuer. Si je devais avoir un seul regret, ce serait de l’avoir tué aussi rapidement sans qu’il ne souffre. Une mort aussi rapide était déjà bien trop clémente pour une telle personne …

Avec un son écœurant, la tête du vieil homme tomba au sol en laissant échapper une large quantité de sang. Je regardai son expression avant qu’il ne meure et vit sur son visage une grimace.

Pendant ce temps, son corps tomba à genoux, son cou déversant du sang comme une fontaine, avant de finalement tomber au sol.

La fillette dans la cage regarda un instant le cadavre, puis moi. Elle avait l’air reconnaissante, et ne pouvant pas me remercier avec sa voix, hocha la tête.

– La montre dans ta main, appuie sur le bouton.

Pendant un instant, elle ne comprit pas ce que je voulais dire, mais remarqua tout à coup la montre dorée dans sa main. Elle appuya enfin sur le bouton et … rien ne se passa.

Je ne pus m’empêcher de fermer les yeux … m’étais-je trompé ?

– P….i…ti…. é ….A…l’…..ai….de.

S’exclama la fillette en me suppliant. Elle avait l’air extrêmement fatiguée en plus de toutes les blessures qu’elle avait subi. Même parler paraissait être pour elle un effort immense.

Je me remis à réfléchir, me demandant la raison exacte de ma venue ici. Je devais la trouver et la ramener à son père, censé être ici le véritable sauveur. Elle n’avait rien à voir avec moi, et j’avais juste à la récupérer. Mais maintenant que la montre ne fonctionnait pas, que devais-je faire ? Le meurtre que je venais de commettre à l’instant était totalement inutile et impulsif. Je ne devais pas laisser mes émotions prendre le dessus sur mes actions. Mais en même temps, en voyant cette petite fille … elle était blessée, affamée et fatiguée. Le bol en fer posé à côté d’elle contenait une substance étrange et malodorante qu’elle mangeait probablement pour rester en vie. Son corps était recouvert de cicatrices, et son visage défiguré. Mais ses blessures les plus voyantes étaient son œil et sa gorge. Elle était parvenue à survivre pendant si longtemps en s’accrochant désespérément à la vie, elle était vraiment forte …

Je m’avançais vers la cage et m’accroupis, rencontrant face à face la fillette. Je retirai mon masque puis sourit doucement à travers l’ouverture. Je laissai passer ma main et lui demandai,

– Tu veux venir avec moi ?

En voyant mon expression et ma main tendue, le fillette se mit à pleurer en acquiesçant. Elle dirigea sa petite main vers moi, et me toucha enfin. Son expression se calma enfin et je la sortis de la cage en la portant dans mes bras comme une princesse.

 

– Président, vous allez bien ? Nous avons entendu du bruit, est-ce que tout va bien ?

Demanda l’un des gardes en toquant à la porte. La fillette dans mes bras se raidit en entendant le garde de l’autre côté de la porte. Elle avait peur. Peur que son rêve se termine ainsi.

– Hey, tu veux voir un tour de magie ?

La petite fille me regarda, confuse, mais fixa à nouveau mes yeux dorés qui étaient les mêmes que les siens. Elle parut se perdre dans mon regard, et enfin se calmer.

Et, comme si elle venait d’entrer dans un rêve, elle remarqua que les gardes à l’extérieur ne faisaient plus le moindre bruit. Il n’y avait plus le moindre son, comme si tout s’était figé …

– Bien, ça devrait faire l’affaire.

Ceci dit, je me dirigeai à nouveau vers la porte, la fillette dans mes bras. D’ailleurs, celle-ci pouvait toujours bouger, et elle était toujours consciente de ce qui nous entourait, sans la moindre gêne. Elle regarda d’un air effrayé en direction de la porte, et lorsque je l’ouvris, nous vîmes les statuts des 3 gardes derrière la porte. Pendant un instant, elle pâlit en les voyant et voulut fuir. Mais ne pouvant pas, elle voulut se cacher quelque part, dans un endroit sûr. Toutefois, elle se sentait à l’aise dans mes bras, plus à l’aise que n’importe où jusqu’à maintenant. Et enfin, lorsqu’elle réalisa que les gardes ne bougeait pas, elle les observa d’un air confus. Ils ne bougeaient pas et ne parlaient pas, comme s’ils étaient …

– Figés. Figés dans le temps. Tu devrais être familière avec ce petit tour de magie n’est-ce pas ?

La fillette réalisa enfin ce que je venais de faire et me regarda, abasourdie. Elle voulut dire quelque chose, mais n’y parvins pas, et nous passâmes tranquillement devant les gardes.

Toutefois, je n’oubliai pas de les réduire au silence avant de partir, je leur coupai donc la tête avant de placer leurs cadavres dans la pièce. Ce geste ne me dérangea pas du tout. Selon moi, toutes les personnes dans le Colisée pouvaient juste brûler vives, je ne verserai pas la moindre larme pour de tels personnes.

En faisant cela, je ne posai pas la fillette au sol et la tenais dans mes bras à une main. Elle était très légère, presque squelettique après avoir été affamée pendant si longtemps. En me débarrassant des gardes, je lui demandai de fermer les yeux afin qu’elle ne puisse pas voir le massacre. Même si elle y était probablement habituée, je ne voulais pas que cela continue. Peut-être ne s’agissait-il que de mon désir égoïste, mais elle obéit sans rien dire et ferma les yeux tandis que je leur coupai la tête.

Mon nettoyage terminé, je remis le temps en marche et contactai Hestia.

– Jeune maitre, le personnel est en alerte. Apparemment le directeur a disparu, en êtes-vous la cause ?

Je sentis un sourire empli de fierté apparaitre sur mon visage. Ok, c’était flippant, mais ce vieil homme méritait bien pire que ça. J’expliquai à Hestia qu’il s’agissait effectivement de moi.

– Hmm … très bien, ça veut dire que nous partons maintenant ?

– Oui. Restez sur vos gardes et essayez de ne pas trop attirer l’attention. Protège les filles. Nous nous retrouverons au portail de téléportation d’où nous sommes venus.

– Haahh … vous me connaissez maintenant, quand vous ai-je causé le moindre problème, jeune maitre ?!

Un sourire sarcastique apparut sur mon visage.

– Tu sais très bien ce que je veux dire, rien de trop voyant.

Ceci dit, je coupai la connexion avant qu’elle ne se plaigne. Je baissai ensuite les yeux vers la fillette dans mes bras ; elle me regardait d’un air confus. Probablement parce que la conversation avait eu lieu dans ma tête, et que je faisais tout un tas d’expressions comme un fou …

– Je viens de parler avec une amie. Elle n’en fait qu’à sa tête mais ne t’inquiètes pas, je suis sûr que tu l’aimeras. En plus, elle va t’aider à aller mieux.

En entendant cela, elle hocha la tête, me faisant confiance à 100%. Même si nous venions de nous rencontrer dans une étrange situation, la voir ainsi me faire confiance était plutôt plaisant.

J’arrêtai à nouveau le temps et augmentai un peu ma vitesse. Toutefois, je fis bien attention à ne pas aller trop vite pour ne pas trop secouer la fillette dans mes bras. Elle était déjà grièvement blessée, alors il valait mieux faire attention à ce qu’une autre blessure ne s’ouvre pas en pleine course. J’avais l’impression de tenir une poupée en verre que la moindre fissure pourrait briser, ce qu’elle était effectivement … Le seul espoir que j’avais était de laisser Hestia la soigner. Je n’étais pas sûr que cela soit possible, mais je n’étais pas du genre à abandonner sans avoir essayé.

En marchant ainsi, je vis que les gardes étaient de plus en plus nombreux tandis que je montais les escaliers. La situation était étrange, mais cela ne me dérangeait pas. La fillette dans mes bras avait sommeil et ses paupières avaient du mal à rester ouvertes. M’inquiétant qu’elle s’endorme pour ne plus se réveiller, je me mis à lui parler de tout ce qui s’était passé récemment, des personnes que je connaissais ou de moi en général. Elle m’écouta attentivement et ne s’endormit pas, ses yeux seulement à moitié fermés.

Après une vingtaine de minutes de marche, j’atteignis enfin la sortie du colisée. En regardant à l’extérieur et observant la zone, je vis la petite maison ronde d’où nous étions venus. Il s’agissait de l’endroit où se trouvait le portail de téléportation, qui était basiquement notre ticket de sortie.

Je me dirigeai vers la maison et entrai à l’intérieur, laissant la porte ouverte afin de faire gagner du temps aux autres. J’avais le pressentiment que l’entrée d’Hestia allait être tout sauf discrète.

Je m’assis contre le mur et plaçai la fillette sur mes genoux. Son corps était froid alors je lui donnai ma veste avant de remettre le temps en marche.

– Uhhh …

Je ne pus m’empêcher de grogner en sentent mon corps, et surtout  mes jambes se ramollir. Le fardeau s’étant accumulé toute la journée était plutôt lourd, mais je me sentais actuellement en sécurité.

En voyant mon expression de douleur, la fillette sur mes genoux me regarda d’un air compréhensif. Elle souffrait probablement du même fardeau, mais je n’en savais pour le moment pas beaucoup sur sa capacité … Bien sûr, elle était comme moi et pouvait contrôler le temps, mais jusqu’à quel degré ? Je ne l’avais vu que ralentir le temps et jamais l’arrêter ou faire autre chose … Elle aurait pu s’enfuir d’ici en utilisant sa capacité, comme moi je l’avais fait pour la prison.

En y repensant, sa situation était comme la mienne à l’époque. Cela paraissait être une très grande coïncidence, et l’un des différences majeures était nos âges ; elle n’avait que 8 ou 9 ans, tandis que j’en avais 15.

– Unn … ahh … nnnngg.

La fillette sur mes genoux me secoua légèrement d’un air inquiet. Je pouvais deviner ses intentions, ce qui me fit sourire amèrement,

– Tout va bien, je suis juste un peu fatigué. Tu es toi aussi probablement  fatiguée, mais ne t’inquiètes pas, nous partirons bientôt de cet endroit alors reste assise et écoute.

Elle ne comprit pas tout de suite ce que je voulais dire, mais y parvint en entendant le bruit d’une gigantesque explosion.

*BOUM !*

La fillette, surprise et confuse, regarda par la fenêtre et vit de nombreux débris enflammés voler dans les airs. Des personnes étaient aussi projetées en l’air et d’autres s’écrasaient au sol ; des personnes étaient même en train de brûler vives et essayaient de s’éteindre en se roulant au sol ou se versant de l’eau sur la tête. Mais tout cela était en vain, et même l’eau s’évaporait instantanément au contact des flammes, ne leur laissant pas d’autre choix que de mourir par le feu … Les flammes n’étaient pas si simples que ça, si des flammes de phénix pouvaient être si facilement éteintes, ceux-ci ne seraient pas considérés comme des existences mythiques.

En regardant moi aussi par la fenêtre, je vis de la fumée envelopper les lieux tandis que les flammes dévoraient toujours plus de terrain. Puis, un petit groupe de personnes apparut dans la fumée, mené par une femme aux cheveux rouges. Son expression était aussi froide que la glace, contredisant son humeur chaude et son aura brûlante, mais promettait une mort lente à quiconque assez bête pour se placer sur son chemin. Haa, je lui avais pourtant demandé de ne pas être trop voyante …

La fillette assise sur mes genoux prit peur en voyant la femme brûlante se diriger vers nous, pensant qu’elle allait nous attaquer. Mais connaissant la personne en question, je lu iexpliquai,

– Ne t’inquiètes pas, c’est notre amie. Tu te souviens, je t’ai parlé d’elle … ?

La fillette fut surprise mais par-dessus tout rassurée. Elle croyait en mes paroles, mais n’étant pas non plus tout à fait convaincue, se rapprocha de moi.

Puis, la première personne à entrer dans la maison fut Hestia. Elle balaya la pièce du regard et rencontra enfin mes yeux ainsi que la petite fille dans mes bras, m’enlaçant effrayée et refusant de ma lâcher …

Hestia observa avec colère t regret la petite fille, mais fit un pas de côté afin de permettre aux filles de rentrer. Christina qui entra en deuxième ne perdit pas une seule seconde et commença à chanter l’incantation pour le portail de téléportation. Les autres filles entrèrent et ne purent qu’attendre en regardant leur nouveau compagnon assise sur mes genoux. La fillette quand à elle n’osa pas croiser leurs regards, apparemment intimidée.

– J’aurais dû les cramer un peu plus lentement …

Commenta Hestia à voix haute, d’un air dédaigneux en marchant vers moi et continuant à regarder la fillette.

– Je sais, j’ai pensé la même chose, mais parfois la mort arrive plus tôt que prévu pour de telles personnes.

Notre conversation fut courte et très directe, ce qui fit trembler quelques filles. Mais au fond d’elles, toutes étaient d’accords avec nous.

– Maitre Dawn, le sort de téléportation est prêt. J’ai besoin de la destination et de votre main. Entrez tous dans le cercle, nous partons …

Je soupirai et me levai, gardant dans mes bras la fillette. Je marchai vers Christina et lui donnai ma main en pensant à l’endroit où je voulais me rendre : chez moi.

Le reste du groupe entra rapidement dans le cercle, et j’entendis de nombreux bruits de pas arriver vers nous. De nombreuses personnes nous ordonnèrent de nous arrêter, nous promettant une mort certaine … Ni Hestia ni moi ne considérait cela comme une menace, et Hestia ouvrit la paume de sa main avant de jeter une large boule de feu à travers la porte, arrêtant net une large quantité de gardes en les brûlant vifs.

 Ainsi, Christina termina l’incantation en utilisant ma main afin de recevoir la destination. Ma vision fut envahie par une lumière vive et je sentis mon esprit s’échapper un instant. Nous venions d’être transporté, et je n’allais probablement pas aimer la suite …

 

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2 réflexions sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 81

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    15 septembre 2016 à 16 h 00 min
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    Merci pour le chapitre!! Hate de voir la suite ! x)

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    15 septembre 2016 à 20 h 02 min
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    Comment sa peut s’arrêter là …. Pourquoi monde cruel T.T

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