Chapitre 80 : Rien à Foutre

 

Je regardai autour de moi … tout le monde bougeai très lentement, et les sons et vibrations étaient pratiquement inexistantes. Un tel état m’était familier, car j’avais moi-même ralenti le temps à de nombreuses reprises …

Juste pour être sûr, je vérifiai ne pas l’avoir activé. Mais effectivement, ce n’était pas moi, et je devinai facilement qui en était le responsable en regardant dans l’arène.

Des bruits de pas résonnèrent dans l’arène. La petite fille aux longs cheveux blancs s’avança tranquillement vers la brute à moitié nue en tenant en main sa dague rouillée et le regardant d’un air froid. Ses pas étaient légers et faibles, elle était blessée et faisait preuve d’une force immense rien que pour rester debout. Même si le temps était ralenti, elle et moi nous étions les seuls à pouvoir bouger librement. Cela me donnait un large indice sur son identité. Une fois la surprise passée, je me mis à réfléchir avec détermination … Alors, comment allais-je descendre en bas ?

La question était simple, je n’avais pas à descendre.

La petite fille s’approcha de son adversaire et lui coupa lentement la gorge ; me laissant ainsi entendre le son du métal pénétrant la chair grâce à mon ouïe surdéveloppée … Je regardai dans sa direction et vit une petite fille innocente se tenant sur la pointe des pieds afin d’atteindre la gorge d’un homme et de le tuer sans la moindre résistance. Tout cela me paraissait sorti d’un rêve et tandis que je la contemplais, je vis de nombreuses cicatrices sur son visage et que son œil gauche était remplacé par une large plaie. Le côté gauche de sa gorge était aussi abimé par une large blessure descendant le long de son cou … C’était horrible.

Une fois son travail terminé, la fille recula jusqu’à sa position originelle. Je ne compris pas vraiment pourquoi … Si elle remettait le temps en marche, l’homme allait mourir de la blessure qu’elle lui avait infligée. En restant à sa place originelle, elle montrerait être capable d’une telle prouesse sans même bouger ou lever le petit doigt. Essayait-elle peut-être de dissimuler le fait qu’elle puisse bouger librement ? Ou essayait-elle de dissimuler sa capacité en faisant croire aux spectateurs qu’elle utilisait des lames invisibles ou une super vitesse ?

Dans tous les cas, le combat prit fin et elle retourna à sa place. Puis, elle laissa tomber sa dague et plaça ses mains sur sa tête avant de se mettre à genoux afin d’attendre quelque chose. A cet instant, le temps se remit en marche et je la vis trembler. Ce simple labeur avait placé un poids trop grand sur son corps, ce qui était compréhensible.

– Rapide …

Murmura Hestia en regardant la fille. Je voulus la contredire en rétorquant qu’elle était simplement lente, mais me retint afin de garder le secret.

Les spectateurs furent eux aussi confus n voyant la petite fille se mettre à genoux. Sa dague était tombée au sol, et tous pensèrent qu’elle abandonnait et était prête à accepter sa mort. Toutefois, ils ne s’attendaient pas à ce que tout à coup, l’homme émette un bruit étrange. Il se mit à saigner et son cou s’ouvrit en deux avant de laisser échapper une large quantité de sang. Il tomba au sol à quatre pattes, sans comprendre ce qui venait de lui arriver … La partie était déjà terminée au moment ou elle était apparue. Franchement, c’était injuste, mais tout le monde s’en fichait.

Les souffrances de l’homme continuèrent pendant 2 minutes avant qu’il ne s’écroule au sol en laissant échapper son dernier souffle ; depuis le début du combat, il n’avait même pas pu faire le moindre pas … Un spectacle misérable.

– Wahh …

– Que s’est-il passé ? Je n’ai rien vu …

– C’est la fille qui a fait ça ? Non, impossible, elle a abandonné n’est-ce pas ? Pourquoi est-il mort ?

Les personnes assises aux sièges spectateurs se mirent à discuter entre eux, se posant de nombreuses question sur ce qu’ils venaient de voir. Les événements avaient été bien trop rapides pour qu’ils puissent s’en rendre compte. Confuses, de nombreuses personnes dont la plupart des filles avec moi n’avaient pas vu cela venir. Toutefois, Christina et Hestia avaient l’air d’avoir vu ce qu’il s’était passé.

– Elle … Elle s’est déplacée extrêmement rapidement vers son adversaire avant de lui couper la gorge et de revenir à sa place en quelques secondes à peine …

Expliqua Christina, ce qui surprit les autres filles, impressionnées par l’exploit de la fillette. Les yeux de Christina brillaient d’une couleur bleu clair, et un cercle magique était visible dans ceux-ci. Après tout, Christina était une humaine, alors sans la moindre amélioration innée elle avait eu besoin d’utiliser sa magie pour tout voir. Quand à Hestia, elle n’était même pas humaine. Hestia était un Phénix, une sorte d’ancien oiseau, et j’étais sûr que ces oiseaux avaient une bien meilleure vision que tous les autres êtres surnaturels que je connaissais.

En entendant Christina, les autres filles furent abasourdies. Elles avaient toutes confiance en elle et ne doutèrent donc pas de son jugement. Elles ne purent que continuer à regarder la fillette à genoux dans l’arène. Elles avaient du mal à croire qu’une fille aussi petite et jeune puisse réaliser un tel exploit, mais je sentis quelques regards se tourner vers moi, sans que personne n’ose parler.

Tandis que tout le monde était encore confus, un nuage de fumée noire apparut au dessus de l’arène et révéla à nouveau le modérateur de l’arène.

– Mesdames et Messieurs, le gagnant est la Sorcière Blanche ! Pour toutes les personnes actuellement confuses, ce combat n’était que la pointe de l’iceberg, afin de vous montrer que l’apparence extérieure ne veut rien dire dans un combat à mort. Retenez ces mots, car seule la force compte dans cette arène, et avec cette force vient le sang. Maintenant, veuillez applaudir notre gagnante pour cette victoire sans accroc et ne vous inquiétez pas, les prochains combats ne seront pas aussi rapides, je vous le garantis.

S’exclama le modérateur en souriant.

Espèce de taré …

L’audience se contenta d’accepter ses paroles et se remit à applaudir et encourager. Pendant ce temps, je baissai les yeux vers la fille et la vit se faire encercler par 8 gardes pointant vers elle des armes automatiques d’un air menaçant. Elle ne résista pas et resta ainsi à genoux, les mains sur la tête.

L’un des gardes lui attacha les mains et la tira vers le portail d’où elle était entrée. Je compris vite la raison de leur attitude : ils avaient peur d’elle.

 – J’y vais. Garde un œil sur les filles, je te préviendrais quand nous devrons nous retrouver au cabanon à l’extérieur.

Chuchotai-je à Hestia. Elle hocha la tête mais je vis une claire insatisfaction sur son visage. Elle voulait sûrement venir avec moi, mais elle ne me serait d’aucune utilité. Lui demander de rester ici et de protéger tout le monde était bien plus utile.

Ceci dit, je me levai de mon siège et me dirigeai lentement vers la double porte, un but clair à l’esprit et la montre dorée en main. Je me concentrai un instant et arrêtai le temps, faisant ainsi taire les cris. Le silence me permit de vider un peu mon esprit de toute chose inutile.

J’ouvris la porte, révélant ainsi à nouveau le large couloir. Notre escorte Kelly se tenait toujours à côté de la porte, montant la garde. Son visage était partiellement dissimulé mais en regardant ses yeux, elle paraissait entièrement dédiée à sa tâche actuelle. Sans cette capacité, j’aurais probablement du mal à la combattre, mais bon … Sans cette capacité, je ne serais même pas là n’est-ce pas ?

Pensant ainsi, je me retournai et me mit à suivre le fil doré apparut dans mon champ de vision. Sans me presser, je traversai les divers couloirs et pièces.

J’avais une raison pour ne pas avoir directement récupéré la fille ; elle était alors le centre d’attention, et les soldats étaient sur leurs gardes à cause de la peur. Cela voulait dire que si elle venait à disparaitre en plein milieu du combat, tout le reste du personnel serait alerté et risquerait même de protéger les cercles de téléportation, ce que je ne voulais évidemment pas. Je voulais entrer et sortir sans que personne ne me remarque. De plus, avec ce sort de localisation, la retrouver n’était pas bien compliqué. Le seul risque dans ce plan était la façon dont Hestia allait arriver au point de rendez-vous après que je l’ai prévenue. Avec son caractère, je n’étais pas sûr qu’elle y arrive discrètement … Au moins, Leraje lui était discret quand il tuait quelqu’un.

 

Cela faisait maintenant 30 minutes que je marchais dans le Colisée en suivant le fil doré. L’endroit était immense, avec un nombre incalculable de pièces et passages, mais heureusement, j’avais un guide. Je n’avais croisé que très peu de personnes sur mon passage, et tous étaient soit garde A protégeant un balcon d’invité, soit garde B patrouillant les couloirs. La sécurité était maigre, mais en même temps, le bâtiment était immense, alors il y avait sûrement un tas de gardes tous disséminés partout. Le seul problème avec ça était que tous les gardes se ressemblaient, me faisant parfois me demander si je ne marchais pas en rond. Mais heureusement, le fil doré était là pour me rassurer.

Le fil doré me fit descendre plusieurs escaliers, et ce faisant, je remarquai que plus je descendais, plus les gardes étaient nombreux et bien équipés.

Puis, j’attins enfin un niveau où le fil doré me mena vers une porte spécifique. L’atmosphère y était lourde et sombre, et les gardes paraissaient plus tendus. En parcourant ce niveau, j’avais même croisé des femmes aux vêtements plus que légers. Il s’agissait probablement de prostituées, mais pour qui ? Franchement, je ne voulais pas le savoir.

Devant la porte dans laquelle je devais entrer se tenaient 3 hommes portant d’étranges armes à feu. Leurs visages étaient partiellement cachés par leurs casques et les armures avaient des coins lisses ça et là et brillaient légèrement d’une couleur bleutée …

Puisqu’il valait mieux ne pas les éliminer pour le moment, je me contentai de les ignorer. Je passai entre eux et ouvrit la porte avant de m’introduire à l’intérieur … facile.

Je regardai tout autour de moi et fus momentanément surpris en ne voyant que la pièce ne contenait qu’une seule chose : une petite cage. A l’intérieur de cette petite cage se trouvait une sorte de petite boule constituée de cheveux blancs et de vêtements marron. Pendant un instant, je ne me rendis pas compte qu’il s’agissait d’une personne, jusqu’à ce que le fil doré s’y connecte. Il s’agissait de la fille que je cherchais, alors je remis le temps en marche.

Je m’avançai doucement vers la cage. En m’approchant, je vis que la fillette était assise en boule dans la cage, tenant ses jambes contre son corps. Ses longs cheveux blancs étaient légèrement anormaux pour une personne aussi jeune qu’elle, mais cela ne me dérangeait pas et je continuai à avancer. J’essayai de faire le plus de bruit possible en marchant afin d’attirer son attention, mais sans succès. Même si j’était apparu comme par magie dans la pièce, cela n’avait pas l’air de la déranger et elle n’avait même pas levé la tête vers moi.

Elle se contentait de baisser la tête en enlaçant ses jambes … Pendant un instant, je fus distrait en voyant son œil droit sans fond qui me disait qu’elle l’avait déjà vu ; qu’elle avait déjà vu tout ce que ce monde avait à lui offrir, mais principalement les choses bien trop cruelles pour une personne de son âge. Cet œil dévoilait en lui plusieurs milliers de mots, et faisait preuve d’une profonde tristesse et indifférence envers tout ce qu’elle regardait. Il n’y avait pas la moindre rage ou pitié en elle, juste une tristesse infinie enterrée profondément dans cet œil droit et qui floutait sa pupille dorée.

Je contemplai la cage pendant un instant, un peu trop secoué par son apparence. J’essayai de trouver un moyen de l’ouvrir, et remarquai … qu’elle était ouverte ?

La cage n’était pas fermée. Non, c’était comme si la personne l’ayant placée là l’avait simplement poussée à l’intérieur avant de tranquillement fermer la porte sans même la verrouiller … Quel idiot.

J’ouvris la porte de la cage et contemplai à nouveau la fillette. Elle ne bougeait toujours pas. Elle aurait pu s’enfuir avec cette porte ouverte, alors pourquoi ne l’avait-elle pas fait ? Dans tous les cas, j’essayai de paraitre le plus amical possible en la regardant, mais il était difficile de ne pas grimacer en voyant toutes les cicatrices sur son visage. Mais le pire était son œil gauche et la longue blessure descendant le long de sa gorge … Pouvait-elle ne serait-ce que parler avec une telle cicatrice ?

– Bonjour jeune fille … Je suis venu te sauver.

 M’exclamai-je, gêné et ne sachant pas vraiment quoi dire. Cette situation était juste complètement bizarre, et en y repensant … Ne pouvais-je pas tout simplement lui donner cette satané montre et la laisser appuyer sur le bouton ?

Oui, en y repensant, je pouvais faire ça, et décidai de le faire. Je sortis la montre en or émettant une essence divine de ma poche et la montrai à la fillette,

– Prends ça et appuie sur le bouton, cette montre te mènera à ton père. Il m’a envoyé ici pour te sauver, alors prends-la et pars !

– …

Elle ne me répondit pas et ne me regarda même pas. Elle n’avait même pas l’air de se rendre compte de ma présence … C’était sans espoir, elle était déjà brisée de l’intérieur et ne réagissais pas. Elle vivait maintenant dans son propre monde, isolée dans sa tête.

Son ignorant me frustra, mais je ne pouvais pas lui en vouloir, elle n’était pas à blâmer pour la situation horrible dans laquelle elle se trouvait. Les adultes étaient en faute ; les personnes cherchant à tirer profit du sang ainsi que d’un labeur insensé. Rien que la regarder me donnait envie d’aller tuer ce vieil homme. Mais au final, cela n’allait rien arranger. Il faisait partie des milliers voir millions de personnes de ce monde qui gagnaient de l’argent grâce à la malchance des autres. Même en le tuant, une autre personne ambitieuse allait prendre sa place …

Ahh, ma tête me fit légèrement souffrir pendant un instant. Ces derniers jours avaient été longs, beaucoup de choses m’étaient arrivées et je n’avais pas vraiment pu me reposer …

– J’espère que tu trouveras enfin la paix avec ton père ; il a l’air d’être un père responsable de ce que j’ai pu voir. Enfin, c’est sans compter la façon dont tu t’es retrouvée là …

Je voulus presque rajouter qu’il était presque comme mon père qui n’était jamais venu pour moi, mais ce n’était pas vrai. Chronos m’avait envoyé ici, ce qui voulait déjà dire qu’il avait agi. Du moins, il ne s’agissait que de mon point de vue.

Je pris délicatement la main rigide et squelettique de la fillette. Elle était affamée et fatiguée ; sa main paraissait être faite de verre. Elle était si délicate, que j’avais peur de la briser en exerçant un peu trop de force. C’était bien trop anormal et cruel, ce qui me fit légèrement trembler de l’intérieur tandis que je plaçais la montre dorée dans sa petite main.

Je la regardai … Son expression n’avait pas changée, elle n’avait même pas l’air de cligner des yeux, ce qui était étrange. Mais ce qui m’intéressait le plus était son âge. Quel âge avait-elle ? J’avais du mal à le percevoir à cause de toutes ses cicatrices, mais en le retirant mentalement, je pouvais voir une fillette joyeuse aux longs cheveux blancs et à la peau brillante, ses yeux brillants comme les miens. Mon imagination était vraiment cruelle dans de tels moments. Les choses perdues par le passé ne pouvaient pas être retrouvées aussi facilement …

Au final, je devinai qu’elle avait 8 ou 8 ans, à peu près comme Stella. Cela me fit grimacer de plus belle et j’écartai en vitesse cette pensée de mon esprit, pressant le bouton de la montre avec son pouce. J’espérais voir la fin de toute cette folie …

– …

– …

Hahh ? Attends, quoi ? Ca n’a pas marché ?

– Bienvenue Monsieur le Président !

J’entendis tout à coup les gardes parler derrière la porte, ce qui me fit sursauter …

– Bien bien, je vois que vous travaillez dur. Continuez ainsi, je suis juste là pour rendre visite à la fille …

– Oui Monsieur !

Une voix ancienne et familière leur répondit et révéla ses intentions. Je connaissais cette voix ; il s’agissait du fondateur du Colisée … Cet enfoiré.

Je refermai en vitesse la porte de la cage et me plaçai contre le mur à côté de la porte. Je comptais rester caché ici et le laisser entrer avant de refermer la porte sans me voir.

J’entendis des bruits de pas se dirigeant vers la porte, et les gardes se décaler afin de le laisser entrer. Pendant ce temps, j’avais déjà invoqué mon épée plasma et réfléchissais à pourquoi la montre en or n’avait pas fonctionnée …

La première idée me venant à l’esprit fut … Peut-être s’agissait-il de la mauvaise personne ? Ou peut-être avait-elle besoin d’appuyer elle-même, de son plein gré. Mais selon Chronos, elle avait juste besoin d’appuyer, rien de plus. Alors pourquoi la montre ne répondait-elle pas … avais-je vraiment la mauvaise personne ? Non, c’était impossible. Le sort de localisation m’avait mené ici, vers elle ! Elle était la bonne personne, la personne que je cherchais depuis 3 jours putain !

Je plissai les yeux en regardant le sol marron foncé en pierre.

Etait-ce un échec ? Si oui, étais-je condamné ? Dans ce cas, pourquoi n’étais-je pas mort ?

Plusieurs dizaines de question affluèrent dans ma tête, et j’entendis la porte grincer. S’ensuivit un bruit de pas entrant dans la pièce ainsi que le bruit de la porte se refermant, révélant ainsi un vieil homme. Il entra dans la pièce en portant toujours le même costume noir et gants blancs que lors de la cérémonie ; sa longue barbe grise pendante de droite à gauche tandis qu’il passait à côté de moi. Il ne me vit pas, mais je remarquai sur son visage un sourire écœurant. Son attention était entièrement tournée vers la fille assise dans la cage.

– Ahh, ma petite sorcière, aujourd’hui est un jour magnifique. J’ai conclu de nombreux accords avec différentes personnes influentes et gagné une large somme seulement en laissant des personnes regarder des combats à mort. Mais écoute, je ne suis pas là pour ça. Je suis ici car aujourd’hui, tu vas briller ma petite sorcière …

– …

La fille resta de marbre, n’écoutant même pas le vieil homme, ce qui était probablement pour le mieux. Celui-ci s’en rendit compte et grimaça en sortant un taser. Je ne pus m’empêcher de me raidir tout à coup et d’agripper toujours plus fort la poignée de mon épée.

*BZZZZZZZ*

Heureusement, il n’utilisa pas le taser sur la fille et l’utilisa simplement dans le vide. Le bruit de l’électricité fit sursauter la fillette qui se cogna la tête contre le plafond de sa cage. Ses yeux étaient maintenant toujours embrumés, mais contenaient une nouvelle émotion … la peur.

La fille tourna la tête vers le vieil homme, puis vers moi. Elle savait que j’étais là, et pour la première fois, nos regards se croisèrent. Elle parut surprise en voyant mes yeux dorés mais se calma à la vue du taser. Puis, elle commença à trembler.

– Ahhuhh …

La fillette croassa et gémit, confirmant ainsi qu’elle ne pouvait plus parler. Le vieil homme parut satisfait et rangea le taser dans sa poche.

– Haha, j’ai enfin ton attention ? Bien, où en étais-je ? Ah oui, les combats d’aujourd’hui sont très importants et me rapporteront beaucoup d’argent tu vois. Et ce, simplement grâce aux paris des spectateurs. J’ai invité de nombreuses personnes importantes en leur demandant d’amener leurs humains ou bêtes les plus puissants. Ils feront  face à mon meilleur combattant, et devine de qui il s’agit, petite sorcière ?

S’exclama le vieil homme en pointant du doigt la fillette, un large sourire sur le visage. Cela me donna envie de le décapiter instantanément … Mais j’attendis, je voulais qu’il sorte, et attendre était la seule solution.

La fillette en question me regarda à nouveau avant de se tourner vers le vieil homme et de secouer la tête …

– Haha, il s’agit bien évidemment de toi petite sorcière. Maintenant, laisse-moi te rappeler quelque chose …

Il s’avança et commença à secouer la cage, effrayant la fillette qui se mit à trembler de plus belle. A cet instant, je me rendis compte qu’elle tenait quelque chose … la montre !

Cela me rendit confus un instant, mais je me souvins ne pas l’avoir récupérée avant de fermer la porte de la cage.

Heureusement, le vieil homme ne la vit pas et continua juste à secouer la cage. Cela commençait à m’énerver de plus en plus.

– Je ne veux plus aucune manigance comme la dernière fois, compris ? Tu vas sortir de là et tuer tout le monde et souviens-toi, si tu échoues … Je rajouterais une nouvelle cicatrice à ton joli visage.

Je pus presque sentir ma vision devenir rouge en l’entendant parler. Ma main agrippa l’épée plasma au point de trembler, tandis que je regardais le vieil homme avec une seule envie en tête : le tuer.

– A …de…Ad…e….A l…ade….

Je me figeai tout à coup en regardant la fille essayer de dire quelque chose. Le vieil homme devint silencieux lui aussi et écouta. Il se mit tout à coup à rire et s’exclama,

– Haha, de l’aide ? Tu essayes d’appeler de l’aide. Je croyais que tu avais compris après tout ce temps. Tu ne recevras aucune aide ! Personne ne viendra te chercher. Tu vivras ici, avant de mourir ici selon mon bon désir, alors ferme-la et obéis, et j’accepterai peut-être de te donner un bout de sucre.

– A … l’ai….de…. A l’ai….de….

Sans l’écouter, elle continua à supplier en me regardant. Elle tenait fort dans sa main la montre en or, les larmes aux yeux. Lorsqu’elle les ferma, des larmes coulèrent le long de ses joues …

Le vieil homme éclata de rire en la voyant désespérer ainsi.

Et moi ? Je n’en avais plus rien à foutre et activai mon épée plasma.

 

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2 réflexions sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 80

  • Avatar
    14 septembre 2016 à 17 h 47 min
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    Merci pour le chapitre il a enfin trouve la fille 🙂

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