Chapitre 77 : Les Personnes Comme Toi

 

D’un pas léger, je marchai vers Valerian en invoquant mon épée plasma. Sortant la lame dorée, je me plaçai juste à côté de lui, le rayon de chaleur sous son cou avant de remettre le temps en marche.

– …

Valerian fut surpris en voyant l’endroit où je me tenais auparavant. Toutefois, il ne paniqua pas et resta assis sur son siège. Puis, enfin, il se rendit compte que je me tenais juste à côté de lui, mon épée sous sa gorge … Il ouvrit grand les yeux en ressentant la chaleur émise par la lame dorée, tout en me regardant, surpris et confus.

Mais au final, il fut surpris mais pas effrayé, les battements de son cœur restant stables. Avec un sourire amer, il me regarda sans bouger d’un centimètre de sa position.

– J’ai vraiment pénétré dans la tanière du lion, n’est-ce pas ?

Ses mots contenaient une pointe d’ironie, et la brume dans ses yeux se mit à bouger plus rapidement.

– Je vous le redemande, que voulez-vous et pourquoi avez-vous fait cela ?

Ma question lui fit cligner des yeux et sourire.

– Hey, cette fille était plutôt pas mal tu sais ? Je suis sûr que tu as adoré ce baiser. Pour une esclave, elle n’est franchement pas mal du tout … D’accord, d’accord, j’arrête.

Je levai la lame de mon épée afin qu’il se taise, et lui demandai à nouveau,

– Que voulez-vous ?

– Et bien, je ne vous ai pas vu, vous et vos amis, au bal de ce soir, alors je voulais vous rendre une petite visite afin de vous passer le bonsoir …

– En vous introduisant dans ma chambre ?

Mes mots firent apparaitre un sourire embarrassé sur son visage, et il hocha la tête en m’expliquant,

– Allons, s’introduire est un bien grand mot, mais je pensais que votre amie garde du corps n’apprécierait pas de me voir m’approcher de vous. Mais au final, on dirait que ma décision m’a coûté de nombreuses choses, telle que ma gorge, que j’aimerais garder intacte. Si vous pouviez avoir l’amabilité de baisser votre arme, James. Je ne vous veux pas de mal, et je suis désolé d’avoir interrompu votre …

Il se tourna vers la porte.

– Peu importe de quoi il s’agissait …

Il sourit en disant cela avant de se taire, ne laissant sur son visage pas la moindre émotion. Il était doué, et n’avait pas l’air de me vouloir de mal. Comme il venait de le dire, il n’était là que pour visiter …

*Bvvv*

La lame dorée rentra dans la poignée que je rangeai à nouveau dans le Clavicula. J’attrapai ensuite une chaise et m’assis juste devant lui, faisant face à Valerian sans mon masque.

La personne en question laissa échapper un soupir de soulagement durant une seconde d’inattention de ma part, avant de rapidement reprendre son attitude normale.

– Dépêchez-vous M. Valerian, que voulez-vous ? Je n’ai aucune relation avec la Confrérie Brisée ou avec vous. Si vous n’avez rien à me dire, je vous prierais de partir sur le champ …

Je n’avais actuellement envie de parler à personne, et encore moins avec un véritable membre de la Confrérie Brisée. Se mettre à dos quelqu’un d’aussi connu et craint ne me donnait pas vraiment envie. Mais je ne pouvais pas non plus lui montrer la moindre faiblesse, ou il en profiterait pour se servir de moi. Cela nous amenait à une situation où aucun d’entre nous ne souhaitait énerver l’autre, et où nous restions tous les deux en terrain neutre.

Après m’avoir laissé parler, Valerian sortit une carte rouge sang et la plaça devant moi sur la table. J’y jetai un rapide coup d’œil et vit un numéro de téléphone inscrit dessus en noir … En voyant ma confusion, Valerian expliqua,

– Vous voyez, je comptais vous demander de laisser votre garde du corps rejoindre mon clan. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu, et je souhaite maintenant vous demander à vous, de nous rejoindre …

– Je refuse.

Répondis-je instantanément, interrompant son discours en lui rendant sa carte.

– Réfléchissez bien. Notre clan accorde de nombreux privilèges introuvables ailleurs. De plus, nous …

– Je fais déjà partie d’une autre organisation, M. Valerian. Je suis heureux que vous nous invitiez, moi et Hestia, mais laissez-nous refuser poliment. Maintenant que nous en avons terminé, pourriez-vous partir ?

Mon interruption soudaine ne parut pas lui plaire, mais les rejoindre n’allait pas m’aider. Et concernant Hestia … Je connaissais déjà sa réponse.

Au final, Valerian soupira et se leva de son siège, avant de se diriger vers le balcon, et non pas la porte d’entrée. Mais, tandis qu’il était sur le point de partir, il s’arrêta sur place et se retourna pour me regarder avec un sourire peu rassurant.

– Vous voyez, d’après mon expérience, ce genre de conversation ne dure pas bien longtemps. Tout le monde finit par accepter au final, que ce soit pour l’argent, ou le pouvoir. De temps à autres, il y a des personnes comme vous, James, qui refusent. Mais tout le monde a des faiblesses qu’ils … comment dire … ont peur de perdre ?

– Et donc, M. Valerian, vous voulez dire que vous menacez de telles personnes … comme moi par exemple ?

Je continuai à regarder Valerian droit dans les yeux, ma main prête à sortir mon épée plasma à tout instant. Valerian restait quand à lui calme, mais des gouttes de sueur étaient visibles sur son front …

– Bien sûr que non, James. Nous leur donnons juste un petit coup de pouce tout en les convaincant, mais ils ne sont pas comme vous. Après tout, il n’est pas intelligent de s’attaquer à une personne aussi puissante et inconnue que vous, ou votre organisation. Nous serions ravis d’entretenir une relation amicale avec vous, et juste pour être sûr, je vais demander à Hestia si elle souhaite nous rejoindre …

Je ne pus m’empêcher de sourire en entendant cette dernière phrase. Pourquoi ? Parce que quelque chose derrière Valerian produisait une forte chaleur, brûlant presque le sol. Valerian remarqua lui aussi la montée soudaine de la température, et se retourna lentement vers l’entrée du balcon, où se trouvait une femme rousse et brûlante … Littéralement.

Il y avait sur son visage une expression glaciale tandis qu’elle regardait Valerian, contrairement à la chaleur qu’émettait son corps. Elle lui répondit,

– Ma réponse est non. Maintenant partez avant que je ne vous allume comme un sapin de noël.

Valerian suait maintenant à grosses gouttes. Etait-ce à cause de la peur ou de la chaleur ? Qui sait. Mais en tout cas, il n’avait plus l’air de vouloir continuer à discuter et se dirigea vers le balcon, avant de se transformer en fumée et de disparaitre. Hestia resta silencieusement à sa position, puis se remit à parler, confirmant qu’il était parti.

– Et bien, c’est justement pour ça que tu m’as avec toi, tu te souviens ?

Hestia afficha un sourire de ‘’Je te l’avais bien dit’’ sur son visage en éteignant ses flammes. Elle s’assit ensuite sur le canapé rouge.

– J’avais la situation sous contrôle Hestia. Et puis, comment es-tu venue ici ? Je pensais que tu me faisais la tête …

M’exclamai-je avec sarcasme.

– Je n’étais pas vraiment en colère … Le fait que tu me caches des choses m’avait juste un peu contrariée, c’est tout. D’ailleurs, Christina est revenue dans notre chambre tout à l’heure en racontant que vous vous étiez embrassés …

Répondit-elle, les lèvres tremblantes pendant un instant. Je ne savais pas ce qu’elle ressentait, mais j’avais l’impression d’être accusé à tort de quelque chose. Sa façon de parler me fit même rougir, me faisant regretter d’avoir retiré mon masque.

– C’était un accident, d’accord ? Elle a trébuché et marchant vers moi et est tombée en avant …

Elle n’avait pas l’air d’en croire en un traitre mot, mais en même temps savait qu’il s’agissait de la vérité. Christina lui avait probablement raconté la même histoire, mais peut-être pensait-elle que j’avais ordonné à Christina de mentir. Toutefois, elle savait très bien que je n’étais pas ce genre de personne, et ne posa donc pas plus de questions.

Tandis que j’étais sur le point de me diriger vers la cuisine pour manger, Hestia se leva tout à coup du canapé. Elle plissa les yeux et se plaça devant moi, me bloquant le passage.

– Qu’est-ce que tu … ?

Sans que je ne puisse terminer ma phrase, Hestia sauta sur moi, enlaçant mon cou et nous faisant tous les deux tomber au sol. L’impact de la chute fut amorti par le tapis. Ses actions étaient étranges et déroutantes en même temps, et elle me bloqua sur place, pressant sa poitrine contre mon torse et enroulant ses jambes autour des miennes. Sa main gauche se mit à caresser mon torse, prétendant chercher un support, tandis que son souffle sur mon oreille me fit trembler …

– Hestia, lève-toi ! Que fais-ti ?!

Murmurai-je.

– Oh désolé … c’est de ma faute. J’ai trébuché … Ah, attends, je crois que je me suis fait mal.

Trébuché mon cul, elle l’avait fait exprès et jouait très mal la comédie !

Je voulais juste arrêter le temps en sortir de cette situation, mais je ne me sentais pas bien du tout. J’avais depuis mon réveil de légers spasmes et maux de têtes, et utiliser mon pouvoir seulement pour ça me paraissait idiot. J’essayai donc de me lever.

– Ahh …

Hestia gémit lorsque j’essayai de me lever. Cela me rendit confus un instant, me demandant la raison de sa réaction, mais je me rendis vite compte que mon genou se trouvait juste en dessous de son entre-jambes …

– Pas si fort …

– …

J’étais bouche bée … Comment m’étais-je retrouvé dans une telle situation … ?

Au final, en ayant marre de ce petit jeu, je repoussai Hestia sur le côté et son front se cogna contre le mur, ce qui la fit cette fois-ci gémir de douleur …

– Haha …

Cela me fit rire comme un idiot. Hestia parut elle aussi heureuse. Elle oublia complètement la bosse sur son front et me sourit. Même mes maux de tête de calmèrent légèrement …

*Dring Dring Dring*

Tandis qu’Hestia et moi nous jouions comme des idiots sur le sol, mon téléphone se mit à sonner. De qui pouvait-il bien s’agir à une telle heure … Mais en même temps, je ne connaissais pas l’écoulement du temps dans une dimension différente. Lorsque je pris mon téléphone, je vis le numéro de Cecilia.

– Allo ?

La communication grésillait légèrement, comme celle avec Steward. Puis, les grésillements se calmèrent et j’entendis enfin la voix d’une personne de l’autre côté du téléphone.

– Onii-chan ?

Je fus surpris un instant, et cela se vit sur mon visage car Hestia se rapprocha de moi en plissant les yeux. Elle avait probablement entendu ce début de conversation.

– Stella ? C’est toi ma chérie ?

Ma surprise ne fut que temporaire, et se vit rapidement remplacer par un profond sentiment de bonheur. C’était bon de l’entendre à nouveau après plusieurs jours d’absence.

– Unn … Onii-chan, Cecilia a dit que tu ne reviendrais pas demain, alors je lui ai demandé pourquoi. Mais elle m’a dit qu’elle ne savait pas, et que je devais donc te contacter, c’est pour ça que je t’appelle … Alors, pourquoi tu ne reviens pas demain ?

Son explication était plutôt simple et amusante, ce qui me fit sourire sans raison. Mais actuellement, lui expliquer pourquoi son frère ne pouvait pas rentrer à la maison était un peu trop long et difficile à expliquer, alors je lui expliquai simplement,

– J’amène des amies avec moi. Je suis sûr que tu les aimeras, elles sont un peu comme Leraje.

Hestia trembla légèrement en m’entendant prononcer ce nom, mais elle ne m’interrompit pas et écouta en silence ma conversation avec ma sœur d’un air intéressé. Stella me passa ensuite Cecilia et après une heure de discussion, je parvins enfin à la convaincre que tout allait bien et que j’allais rapidement rentrer. A la fin de l’appel, Cecilia paraissait sur le point de s’endormir.

Je laissai échapper un long soupir. Maintenant, j’avais vraiment envie de rentrer …

– Alors vous avez une sœur ? Quand comptiez-vous m’en parler, et d’ailleurs, que fait Leraje actuellement ?

– C’est ma petite sœur, et Leraje la protège en mon absence …

Ainsi, la nuit se termina en explications sur ma famille et plein d’autres petites choses. Le lendemain, nous allions nous rendre au Colisée.

 

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