Chapitre 75 : Une Fissure en Soi-même

 

Nos yeux se rencontrèrent et nous nous observâmes l’un l’autre. Ses yeux étaient très profonds et mystérieux, et je pouvais presque me noyer dans les espèces de nuages qu’ils contenaient. Franchement, ses yeux étaient très étranges.

– Je ne voudrais pas vous offenser James, mais vos yeux sont vraiment bizarres, une telle couleur dorée est plutôt rare. En fait, je n’ai jamais vu personne avec de tels yeux ; c’est plutôt étonnant, ils paraissent même briller …

S’exclama-t-il en souriant. Il ne pouvait pas voir mon visage à cause de mon masque, mais ce n’était pas le cas de mes yeux.

– Je vous retourne le compliment, Valerian.

Je fis un léger sourire qu’il ne put voir, puis nous nous séparâmes en reculant tous les deux de quelques pas. Il resta sur ses gardes, et paraissait confus et hésitant en nous regardant, moi et Hestia.

– Je ne vais pas vous déranger plus longtemps et je vais partir … Oh, oui.

Sur le point de partir, il s’arrêta et demanda,

– J’espère que vous participerez au bal de ce soir ; celui-ci sera probablement intéressant, et nous pourrions discuter à nouveau si vous le souhaitez ?

Il essaya de regarder Hestia droit dans les yeux, mais celle-ci répondit avec une expression de dédain qui ne parut pas plaire aux autres personnes dans la salle. Toutefois, Valerian fit comme s’il n’avait rien vu et se retourna avant de partir.

Je ne rajoutai rien et gardai mon sang-froid tandis que nous nous dirigions vers l’ascenseur. Il était franchement incroyable, mais je ne voulais pas avoir affaire à lui, de même pour Hestia. Elle me chuchota quelque chose, mais tout le monde pouvait nous entendre ; l’ascenseur était petit, mais assez grand pour nous transporter tous sans que nous soyons serrés les uns contre les autres.

 

– Je ne lui fais pas confiance Jeune Maître, et lui aussi ne nous fait pas confiance. Nous ferions mieux de ne pas aller au bal dont il parlait, et de rester dans nos chambres …

J’hochai la tête, repensant à ce qu’il nous avait dit. Lena Hellborne, elle était la leader de la Confrérie Brisée, et une Archdémon au même niveau que Leraje …

Il s’agissait probablement d’une chose que tout le monde savait, mais je ferais mieux de le garder à l’esprit en utilisant mon badge. Tout à coup, je me souvins que je devais demander des informations à Christina concernant le ticket, alors pendant que nous utilisions l’ascenseur, je m’adressai à elle,

– Christina, rejoins-moi plus tard dans ma chambre pour que nous puissions discuter. Viens après avoir changé de vêtements.

J’avais déjà demandé à Sandra de m’apporter des vêtements décents pour les filles. Elle m’avait assuré qu’ils allaient m’être rapidement délivrés.

A la fin de a phrase, les filles se tenant à côté de moi parurent surprises et se tournèrent vers Christina qui l’était tout autant qu’elles. Son visage rougit et elle baissa les yeux.

– Ou… Oui Maitre James …

Sa façon de me répondre me rendit confus. J’avais l’impression de l’avoir réprimandée, et sa voix suggérait qu’elle était timide … Hestia qui avait observé la conversation sourit légèrement mais ne rajouta rien …

Je me contentai de soupirer. Pourquoi est-ce que tout le monde se méprenait chaque fois que j’ouvrais la bouche ? Je ne voulais pourtant rien de mal en parlant aux autres.

Avec tout ceci à l’esprit, nous arrivâmes enfin à notre destination – le plus haut étage de cette forteresse : le 30ème étage. En sortant de l’ascenseur, nous virent un couloir majestueux et scintillant, décoré de tableaux et petits accessoires tels que des vases ou statues. Nous traversâmes le couloir, marchant sur un tapis rouge tout en regardant les portes à côté desquelles nous passions afin de vérifier leur nombre et trouver les bonnes. Peu après, nous trouvâmes finalement nos chambres qui se trouvaient au bout du couloir. Elles étaient situées l’une à côté de l’autre, comme je l’avais demandé. Je demandai donc aux filles de prendre l’une des chambres, tandis que je prenais l’autre. J’avais l’impression d’être un idiot, à prendre toute une chambre pour moi-même, mais je voulais un peu d’intimité. De plus, les filles avaient elles aussi besoin d’un peu de temps pour elles, sans devoir se préoccuper de ma présence.

Elles acceptèrent toutes à contrecœur. Je leur fis donc un signe de la main et voulut entrer dans ma chambre, mais Hestia resta avec moi.

– Je suis pourtant sûr d’avoir dit que toutes les filles devaient aller dans l’autre chambre, toi comprise Hestia.

Hestia me regarda d’un air contrariée, les sourcils levés et les bras croisés. Je savais ce qu’elle voulait me dire, mais je n’avais pas besoin de sa protection. Je préférerais qu’elle protège plutôt les filles que moi. Et après que je l’ai sauvée lors du combat contre Michael, elle s’en était probablement redue compte.

Je lui fis signe de partir, désignant la porte par laquelle venaient d’entre les filles.

– Hestia, tu arrives trop tard pour jouer les gardes du corps avec moi. Je peux me défendre tout seul, et rappelle-toi qui t’a sauvé dans la maison. Si tu veux vraiment me protéger, dans ce cas essaye de deviner comment j’ai fait. Pour le moment, j’ai besoin d’intimité, d’accord ? Ce masque me gratte à force d’être porté 24 heures par jour.

Cela n’avait pas l’air de plaire à Hestia, mais elle finit par suivre mes ordres en se dirigeant vers la porte de l’autre chambre. Toutefois, elle s’arrêté tout à coup pour me regarder.

– Quelque chose est étrange. Michael voulait ce ticket pour trouver cet ‘’enfant du mal’’, et toi aussi, tu dois trouver cet enfant. Je ne connais pas trop les circonstances, mais ne s’agit-il pas d’une affaire de très grande ampleur ?

Me demanda-t-elle, suspicieuse. Je ne comptais pas la blâmer, tout était effectivement très suspect, et avec l’apparition de Michael et le temps que nous avions pris à récupérer ce ticket, même moi je me rendais compte de la difficulté de la tâche. Toutefois, je ne pouvais rien dévoiler à Hestia, je n’avais pas le droit.

Au final, je ne lui répondis pas, ce qui parut lui déplaire et la mettre en colère. Elle ouvrit la porte puis la claqua après être entrée … Désolé Hestia.

Je soupirai puis ouvris la porte de ma chambre avant d’entrer à l‘intérieur et de la fermer à clé. Huh …

En regardant l’intérieur de la pièce, je fus impressionné par la qualité de celle-ci et sa propreté. La chambre était entièrement meublée, avec un total de 6 pièces avec 4 salles de bain différentes … Mais pour le moment, cela m’importait peu et je pénétrai dans la chambre à coucher avant de me jeter sur le gigantesque lit.

Je me remis à penser au ‘’Créateur’’ dont avait parlé Michael, et aux ordres que celui-ci lui avait donné. Ces ordres étaient de trouver la fille, et ce ‘’Créateur’’ était probablement Dieu. Mais si c’était bien le cas, cela voulait dire que ce soi-disant ‘’Dieu’’ ne pouvait pas agir, et ne pouvait que demander à Michael de compléter cette mission à sa place. Toutefois, je ne savais pas s’il s’agissait bien d’un Dieu … Comme celui que j’avais rencontré personnellement et qui pouvait modifier la réalité. Mais je savais aussi que Chronos avait des restrictions et ne pouvait pas influencer le monde des mortels … Ahh, ce ‘’Dieu’’ était donc peut-être dans la même position, et avait ordonné à Michael de tuer la fille car il savait qu’il s’agissait de la fille ce Chronos, ce qui voulait dire que ce ‘’Dieu’’ avait peut être une dent contre Chronos lui-même. Mais une autre question se posait … Comment est-ce que Michael savait où chercher, tandis que Chronos ne connaissait pas exactement l’endroit ? Hmm … J’allais peut-être devoir interroger Michael lui-même … Non, avec son attitude, rien de bon n’allait se passer, et il n’était probablement pas au courant.

– Ahhh, quelle plaie.

Grognai-je à moi-même. Peut-être avais-je besoin de faire une petite sieste … Oui, un peu de repos me ferais le plus grand bien.

Ainsi, je fermai les yeux et perdis petit à petit connaissance. Une douce sensation m’enveloppa, et le monde autour de moi disparut.

 

Je fis un rêve … un magnifique rêve. Etonnamment, il s’agissait de mon premier rêve. Je ne m’en souvenais pas exactement, mais cela concernait mon enfance. Dans ce rêve, je voyais le visage d’une femme. Elle souriait doucement, en me regardant d’en haut et me tenant délicatement dans ses bras en chantant une berceuse …

– Hmm huu hmm huu.

Je ne pouvais pas me souvenir de son visage, mais je savais instinctivement qu’il s’agissait d’une personne incroyable. Même si je ne l’avais jamais rencontré avant, elle me paraissait familière, avec sa berceuse. Le rêve en lui-même était plutôt court et se résumait à cela, mais il était doux et chaleureux, me donnant presque envie qu’il ne se termine jamais. Mais comme le disait l’expression, toutes les bonnes choses avaient une fin, n’est-ce pas ?

Je regardai toujours le visage de la femme, tandis que celui-ci commençait petit à petit à disparaitre. Je ne dis rien en voyant cela, non ; je refusais de dire quoi que ce soit. Je me contentai de fermer les yeux, ne voulant pas en voir plus … Je pouvais sentir une part de moi-même se renfermer, une perte refaisant surface. Mon corps essaya de se remplir de n’importe quoi mais échoua. Mais au final, ce creux se remplît d’autres souvenirs de Stella, Cecilia, Steward et même Sera Il y avait aussi quelques souvenirs avec Hestia et Leraje, ainsi que des souvenirs du début de mon travail. Dans tous ces souvenirs, je paraissais … normal ? Ou plutôt passif devrais-je dire.

Le creux en moi finit de se remplir, et j’ouvris à nouveau les yeux.

 

Une lumière vive m‘accueillit tandis que j’ouvrais les yeux avec difficulté, toujours à moitié endormi …

J’essayai de me lever, et sentis toute la fatigue de mes muscles refaire surface, au point même de me faire mal.

*Toc Toc*

J’entendis quelqu’un frapper à la porte et secouai la tête … Combien de temps avais-je dormi ?

Je sortis mon smartphone de ma poche afin de vérifier l’heure … Je fus soulagé en voyant celle-ci ; nous n’étions arrivés ici que depuis 4 heures. Il était actuellement minuit, alors qui pouvait bien toquer à la porte à une telle heure ?

*Toc Toc *

Je me levai du lit avant de me diriger vers la porte. La personne de l’autre côté de la porte continua à frapper, ce qui commença à m’énerver. J’atteins enfin la porte, encore à moitié endormi.

– Qui est-ce ?

Demandai-je de mauvaise humeur, ce qui se fit ressentir dans le ton de ma voix. J’entendis la personne de l’autre côté trembler en se présentant.

– Maitre James ? C’est moi, Christina. Vous m’avez dit de venir après m’être changé, alors je suis là … Ehm, j’arrive au mauvais moment ? Si vous le voulez, je peux repartir et revenir demain ?

Je secouai la tête … Ouais, c’était ma faite. Elle n’était pas la raison de ma mauvaise humeur, et la faire partir après l’avoir appelée ici paraissait idiot. J’ouvris donc la porte, révélant une beauté aux cheveux blonds portant des habits noirs, une capuche attachée à son haut, comme je lui avais demandé. Ces vêtements étaient parfaits, et lui allaient à merveille.

Tandis que j’étais sur le point de complimenter ses vêtements, Christina parut surprise et me demanda, l’air inquiète,

– Vous allez bien Maitre James ? Vous avez mal quelque part ?

Sa question me rendit confus car je ne voyais pas ce qu’elle voulait dire par là, jusqu’à ce que je remarque quelque chose coulant sur ma joue … Il s’agissait d’une sorte de fluide, alors je levai ma main par réflexe afin de l’essuyer et me rendit compte qu’il coulait de mes yeux … Il s’agissait de mes larmes … Eh ?

Je ne comprenais pas ce qu’il se passait tandis que des larmes coulaient le long de mes joues … Est-ce que je pleurais ? J’essayai de le nier car rien ne me frustrait à ce point, et que même si c’était le cas, je ne me serais pas mis à pleurer …

Tandis que j’essuyais mes larmes, paniqué et embarrassé devant Christina, je sentis quelqu’un m’enlacer. Je me rendis vite compte de Christina, qui s’étais avancé et m’avait prise dans ses bras … Elle posa sa tête contre mon torse, et je sentis une chaleur s’inviter en moi. Pendant un instant, je ne savais plus quoi dire, ne comprenant pas pourquoi elle faisait ça.

– Pourquoi … ?

– Vous m’aviez l’air affligé, alors je pensais que vous aviez besoin de quelqu’un à qui parler. Le contact physique avec les autres est important … Vous êtes un peu trop poussif avec les gens autour de vous et vous n’interagissez pas beaucoup avec eux. Vous paraissez sans cesse les repousser derrière une ligne de sécurité …

S’exclama-t-elle en essayant de toutes ses forces de ne pas me regarder dans les yeux. De ma perspective, je vis ses oreilles devenir rouges vives. Malgré sa timidité, elle m’avait prise dans ses bras, alors que rien ne l’y obligeait.

Pendant un instant, je voulus la repousser instinctivement, mais m’arrêtai en réfléchissant  ce qu’elle venait de me dire. Oui, elle avait raison. Je repoussai les gens loin de moi dès que je le pouvais. C’était apparemment devenu une habitude … C’était étrange, elle s’en était rendu compte alors que nous ne nous étions rencontré que depuis quelques jours. Mais en même temps, cela me faisait comprendre pourquoi Hestia essayait toujours d’interagir de force avec moi … Hmm … était-je vraiment si facile à comprendre ?

Je soupirai puis attrapai les épaules de Christina avant de la séparer de moi.

– Entre, je voulais te parler du ticket.

Christina acquiesça, devenant tout à coup plus sérieuse en pénétrant dans la suite après avoir retiré ses nouvelles chaussures. Je fermai la porte derrière elle  et me dirigeai vers la table tout en la regardant du coin de l’œil.

– Merci …

Chuchotai-je. Elle ne m’avait probablement pas entendu, mais j’étais trop embarrassé pour lui dire directement … Merde, tout ça à cause de ce satané rêve.

 

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2 réflexions sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 75

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    5 septembre 2016 à 15 h 56 min
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    😮 il a rêvés de sa mere 🙂 Merci pour le chapitre 🙂

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  • Avatar
    5 septembre 2016 à 20 h 37 min
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    Allez les origine se dévoile nyn (j’sais plus trop son nom) celle qui fait peur même à chronos et qui était apparue dans un de ses rêve est en réalité sa mère , voilà j’ai devinez XD

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