Chapitre 73 : C’est Tout ce que je Voulais Savoir

 

Gore … En entrant dans le couloir, je fus accueilli par des cadavres derrière la porte. Les 3 soldats d’élite que j’avais tué gisaient sur le sol, coupés en 2. Le reste du couloir n’était pas dans un meilleur état et était jonché de corps sanguinolent et organes divers et variés …

– HAAAHHH !

Chase cria en regardant terrifiée les environs. Ce qui était auparavant un beau couloir ressemblait maintenant à une boucherie. Certains de ces cadavres n’avaient même pas été tués par moi, mais par les soldats en robes blanches eux-mêmes. Tout était horrible, que ce soit l’image, l’odeur ou la sensation sous nos pieds lorsque nous ne pouvions nous empêcher de marcher sur des restes humains.  Et le pire dans tout ça ? Je commençais à m’y habituer.

Hestia marchait à côté de moi d’un air indifférent. Cela n’avait pas l’air de l’affecter, ce qui n’était pas le cas pour Chase. Son visage tout entier était vert tandis qu’elle respirait avec difficulté. Un tel spectacle lui envoyait sans cesse des frissons tandis qu’elle continuait à me suivre.

Ainsi, nous continuâmes à traverser le couloir en silence.

*Dring Dring Dring*

Tandis que nous étions sur le point d’atteindre le rez-de-chaussée, je fus surpris par la sonnerie du téléphone. Je ne pensais pas avoir de réseau dans une autre dimension. Je sortis le téléphone de ma poche et regardai l’écran pour voir de qui il s’agissait … Steward ?

 Hestia avait l’air de se poser tout un tas de questions en entendant la sonnerie. Elle contempla le téléphone avant de me demander,

– De qui s’agit-il ?

Cela attisa aussi la curiosité de Chase qui s’approche de moi.

– Mon superviseur … Tu vas probablement le rencontrer à l’avenir, il s’agit de la personne que je vais voir quand j’ai quelque chose à dire ou rapporter.

Hestia et Chase acquiescèrent, légèrement impressionnés pour une raison inconnue. Hestia sourit en se rapprochant de moi, afin d’écouter la conversation entre moi et Steward. Je ne connaissais pas vraiment la raison de son geste, étant donné qu’elle pouvait entendre la conversation sans être aussi proche de moi … Mais je ne comptais pas l’interroger sur cela, et me contentai de répondre à l’appel. Je me demandais ce qu’il voulait. En y repensant, je me rendis compte que Steward ne m’avait donné que 2 jours de repos … J’étais censé retourner au travail demain … J’étais légèrement perplexe en me rendant compte de cela, car je n’étais pas sûr d’y arriver à temps.

– Allo ? Steward ?

Je pouvais entendre un son aigu de l’autre côté, paraissant s’ajuster petit à petit. Lorsque le son mourut enfin, j’entendis Steward tousser à travers l’appareil.

– Dawn, je pense ne pas avoir à vous rappeler que demain, vous êtes censé retourner travailler. Mais ce n’est pas pour ça que je vous appelle. En fait, êtes-vous actuellement dans une autre dimension ? Les circuits magiques de mon téléphone essayent de s’ajuster à quelque chose …

Steward était vraiment la dernière personne à laquelle je voulais expliquer tout ça, mais en même temps, je ne voulais pas lui mentir. Lui donner une bonne impression de moi était bien plus profitable. Au final, il savait que je lui cachais de nombreuses choses, mais cela ne le dérangeait pas et il ne se mêlait que de ce qui concernait le travail, ce que j’aimais beaucoup chez lui.

– Oui, je suis actuellement dans une autre dimension afin de récupérer quelque chose. D’ailleurs, je vais probablement ramener plusieurs personnes chez moi. Mais bon, nous parlerons de tout ça à mon retour. Il se peut que je n’arrive pas à temps, alors j’aimerais m’excuser à l’avance pour l’inconvénient, Steward.

Il y eut une courte pause dans la conversation, puis Steward parla à nouveau. Sa voix ne changea pas et resta passive, tandis que la mienne essayait d’être plus amicale.

– Bien, nous en reparlerons à votre retour. Et es ‘’personnes’’ que vous ramenez, j’aimerais savoir si elles peuvent vraiment venir avec vous, si vous voyez ce que je veux dire …

Sa voix contenait un certain tranchant, ce qui me surprit sur le coup, me faisant me raidir inconsciemment … Il me demandait si ce que je faisais était illégal, et si cela allait avoir des conséquences négatives sur la maison. Je ne savais vraiment pas comment lui répondre sans devoir tout lui expliquer en détails.

– Elles sont consentantes, et c’est tout ce qui compte.

Répondis-je sur un ton neutre, ce qui fit soupirer Steward.

– Dans ce cas, très bien. A votre retour, j’aurai quelque chose à vous dire. Nous discuterons de tout ça plus tard, je raccroche.

Ceci dit, Steward raccrocha et je rangeai mon téléphone dans ma poche en soupirant. Expliquer tout ça n’allait pas être de tout repos. Hestia s’écarta elle aussi du téléphone et s’exclama avec un sourire cynique,

– Votre superviseur a l’air sévère. Si vous le voulez, je peux le faire un peu cuire ? Cela le rendre probablement plus amical.

Son sourire actuel était tout sauf pacifique, et une flamme blanche apparut au bout de son doigt. J’hochai la tête puis lui répondit que ce n’était pas nécessaire. Il était toujours comme ça, et ce n’était pas dans le but de blesser. Il était comme ça, c’est tout. Hestia se calma et me demanda,

– Mais, jeune maître, êtes-vous sûr que nous pouvons lui faire confiance ? Vous travaillez peut-être pour lui, mais n’est-il pas un peu trop suspicieux ? Même sa dernière phrase paraissait agressive …

S’exclama-t-elle d’un air mécontent. Même Leraje avait une impression similaire de Steward, même s’il se fichait de lui. Leraje aussi avait refusé de lui faire confiance et s’en était plaint.

En vérité, je ne savais pas si Steward était digne de confiance. Il agissait toujours pour le bien de la maison qu’il servait. Je n’avais pas vu beaucoup d’expressions sur son visage à part un sourire passif ou un air monotone, ce qui me compliquait la tâche lorsque j’essayais de lire en lui. Mais j’étais sûr qu’il n’agissait jamais par simple curiosité ou pour simplement arriver à ses propres fins, quelqu’un dans la maison proche du statut de Cecilia devait lui donner des ordres. Il n’avait pas d’autre choix que d’obtempérer, et il s’agissait aussi d’une chose qui me faisait peur …

– Continuons à avancer.

Je repoussai tout ça dans un coin de mon esprit. Pour le moment, je devais compléter ma tâche, et j’avais déjà perdu assez de temps.

Ceci dit, nous descendîmes les escaliers et entrâmes dans un nouveau couloir. La maison était maintenant remplie de cadavres, et plusieurs personnes commencèrent à sortir de leur cachette en se rendant compte que les soldats en blancs étaient tous … Tandis que nous courions dans le couloir, je remarquai que de nombreuses personnes avaient résisté au massacre ; à part quelques gardes mutilés, plusieurs soldats en robes blanches avaient été poignardés à coups de couteaux de cuisine ou de lances en bois. On aurait dit qu’une guerre avait eu lieu ici. Le nombre de cadavres paraissait sans fin, et l’odeur plus que la vue du spectacle me donnait la nausée.

– Jeune maître …

Hestia s’approcha de moi et prit mon bras, sa chaleur et son odeur faillirent me distraire de l’horrible odeur dans l’air. Je savais que je devais me séparer d’elle afin de ne pas lui donner trop d’idée dont elle pourrait se servir plus tard, mais je me sentais si bien … Apparemment, Hestia s’était rendu compte de mon déconfort face aux alentours, et essayait de me calmer. Toutefois, je pouvais aussi ressentir une autre raison plus égoïste tandis qu’elle m’enlaçait …

En me voyant si obéissant, Hestia parut heureuse et commença à devenir un peu plus osée. Bien sûr, je m’en rendis compte et la repoussai.

– Ahhh, j’y étais presque !

S’exclama-t-elle de façon exagérée en faisant semblant de pleurer. Honnêtement, c’était drôle, mais je ne lui répondis pas et nous continuâmes à avancer. Chase se contenta de faire un sourire amer sans rien dire. Hestia et moi nous avions beaucoup parlé en sa présence, mais ces choses étaient seulement compréhensibles par moi et Hestia, la mettant ainsi totalement à l’écart. Toutefois, les cadavres sur le sol lui faisaient vite oublier cela.

J’étais vraiment reconnaissant envers Hestia. Elle repoussait parfois les limites, mais savait quand s’arrêter. Et derrière son attitude tête-en-l’air se cachait un tigre prêt à bondir … enfin non, plutôt un oiseau sérieux et concentré sur son objectif. Elle avait une face ‘’généreuse’’ qu’il me manquait parfois. Même à l’instant, elle avait essayé de me calmer avec son action stupide, parvenant ainsi à me voler un sourire.

Nous n’étions plus très loin de la sortie, et j’avais déjà préparé tout un plan dans ma tête. Mais en nous avançant vers la sortie, mon ouïe surdéveloppée entendit quelque chose à l’extérieur … Etaient-ce … des cris et des bruits de tirs ?

Le visage d’Hestia se raidit lui aussi. Elle l’avait probablement entendu. J’essayai d’ouvrir la porte, mais celle-ci était fermée depuis l’extérieur. Hestia se rendit compte du problème et attrapa mon épaule en souriant. Une aura effrayante émanait d’elle ; probablement parce que les cris que nous venions d’entendre venaient des femmes à qui j’avais ordonné de quitter la maison.

– Puis-je jeune maître ?

Sa demande paraissait presque être un ordre, mais il devait probablement s’agir de mon imagination, n’est-ce pas ?

J’hochai simplement la tête avant de reculer, laissant Hestia s’occuper assez brutalement de la situation. Elle leva sa jambe et frappa la porte au niveau de la serrure, la brisant d’un coup. Un courant d’air frais s’infiltra dans la couloir tandis que je laissai échapper un soupir de soulagement, mais cela ne dura pas, car je vis devant moi une foule. Ils étaient tous bien armés, et plusieurs cadavres gisaient à côté d’eux. Ils encerclaient tout un tas d’esclaves en souriant vicieusement, certains ne cachant même pas leurs expressions perverses en regardant les femmes esclaves … Certains visages parmi ces esclaves m’étaient familiers, comme Christina.

En voyant la foule de soldats encerclant les esclaves, Chase se mit à maudire,

– Cette salope de Sandra, cette pute est toujours là quand quelqu’un commence à saigner !

Je plissai les yeux et lui demandai,

– De qui parles-tu ?

Ainsi, elle m’expliqua tout.

Apparemment Chase entretenait actuellement une mauvaise relation avec l’un des seigneurs alentours. Son nom était Sandra, et elle gérait un hôtel 5 étoiles, qui était aussi son centre d’opérations. Elle était apparemment célèbre pour combattre des adversaires faibles. Selon Chase, elle ne combattait jamais d’ennemi avec une force égale ou supérieure à la sienne. De plus, elle préférait s’enfuir de tels combats en s’accrochant à son business, éliminant de temps en temps la concurrence par quelques tactiques frauduleuses.

J’étais franchement surpris qu’elle puisse établir et maintenir son établissement ainsi, mais cela ne m’intéressait pas vraiment, et je commençai à me diriger calmement vers eux. J’avais quelque chose en tête … Et la situation était parfaite.

– Heyyyyy Chasy, comment vas-tu ? ~~

La plupart des soldats nous avaient vus défoncer la porte et nous regardaient de loin tout en s’approchant. Une femme aux longs cheveux noisette portant des vêtements de cuir s’approcha de nous. Elle menait 8 différents groupes d’hommes à l’apparence peu recommandable et tous armés. La femme en question était vraiment mignonne, mais il y avait une certaine froideur dans ses yeux, ne correspondant pas à sa voix douce. Elle parut s’adresser à une vieille amie, ce que Chase n’était évidemment pas … Il s’agissait de Sandra n’est-ce pas ?

Les hommes, toutes armes sorties, souriaient en regardant Hestia. Hestia quand à elle les regardait d’un air froid, comme si elle voulait les tuer d’un simple regard. Elle n’aimait évidemment pas leurs regards lubriques, et répondit avec une attitude froide et emplie de désir de meurtre. Lorsqu’ils ressentirent ce désir de meurtre, les hommes tremblèrent inconsciemment en serrant plus fort leurs armes.

Après avoir inspecté la scène dans sa totalité, mon regard se tourna vers Sandra. Elle remarqua  cela, et pensa qu’il s’agissait d’un regard pervers. Elle se tourna vers moi en souriant et plaça ses mains sur ses hanches en prenant la pose.

– Hey beau gosse, tu as de bons yeux, mais un très mauvais sens de la loyauté. Tu sais, je peux te laisser toucher, ais en échange, poignarde cette femme derrière toi … Et peut-être aussi cette connasse rousse, je n’aime pas son regard, elle est vraiiiiiiment flippante tu sais ?!

S’exclama-t-elle d’un air amusé tandis que les hommes derrière elle éclataient de rire.

Hestia sourit tandis que Chase plaqua sa main contre son visage en voyant l’attitude de Sandra. Elle se rappelait probablement d’elle-même, lorsque nous nous étions rencontrés pour la première fois, et honnêtement, j’avais pensé à Chase en voyant l’attitude hautaine de Sandra. J’ignorai donc sa requête et lui demandai,

 – Tu as un hôtel ?

Cette simple question fit disparaitre le sourire sur son visage, et les hommes se mirent à rire de plus belle en me pointant du doigt et m’insultant. Sandra pensait que je jouais la comédie et me décrivis donc son hôtel en détail.

– Oui, j’ai un hôtel, un 5 étoiles qui plus est … Non, même 6 étoiles ne seraient pas assez pour décrire sa magnificence. Celui-ci comprend des plats du monde entier, des artistes et musiciens jouant en direct, des chambres et couloirs brillant plus qu’un diamant et même des toilettes en or pur. Mais tu sais quoi ?

Elle s’arrêta un instant afin de me laisser poser la question évidente, ce que je ne fis bien sûr pas. Ainsi, son regard devint froid et elle me regarda comme si j’étais un simple déchet. Cela ne m’affecta pas du tout, et elle continua son petit discours.

– Les personnes comme toi n’ont pas la chance de fouler cette terre sacrée. Non, les personnes comme toi suivent mes ordres et poignardent mes compétiteurs et les salopes rousses qui me déplaisent. Les personnes comme toi feraient tout pour moi, car ce sont des idiots espérant garder leur vie et leur liberté. Alors laisse-moi te répéter une dernière fois : poignarde cette femme derrière toi et cette putain de connasse rousse. Je te laisserai peut-être à moitié en vie après ça …

– Tu as terminé ?

Demandai-je indifféremment après toutes les atrocités qu’elle venait de me dire. Mon ton resta paisible, sans le moindre tremblement, complètement à l’opposé de ce à quoi elle s’attendait. Elle s’attendait à ce que je lui obéisse et que je la supplie de m’épargner, mais ça n’allait pas arriver, car elle se trompait en pensant savoir qui avait le dessus ici.

– Quoi ?!

S’exclama-t-elle, se demandant probablement comment j’arrivais à garder un tel calme. Même Hestia ne la regardait même pas, et attendait simplement que je lui donne l’ordre.

– Tu as un hôtel, c’est tout ce que je voulais savoir. Hestia, crame-les.

Recevant mon ordre, Hestia se mit à sourire et des flammes blanches apparurent autour d’elle, formant un large phénix dont elle était le cœur.

Sandra parut confuse et hésitante en voyant le large oiseau incandescent apparaitre ainsi autour d’Hestia. Elle n’aurait jamais pu s’imaginer qu’il allait s’agir de la plus grande erreur de sa vie.

 

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2 réflexions sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 73

  • Avatar
    1 septembre 2016 à 16 h 29 min
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    C’est chaud le personnage trop inutile…

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  • Avatar
    1 septembre 2016 à 23 h 20 min
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    Sandra apparaît juste à la fin mais réussis à se faire haïr par les lecteurs XD complètement différent de la charmante hestia <3

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