Chapitre 67 : La Petite Nécromancienne

 

– Ehhh … Que s’est-il passé ?!

Les 3 filles sursautèrent en voyant les copeaux de bois être projetés au loin. A l’endroit où se tenait auparavant un banc, il ne restait que des décombres.

– Je viens de vous le dire, il y a des fantômes dans cette maison, et puisque vous embêtez leur maitre, ils sont en colère. Mais si vous vous excusez, ils vous laisseront probablement partir, à moins qu’ils ne préfèrent vous arracher la mâchoire ?

Tout à coup, une fente de 2 mètres de long s’ouvrit sur le sol devant les filles, ce qui en fit tomber deux par terre. La fille au milieu du groupe, la leader, tremblait de peur et son visage était pâle comme un linge.

– Ahhh ! Je n’en peux plus !

Cria l’une des filles avant de s’agenouiller devant Evangaline et de s’exclamer,

– Je suis désolé, je suis désolé, je ne recommencerais plus.

Puis, elle courut vers le couloir, des sueurs froides coulant sur son front. J’enclenchai quelques effets supplémentaires pendant sa course afin qu’elle continue à courir, puis les 2 autres filles se tournèrent vers Evangaline et s’excusèrent. Enfin, je les fis courir comme la première.

Je laissai échapper un long soupir. J’espérais qu’elles apprendraient de cette expérience, mais en voyant leur lieu de naissance, j’en doutais fort.

Tout cela n’avait pris que très peu de temps. Je me tournai vers Evangaline qui était toujours assise au sol, enlaçant son ours en peluche tout en baissant les yeux. Je marchai vers elle d’un pas léger, et je la vis trembler en e voyant arriver. Elle ne leva pas le regard vers moi et continua à serrer fort l’ours en peluche dans ses bras. Je lui tandis ma main.

– Lève-toi. Tu vas te salir en restant pas terre.

Mes mots surprirent Evangaline, mais elle n’essaya pas de refuser. Elle pensait probablement ne pas pouvoir refuser et prit donc ma main. Comparé à la main de Stella, la sienne était légèrement rugueuse pour son âge, mais elle était aussi petite et mince.

– Pourquoi n’as-tu pas essayé de résister ? N’es-tu pas l’un des maîtresses de cette maison ? Je pensais que tu faisais partie de la plus prestigieuse famille ici, je me trompe ?

Elle ne me regarda toujours pas et se mit même dos à moi. Je l’entendis grommeler, se plaignant de la rudesse de mes propos.

– Ca ne te regarde pas, sac à viande.

– Cela ne me regarde effectivement pas, mais que tu m’appelles sac à viande est une toute autre histoire. Alors qu’en penses-tu ? Veux-tu continuer notre petite histoire de fantômes ?

M’exclamai-je, amusé en voyant ses cheveux se dresser tout à coup. Elle regarda tout autour d’elle ; ses alentours étaient détruits à l’exception de la fontaine. Quand aux pavés et buissons, ils étaient ruinés et avaient passés le point de non-retour.

La petite fille acquiesça à contre cœur comme si je lui faisais un sermon. Son expression était la même que celle de Stella lorsque je la fâchais. En fait, elle était une fille très ordinaire, enfin, en ignorant le fait qu’elle appelle les autres ‘’Sac à viande’’.

Je me dirigeai vers un autre banc intact puis m’assis avant de lui désigner la place à côté de moi.

– Viens t’asseoir. Parler debout est fatiguant.

Elle paraissait nerveuse mais hocha la tête avant de se diriger lentement vers le banc. Elle fit un petit saut en s’asseyant

 Ses longs cheveux argentés touchaient presque le sol, alors je les pris et les plaçai par-dessus son épaule.

– Alors, pourquoi n’as-tu pas essayé de résister ? D’ailleurs, où est passé ton majordome mort ?

– Son nom est Sebastian !

Rétorqua-t-elle tout à coup. La légère colère dans sa voix me fit hausser les sourcils. Elle réalisa rapidement son attitude et se remit à baisser les yeux en serrant son ours en peluche. Après quelques secondes d’attente, elle me répondit enfin.

– Je ne voulais pas utiliser mon autorité comme ça. Sinon, tout le monde pensera que je suis faible et se moquera encore plus de moi. Même mes sœurs n’utilisent pas leur nom pour quelque chose comme ça, parce qu’elles sont fortes …

Son explication me paraissait confuse mais j’en comprenais le sens général. Puisqu’ici le fort dévorait le faible, montrer une faiblesse signifiait se rendre vulnérable.

– Alors pourquoi n’essayes-tu pas de devenir forte ? Je les ai entendu parler de nécromancie, et après avoir vu ton majordome ‘’Sebastian’’, je peux en déduire que tu as quelque chose dans lequel tu excelles. Alors pourquoi ne pas en profiter ?

En m’entendant, elle devint tout à coup amère et me répondit,

– Je … Je ne peux pas contrôler plus d’1 mort-vivant à la fois et … Je ne veux pas qu’ils fassent de mal à Sebastian.

S’exclama-t-elle avec regret.

Je la contemplai un instant. Apparemment ce cadavre était très important à ses yeux, il s’agissait peut-être de son précèdent majordome auquel elle était attachée. Dans tous les cas, elle ne voulait pas se séparer de lui, même si celui-ci était mort et n’allait jamais pouvoir retourner à la vie. Selon moi, cela n’allait que la blesser encore plus, et personne ne faisait rien huh ?

– Ton Sebastian ne reviendras jamais, tu le sais bien n’est-ce pas ?

Dis-je sur un léger ton de moquerie. Cela la mit en colère et elle rétorqua,

– NON ! JE VAIS TRAVAILLER DUR ET Y ARRIVER !

– Arriver à quoi ? Il n’est plus qu’une coquille vide contrôlée par tes désirs, rien de plus. Tu t’en rendras un jour compte, et cela ne fera que te blesser encore plus.

Je me levai du banc et me dirigeai ensuite vers ma chambre. Cette conversation était inutile et vaine. J’y avais seulement prit part car j’étais énervé, mais cela m’avait aussi permis d’obtenir quelques informations sur la Nécromancie. Steward m’avait expliqué que ressusciter les morts était un tabou dans la société des mages, mais que peu de personnes y arrivaient car il fallait un talent inné pour la magie de mort. Apparemment les Nécromanciens étaient une tare pour la société car ils avaient tendance à dévoiler leur existence au monde extérieur et causaient des problèmes avec leurs êtres ressuscités. Selon Steward, les Nécromanciens devaient être chassés et présentés devant une cour de justice, qu’ils soient bons ou mauvais. De tels menaces n’apporteraient rien de bon, alors les Nécromanciens étaient gérés ainsi. Toutefois, il ne m’avait pas expliqué ce que l’on faisait aux Nécromanciens capturés. Je ne lui avais pas demandé, mais je pouvais facilement le deviner.

– Comment peux-tu comprendre ?! Tu es fort ! Tu ne comprendras jamais ce que je ressens !

S’écria tristement la petite fille en brandissant son ours. Je m’arrêtai de marcher un instant, je souriais et voulais presque éclater de rire … Je ne voulais pas rire d’elle, mais de moi-même. La seule raison de ma force était la chance, mais je la comprenais. Moi aussi, à un moment de ma vie, j’avais l’impression de toujours tirer le mauvais numéro. Pendant quelques secondes, je me rappelais de ce qui m’était arrivé en prison …

– Tout le monde a sacrifié quelque chose pour être fort. Mais bon, vas-y, si tu en as envie, continue à utiliser ton Sebastian.

Elle gonfla les joues et se retourna avant de quitter le jardin détruit. Moi aussi je partis. Honnêtement, j’en avais assez de cet endroit. Une fois le ticket reçu, je comptais quitter cet endroit pour de bon. Mais en attendant, j’allais faire une sieste.

Je marchai jusqu’à ma chambre. En arrivant enfin, je fus accueilli par Hestia et les femmes esclaves.

 

– Point de Vue de Steward –

La pluie n’arrête pas de tomber …

Pensai-je un instant en me dirigeant vers le laboratoire. Un jour était passé depuis le combat entre Dawn et l’intendant dragon de la famille Sylva. Pendant cet évènement, la conduite de Madame m’avait vraiment déçue, mais maintenant, j’avais d’autres choses à faire. L’une de ces choses concernait la requête de Madame …

Découvrir qui était Dawn …

La requête de Madame était un secret, et j’avais l’habitude de ne pas trop fouiller dans les affaires des autres, mais même moi je me posais de nombreuses questions … En montant les marches, je jetai un coup d’œil au dossier dans ma main. Il y avait inscrit dessus ‘’Dawn Timer’’. Le dossier était extrêmement fin, il ne contenait que 2 pages à cause du manque d’informations sur lui. Au départ, lorsque Madame m’avait demandé d’enquêter, j’avais d’abord essayé la méthode la plus évidente, c’est-à-dire hacker la base de données des Etats-Unis. J’avais essayé de le retrouver en utilisant les programmes de reconnaissance faciale ou en tapant des mots-clés tels que son âge ou son nom. Cela avait prit du temps, pour au final ne rien découvrir. Aucun nom, aucune date ou lieu de naissance, comme s’il n’avait jamais existé et venait miraculeusement d’apparaitre. J’avais aussi recherché sa petite sœur, mais il n’y avait rien sur elle, me rendant complètement confus.

Honnêtement, Dawn était unique et difficile à oublier. Il était intelligent, vigilant et ne paraissait jamais arrogant ou trop sûr de lui, mais plutôt pensif et calculateur. De plus, il n’y avait pas vraiment de morale ou de dignité dans ses actes et il souffrait d’un grave manque de sens commun. Ses sens surpassaient eux des autres, faisant de lui une existence incroyable. De plus, il était monstrueusement fort. Je voulais l’engager comme garde du corps afin de contenir une telle force et l’empêcher d’être récupérée par d’autres. Mais en même temps, j’avais réalisé qu’une telle force ne pouvait être contenue ou stockée. Son pouvoir était inconnu et inexplicable, mais il paraissait pouvoir tout faire avec. Cela m’avait aussi surpris au plus au point, lorsque j’ai vu son garde du corps, un démon au rang d’Archdémon. Je n’avais même pas réussi à détailler la situation à la directrice sans paraitre ridicule, mais heureusement, elle n’avait pas essayé de questionner davantage mes vagues explications. En même temps, cela m’inquiétait … Dawn avait été rencontré il y a peu, mais il faisait toujours bouger de larges engrenages, affectant ainsi tous les engrenages autour de lui. Il fallait donc enquêter sur lui, avant que tous ces engrenages n’entrent en action.

Après quelques secondes, je parvins enfin à ma destination : le laboratoire. J’entrai à l’intérieur et vis un homme aux cheveux roux lisant le journal, assit à son bureau. Il remarqua mon arrivée et posa son journal sur le bureau avant de mettre ses lunettes et de me regarder.

– Bonjour Steward, tu viens pour le test ?

– Oui Jerry, c’est terminé ?

– C’est effectivement terminé. Je l’ai déjà ajouté à la base de données, alors tu peux y jeter un coup d’œil quand tu veux, ah oui, d’ailleurs, reprends ça.

Il me donna une cuillère en argent dans un sac en plastique. Je lui avais donné cette cuillère après que ma recherche sur Dawn ait échouée. Après ça, il ne me restait plus aucune idée à part mener une recherche ADN afin de lier ses données à la base de données de la société des Mages, classée top secret. Et l’endroit où je me trouvais n’était accessible qu’à une poignée de gens, moi compris heureusement.

J’acquiesçai en direction du chercheur. Lui et moi nous étions assez proches à l’époque, mais au final, nous avions choisis de suivre des chemins de carrière différents avant de nous rencontrer à nouveau par le fruit du hasard. Nous étions donc amis et il m’avait fait passer en priorité lorsque je lui avais demandé une faveur, ce pour quoi je lui étais reconnaissant.

Je m’enfonçai donc plus profondément dans le laboratoire, passant à côté d’autres chercheurs qui ne prirent même pas la peine de se retourner vers moi. Je ne les regardai pas non plus étant donné qu’ici, il valait mieux pour tout le monde de se concentrer sur son travail et rien d’autre. Moi aussi je respectais cette règle, et arriva enfin dans une pièce ne contenant qu’un simple ordinateur blanc sur un bureau.

Je m’assis à ce bureau et allumai l’ordinateur. Après quelques secondes, un navigateur apparut et rien d’autre. J’ouvris le dossier que je tenais dans ma main et tapai le nom et le code dans le navigateur, il s’agissait d’une série de nombres liée à Dawn et codée afin de chercher ses données dans le système. La recherche ADN allait me permettre de lier des personnes possédant le même ADN, lui-même stocké ici avec leurs informations personnelles. J’étais persuadé que cela allait marcher, mais en même temps …  J’étais inquiet du contraire, car cela ne ferait qu’accentuer le potentiel d’anormalité de Dawn. J’avais déjà vérifié s’il était humain ou non, mais je savais qu’il était humain à 100%.

 En terminant de taper le code, je tapai ensuite sur la touche d’entrée et le moteur de recherche disparut instantanément. Il fut remplacé par de longues lignes de code, textes et graphiques de structures ADN qui furent comparés à d’autres structures à la vitesse de l’éclair. Par rapport au système informatique principal des Etats Unis, cette ordinateur était bien plus puissant et e montra le résultat après seulement quelques secondes. Toutefois, une fois la recherche terminée, je vis la personne correspondante à l’ADN de Dawn et fut surpris … Non, j’étais abasourdi, choqué et estomaqué. Comment était-ce possible … ?

Le nom situé à côté du lien de Dawn …

– Aiden Senjin, chef de la maison Senjin.

 

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3 réflexions sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 67

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    22 août 2016 à 12 h 15 min
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    Hohooo Mr le demi dieu des origine importante +_+

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      25 août 2016 à 22 h 45 min
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      Bah oui, un peu de prestige s’il te plais ^^

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    29 mars 2017 à 21 h 23 min
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    Qui est Aiden Senjin ?

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