Chapitre 58 : Sourire Douloureux

 

L’homme-lézard et moi, nous nous regardâmes. A ses yeux, je n’étais probablement qu’une proie de tous les jours, et voyant qu’ici, la violence était la norme, je voulais voir ce qui était permis et ce qui ne l’était pas. Pendant un instant, un éclat de colère traversa les yeux de l’homme-lézard. Il avait vraiment des problèmes à contrôler sa colère.

– Tu es plutôt courageux gringalet, mais maintenant donne-moi tout ce que tu as, et je te laisserai peut-être un bras. Alors, qu’en penses-tu ?

Je fis un geste, comme si je réfléchissais à sa question, avant de lui répondre,

– Et si je te répondais …. Non ?

Il était sur le point de dire quelque chose, mais j’arrêtai le temps. En m’approchant de lui avec mon épée plasma sortie, je voulais vérifier l’étendue des limites de ce lieu … Alors je commençai tout doucement, en lui coupant les jambes.

Après une simple attaque à ses jambes, je rangeai mon arme puis retournai à ma position initiale avant de remettre le temps en marche, lorsqu’il était sur le point de me parler,

– Et si je te …

Après 3 secondes, il arrêta de parler et se figea. Puis, après 4 autres secondes, ses jambes commencèrent à saigner d’une étrange couleur : son sang était bleu … En tout cas, il perdit son point de support et tomba en criant. Maintenant, je me fichais de ce qu’il comptait me dire, et continuai mon expérience. Je regardai tout autour de moi et remarquai que personne ne me prêtait la moindre attention, et que tout le monde ignorait l’homme criant au sol …

Je me tournai vers ses 2 subordonnés dont le regard passait de leur leader à moi. Je vis de la peur dans leurs yeux. Bien, ils n’étaient pas stupides. Après tout, attaquer un ennemi sans avoir la moindre information sur lui et sans savoir comment agir était vraiment une décision idiote …

Au final, les 2 subordonnés s’enfuirent, me laissant seul avec leur leader.

– Pitié … épargne-moi …

Me supplia-t-il, mais je l’ignorai et lui coupai les mains. Cette fois-ci, je le fis publiquement, afin que tout le monde en soit témoin. Je sortis mon épée plasma et coupai proprement ses deux mains. Ses blessures se cautérisèrent instantanément en émettant une légère fumée.

L’homme-lézard perdit connaissance à cause de la douleur. Si je le laissais comme ça, il allait probablement mourir, mais je m’en fichais. Il n’était pas là question de bien ou de mal, il s’agissait simplement d’une logique immuable : ‘’Le fort dévore le faible.’’. Il s’agissait d’une loi tacite que tout le monde connaissait au niveau subconscient. Il était possible de se justifier ainsi pour tout, mais personne ne pouvait dénier cette règle, selon laquelle les forts se tenaient toujours au sommet. De plus, pour ma défense, cet homme était probablement méchant à 100%.

En terminant de découper ses membres, je me retournai vers la foule et remarquai quelques regards avides. Ce n’était pas dû à l’exécution publique, mais à l’épée plasma que je tenais dans ma main … Ils regardaient mon épée en ignorant ce que je venais de faire … J’avais donc ma réponse.

– Je me demande comment ils arrivent à travailler sans que ce ne soit constamment le chaos …

Murmurai-je calmement en rangeant mon épée plasma dans le Clavicula.

Je sentis quelques regards disparaitre et d’autres partir, mais tous n’étaient pas aussi intelligents. En me déplaçant dans la foule, je détectai 13 personnes me suivant … Et cette fois-ci, ce n’était probablement pas à cause de mon apparence.

 

*Criii*

Avec un crissement, la porte du bar s’ouvrit et j’entrai à l’intérieur d’un pas lourd. Du sang dégoulinait de mes mains, et mes chaussures laissaient des traces rouges sur le sol, tandis que je m’approchai du comptoir.

Il y avait de nombreux individus autour de moi, assis à leurs chaises et buvant tout en me regardant avancer. Le ratio d’hommes et de femmes était à peu près égal, ce qui, honnêtement, me surprit … Je ne faisais pas de discrimination entre les sexes, il ne s’agissait que d’une réalisation soudaine.

Tandis que je marchais jusqu’au comptoir, la plupart des regards étaient dirigés vers moi. Ils me regardaient comme si j’étais un morceau de viande fraiche. Je remarquai aussi que la plupart des clients du bar étaient assis contre les murs, dans l’ombre. L’intérieur du bar était sombre, mais j’arrivais à y voir quelque chose. L’air était empli de vapeurs d’alcool, mais personne n’avait l’air saoul … Même s’il s’agissait d’un bar.

– Qu’est-ce que je te sers ?

Je m’assis sur l’un des tabourets du bar et regardai à côté de moi. A part moi, il n’y avait personne d’assis sur ses tabourets, tout le monde était assis contre les murs et dans les coins de la salle …

 Je me tournai vers le barman, un vieil homme. Il avait l’air sympathique et amical, un large sourire sur son visage. Pendant une seconde, je faillis y croire avant de me rendre compte que ce sourire était un faux … Il jeta plusieurs coup d’œil en direction du sang sur mes mains …

– Tu as besoin de bandages gamin ?

Demanda-t-il d’un air joyeux … Je secouai la tête et lui répondis,

– Ce n’est pas mon sang.

En me regardant un instant, il haussa les sourcils mais finit par hocher la tête avant de se retourner vers son bar afin d’y faire je-ne-sais quoi.

Pendant ce temps, j’essayai de retirer le sang collant à mes mains depuis quelques minutes. Lorsque je traversais la rue en cherchant des informations sur le Colisée, plusieurs de mes ‘’fans’’ avaient été assez audacieux pour essayer de m’attaquer par derrière ou de me voler, ce qui ne s’était pas bien terminé pour eux. Le dernier avait essayé de me poignarder en me croisant mais je l’avais déjà entendu sortir son couteau 5 secondes avant grâce à mon ouïe surdéveloppée. Je lui ai donc facilement écrasé la main avant de la lui planter au sol. Je n’avais même pas eu besoin de ralentir le temps, car il n’était qu’un humain normal, ce qui m’avait surpris. Dans tous les cas, j’ai fait de mes premiers assaillants des exemples afin d’intimider et dissuader les autres … Ce qui avait plutôt bien marché, mais maintenant …

Je jetai un rapide coup d’œil à ma gauche et vis une femme avec une large cicatrice sur le visage. Elle prenait quelque chose sur sa jambe … Je ne pouvais pas voir de quoi il s’agissait exactement, mais plusieurs personnes autour de moi touchaient leurs jambes et ceintures, bizarrement … Je soupirai …

Dans tous les cas, la raison de ma présence ici était qu’entrer dans le Colisée était apparemment beaucoup plus difficile que prévu. Selon l’un de mes assaillants, il fallait une quantité massive d’argent pour acheter un ticket d’entrée. Il ne m’avait pas expliqué où acheter ce ticket, car personne ne le savait vraiment. Apparemment, seules les personnes les plus célèbres et riches pouvaient se permettre d’acheter un ticket de Colisée, qui selon la rumeur, se vendait à une somme astronomique.

Au départ, je pensais qu’acheter le ticket n’allait pas être nécessaire car après tout, je pouvais toujours y entrer en arrêtant le temps … Mais j’avais aussi appris que le Colisée ne se trouvait pas vraiment au Central. Pendant un instant, j’avais eu du mal à croire l’information, jusqu’à ce que je me rende compte qu’effectivement, je ne pouvais voir aucun colisée au loin …

C’était à ça que servait le ticket d’entrée. Apparemment, le ticket en lui-même était une entrée pour le Colisée qui se trouvait sur un autre plan d’existence. J’avais tort de penser qu’il était là, cependant, les tickets se vendaient effectivement ici.

J’avais donc demandé à mes assaillants où je pouvais en trouver un … Mais comme je l’avais déjà dit, personne ne savait où étaient vendus ces tickets … Ce qui m’a mené jusqu’à ce bar recommandé. Mais apparemment, ce n’était pas ce que je cherchais.

– Tiens, bois ça. Cadeau de la maison !

S‘exclama le vieil homme en plaçant devant moi une boisson jaune. Honnêtement, j’avais faim et soif, alors je voulus boire la boisson, jusqu’à ce que je me rende compte d’un étrange arome en prenant le verre dans ma main … L’arome venait de la boisson … L’odeur était familière, et grâce à mon odorat surdéveloppée, je me rendis compte de ce que c’était : benzodiazépine, l’ingrédient principal des drogues somnifères. La quantité contenue par la boisson était énorme et pouvait endormir un éléphant … Si j’avais été un humain normal, je me serais endormi instantanément après en avoir bu une simple goutte … Mais malheureusement pour lui, je n’étais pas un humain normal.

Je pris la boisson et l’engloutis en 5 gorgées. Ce faisant, je vis apparaitre sur le visage du vieil homme un sourire écœurant. Même les personnes derrière moi se mirent à rire. Une fois la boisson finie, je la replaçai violemment sur le comptoir avant d’essuyer le liquide sur le rebord de ma bouche.

En me regardant, le vieil homme ne dissimula pas son sourire malsain. Son expression était écœurante et il s’écria,

– FAIS DE BEAUX REVES FILS DE PUTE ! AHAHAHAHAHAHAH !!!

Il se mit à rire hystériquement en me regardant, mon sourire visible malgré le masque recouvrant mon visage. Son rire était bruyant, mais après quelques secondes, celui-ci ralentit et le vieil homme me regarda, abasourdi. J’étais toujours là, jouant en silence avec mon verre. Tout le monde dans la salle me regarda d’un air confus.

– …

Le vieil homme, complètement abasourdi, me regarda descendre tranquillement de mon siège. Même si je venais de boire tout le liquide, j’étais encore éveillé, alors bien sûr cela le surprenait. La boisson n’était pas vraiment bonne mais m’avait cependant désaltérée, le goût était un peu gras mais pas trop. J’entendis des chuchotements derrière moi et après quelques secondes, quelqu’un perdit patience, se leva en sortant 2 couteaux et courut vers moi …

*Clac*

Un claquement résonna à travers le bar et la personne chargeant dans ma direction s’arrêta sur place. La personne venant de claquer des doigts, c’était moi.

A l’instant même où il s’était levé, couteaux en main, j’avais arrêté le temps avant de lui couper les deux bras et de retourner à ma place. Personne ne me vit bouger, seulement claquer des doigts. Ils regardèrent silencieusement l’homme qui paraissait figé et après 7 secondes, un son d’éclaboussure se fit entendre et ses deux bras tombèrent au sol. Pendant un instant, il ne comprit pas ce qui venait de lui arriver et regarda ses bras au sol, et son sang coulant à flots. Enfin, il se rendit compte de la situation et se mit à crier.

 Les clients du bar regardèrent l’homme, puis moi, ils avalèrent leurs salives avant de ranger leurs armes. Même la femme à cicatrice parut pâle et rangea son arme sur sa jambe … S’ensuivit un silence, gâché par les cris de l’homme qui se firent de plus en plus rare tandis que sa vie s’échappait en teintant le sol de rouge.

Je me retournai vers le barman. Il ne pouvait voir que mes yeux, mais c’était suffisant pour le faire suer abondamment. Sa peau devint pâle et il se mit à trembler.

– Dis-moi, connais-tu un endroit qui vende des tickets d’entrée pour le colisée, ou même une personne en vendant ?

 Le vieil homme parut surpris et effrayé en même temps. Les clients parurent surpris en entendant ma question, mais personne n’osa interrompre la conversation …

Le vieil homme en question essaya de parler mais se mit à bégayer.

– Je … Je connais quelqu’un … qui …. Qui en a un …. Si … si vous voulez …. Je peux l’appeler …. Je peux le faire …. Si …. Si vous voulez ….

J’acquiesçai en lui faisant un signe de la main. Avant qu’il ne parte, il plaça un nouveau verre et une bouteille sur le comptoir avant de pencher la tête en avant et de partir.

Je regardai la bouteille un instant. Je sentais son odeur …. Ah, sans drogue cette fois-ci.

 

*Criiiii*

Avec un crissement, je sortis du bar. Mes mains dégoulinant de sang (pas le mien bien sûr) étaient maintenant propres. En voyant une belle femme avec un collier se tenant près de l’entrée me saluer, je fus surpris.

– Etes-vous Maître James ?

Demanda-t-elle en souriant.

Quelque chose me disait que ses vêtements rapiécés ne servant qu’à cacher ses parties intimes et son sourire rayonnant sonnaient faux, mais qui sait ? Peut-être étais-je le seul à penser ainsi.

– Oui, mon nom est James. Je suppose que vous êtes mon escorte ?

Répondis-je, surpris par la vitesse de la situation. D’ailleurs, je me faisais appeler James afin de dissimuler mon identité. Je voulais que personne n’apprenne un jour ma présence ici.

La femme hocha la tête en souriant et m’expliqua,

– Veuillez me suivre dans le fiacre. Maîtresse Chase a bien reçu l’information selon laquelle vous cherchiez un ticket d’entrée et souhaite vous rencontrer personnellement.

J’acquiesçai avant de suivre la femme dans un fiacre marron garé juste derrière elle.

Une autre chose que j’avais remarquée à propos de cet endroit était que tout labeur était résolu humainement, même le fiacre était tiré par 4 hommes musclés ne portant que des lambeaux pour dissimuler leurs parties intimes. Tout comme la femme, ces 4 hommes portaient tous un étrange collier en fer. J’avais demandé plus tôt à l’un de mes ‘’fans’’ ce qu’étaient ces colliers, et il m’avait expliqué qu’il s’agissait d’un signe d’esclavage. Les personnes portant un tel collier étaient des esclaves. Le collier en lui-même était un outil magique retirant la liberté de son porteur et l’obligeant à obéir à son maître. Le collier avait l’air d’avoir encore plein d’autres usages, mais je préférais ne pas le savoir, je trouvais ça écœurant.

Après quelques secondes, le véhicule se mit enfin en marche. La femme à côté de moi continuait à sourire. J’essayai de voir si elle se forçait, mais à ma grande surprise, je n’arrivais pas à lire en elle … Le sourire avait l’air réel, ce qui me rendait confus … Lui avait-on appris à simuler ? Je me le demandai. Je regardai à travers la fenêtre, mais la vue n’était pas meilleure.

– C’est la première fois que vous venez ici ?

Sa question me fit sursauter mais je me calmai rapidement avant de lui répondre,

– Pourquoi une telle question ?

Sans que son sourire ne disparaisse, elle continua à parler,

– Vous ne m’avez pas l’air confortable à la vue de ces rues, ou même avec moi … Vous n’avez pas besoin de me répondre si vous ne le souhaitez pas, Maître James.

J’hochai la tête avant de me tourner à nouveau vers la fenêtre … Nous passâmes tout à coup devant un podium, sur lequel une mignonne petite fille aux cheveux noirs était assise sur une chaise. Elle portait elle aussi un collier et ses habits étaient en lambeaux. A côté d’elle se tenait un homme obèse et chauve portant des habits à froufrous, levant la main et criant quelque chose. La foule réunie devant le podium était constituée de personnes tenant des pancartes numérotées. Ils les levaient unes par unes avant de les baisser. Curieux, j’essayai d’augmenter mon ouïe … ce que je n’aurais jamais dû faire.

En augmentant mon ouïe, j’entendis la voix de l’homme obèse sur le podium, tandis qu’il criait avec un sourire dégoutant.

– 6000 pièces d’or pour le numéro 6 ! Oh, un instant, 8000 pièces d’or pour le numéro 7, y a-t-il une meilleure offre … ? Ohh, 9000 pièces d’or pour le numéro 8 ! D’autres offres ?!

Plus personne ne leva de numéro. Au final, l’homme obèse compta jusqu’à trois et la petite fille fut donnée à l’homme ayant levé le numéro 8 … Je regardai les yeux de la petite fille aux cheveux noirs, ils étaient troubles et probablement vides depuis longtemps …

Je tirai en vitesse le rideau du véhicule afin de cacher la vue. Plus je restais dans cet endroit, plus je me sentais malade et fou de rage.

– Un problème Maître James ?

Demanda gentiment la femme … En colère, je regardai son visage souriant et lui ordonnai,

– Arrête de sourire jusqu’à ce que nous arrivions …

La femme fut surprise un instant mais finit par hocher la tête. Son sourire disparut en un instant et ses yeux se brouillèrent. Elle murmura …

– Merci …

Tandis que notre véhicule continuait à avancer, j’entendis le cri d’un oiseau. Probablement mon esprit qui me jouait des tours.

 

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2 pensées sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 58

  • 14 août 2016 à 19 h 06 min
    Permalink

    Même la fille est une esclave T.T

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