Chapitre 56 : Le Central

 

Le hall était empli de fumée et le mobilier et les murs carbonisés. Le sol était recouvert de cendres et des corps fumants ayant auparavant appartenus aux loups-garous mutants. Il ne restait plus que 2 individus dans la pièce, et l’un d’entre eux était ce fameux docteur sorcier : Caïne.

*Tap Tap Tap Tap*

Des bruits de pas se firent entendre dans le large hall tandis que Caïne se dirigeait vers l’autre individu présent. Etonnamment, l’individu en question n’avait pas du tout été blessé par la mer de flammes ayant saccagé la pièce. Il portait une robe noire, une capuche cachant son visage. Son dos était arqué et il paraissait très mince. Ses mains étaient squelettiques et semblaient pouvoir de briser à tout instant, mais contrairement à cette évaluation, celle-ci tenaient avec fermeté un large sceptre adorné d’un cristal.

– Nous sommes au 21ème siècle et pas un seul démon n’a appris à frapper aux portes.

S’exclama Caïne sans dissimuler son irritation.

– Tais-toi lézard ! Ton destin est scellé ! J’ai pour ordre de te tuer, et c’est ce que je vais faire !

Pendant un instant, Caïne serra fort les dents, une lueur de colère dans les yeux, et ses tatouages se mirent à émettre un étrange pouvoir …. Il les infusait avec quelque chose.

– Nous allons voir qui périra en premier ! Ne pense pas pouvoir rentrer chez toi en un seul morceau.

Il serra avec force l’épée dans sa main qui laissait échapper un puissant désir de meurtre jusqu’alors inégalé à mes yeux. Pendant un instant, l’épée me parut vivante …

L’étrange individu leva on sceptre et sans un mot, un pouvoir sombre se mit à emplir les alentours. Tout à coup, un mauvais pressentiment m’envahit et je sus instantanément quoi faire.

J’avais appris de mes erreurs, et le laisser terminer ce qu’il faisait paraissait être une très mauvaise idée. J’arrêtai donc le temps avant de m’approcher de l’étrange individu …

Les nuages sombres le protégeant n’étaient pour moi qu’une simple fumée que je déchirai de mes mains. Je sortis ensuite mon épée plasma et en une attaque claire et précise, je lui coupai le coup avant de reculer de quelques mètres et de remettre le temps en marche.

– … !?

Caïne fut surpris en me voyant apparaitre. C’était probablement parce qu’il ne m’avait pas senti entrer dans la pièce, mais je savais qu’il nous avait déjà repérés à l’entrée, étant donné qu’il nous avait lancé quelques regards en coin.

L’étrange individu fut aussi choqué et se tourna vers moi. Je n’avais pas vu son visage à cause de la capuche, et il ne m’intéressait pas de toute façon. L’espèce de fumée noire couvrant son corps s’évapora en un instant.

Avec un *Clac*, son sceptre tomba au sol. Le délai de 7 secondes était déjà passé, mais sa tête ne se séparait toujours pas de son corps. Cela me rendit anxieux et je voulus réessayer une seconde fois.

– Ne t’inquiètes pas, il est déjà mort. Regarde ses pieds.

M’expliqua Caïne, et je suivis son conseil. A ma grande surprise, le bas du corps de l’individu commença à disparaitre en fragments noirs, mais ses mouvements étaient toujours présents. Tout du long du processus, il me regarda, et avant de disparaitre s’exclama,

– Tu payeras pour ça …

Cette remarque ne me rassura pas du tout.

Une fois la personne partit, j’entendis de nombreux bruits de corps tombant au sol provenant du toit. Ces bruits venaient probablement des loups-garous. L’homme devait être leur maître, alors sans lui, ils n’étaient plus que des coquilles vides.

– Bon, je suppose que je devrais te remercier ?

Mon attention se tourna vers Caïne qui affichait sur son visage un sourire forcé. Les 3 personnes m’accompagnant entrèrent à leur tour dans la pièce, réalisant qu’il n’y avait plus le moindre danger.

 

– Haha, tu es venu jusqu’ici pour me soumettre une requête !

S’esclaffa Caïne en buvant une gorgée de la bouteille de whisky dans sa main droite. Nous étions sortis du hall principal pour nous rendre dans une pièce ressemblant à un bar. Caïne était assis sur un canapé. Il avait l’air sale et sa peau était brûlée ça et là … S’était-il blessé avec son propre feu ?

En tout cas, en arrivant jusqu’ici, j’avais expliqué à Caïne la raison de ma présence ici, explication coupée à diverses reprises par plusieurs questions telles que « Quel est ton nom ? » « Quel âge as-tu ? » « Combien de filles t’es-tu tapé ? », ‘’tapé’’, un terme qui était complètement nouveau pour moi. Tanya, Alissa et Rupert avait l’air de connaitre le sens de ce terme mais ne voulurent pas me l’expliquer. Il plaça quelques commentaires mesquins en me jugeant avec ses yeux de dragon, mais au final, il n’avait pas l’air de me vouloir du mal. Caïne était juste un homme étrange … Excentrique devrais-je dire ? Alcoolique qui plus est, ce qui correspondait à la description faite par Alissa.

– Alors, que veux-tu que je fasse ? Comme tu peux le voir, je n’ai rien de mieux à faire. Mais peux-tu te le permettre beau gosse ?

Sa voix était pleine de sarcasmes, repensant à tous les cadavres et bâtiments détruits autour de nous … Mais en même temps, il se moquait de moi et paraissait vouloir me tester.

Je me contentai donc de sourire avant de lui répondre,

– J’ai entendu dire que vos services étaient d’excellente qualité ….

Il m’interrompit à nouveau en souriant,

– Il y en a de toutes tailles, si tu vois ce que je veux dire …

Cette remarque ne parut que dégrader son image aux yeux de Tanya et d’Alissa, mais cela amusa Rupert qui se mit à rigoler jusqu’à ce que Tanya le frappe derrière la tête … Moi ? Pas vraiment. Je sortis la montre dorée de ma poche de poitrine. La faible lueur dorée émise par l’objet impressionna les 3 personnes derrière moi pendant un instant, et leur regard fut attiré par l’étrange objet. Même Caïne parut intéressé.

Je plaçai la montre devant ses yeux avant de lui expliquer,

– Je veux que vous retrouviez la personne à qui appartient cette montre. On m’a dit que vous en seriez capable. Vous n’avez pas besoin de la trouver vous-même, juste de me signaler sa position.

Il examina la montre et son expression changea immédiatement, son visage souriant devint grave lorsque je lui donnai la montre …

– Cet objet …

Il plissa les yeux … Avait-il deviné sa provenance ?

– Je vois, tu n’es pas quelqu’un de simple n’est-ce pas ? Non, je ne devrais pas te demander ça ! Je ne veux pas être frappé par la foudre après tout. Bien, je m’en occupe !

 Sa réponse rendit les personnes derrière moi curieuses. Ils me regardèrent intensément mais je ne leur répondis pas.

Caïne observa à nouveau la montre dans sa main et soupira. Je ne savais pas vraiment ce qu’il faisait, mais je pouvais voir des sortes de fils apparaitre dans la paume de sa main et envelopper la montre toute entière. Après quelques secondes, les fils disparurent en petites particules. Les bords de la montre émettaient maintenant une faible lueur violette impossible à voir sans l’examiner de très près … Etait-ce une compétence du docteur sorcier ?

– Fini.

Aussi rapidement ?

– Alors, où est cette personne ?

Demandai-je, mais au lieu de me répondre, Caïne me présenta la montre.

– C’est à toi de me le dire. Lorsque tu toucheras la montre à nouveau, tu verras l’endroit où se trouve la personne que tu recherches, mais avant ça …

Il me donna la bouteille de whisky, ce qui me rendit confus.

– Bois ! Cela apaisera un peu ton esprit. Je sais que tu as des p
roblèmes avec les portails magiques et les visions, et tu risques de revivre la même expérience …

Sa voix était sévère. Je savais pertinemment que je n’avais pas la moindre affinité concernant la magie, ce qui me rendait très faible face à celle-ci …

Je clignai des yeux en regardant la bouteille de whisky dans ma main … Ouais, je voulais vraiment éviter ce satané mal de mer.

Je bus donc une gorgée. C’était la première fois que je buvais de l’alcool, et la sensation me brûla la gorge. Je sentis le liquide voyager dans mon corps et me faisant ressentir une sensation plaisante de chaleur …. Ouais, je voyais maintenant ce qu’il voulait dire par ‘’apaiser mon esprit’’.

– Allez, vas-y !

J’hésitai un instant, mais au final touchai la montre, et tout à coup … Tout devint noir …

 

L’endroit dans lequel je me trouvais était sombre. Je regardai autour de moi, légèrement paniqué mais en bon état. Après quelques secondes, des images commencèrent à apparaitre devant moi : des noms, des lieux, des personnes, puis tout s’arrêta. Il ne restait plus qu’une image, celle d’une petite fille …

– …

Je contemplai l’image, choqué. La fille était petite et ressemblait à un cadavre. Littéralement, ses yeux étaient creusés et sur son corps étaient visibles de nombreuses coupures, cicatrices et autres atrocités. Elle avait de longs cheveux blancs et des yeux dorés comme les miens. Elle était assise dans une cage en métal tellement petite qu’elle ne pouvait même pas se lever. Elle était assise en boule, les genoux contre son torse. Ses vêtements étaient eux aussi pitoyables : une sorte de sac en toile découpé pour former une robe … J’avalais ma salive, tandis que de nouvelles images apparaissaient devant moi …

 

Et enfin, je revins à la réalité … J’haletai, sentant de la sueur couler sur mon visage. Ma tête me paraissait légère, mais j’allais bien. L’alcool m’avait apparemment aidé … J’avais maintenant toutes les informations qu’il me fallait, et je savais où aller, il ne me manquait plus qu’un plan d’attaque …

Je me mis à tousser et Rupert, se tenant à côté de moi, m’aida à me relever. Pendant ce temps, Caïne continuait à boire en me regardant d’un air indifférent.

– Alors, tu sais où aller ?

J’acquiesçai la tête et fus sur le point d’invoquer le sac d’argent placé dans le Clavicula, mais il me fit un signe de la main.

– Non … considère ça comme le paiement de la faveur que je te dois. Honnêtement, je n’étais pas sûr de pouvoir tuer cette liche tout à l’heure, mais toi tu l’as fait en un claquement de doigts. Ne te méprends pas, je n’aime pas devoir des choses aux autres.

Moi non plus, pensai-je. Les inquiétudes que j’avais avant de rencontrer Caïne avaient maintenant toutes disparues. Caïne était une personne très franche, et aussi très forte, surtout avec cette épée japonaise qu’il maniait tout à l’heure. Cette arme paraissait extrêmement puissante, mais avait maintenant complètement disparue. Les endroits brûlés sur son corps étaient aussi un mystère pour moi. Commet est-ce qu’un dragon pouvait se brûler ? … Mais pour le moment, je devais trouver un moyen pour atteindre ma destination.

– Avant de partir, savez-vous où se trouve le Central ? Il s’agit d’un endroit appelé le Colisée …

Il s’agissait de la seule chose dont je pouvais clairement me rappeler parmi les images ayant défilées devant mes yeux,  en plus de la fille que je cherchais.

Pendant un instant, Caïne s’arrêta de boire et me regarda d’un air étrange. Mes 3 compagnons me regardèrent de la même façon.

– Quoi ?

Demandai-je.

Caïne se mit à rire en me voyant complètement perdu.

– Le Central est un marché du monde supérieur. Le Colisée dont tu parles est une arène pour les esclaves. Les personnes allant là-bas sont généralement des individus pervers et cruels, et le taux de meurtre là-bas est impressionnant. De tous les endroits du monde supérieur, même moi je n’aimerai pas y aller de peur de m’y faire tuer.

D’accord, ma mission vient de devenir encore plus dur apparemment …

– Comment puis-je y aller ?

Caïne se figea et me regarda à nouveau d’un air étrange.

– Hey, tu veux mourir ou quoi ? Tu as mal compris quand je t’ai dit que le taux de meurtre là-bas était impressionnant ? Il est à plus de 76% tu sais ?

Mais je n’avais pas vraiment le choix. J’allais mourir de toute façon si je ne complétais pas ma mission. Je continuai donc à regarder Caïne dans les yeux, ce qui le fit soupirer. Il se leva du canapé et me demanda de le suivre. Quand aux 3 autres, il s’agissait d’un au revoir, je ne m’attendais pas à ce qu’ils me suivent.

– Tu n’as pas intérêt à mourir !

S’exclama Tanya. Toutefois, ce faisant elle bégaya, ce qui me fit sourire.

– Ne t’inquiètes pas, je ne meurs pas si facilement.

Elle ne me répondit pas alors je suivis Caïne jusqu’à ce que nous atteignions une cave. Un gigantesque portail de téléportation était tracé sur le sol … Qu’est-ce que je n’aimais pas à propos de cet endroit ? C’était une cave !

 

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2 pensées sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 56

  • 14 août 2016 à 18 h 45 min
    Permalink

    J’ai la haine quand je vois comment les enfant sont traité ici , ptn de riche pervers

    Répondre
  • 17 janvier 2018 à 15 h 03 min
    Permalink

    « – Ne t’inquiètes pas, je ne meurs pas si facilement.  »
    T’as déjà réussi à mourrir une fois alors deux sa doit pas être trop dur xD

    Répondre

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