Chapitre 51 : Protéger et Servir

 

*Bip !* *Bip !* *Bip !*

– Uhhm.

La douce lumière du soleil frappa mon visage, et j’ouvris mes yeux … Le téléphone sur la table de chevet sonnait, me signalant qu’il était l’heure pour moi de me lever. Il était 6 heures du matin, et Stella dormait toujours. Elle pouvait dormir quelques heures de plus avant d’aller à l’école, mais aujourd’hui, je n’allais pas l’escorter, et je n’allais pas non plus escorter Cecilia.

Je me levai de mon lit et me mit à chercher ma chemise, lorsque tout à coup je vis une petite fille en chemse blanche dormant dans le lit à côté de moi.

Il s’agissait de Stella. Elle dormait avec une partie de son uniforme scolaire alors que je lui avais dit de mettre une chemise plus légère … Maintenant que j’y repensais, que faisait-elle là ?

Hier, j’avais prévenu Stella que j’allais me lever tôt pour compléter une autre tâche. Elle avait l’air triste en apprenant la nouvelle, mais n’objecta pas. Depuis hier, elle avait été très collante avec moi à cause de l’incident presque traumatique ayant survenu. Je me souvenais l’avoir mise au lit dans sa propre chambre hier, avant d’attendre qu’elle s’endorme … S’était-elle introduite ici en plein milieu de la nuit ?

Tandis que je réfléchissais sur la question, une fumée sombre apparut derrière moi et prit la forme d’un beau jeune homme blond aux yeux verts. Il se tenait droit le dos contre le mur, me regardant en croisant les bras. Il jeta aussi quelques regards vers la montre à gousset ; son regard ne restait figé sur celle-ci que quelque secondes avant de retourner sur moi.

Pendant ce temps, j’avais déjà mis mes vêtements et couvert Stella d’une couverture afin qu’elle n’attrape pas froid. Leraje avait toujours ce regard, comme s’il n’aimait pas ce que j’allais faire. Mais en réalité, je n’allais pas faire grand-chose.

Je soupirai puis me tourna vers lui.

– Je n’ai pas besoin de ton aide, contente-toi de garder ma sœur. Je vais clore cette affaire le plus rapidement possible, alors tu n’as pas à t’inquiéter.

Il se retira du mur et répondit,

– Tu pourrais avoir besoin d’une paire de mains supplémentaires, si j’ai bien raison sur ce que tu t’apprêtes à faire.

Dit-il d’une voix convaincue.

Je levai un sourcil, légèrement surpris, et le regarda.

– C’est-à-dire ?

Demandai-je. Il pointa du doigt la montre et expliqua,

– Je peux sentir une essence divine sur cette montre. Son créateur est donc un dieu, et étant donné que je ne la sentais pas auparavant, cela veut dire que tu l’as obtenue après le combat … tu as donc passé un marché avec un dieu …

Répondit-il platement.

J’étais vraiment surpris : il avait découvert tout cela par lui-même, mais en même temps, je n’en attendais pas moins d’un seigneur démon. En terme de force, Leraje était l’être le plus puissant qui m’ait été donné de rencontrer dans toute ma vie. La seule raison pour laquelle j’avais pu le vaincre était ma capacité à contrôler le temps. Sans elle, il aurait pu se débarrasser de moi sans même que je m’en rende compte.

Je me mis à sourire et leva ma main. Je lui montrai 3 doigts en m‘approchant petit à petit de lui. Tout à coup j’arrêtai le temps avant de le placer sur la chaise à côté du lit où dormait Stella.

Je me plaçai ensuite en face de lui, et remis le temps en marche.

– … ?!

Il regarda autour de lui, clairement surpris, tout comme la première fois où je lui avais joué ce petit tour. Ensuite, il me regarda, et, tandis que mes 3 doigts étaient toujours levés, j’essayai de lui faire bien comprendre la situation.

– Comme je te l’ai déjà dit, si tu parviens à découvrir comment j’ai fait ça, je te laisserais jouer au garde du corps à mes côtés, mais pour le moment …

Je pointai du doigt Stella, en direction de son mignon visage endormi. Elle avait l’air heureuse, enroulée dans sa couverture chaude, et gigotait pour trouver la position optimale.

– Tu protèges ma sœur. Tu la protèges que je sois en danger ou non, et ce, en mettant en jeu ta vie s’il le faut. Compris ?

 Je pointai cette fois-ci dans sa direction au cours de ma dernière phrase. Il hocha la tête, mais je vis qu’il serrait les dents. Il abandonna bien assez vite, et se contenta de soupirer, avant de se transformer en anneau sombre que je plaçai sur le petit doigt de Stella.

J’étais maintenant prêt à partir, et rangeai mon portefeuille, la montre et mon téléphone dans ma poche de poitrine. Parce que mes vêtements d’hier étaient abimés et sales, j’avais emprunté des habits de travail chez Cecilia. Il s’agissait d’une veste blanche à manches longues, d’une veste grise, ainsi que d’un pantalon noir et de chaussures en cuir noir. Ces habits étaient confortables, et de très bonne qualité. J’avais même l’impression qu’il s’agissait plus d’une armure de combat que d’un uniforme, car la veste grise contenait en son sein une fine couche de métal couvrant la totalité de ma poitrine. Une autre chose à noter à propos de ces habits était que les chaussures étaient très confortables et facilitaient les mouvements, malgré leur apparence grossière.

Je me dirigeai ensuite en vitesse vers la cuisine, et commençai à manger mon petit déjeuner. Le frigidaire était plein, me laissant ainsi un large choix entre les diverses viandes et pains de toutes sortes. En voyant tout cela, j’étais à nouveau heureux d’être vivant et en forme. Je pris une tasse de thé et me dirigea vers le balcon, avant de m’asseoir sur une chaise en admirant le paysage et sirotant mon thé.

– *Cui* *Cui* *Cui*

Je regardai à ma gauche, et fus surpris de voir un oiseau, un oiseau très étrange ! Il était assez petit et possédait un long bec, mais ce qui était étrange étaient ses plumes : elles étaient rouge clair, orange et jaunes. Sa queue et ses ailes étaient aussi très longues. Son bec était jaune, et ses petits yeux orange me fixaient.

Figé, je contemplai l’étrange créature … de quelle sorte d’oiseau s’agissait-il ? Peut-être un moucherolle vermillon … non, cette espèce vivait dans des lieux arides, alors pourquoi y en aurait-il un ici ? Hmm … de plus près, il ne ressemblait même pas à l’un de ces oiseaux. D’où venait-il ?

Je finis par regarder l’oiseau droit dans les yeux, captivé. Mon front se mit à transpirer, et ma tête commença à me faire mal pour je-ne-sais quelle raison, puis …

*Dring !**Dring !**Dring !*

Tout à coup, je sursautai, effrayé par le bruit soudain. A cause de ça, ma tasse tomba et se brisa au sol, en plus de renverser son contenu.

– … Merde !

M’exclamai-je à voix basse. Après un long soupir, je me tournai vers l’oiseau mais celui-ci avait disparu, probablement effrayé par mes mouvements soudains.

*Dring !**Dring !**Dring !*

Quelqu’un se tenait à la porte. Je me demandais bien de qui il pouvait s’agir, je ne m’étais même pas présenté aux voisins. J’allais me diriger vers la porte, mais me rendis compte que j’avais un désordre à nettoyer … Je m’arrêtai sur place en regardant la tasse brisé, je venais de me souvenir de quelque chose.

Je me baissai, et touchant les morceaux brisés de la tasse, utilisai mon pouvoir pour remonter son temps. Et, comme prévu, l’objet se répara, et le liquide chaud revint même dans son récipient.

*Dring !**Dring !*

Après m’être relevé, je renversai le liquide dans le lavabo avant de replacer la tasse sur la table. Si vous voulez savoir : non, je n’allais pas le finir. A mes yeux, le liquide état tombé au sol
, et avait largement dépassé la règle des 3 secondes.

Je descendis au rez-de-chaussée, en direction de la porte principale. Maintenant, j’avais déjà oublié l’oiseau, et me demandais qui pouvait bien sonner à la porte. Où plutôt, si la personne en question était amicale ou non.

M’approchant de la porte, je vis la silhouette d’un homme à travers la vitre floutée.

 

*Dring !*

J’ouvris la porte sans annoncer ma présence et regardai la personne qui commençait à sonner comme un fou. Il s’agissait d’un homme avec des cheveux châtains courts, portant un long manteau en cuir. Nous nous regardâmes dans les yeux, nous demandant qui était la personne en face. Tandis qu’il était sur le point de parler, je fus le premier à prendre la parole,

– Vous êtes ?

– Ehm, êtes-vous ? A..Attendez … est-ce que c’est … ehm …

Il avait l’air surpris par mon ton très peu amical, et n’arrivait pas à trouver ses mots en me faisant face. Ses bégayements ne firent que m’ennuyer encore plus.

– Si vous ne comptez pas me répondre Monsieur, je pars. Bonne journée !

J’avais déjà enfilé ma veste ne cuir noir et commença à sortir de la maison, fermant la porte sans la verrouiller à clé. Je n’étais pas inquiet, je savais qu’elle allait se fermer toute seule, et je n’eus pas à attendre longtemps : une lumière brilla dans le trou de la serrure et avec un *clic*, la porte se ferma.

 Pendant ce temps, l’homme était toujours en train de bégayer et sortit un petit carnet, avant d’en parcourir les pages pour trouver quelque chose. Je décidai de lui donner une chance, et attendis devant la porte, étant donné que j’étais curieux de la raison de sa présence … mais il ne faisait que parcourir son petit calepin ! En l’examinant, je remarquai tout à coup un badge sur sa hanche … la police ? Je prenais la situation de plus en plus au sérieux, et étais sur le point de partir, mais une autre personne arriva. Elle avait l’air bien plus capable que cet homme … ce qui n’était pas très dur.

– Hey, Martin ! Je t’ai dit de me laisser m’occuper de la conversation. N’oublie pas qui est l’apprenti ici !

Je me tournai vers ma gauche et rencontra une grande femme aux cheveux noirs, portant elle aussi un long manteau en cuir. Elle avait l’air légèrement sournoise, mais était sinon normale. Elle me regarda avant de s’approcher de son partenaire.

– Désolé si mon partenaire vous a fait attendre, il peut parfois être lent.

Il n’avait pas trop l’air d’aimer cette description, mais ne la réfuta pas. M’adressant maintenant à elle, je lui dmeandai,

– Que me voulez-vous ?

Elle me montra son badge de police. Il était inscrit dessus L.A.P.D en lettres capitales sur une étoile. Elle afficha un sourire amical et répondit,

– Nous enquêtons sur un cas, et aimerions vous demander si quelque chose d’étrange s’est produit ces dernières semaines. Votre aide est plus que la bienvenue, monsieur …

D’après son intonation, elle me demandait mon nom, mais je fis semblant de l’ignorer. Cela ne faisait que 3 ou 4 jours que j’avais emménagé, alors comment pouvais-je savoir ce qui s’était passé ces dernières semaines ? Mes activités s’étaient résumées à obtenir une capacité pour contrôler le temps  et devenir le garde du corps de l’une des personnes les plus influentes du monde magique, combattre un dragon, puis mourir et passer un pacte avec un dieu pour ressusciter  et en échange trouver sa fille …. Hmm, non, rien d’étrange là-dedans.

Ainsi, je souris et lui répondis,

– Non, je n’ai rien vu d’étrange ces derniers temps. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser …

Je m’étais retourné et étais sur le point de me mettre en marche, mais je fus arrêté par quelque chose, quelqu’un venait d’attraper mon bras ! Je me retournai et me rendis compte que l’homme enquêteur essayait de me retenir, il avait l’air en colère, et cela se voyait sur son visage.

– Ecoute gamin, nous ne sommes pas venus jusqu’ici pour jouer à la dinette avec toi, alors soit gentil et dis-nous … Hey, qu’est-ce que tu arghh … !

Je pris la main me retenant et l’écrasai légèrement. Je ne pensais pas que cette force augmentée allait un jour m’aider, mais actuellement, elle était très utile.

Ensuite, je le poussai, et il tomba sur ses fesses. La femme policière avait essayé de l’empêcher de m’attraper et était en panique, mais elle se rendit compte que je n’avais fait que le pousser.

Le policier était maintenant furieux et me fusillait du regard. Il se leva, fulminant.

– Petit con je devra…

Il ne termina pas sa phrase, car sa camarade l’en empêcha en lui frappant la tête. Elle aussi était en colère, et cela se voyait à la force utilisée pendant son coup, qui le fit prendre sa tête à deux mains. Mon regard se redirigea à nouveau vers elle ; elle se contentait de sourire, gênée, et tout à coup se pencha en avant.

– Je suis vraiment désolée du comportement de mon partenaire ! Veuillez l’excuser, il s’agit de sa première affaire, et je suis là pour lui apprendre les ficelles du métier. Alors si vous avez la moindre complainte, veuillez là dirigez vers moi …

Je la contemplai sans rien dire. L’autre policier était lui aussi abasourdi. Regardant autour de moi, les passants nous fixaient dans la rue, alors je laissai échapper un soupir avant de répondre,

– J’ai emménagé il y a à peine 3 ou 4 jours. Je ne connais rien ici, et je ne sais pas ce qu’il s’y est passé. Je suis désolé pour mon impolitesse, mais je suis pressé.

Elle acquiesça et répondit,

– Je comprends. Merci de votre coopération, et encore désolé pour la gêne occasionnée Monsieur.

J’hochai la tête avant de me mettre en marche. Soupirant, je me demandais : les policiers sont-ils tous comme ça ?

 

– Point de Vue de Mishel –

J’observai le garçon tandis qu’il marchait dans la rue, s’éloignant. Ses habits étaient de très bonne qualité, propres et coûteux. Son attitude était elle aussi très propre et sans la moindre erreur, ne s’accordant pas avec une personne de son âge, mais ce qui m’intéressait le plus chez lui étaient ses yeux dorés. De toute ma vie, je n’avais jamais vu de tels yeux, cela montrait un peu la différence entre les personnes normales et les minorités de ce monde … mais par-dessus tout, ce garçon était suspect, et il était une piste dont je n’allais pas me priver.

– Pourquoi as-tu fait ça Michel, j’aurais pu…

J’attrapai Martin par le col, l’étranglant légèrement, et lui expliqua clairement,

– Comprends-tu au moins les mots ‘’Protéger et Servir’’ ? Apparemment non, vu comment tu viens d’agir ! Sais-tu ce que tu viens de faire en l’attrapant par le bras ? Il aurait pu te trainer en justice pour ce genre de merde, tu sais ça ? Nous ne devons pas violer les règles où causer aux citoyens des problèmes en les interrogeant, mais toi, tu l’as touché ? Pour que tu comprennes : l’un de mes amis a un jour interrogé une mère suspecte de meurtre. L’interrogatoire avait duré 2 heures, et la mère a porté plainte contre lui, sais-tu pourquoi ?

Il secoua la tête en essayant de se libérer, mais n’y parvins pas.

– Parce qu’elle a expliqué aux juges que pendant l’interrogatoire, il lui avait craché dessus, l’humiliant, et ne s’était même pas excusé, ce qui était bien sûr faux.  Mais sais-tu qui a gagné au final ?

Il secoua à nouveau la tête, son visage maintenant plus pâle qu’avant.

– La vieille a gagné l’affaire en ralliant tous les jurys et juges à sa cause car elle était la victime, et tu sais ce qu’elle a obtenu pour ça ? Une tonne de fric et le renvoi du policier. Alors grave bien ces mots dans ta tête : NE TOUCHE JAMAIS QUELQU’
UN QUI NE T’ATTAQUE PAS !

Je le lâchai, le laissant respirer à nouveau et tousser à cause de l’entrée soudaine d’air dans ses poumons, avant de me retourner à nouveau vers le garçon se trouvant maintenant à l’horizon, se dirigeant seul quelque part dans cette grande ville. Toucher était interdit, mais qui a dit que le suivre l’était aussi ?

– Martin, en voiture ! Nous allons le suivre.

 

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3 pensées sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 51

  • 18 mai 2016 à 17 h 22 min
    Permalink

    ça commençait à devenir un peu long, mais là, hop, hop, ça repart comme en 40!

    Répondre
  • 18 mai 2016 à 18 h 51 min
    Permalink

    aaa on va bien rigolé quand il va utilise son pouvoir avec les 2 autres dans son dos 🙂 encore merci 🙂

    Répondre

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