Chapitre 51.5 : Des Ténèbres à la Lumière – Partie 3

 

Le soleil était haut et ses rayons chauds irradiaient à travers la fenêtre. Je pouvais entendre le chant des oiseau et pensa ‘’Qu’ils crèvent’’.

J’ouvrir les yeux et vis devant moi une mer de cheveux rouges ardents. Une odeur plaisante emplissait l’air, et mes bras enlaçaient son corps. Je pouvais sentir sa tête contre mon torse, blottie comme un petit animal …

– …

J’étais en train de dormir n’est-ce pas ? Hmm, je me demandais comme j’avais pu me retrouver dans une telle situation. La respiration paisible d’Artemis me chatouilla, et je pensai, ‘’Ah, c’est donc ça !’’.

 Je laissai échapper un soupir, pris une large bouffée d’air en faisant le moins de bruit possible pour ne pas la réveiller, et regarda son adorable visage endormi. Mais toutes les bonnes choses devaient avoir une fin.

Je la séparai doucement de moi, et remarquai que mes capacités physiques m’étaient entièrement revenues. Mon équipement et mes affaires se trouvaient de l’autre côté de la bâtisse. J’étais sur le point de m’y diriger discrètement et tout récupérer avant de partir, mais tout à coup quelqu’un m’attrapa le bras. Je me figeai et entendis une voix, celle d’Artemis …

– Tu es vraiment un idiot Leraje ! Tu ne prends même pas avantage d’une fille endormie et essaye même de t’enfuir sans dire au revoir ! Tu vas briser de nombreux cœurs à l’avenir avec une telle attitude tu sais ?

Je voulais m’excuser en me retournant vers elle, mais ma tête était dénuée de mots lorsque je vis son visage triste et solitaire. J’avais déjà vu une telle expression auparavant, le premier jour durant lequel elle s’était occupée de moi. Elle avait montré un tel visage pendant un court instant … Elle le cachait toujours sous son sourire, au point de tout me faire oublier lorsque je la voyais, mais maintenant je comprenais.

Une larme coula sur son visage presque blanc comme la neige. Je la fis disparaitre en vitesse avec mon doigt et m’approcha d’elle, avant de poser un baiser sur ses lèvres.

Pendant une seconde, Artemis parut surprise et s’accrocha à mon torse, mais lentement, son emprise s’atténua, comme un petit animal tombé dans le piège d’un loup. Mes instincts de démons commencèrent à prendre le contrôle, et la chaleur réveilla en moi un désir de possession, mais cela n’avait pas l’air de déranger Artemis, au contraire. Elle commença à se déshabiller en me voyant perdre tous mes moyens, et notre matinée devint …. torride.

 

– Wouf Wouf !

Une chienne se tenait devant moi, aboyant en remuant la queue. Elle avait l’air excitée et s’approcha de moi, et je lui caressai la tête. Derrière moi, se trouvait une beauté aux cheveux roux en désordres et portant une armure en cuir. Nos deux visages étaient rouges, à cause de l’activité menée quelques minutes plus tôt. Je portais mes vêtements en plus d’un large drap recouvrant mon corps. Cette sensation sur ma peau m’avait manquée.

– Elle va te montrer comment partir d’ici …

Je m’arrêtai de caresser la chienne pour me tourner vers Artemis. Elle faisait à nouveau ce visage, mais je m’approchai d’elle pour l’embrasser à nouveau et faire revivre son sourire.

– Je reviendrais.

 Elle sourit et s’exclama en secouant la tête,

– Tu n’as pas besoin de t’accrocher à moi comme tu le fais. Tu as des choses bien plus importantes à faire que moi, chasseur.

Chasseur ? Peu importe, mais je n’avais jamais été autant sûr de toute ma vie, et lui répondis,

– Je reviendrais pour rester à tes côtés, je te le promets.

Artemis eut l’air heureuse en entendant ma promesse, mais je pus aussi discerner une certaine inquiétude dans son regard. J’étais bien trop distrait par sa beauté pour le lui demander, et repoussa une telle idée dans un coin de mon esprit.

– Allons-y ma belle !

Je partis avec la chienne en faisant un dernier signe de la main.

Je partis légèrement blessé intérieurement, mais excité en pensant à mon retour.

 

La chienne me mena à une route rejoignant la ville principale, que je suivie jusqu’à arriver dans cette ville, où j’avais tué le Seigneur Vampire.

Je m’attendais à ce que les gardes de la ville soient vigilants après l’assassinat, mais à ma grande surprise, ils me regardèrent à peine à mon entrée dans la ville. L’un des gardes me regarda même directement dans les yeux, et il paniqua un instant. Il savait qui j’étais … J’allais m’enfuir, mais étonnement, même s’il savait que j’étais un assassin, il ne fit rien. Non, il avait plus l’air de se taire pour une raison quelconque. Pourquoi ? Je voulais le lui demander, mais il s’agissait d’une idée stupide. Seul un idiot serait assez fou pour demander cela, alors je me mis à marcher tranquillement en ville.

La ville était tout à fait normale, et même les citoyens avaient l’air plus heureux qu’avant. J’étais totalement abasourdi … Ils agissaient comme si l’assassinat n’avait jamais eu lieu ? Non, il y avait un problème ! Pourquoi n’avaient-ils pas peur ? Ne paniquaient-il pas ? N’y avait-il pas le chaos ? La personne que j’avais tuée était un noble de très haut rang. Je m’étais caché dans les bois car même le roi n’aurait jamais pardonné le meurtre d’un aristocrate, même si celui-ci était une bête nocturne suceuse de sang …

– …

Mais après tout, ce n’était pas mon problème. Même moi je n’étais qu’un pion sur un échiquier dont l’envergure ne m’était pas imaginable. Pourquoi devrais-je m’impliquer encore plus dans de tels problèmes. Je ne devais rien à personne. Je n’avais fait que mon travail, et voulais recevoir a paye, mais à part ça …

Je regardai le pendentif que je tenais. Il contenait une photographie. Celle du garçon que j’avais tué la nuit de l’assassinat. Il tenait dessus une petite fille dans ses bras, probablement sa petite sœur …

Je me retournai vers les ruelles sombres où erraient des enfants, et me mis à les inspecter un par un en les interpellant et les comparant avec la photographie.

J’avais un autre problème à régler pour le moment.

 

Le jour laissait lentement place à la nuit, tandis que ma recherche n’avait toujours pas portée ses fruits. Toutefois, je ne comptais pas abandonner, pas tout de suite. J’étais un démon, je ne ressentais donc pas la fatigue. La seule chose qu’il me fallait était un objectif pour avancer, et rien ne pouvait m’en dissuader.

– Nous nous rencontrons enfin chéri.

Je m’arrêtai sur place et regardai la personne se tenant sur le toit de l’immeuble. Cette nuit était une nuit de pleine lune. La lueur de la lune était comme aspirée par la silhouette, la rendant encore plus attirante. Elle était absolument magnifique, mais malheureusement pour elle, j’avais déjà une chasseuse.

– Je veux ma paye Elyssa !

Elle sauta du toit et atterrit devant moi, avant de se jeter dans mon torse en ronronnant … mais cela ne m’affectait pas, et au contraire m’ennuyait.

– Je veux ma paye, tout de suite !

Elle n’avait pas l’air d’aimer que je la presse.

– Pourquoi un tel empressement ? Amusons-nous ! La nuit est belle, et je peux te donner quelques choses de bien plus intéressant que quelques pièces d’or. Qu’en penses-tu ?

Proposa-t-elle en e frottant contre moi … toutefois cela me dégoutait, et je l’écartai de moi.

– Insole… Haah … Je vois ! Tu essayes de jouer le difficile huh ?

Elle sourit, essayant à nouveau de masquer son visage avec un faux sourire ne cachant en vérité pas ses véritables couleurs.

– Qu’en penses-tu ? Allons
célébrer ton retour. Je t’offrirais de l’or, des joyaux, un repas et ainsi de suite.

Je me fichais de tout cela. Je cherchais juste une seule chose avant de quitter cette ville pour ne plus jamais y retourner. Toutefois, la repousser éternellement n’allait rien m’apporter, alors je décidai d’hocher la tête et de la suivre.

Elle sourit et s’exclama,

– Je m’y attendais. Allons-y !

Nous commençâmes à nous diriger vers les quartiers internes. Ce ne fut qu’à ce moment que je me rendis compte des raisons de l’assassinat … Elle voulait monter dans la hiérarchie …  Rien ne change dans le monde de l’assassinat huh ?

 

Tandis que nous nous enfoncions dans les quartiers, de plus en plus de vampires étaient visibles autour de nous. Cette zone était infestée de ces suceurs de sang … toutefois, ils avaient tous l’air obéissant et effrayés par Elyssa. Et moi, ils me regardaient comme si j’étais un dessert apetissant. Qui sait, peut-être était-ce la raison pour laquelle Elyssa m’avait amenée ici ? Peut-être qu’elle voulait tout simplement mon sang. Je savais pertinemment que le sang de démon était recherché par les communautés de vampires, en plus d’être difficile à obtenir.

Elyssa remarqua mon regard, et tenta de me rassurer, ce qui ne marcha pas vraiment.

– Ne t’inquiètes pas, nous n’allons pas te manger ! Après tout, tu es un invité d’honneur.

Elle utilisait toujours sur moi son sourire charmeur, mais cela ne fonctionnait pas dans mon cas. Peu après, nous nous assîmes à une énorme table aux côtés de multiples vampires. J’étais placé juste à côté d’Elyssa, à sa droite, tandis que les autres vampires se tenaient en face de nous. Apparemment, la disposition des places représentait la hiérarchie, et Elyssa se trouvait à son sommet …. Et la question était : pourquoi étais-je placé à côté d’elle ?

Elle se leva, un verre de sang à la main, et cria,

– Mes chers frères et es chères sœurs ! Aujourd’hui est pour nous une nouvelle ère !

L’audience se mit à applaudir, et même les vampires n’étant pas assis et se tenant dans le fond firent de même en criant. J’étais confus de la raison de ma présence ici, mais je ne voulais pas non plus énerver des centaines de vampires en plein milieu de leur petite fête.

– Comme vous le savez tous, notre frère Wyrm a été sauvagement tué par un assassin ayant fui dans les bois. Il était un bon frère, honorant notre espèce, mais il était aussi un idiot à la pensée avant-gardiste et ne souhaitant pas le changement, ce qui nous affaiblissait tous. Mais à partir d’aujourd’hui, je vous promets le changement.

Je regardai Elyssa, son discours était fluide et entrainant. Avec de tels propos, elle ressemblait presque à ces gros aristocrates, et l’assassin mentionné était bien évidemment moi. Son but était tout à fait clair.

En me tournant vers l’audience, leurs yeux brillaient. Apparemment, ils souhaitaient eux aussi ce changement, et personne n’avait l’air de vouloir parler de cet assassin en fuite.

Juste au cas où, je concentrai ma magie d’ombre dans mon dos, en cas d’urgence. Les vampires étaient presque des cadavres, alors ils n’allaient pas pouvoir détecter ma magie autrement que par l’odeur et l’essence s’émanant de moi. Toutefois, j’étais un maître assassin, et un expert quand il s’agissait de dissimuler de telles traces.

– Buvons pour notre frère tombé, et puisse son âme reposer en paix !

Tout le monde acquiesça et les verres de sang chaud furent vidés d’une traite. Je grinçai des dents en voyant cela … j’avais de nombreuses raisons pour éviter ces suceurs de sang, et l’une d’elle était l’odeur de rouille s’émanant d’eux à cause de leur consommation de sang.

Puis, le festin commença et de nombreux plats furent servis. Salade, cochon grillé, côtes d‘agneaux, légumes et soupe, le tout combiné à de multiples pains et boissons. Presque tous les serveurs étaient humains. Je pouvais voir à leurs yeux vides qu’ils avaient déjà passés le point de non-retour. Ils n’étaient maintenant que des marionnettes programmables attendant les ordres de leurs maitres. Je savais maintenant pourquoi les villageois paraissaient plus heureux : ils y étaient forcés.

Je ne mangeai rien et me contenta d’attendre. Je ne voulait pas participer et soupira. Tout ce que je voulais, c’était récupérer ma paye.

L’un des vampires de haut rang me regarda, son regard trahissant un certain dédain, probablement à cause de ma position à droite d’Elyssa. Il haussa la voix pour que tout le monde puisse l’entendre, et avec un sourire narquois s’exclama,

– Dame Elyssa, votre animal de compagnie a l’air tendu, puis-je le caresser ?

Mon regard se posa sur lui et y resta. Je pouvais voir qu’il n’avait même pas un siècle. Il était donc bien plus faible que le vampire que j’avais combattu. Je savais aussi que toutes les personnes présentes avaient moins de 2 siècles, et Elyssa était juste au dessus de la moyenne, entre 60 et 80 ans.

Tout le monde à la table se tut, et nous regarda moi et Elyssa. Je ne comptais pas agir parce que j’étais juste là pour récupérer ma paye, mais en me tournant vers Elyssa, je vis son visage se tordre de colère, tandis qu’elle foudroyait du regard l’homme venant de prendre la parole. Sa phrase suivante instaura le silence dans toute la pièce, et parvint même à me surprendre.

– M. Marvin ! J’aimerais vous rappeler que vous parlez ici de mon compagnon. Si vous l’insultez, vous m’insultez moi aussi.

L’homme et moi nous nous levâmes en même temps en regardant Elyssa. Nos deux questions étaient les mêmes, mais dites d’une différente ma,ière.

– Votre compagnon ?

Cria-t-il en me pointant de doigt.

– Ton compagnon ?

M’exclamai-je en me pointant moi-même du doigt, confus. Elle me lança un sourire ayant l’air de dire ‘’bien sûr que tu l’es, idiot’’, ce qui me rendit encore plus nerveux.

Je la tirai vers moi, un peu trop près, mais je m’en fichais. Une expression perverse apparut sur son visage lorsque nos corps se rapprochèrent.

– Hey, tu peux être un peu violent, mais …

– Arrête tes conneries ! Je veux ma paye Elyssa, c’est tout !

 Tout le monde était déjà silencieux et choqué par sa révélation, mais mes mots ne firent que les choquer davantage. Elyssa elle aussi cligna des yeux un instant en souriant, et demanda,

– Tu comptes me refuser, chéri ?

Elle se rapprocha lentement de moi pour m’enlacer, mais je la repoussai, montrant ainsi notre différence de force.

Elyssa fut poussée et entra en collision avec l’un des serveurs qui tenait un bol de salade. La plat tomba sur sa tête et l’huile dégoulina sur son corps et sur sa tunique en cuir.

Tout le monde se raidit. Personne n’osait émettre le moindre son, mais je n’étais pas inquiet. Je pouvais tuer tout le monde ici en un instant avant même qu’ils n’aient le temps de le remarquer. S’ils ne pouvaient pas vaincre leur ancien leader, comment pouvaient-ils me faire face ?

Ils ne connaissaient pas ma force, alors certains vampires reprirent leurs esprits et commencèrent à grogner. Certains coururent même vers moi avec leur vitesse surhumaine, mais tout à coup Elyssa se leva et cria,

– HALTE !

Je perçus une voix de vampire dans son ton. Cela affecta les vampires inférieurs qui s’arrêtèrent sur place. Je devais l’avouer, elle n’était pas faible.

Elle retira le bol de salade sur sa tête et se tourna vers les autres vampires. A ma grande surprise, elle n’était pas fâchée et continuait à sourire, mais la salade et l’huile sur son corps rendaient la scène assez dérangeante.

– On dirait que je vais avoir besoin de m’absenter un instant pour me refaire une beauté. Profitez du festin sa
ns moi.

Elle se tourna pour partir et me fit signe de venir avec elle. Je m’exécutai, car je voulais partir de cette maison de fou le plus rapidement possible … mais je voulais aussi ma paye !

Et ainsi, nous traversâmes la maison côte à côte. Elle ne parla pas et ne montra pas la moindre expression, et je fis de même. Nous arrivâmes enfin dans sa chambre, et elle s’enferma dans une pièce à côté. Je l’entendis changer ses vêtements.

 

Elle prenait du temps ! Je m’ennuyais tellement que je me mis à observer mes alentours. Je me rendis vite compte qu’Elyssa était une femme simple, où plutôt aux gouts simples ? Sa chambre était tout sauf extraordinaire ou extravagante. Il n’y avait rien de luxurieux dans la pièce, juste des murs blancs, une charpente solide et un large miroir.

– Tu sais, être un vampire devient assez ennuyeux après plusieurs décennies. Plus tu vies, et plus tu réalises que tu n’as pas de raison de vivre, ce qui est assez déprimant. J’ai vécu 2 siècles, et sais-tu où j’ai commencé ?

Grâce à mon ouïe surdéveloppée, je n’avais aucun problème pour l’entendre. Même si nous étions déparés par un mur, je l’entendais comme si elle était devant moi.

– Non, et pourquoi me racontes-tu tout ça ?

Je m’assis et fermai les yeux. Je n’avais plus qu’à attendre.

J’entendis un rire … un rire moqueur, pas dirigé vers moi, mais vers elle-même.

– J’ai commencé en tant que simple prostituée. Je travaillais en tant que barmaid le jour, et prostituée la nuit. Je vivais ma vie sans réel but, dans la simple optique de vivre. Mais un jour, un étrange homme est venu dans notre établissement. Il était en fait un vampire et m’a mordu, me transformant ainsi en vampire avant de disparaitre le soir même, sans m’expliquer ce que j’étais devenu. Après de longues années, je l’ai rencontré à nouveau, et je me suis remis à son service …

Elle s’arrêta un instant, cela me laissa le temps de réfléchir et je répondis,

– Laisse-moi deviner, il s’agit de l’homme que j’ai tué n’est-ce pas ?

Je l’entendis à nouveau rire, et elle continua,

– Tout à fait, tu as raison.

Toujours sans ouvrir les yeux, j’entendis la porte s’ouvrir doucement et Elyssa s’approcher lentement de moi en pensant que j’étais une proie facile. Je pouvais ressentir la vibration de l’air créée par ses mouvements. Elle leva les bras pour m’attraper, jusqu’à ce que …

D’un mouvement rapide, j’attrapai ses deux mains, mais me rendis compte que la force de son attaque était bien trop faible. Lorsque j’ouvris les yeux, je me rendis aussi compte qu’elle ne portait qu’une serviette autour de son corps. Et puisque je tenais maintenant ses deux mains, la serviette glissa doucement, exposant sa peau blanche et ses courbes généreuses. Pendant un instant, elle captura mon attention, mais je détournai en vitesse le regard, embarrassé. Toutefois, elle n’essaya pas de cacher son corps. Non, elle avait plutôt l’air curieuse de mon attitude, et lorsqu’elle réalisa la vérité, elle éclata de rire.

– L… L’effrayant démon assassin … est… est embarrassé devant moi … une simple femme nue ? Oh, si j’avais su cela, je me serais directement jetée dans tes bras, mon compagnon !

Elle essaya à nouveau de s’approcher de moi, entièrement nue cette fois-ci, sans cacher la moindre partie de son corps … mais je ne perdis pas prise et la regardai dans les yeux.

– Arrête tes conneries ! Je veux ma paye, et je ne le répéterai pas une nouvelle fois ! Je ne suis pas ton compagnon, je veux mon argent et c’est tout ! Si tu souhaites rendre la tâche plus difficile qu’elle ne l’est, je vais devoir utiliser la force, et tu sais très bien comment tout cela se terminera !

Je la poussai à nouveau, et cette fois-ci, ironiquement, ce fut sur le large double lit. Toutefois, je me retournai en vitesse, n’osant pas regarder le spectacle enchanteur devant moi.

J’entendis un reniflement mais décidai de l’ignorer. J’attendis donc, et elle se rhabilla.

– Tu peux regarder …

Sa voix était plate et glaciale, mais je m’en fichais.

Je me retournai et vis qu’elle tenait dans ses mains une bouteille de vin et deux verres. Elle me fit signe de m’asseoir à la table où elle prépara les verres. Je pouvais maintenant percevoir une certaine tristesse dans ses yeux. La même tristesse que j’avais vu dans les yeux d’Artemis lors de mon départ …

Je m’assis à la table. Elyssa versa le vin dans les verres et se remit à parler.

– Tu as déjà quelqu’un n’est-ce pas ?

Je ne répondis pas et me contenta de boire mon verre en une gorgée, tandis qu’elle prenait le temps de le goûter. Au final, elle le recracha, ce que j’avais du mal à comprendre.

– Comme je te l’ai déjà dit, les vies de vampires passent de paradis à enfer après un certain temps. Nous nous ennuyons des choses nous entourant, nous nous désintéressons de tout ce qui arrive, car nous avons déjà goûté à tout cela. J’ai vécu pendant 2 siècles. Lors du premier, j’ai fait ce que je voulais. J’ai vécu une vie d’opulence et de richesse, profitant de jouissances royales, mais ce train de vie est vite devenu ennuyeux. Je me suis donc ensuite mise à essayer toutes les choses que je voulais faire, mais même cela se transforma rapidement en lointain souvenir. Le soleil n’est pas notre pire ennemi, à nous, les vampires, c’est en vérité l’ennui. Devenir immortel et parcourir la terre sans but réel, sans savoir quoi faire et seulement attendre la mort …. Qui nous a déjà été retirée.

– Et ?

Demandai-je indifféremment. Je ne réfléchissais jamais vraiment à ce que j’allais faire le jour suivant, alors son raisonnement m’était complètement inconnu.

– Hmm, est-ce que quelqu’un t’a déjà dit que tu étais un vrai briseur de cœur ?

Je repensai à Artemis et répondis,

– Oui, on me l’a déjà dit.

Je pris une nouvelle gorgée de vin et attendit.

– De la part de ton être aimé je présume ?

Je ne lui donnai pas le moindre semblant de réponse.

– Très bien, ton or est dans le coffre à gauche.

En un instant, je me levai de ma chaise et fouilla dans le coffre, avant d’enfin trouver un sac d’or mélangé avec quelques joyaux. Tout content, je commençai à me diriger vers la sortie, mais elle continua à ma parler.

– Je pourrais te donner toutes les richesses du monde, toutes les femmes que tu désires, un contrôle absolu sur tout ce que tu souhaites, tes mots pourraient faire office de loi. Tout le monde te craindra, mais ça, c’est seulement si tu restes à mes côtés …

En s’exclamant cela, elle jouait avec son verre avec un extrême solitude et tristesse, tout comme Artemis … mais malheureusement pour elle, j’avais déjà un lieu où retourner, un lieu au milieu d’une forêt où vivait une femme du nom d’Artemis.

Je continuai à me diriger vers la porte, ne prenant pas compte de ses mots, jusqu’à sa dernière requête,

– Dans ce cas, peux-tu au moins me parler ? Considère cela comme un service envers moi. Je sais que nous ne nous rencontrerons pas une nouvelle fois, alors je suis prête à payer chaque seconde passée avec toi à discuter … pitié.

Je la regardai un instant et me mit à réfléchir. Elle avait l’air si seule et triste …. J’avais déjà quelqu’un … mais parler ?

Je me rassis à ma place, en face d’elle. Elle fut surprise que j’accepte son offre, et lentement, pour la première fois, je vis un véritable sourire apparaitre sur son visage pendant un instant, la rendant resplendissante.

– Nous pouvons parler, mais seulement si tu peux trouver cette fille intacte …

Je lui montrai le médaillon contenant la photographie et elle acquiesça. Elle appela une servante et ordonna à ce que l’on
recherche la fille présente sur cette photo. Et ainsi, nous parlâmes toute la nuit en buvant. Je n’étais pas infidèle, car je savais qu’elle avait un profond besoin de cela.

 

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2 réflexions sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 51.5

  • Avatar
    12 juin 2016 à 22 h 23 min
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    le nom Artémis et le début… comment dire ? ça colle pas vraiment ^^

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  • Avatar
    12 juin 2016 à 23 h 02 min
    Permalien

    son histoire est vraiment bien Merci 🙂

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