Chapitre 50 : L’Oiseau Incandescent

 

– Son pouls remonte !

Quelqu’un cria. Une lumière vive entra dans mon champ de vision, me forçant à fermer les yeux.

– Ugh, où suis-je ?

Demandai-je.

Pour une raison inconnue, tout le monde autour de moi me regardait d’un air abasourdi. Etait-ce parce qu’ils me pensaient mort et revenu à la vie ?

Ma vue était trouble, et je dus donc me frotter les yeux. De la sueur coulait sur mon front et je pouvais sentir un goût de terre dans ma bouche, mais sinon, j’allais bien.

– Qu’est-ce que vous attendez !?

Quelqu’un cria à nouveau, une voix de femme. Je tournai la tête, et vis le visage de la directrice …

Où étais-je ? M’avaient-ils portés jusqu’ici après ma perte de connaissance ? Apparemment ils étaient en plein milieu de quelque chose ? La pièce dans laquelle je me trouvais était blanche, mais je pouvais y voir une fenêtre, et de l’autre côté se tenaient Cecilia, Stella et … Leraje ?

Ils me virent bouger, et se mirent à frapper contre la vitre. Les yeux de Stella étaient rouges et des larmes coulaient le long de ses joues, et même Cecilia avait les yeux rouges. Quand à Leraje, il n’avait pas l’air différent, mais je vis ses muscles se relaxer légèrement. Il n’était pas du genre à montrer ses émotions, alors je pouvais comprendre.

Je leur fis un signe de la main, qu’ils me rendirent avec un large sourire sur leurs visages. Le docteur maintenant une boule de lumière au dessus de ma tête fut surpris et s’exclama,

– Directrice ! Il … Il est revenu à la normale ! Son cerveau n’est pas endommagé … Pourtant j’aurais juré …

Les autres personnes présentes furent toutes aussi surprises de mon rétablissement …. Allais-je vraiment si mal que ça ? Et comment allais-je l’expliquer ? Je me souvenais toujours de Chronos, de ma résurrection … et du marché passé pour revenir d’entre les morts.

– …

Je regardai en direction de la directrice. Celle-ci fit de même, mais sans la moindre expression, je lui demanda,

– Je peux partir maintenant ?

Pour moi, partir était le seul choix possible, car je ne voulais pas qu’ils enquêtent plus en profondeur sur ma condition. Elle me fixa, confuse. Son regard contenant une certaine curiosité, elle répondit,

– Oui, tu peux partir.

– Mais, directrice, c’est …

Elle foudroya du regard le docteur à côté d’elle. Laissant échapper un petit cri, il ne put s’empécher de faire un pas en arrière, et décida de se taire. Elle sourit à nouveau en se retournant vers moi.

– Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésites pas à me demander ! Sinon ne t’inquiètes pas trop, il n’y a chez toi aucun problème, à part une légère fatigue.

J’hochai la tête, avant de me lever du lit. Tout le monde dans la pièce me regardait comme si j’étais un extraterrestre, mais ils ne firent rien, probablement parce que la directrice me protégeait.

– Laisse-moi t’accompagner, tes amis sont probablement très inquiets.

J’acquiesçai, avant de me mettre en marche. Je sentis tout à coup quelque chose dans ma poche de poitrine, et me demandais quand est-ce qu’elle était arrivée là …. La montre à gousset en or.

 

– Uwaaah ! Onii-chan ! *Snif*

En sortant de la salle, la première chose que je vis fut Stella se ruant dans mes jambes. Je l’enlaçai en lui affirmant que tout allait bien … Je me sentais coupable de l’avoir tant inquiétée, mais elle allait éventuellement finir par se calmer.

Levant la tête, je vis aussi Cecilia, qui avait visiblement l’air très agitée. Je voulus prendre la parole, mais avant que je n’y arrive, quelque chose d’inattendu se passa …

*Enlace*

Cecilia s’avança et me prit fort dans ses bras. Elle mit ses bras derrière mon cou, et je pus sentir sa poitrine contre mon torse. Leraje, se tenant derrière elle contre le mur sourit dans ma direction en levant la pouce au ciel …

Hey ! Tu n’es pas le mieux placé pour ça !

Je voulais rétorquer, mais remarquai que Cecilia me serrait un peu trop fort …

– Cecilia, de l’air …. De l’air …. !

– *Snif*

Je pouvais l’entendre renifler, puis mon épaule commença à être mouillée. Elle commençait à être sérieusement mouillée …

– Je suis désolé *Snif* … je suis vraiment désolé *Snif* !

– C’est bon…

Sans que je puisse finir ma phrase, Cecilia me relâcha et me regarda droit dans les yeux, une teinte de colère dans son regard.

– NON ! Ce n’est pas … ce n’est pas bon ! J’ai été idiote !

Son emportement me surprit, alors je me tus et me contentai de rester figé.

– Ahem !

La directrice s’éclaircit la gorge, et Cecilia, réalisant sa position, s’éloigna en hâte de moi.

– Allons allons, et si nous allions maintenant dans mon bureau pour parler de tout ça au calme ?

– Je ne pense pas que cela soit nécessaire maintenant que je suis là, Alexa.

Je tournai la tête en direction de la voix, et me rendis compte que Steward était présent. Quand était-il arrivé là ? Il se tenait dans son habituelle posture, droit comme un i, portant son costume de majordome.

– J’ai entendu dire qu’un duel allait se dérouler ici, mais lorsque j’ai entendu que la personne à combattre n’était pas Cecilia, mais son garde du corps, je suis venu en urgence.

Il me regarda, essayant de découvrir si ce qu’il avait entendu était vrai, et je me contentai d’hocher la tête. Ensuite, il se tourna vers Cecilia en la regardant d’un air réprobateur et furieux. Elle avala avec bruit sa salive et évita son regard en regardant de l’autre côté.

– Très bien. On dirait que le combat a déjà prit fin, alors pourquoi ne pas laisser les enfants se reposer ? Nous pourrions en parler plus tard dans votre bureau.

La directrice soupira, accepta la décision de Steward et nous libéra. Avant de partir, Steward me parla en privé.

– Comme je te l’ai déjà dit, du moment que cela n’a rien à voir avec nous, tu n’as pas à en parler, mais parfois, des explications sont nécessaires.

Il pointa du doigt Leraje, toujours adossé au mur. Celui-ci regarda Steward, mais n’avait pas l’air d’être dérangé.

– Et autre chose, veuillez escorter Mademoiselle à son dortoir. Pour raisons médicales, je vous libère de votre devoir pendant 2 jours. Cecilia sera gardée par d’autres individus en attendant que vous alliez mieux.

J’acquiesçai en silence, le remerciai, et quittai l’infirmerie par le portail magique.

 

– Ugh …

Je détestais vraiment ces portails … Sur le chemin vers le dortoir de Cecilia, Stella restait silencieuse en s’accrochant à moi tandis que nous marchions.

Cecilia avait l’air inquiète en voyant mon expression, et demanda,

– Est-ce que tu vas bien ?

Riant, je lui répondis,

– N’avais-tu pas dit que justement ça n’allait pas ?

Suite à ça, elle devint rouge vif, et essaya tant bien que mal de m’expliquer ce qu’elle voulait dire par là … ce qui me fit rire de plus belle.

– Tu sais très bien ce que je veux dire !

Je continuai à rire. Notre conversation n’était pas gênante ou forcée, mais je pouvais voir qu’elle voulait me demander quelque chose, et que ce quelque chose marchait derrière nous avec des cheveux blonds et des yeux verts. Elle s’était probablement rendue compte qu’il était un démon.

J’avais remarqué qu’elle lançait depuis tout à l’heure des petits coup d’œil en direction de Leraje.

– Tu veux savoir ?

– Huh ?

Je pointai Leraje du doigt.

– Son nom est Leraje, il est comme … comment dire ? Disons qu’il travaille pour moi. Tu t’en es
probablement déjà rendu compte, il est un démon, mais il n’est pas mauvais ou bon … Attends ! Est-ce qu’il en existe des bons au moins ?

Elle avait l’air de comprendre à peu près qui il était, et se tourna vers lui en hochant la tête.

– Mademoiselle …

Leraje la salua respectueusement en se baissant, mais sans sourire. Il ne souriait jamais, et il s’agissait de l’un de ses défauts principaux. Il pouvait faire des sourires gênés ou amusés, mis il n’a jamais l’air de sourire joyeusement. Je me demandais bien pourquoi ?

– As-tu … ?

– Non, je n’ai pas passé de pacte avec lui ! Disons qu’il n’a pas d’autre choix que de travailler pour moi.

Elle fut surprise pendant un instant, et regarda à nouveau Leraje. Elle n’avait pas l’air de vouloir lui parler, c’était plutôt comme si elle l’inspectait comme s’il s’agissait d’un extraterrestre … est-ce que les démons étaient rares en plus de ça ?

Nous nous rapprochions du dortoir de Cecilia, et l’énorme portail entouré de gardes entra dans mon champ de vision. L’endroit était vraiment bien gardé.

– Tu sais, maintenant, je te comprends en quelque sorte.

Je clignai des yeux en la regardant quelques secondes.

– C’est-à-dire ?

– Tu l’as dit toi-même ! Tu ne me fais pas confiance, et il est évident que tu ne dirais jamais tes secrets à quelqu’un à qui tu ne fais pas confiance.

Je lui répondis en riant,

– Merci captain Obvious, c’était une déduction parfaite !

Cecilia n’eut pas l’air de bien le prendre, et précisa sa pensée,

– Ce que j’essaie de te dire est que nous avons assez de temps pour que je gagne ta confiance, ey je suis sûre qu’un jour, tu me dévoileras tout tes secrets.

Je réfléchis un instant avant de répondre,

– Pourquoi en es-tu aussi sûre ?

La question était tout à fait sincère : elle était apparemment l’une des personnes les plus importantes de la société magique. Si elle apprenait que je venais de la prison dans le ciel, je ne savais pas comment elle allait réagir.

– J’en suis sûre, car il me reste 6 ans pour te pousser à t’ouvrir à moi, alors je ne vais pas te déranger pour ça plus longtemps. Je n’en ai pas besoin, car je sais que j’y arriverais !

S’exclama-t-elle avec un sourire satisfait.

Je me tus et fixai la jeune fille dans les yeux … Allait-elle en être capable en 6 ans ? Sera y était arrivée en 2 jours …

– A plus !

Elle partit de bonne humeur vers son dortoir. En la regardant s’éloigner, j’entendis tout à coup un ‘’tic-tac’’ dans ma poche de poitrine. Surpris, je sortis de ma poche la montre à gousset émettant une lumière dorée, et après l’avoir ouverte, je me rendis compte que l’aiguille auparavant figée s’était mise à bouger à nouveau. Avec chaque bruit, une seconde passait. Le son était presque hypnotique lorsque je fixais la montre du regard.

– Ahh ! Qu’est-ce que c’est ?!

Stella regarda curieusement la montre dorée, de même pour Leraje. Il fit une expression compliquée en la voyant.

– Comment dire … c’est un souvenir, et une clé.

– Pour quoi ?

Demanda Leraje. Sa voix contenait une certaine inquiétude, que je ne parvenais pas à comprendre. Avait-il vu quelque chose de spécial sur la montre ? Je répondis en le regardant,

– Pour une tâche en suspens. Allons-y !

Nous nous tournâmes vers l’académie, vers le hall aux portails. Nous marchions tranquillement, en parlant de tout et de rien. Je découvris aussi pendant notre discussion que Stella allait passer son test de montée de rang dans un mois, ce qui avait l’air de l’exciter. Elle n’avait pas l’air d’avoir réalisé que son anneau noir avait disparu, ce qui me rassura.

Huh … qu’est-ce que c’est ? J’avais vu quelque chose voler dans le ciel. Je m’arrêtai et tournai la tête dans sa direction, mais me rendis compte qu’il avait déjà disparu. Il s’agissait d’une étrange silhouette orange et rouge, et pendant un instant, j’avais cru voir …

– Un oiseau incandescent …

Murmurai-je, avant de continuer ma route vers la maison.

 

Chapitre Précédent                                                                                                                   Chapitre Suivant

Accueil

3 pensées sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 50

  • 14 mai 2016 à 18 h 25 min
    Permalink

    un phénix, quoi ^^

    Répondre
  • 14 mai 2016 à 19 h 53 min
    Permalink

    il aurait pu mettre pause pour voir ce que c’était

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :