Chapitre 47 : Gagnant ou Perdant ?

 

Je n’avais pas peur de lui : le tremblement du début s’était déjà dissipé, et les battements de mon cœur s’étaient calmés. Mais, cet adversaire constituait vraiment l’incarnation de ma plus grande faiblesse.

Tandis que je pensais cela, je sentis un autre sort de vent être lancé sur le terrain, balayant le reste de poussière, tandis que je me trouvais toujours au sol, ma tête me faisant un mal de chien. S’il s’agissait d’un véritable combat, je me serais probablement déjà cassé le bras, la main et les doigts a force de le frapper, mais grâce à cet étrange barrière, tous les dégâts physiques avaient été convertis en fatigue mentale … haha.

Vardath continuait à marcher vers moi, les écailles sur son corps se rétractèrent, révélant sa forme humaine. Seules ses mains étaient toujours celles d’un dragon ; il avait l’air amusé en me regardant. Je soupirai en me relevant.

– Alors, tu as fini ?

Demanda-t-il. Je savais pertinemment qu’il se fichait de ma réponse.

– Peut-être, peut-être pas. Nous allons bien voir.

Il simulait plutôt bien, mais je pouvais voir qu’il avait bien reçu quelques dommages ; des veines étaient apparues sur ses tempes. Il était probablement en train de vivre la pire migraine de sa vie. A mon avis, il était tout aussi fatigué que moi, mais son sang de dragon avait l’air de le garder conscient … franchement, n’y avait-il pas de limitations aux compétences raciales ? Cela m’avait l’air bien trop inégal.

– A mon tour.

Murmura-t-il.

En comme ça, en un instant, il se déplaça vers moi à une vitesse incroyable. Je ne m’y attendais pas et tentai de ralentir le temps, mais …

– Quoi ? …

Ma capacité ne se déclencha pas !

Je fus frappé dans le torse avec la force d’un véritable dragon … une petite explosion se forma à l’endroit d’impacte, et je fus projeté en arrière, roulant sur le sol jusqu’à m’arrêter en frappant la barrière.

– Haaahhhaaahhhh !!!

Que … Que … Que s’était-il passé ? Pourquoi est-ce que ça n’avait pas marché ? Je n’arrêtais pas de perdre conscience par moments. Seule ma volonté me gardait conscient, mais quoi que ce soit de plus, et j’étais sûr de craquer … Il n’y avait pas la moindre douleur physique, la magie était vraiment utile dans ce genre de moments, mais pas spécialement pour moi. La fatigue mentale ne faisait que s’empiler toujours plus.

J’étais au bord de la barrière, m’empêchant de reculer plus ; les spectateurs me regardaient, certains me pointant du doigt en discutant. Certains se moquaient même de moi, tandis que d’autres m’encourageait à me relever.

Je regardai en direction de mon adversaire : il marchait toujours vers moi, comme s’il avait tout le temps du monde entre ses mains … enfin non, entre se griffes plutôt !

J’essayai de me relever et de m’avancer, et en faisant cela, je sentis des sortes de petites pierres bouger dans ma veste ; peut-être que des débris s’étaient logés dans mes vêtements lorsque je m’étais fait projeter ? J’essayai d’évacuer les pierres de ma veste, mais me rendis compte de quelque chose :

Ce n’était pas des pierres … Il s’agissait des morceaux brisés de la poignée que m’avait donnée Sera en signe de notre amitié. Mais maintenant, elle avait été brisée en morceaux … Je faillis désespérer, mais me rappelai que je pouvais la réparer comme je l’avais fait avec les balais et le cadre photo de Sera. J’avais ce genre de capacité : je pouvais réparer tout ce que je voulais !

 Je regardai les petits morceaux, il me fallait juste me concentrer. Je ne savais même pas pourquoi je faisais cela dans une telle situation, sachant que ça ne me serait d’aucune aide. Je ne savais pas si j’étais juste désespéré ou en pilote automatique, mais je le fis, et tout à coup, mon esprit eut une légère absence. Je ne perdais pas conscience, non, quelque chose de plus incroyable que ça était en train de m’arriver : les petits morceaux de la poignée commencèrent à s’assembler en leur forme originelle. Je perdis tout à coup la vue, car une lumière dorée jaillissait de mes yeux, se transformant en une sorte de scène …

 

– Papa ! Papa ! Que fais-tu ? C’est quoi ?

Une petite fille avec de longs cheveux noirs et des lunettes rondes et opaques se tenait à côté d’un petit homme avec une longue barbe. Il portait un bonnet, et dans sa main se trouvait une poignée entièrement noire, décorée d’étranges signes et symboles. Les deux étaient assis devant un géant atelier, où reposaient de multiples outils et plans compliqués. L’homme souriait et rigolait en tenant la poignée noire dans ses mains, et dit fou de joie à la petite fille :

– Sera, c’est ma meilleure invention, alors que ces vieux hommes dans les mines m’ont dit que c’était impossible ! Mais ils se trompaient ma fille ! Tu m’entends, ils se trompaient ! Je l’ai fait !

Il avait l’air vraiment heureux. Son excitation rendit aussi joyeuse la petite fille, même s’il était impossible de voir ses yeux, elle souriait et demanda,

– Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que c’est ?

Elle n’arrêta pas de sauter sur son siège, en demandant au petit homme barbu ce qu’était la poignée qu’il tenait.

En réponse, il fit un sourire rusé et dit,

– Désolé petite fille ! C’est le secret de ce vieil homme ! Je ne peux pas te le dire gratuitement.

Il se mît ensuite à rire à pleins poumons. La fille n’avait pas l’air amusée par cette réponse, et sautant de son siège, s’exclama contrariée,

– Humph ! Alors je ne veux pas savoir, je te déteste papa, méchant !

L’expression du petit homme changea tout à coup, et essayant de la consoler, il dit enfin,

– Allons, allons Sera. Je suis désolé, mais tu comprends les méthodes naines, n’est-ce pas ? Que penses-tu de ça : je peux te dire son nom, pas ce que c’est, mais juste son nom. Allons, je suis sûr que tu ne seras pas déçue !

La petite fille regarda son père, sourit et répondit,

– D’accord !

Il se remît à sourire et continua,

– Le nom de cet outil est le …

Tandis qu’il était sur le point de finir sa phrase, sa voix parue très faible et lointaine, devenant bien trop difficile à comprendre, même pour moi. Une puissante lumière dorée apparut à nouveau devant moi ; la scène commença à disparaitre comme une fumée face au vent …

 

– Hey toi ! Allez, lève-toi ou il va t’exploser !

– Ahh, laisse-le ! Il a peur, c’est tout, en plus, j’ai parié sur lui. Pourquoi ai-je été aussi stupide ?!

Les sons environnant revinrent à la normale, et les couleurs réapparurent. Je réalisai que je cachai mes yeux de mes mains, mais ce qui me surprit était l’objet que je tenais dans ma main droite.

Ca avait marché ! Je l’avais réparé ! L’objet que je tenais était une poignée noire avec de multiples gravures ; elle était lisse au toucher, et le niveau de détail était superbe. Elle pesait environ 1,2 kilos, pour 35 centimètres de long et 3,5 de large. Il y avait un trou peu profond au bout …

Je regardai la poignée, il s’agissait … de la poignée d’une arme ?

– Un dernier mot ?

Je levai les yeux. Vardath était déjà là, se tenant devant moi. Lorsque je le regardai, il fut tout à coup surpris, mais reprit aussitôt ses esprits. Je ne l’avais même pas remarqué s’approcher, j’avais dû être absent pendant quelques minutes pendant qu’il prenait tout son temps pour marcher jusqu’ici.

– Wow, qu’y a-t-il avec tes yeux ?

Que voulait-il dire ? Mes yeux ? Etait-ce la raison de sa surprise ?

Je t
ouchai mes yeux pendant une seconde, et essayai de sentir si quelque chose sortait de l’ordinaire … rien, une seconde …. Je regardai mes mains : une sorte de lumière dorée se reflétait dessus, elle était très légère, et ne venait pas du soleil … Elle venait de mes yeux ?

En y réfléchissant, je remarquai aussi que ma tête allait mieux, et ne me faisait plus mal …

Alors que j’étais abasourdi par la situation, Vardath essaya de me donner un coup de pied sur le flanc de mon visage, mais en même temps, je savais qu’il allait me frapper 3 secondes avant, alors je sautai sur la gauche au bon moment. Comment savais-je qu’il allait m’attaquer ? Une espèce d’image était apparue dans ma tête, me montrant à l’avance l’action qu’il allait effectuer.

Lorsque Vardath remarqua qu’il m’avait raté, il se tourna vers moi, confus, et dit,

– Comment savais-tu que j’allais t’attaquer ? Et puis, comment as-tu réussi à éviter ça ?

J’étais tout aussi confus que lui, mais tandis que je cherchais la réponse, une autre chose apparut dans mon esprit : dans 2 secondes, j’allais recevoir un uppercut. Je sautai en arrière, mais une autre image apparut : dans 1 seconde, une jambe allait entrer en contact avec mon genou, alors je levai ma jambe gauche, et ainsi de suite. L’action continua : des images apparaissaient dans ma tête, prévoyant ce qui allait arriver.

Après le 8ème coup raté, Vardath sauta en arrière. Il avait l’air tout à fait confus et abasourdi. Il me regardait comme si je n’étais pas humain (ce qu’il n’avait même pas le droit de faire étant donné qu’il n’en était même pas un !)

– Tu comptes attaquer ou pas ? Il n’y a presque plus de temps, et je serais probablement le vainqueur de ce match.

S’exclama-t-il, sûr de lui …

Je tenais toujours la poignée dans ma main ; des souvenirs affluaient dans ma tête, me montrant tout de l’objet : ce qu’il pouvait faire, ce qu’il était, mais ce qui m’intéressait le plus était son nom.

– Qu’est-ce que c’est ? Je ne l’ai pas vu sur toi au début du combat …

Vardath pointait du doigt la poignée noire.

Je répondis en souriant,

– Qu’en penses-tu : étant donné qu’il ne reste presque plus de temps, décidons ce match en une attaque.

Il grogna lorsque j’ignorai sa question, mais accepta ma proposition. Me tenant prêt, je regardai une dernière fois la poignée noire, repensant à la scène que j’avais vu …

– D’ailleurs …

Je secouai légèrement la poignée, les symboles dessus commencèrent à briller, jusqu’à l’extrémité où se trouvait le trou, où la lumière se rassembla. Vardath la regarda sur ses gardes, ce qui me fit rire.

– C’est un cadeau d’une amie …

La lumière se concentra dans le trou, et forma un long rayon de lumière de 110 centimètres de long. Le rayon de lumière était de couleur dorée, et avait l’air très étrange : il n’était ni chaud, ni froid, il ne tremblait pas ni se tordait, lorsque je le secouai, il ne faisait pas le moindre bruit.

Tout le monde regardait l’objet étrange que je tenais dans ma main. Si je devais le décrire, je dirais qu’il s’agissait d’une épée, mais je savais que c’était bien plus que ça.

Je regardai Vardath qui était abasourdi, les yeux rivés sur le rayon lumineux. Le tranchant de cette arme n’était pas une blague, et pouvait facilement découper n’importe quoi si on ne faisait pas attention.

– Elle s’appelle la Poignée de l’Empereur Dragon Noir, qu’en penses-tu ?

En entendant le nom, il parut encore plus distrait que jamais.

– Humu, belle coïncidence, mais je ne compte pas passer toute la journée ici à te parler, finissons-en !

Tout à coup, il chargea dans ma direction à vitesse maximale. Je n’arrivais même pas à le voir, et je n’étais pas sûr de pouvoir l’esquiver, même en voyant l’attaque à l’avance, alors je fis ce que je faisais toujours :

J’arrêtai le temps.

Le monde autour de moi devint silencieux. A ce moment-là, rien ne bougeait ou ne faisait le moindre son. La Poignée de l’Empereur dans mes mains émettait toujours sa lumière dorée, et devant moi se tenait Vardath. Cette fois-ci, toutes ses écailles rouges étaient sorties, protégeant chaque partie de son corps. Il avait l’air d’un véritable monstre, sans la moindre peau et seulement des écailles ; il avait probablement senti le danger que représentait cet outil, mais n’avait probablement pas découvert que je pouvais arrêter le temps. Il était véritablement malchanceux, et je pouvais être considéré comme rude en faisant une attaque aussi lâche, tandis que le temps était arrêté, mais …

Je fis un sourire moqueur.

Qui a dit que je ne pouvais pas attaquer quelqu’un pendant que le temps était arrêté ? Je fis un pas en avant, et abattis la poignée noire. Le rayon lumineux suivit mes mouvements, et traversa Vardath comme s’il n’était même pas là. Aucune blessure n’apparut, probablement grâce à la barrière pensai-je. Une fois terminé, je me remis en position, et remis le temps en marche.

– Ugh … qu … comment … ?!

Il ne bougea pas, et après 2 secondes, tomba à genoux, tandis que ses écailles rouges se rétractèrent. Son visage était blanc comme un linge, sans la moindre goutte de sang visible. Il n’était pas blessé, mais lorsqu’il tourna la tête vers moi, je pus voir qu’il transpirait beaucoup, et luttait pour ne pas perdre conscience. J’éteignis la poignée noire.

– Peux-tu au moins me dire comment tu as fait ça ? J’étais sûr, non, je savais que j’étais bien plus rapide que toi …

Je le regardai dans les yeux. Le combat avait été vraiment long. Il était sûrement le meilleur adversaire rencontré jusque là grâce à ses talents raciaux, alors que même 80 mages et 1 grand magus n’avaient rien pu me faire, de même pour des vampires et démons.

– Disons que cette fois-ci, le temps était de mon côté.

Il ne rajouta rien et s’écroula sur le sol. Tout le monde était silencieux, sans le moindre son perceptible. Même le juge tenant le drapeau blanc était complètement abasourdi. Ils avaient tous regardé le combat se déroulant devant leurs yeux ; témoins d’exploits surhumains, ils n’arrivaient pas à trouver le moindre mot pour décrire la situation … De plus, je commençai à moi aussi tomber à court d’énergie.

L’un des professeurs reprit ses esprits et donna un coup de coude à l’homme tenant le drapeau. Lui aussi se réveilla de sa stupeur, et bégaya un instant en annonçant,

– La … La vain… La vainqueur est Mademoiselle Greenwood !

Après un silence gênant, les gens dans le public commencèrent à applaudir les uns près les autres, pour qu’au final tout le monde m’encourage et me siffle. D’autres professeurs apparurent rapidement, accompagnés de médecins. Je tenais toujours la poignée noire dans mes mains, et décidai de la placer dans le Clavicula. Je pouvais stocker des objets dans le Clavicula, même sans les avoir en main, du moment qu’ils étaient en ma possession … en un instant, la poignée disparut en une nuée de particules.

– DAWN !

Cecilia cria en courant vers moi. Mon énergie commençait à s’échapper, et mon esprit me quittait. Les professeurs commencèrent à me porter, et la dernière chose que je vis fut le visage en pleurs de Cecilia, s’accrochant à moi …

 

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3 réflexions sur “Le Rude Maître du Temps – Chapitre 47

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    27 avril 2016 à 7 h 27 min
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    #videoprojecteur #sabrelaser ^^

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    27 avril 2016 à 18 h 55 min
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    la force est puissante en lui !

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    13 août 2016 à 21 h 54 min
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    Ses lâche d’attaquer commesa ? Dans un combat tout est permis fils alors tu te démerde !!!
    Oui Vador sama !

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