Chapitre 10 : Expérience

 

Tandis que je m’assis et rangea dans ma poche le soi-disant téléphone, je regardai Maria, la chef cuisinière.

 

– Et bien garçon, j’ai entendu dire que tu avais battu 80 magus et un grand magus à toi tout seul.

 

Elle me fixait des yeux, attendant une réponse de ma part pour pouvoir juger de la véracité de l’information.

 

– Ouais.

 

Dis-je, l’esprit ailleurs. Elle fronça les sourcils et se remit à cuisiner.

 

– Hmm, tu n’es pas très bavard, n’est-ce pas ?

 

En haussant les épaules, je lui répondis.

 

– Je ne pense pas.

– Bien.

 

Maria tenait une corbeille dans sa main droite qu’elle posa sur la table.

 

– Mange ça, ça fera office de hors d’oeuvre.

 

La corbeille contenait des petits sandwichs, remplis de ce qui semblait être du fromage et du jambon. J’en pris un et l’amena à ma bouche. Délicieux. Je me resservis et commença à manger.

Maria, voyant mon appétit, avait l’air surprise, et remarqua en souriant.

 

– Wow garçon, ne va pas t’étouffer. Au fait, je m’appelle Maria Hencefort.

 

J’avalai le contenu de ma bouche et répondit.

 

– Mon nom est Dawn … Dawn Timer.

 

Elle ria et dit.

 

– Heureuse de te rencontrer Dawn. J’ai entendu de Steward que tu étais le nouveau garde du corps de Madame. Je ne te demanderais pas comme c’est arrivé, mais si tu veux en parler, je suis à ta disposition hehe. 

– Ok.

– Bien, je devrais retourner aux fourneaux moi.

 

Elle se retourna et continua à cuisiner. Moi, assis sur ma chaise, je regardais pas la fenêtre. Je pouvais voir une forêt. D’après ce que je viens d’apprendre, cette maison ne peux pas être vue par n’importe qui, mais alors dans ce cas, comment ai-je réussi à la voir ?

Steward a aussi dit que nous étions près de Los Angeles. D’après lui nous nommes actuellement en été, et dans quelques semaines, l’été se finira, alors je me demande ce que fera Cecilia après la fin de l’été ? Quand j’ai essayé de piéger Steward en lui disant que j’étais un camarade de classe de Cecilia, il m’a cru. Est-ce que cela veut dire que Cecilia ira à l’école ? Si oui, est-ce que ce sera à Los Angeles ?

Je pouvais entendre des plats êtres posés devant moi, et une délicieuse odeur rempli l’air. Ca sentait vraiment bon.

 

– Tiens garçon, j’ai fini, mange.

 

Maria s’assit en face de moi et posa ses coudes sur la table. Tout en tenant sa tête dans ses mains, elle souriait tout en me regardant.

Devant moi, des morceaux de viande et de légumes flottaient dans le bol de soupe. Je pris la cuillère et le fixait pendant une minute.

 

– Qu’y-a-t-il ? Quelque chose ne va pas ?

 

Je contemplai l’intérieur de mon bol de soupe. Je pouvais voir la réflexion de mon œil doré dans le liquide, il brillait.

 

– Non, ce n’est rien.

 

Je réfléchis un instant, pourquoi étais-je perdu dans mes pensées ?

– Non, c’est juste que … je suis si insouciant maintenant.

– Hmm ? Pourquoi penses-tu ça ?

 

Demanda-t-elle, confuse.

 

– C’est juste que, jamais avant je n’ai arrêté de faire quelque chose, où me suis-je assis sans rien faire où pour me relaxer.

 

Elle se mit à réfléchir, essayant de trouver une réponse à ma remarque.

 

– Wow, ce genre de vie est assez ennuyeux et fatiguant si tu veux mon avis.

– Ouais, peut-être.

 

Dis-je, forçant un sourire sur mon visage.

Je remplis ma cuillère de soupe et l’amena à ma bouche. J’étais abasourdi, c’était délicieux, vraiment délicieux. Je continuai à manger de plus en plus, et pendant ce temps, Maria continuait à parler.

 

– Tu sais garçon, tu ne devrais pas trop réfléchir où essayer de deviner des choses que tu n’arriver pas à comprendre, tu es encore très jeune.

 

Je finis la soupe et reposa le bol, me demandant si ce qu’elle venait de dire était pertinent.

 

– Peut-être.

 

Cela la réconforta.

 

– Tu vois, tu …

 

Je l’interrompis en milieu de phrase.

 

– Mais c’est comme ça que j’ai toujours vécu, et cela m’a toujours aidé.

 

Elle me fixa pendant un  moment, puis expira et dit.

 

– Je vois … Bien, tu as l’estomac rempli maintenant, qu’est-ce que tu veux faire ensuite ?

 

Je réfléchis un instant … Il me fallait des informations. Je ne connaissais pas la moitié des choses que j’avais aperçues à l’intérieur et à l’extérieur d’ici. Alors il me fallait des informations, beaucoup d’informations. Et je crois savoir où en trouver.

 

– Y a-t-il une bibliothèque ici ?

– Ahh, je peux te montrer où, prête-moi ta carte …

 

Et ainsi, Maria me montra la bibliothèque sur la carte. Cela me prit 20 minutes à la trouver, et au moment où j’entrais à l’intérieur …. J’étais bouche bée.

Il y avait de nombreuses pièces dans cette maison, chacune avec son rôle. La bibliothèque elle, n’était pas souvent utilisée, mais était nettoyée chaque jour. Les étagères, surmontées de milliers de livres, montaient jusqu’au plafond. Au milieu de la pièce se trouvait des chaises ainsi qu’une table ronde, où je pouvais m’asseoir et lire autant que je voulais. J’avais l’impression d’être dans un rêve.

Alors que j’étais sur le point de prendre un livre, je réalisai que je n’aurais pas beaucoup de temps demain. J’étais censé travailler pour Cecilia et la protéger. Alors que devrais-je regarder en premier ? Quelque chose qui puisse m’aider dans l’immédiat ?

Je me mis à réfléchir, lire un livre en entier me prenait environ une à deux heures, et j’avais environ, 18 heures ? De plus, cela dépendra du livre, si j’arrive à le comprendre ou pas …. Une seconde …. Le temps … mais oui ! Le temps !

 

– Stop.

 

Je tournai la tête vers l’horloge sur le mur. Les aiguilles étaient fixes et ne bougeaient pas d’un pouce.

J’étais soulagé, et était sur le point de prendre le premier livre quand tout à coup je m’arrêtai, réalisant quelque chose.

Je ne connais rien de cette capacité … une seconde, je m’étais évanoui, pourquoi déjà ?

Regardant autour de moi tout en redémarrant le temps, rien n’avait l’air de sortir de l’ordinaire. Il n’y avait pas l’air d’y avoir d’effets secondaires, mais je ne peux pas l’affirmer pour sûr. Cela m’étonnerait fortement que je puisse utiliser ce pouvoir selon mes désirs …

J’arrêtai à nouveau le temps, et commença à réfléchir. Qu’ai-je fait la dernière fois, pour que je m’évanouisse tout à coup ? Je ne me fatigue pas quand le temps est à l’arrêt, et je peux garder cet état indéfiniment …. Est-ce que ça veut dire que je récupère les conséquences de mes actes d’un coup après avoir remis le temps en marche ?

Je me levai et commença l’expérience. Je me mis à courir en cercle dans la pièce. Elle était assez grande, donc j’avais assez d’espace pour courir, et après avoir couru mes 10 tours, je remis le temps en marche.

Touchant ma tête et ma poitrine, rien ne semblait sortir de l’ordinaire. Me suis-je trompé ?

Mais j’eus très vite la réponse à ma question. Après quelques secondes, mon corps commença à se réchauffer et je me mis à transpirer. Mon cœur battait la chamade
et mes jambes étaient sur le point de lâcher, alors je m’asseyais sur l’une des chaises. J’avais raison.

Ensuite, je continuai à tester ma capacité temporelle, ce qu’elle pouvait faire ainsi que ses limites. En temps réel, cela ne m’avait pris que quelques minutes, mais selon ma propre vision du temps, cela avait en vérité duré 8 heures.

Et voici ce que j’en retiens.

Apparemment chaque mouvement que je fais quand le temps est arrêté se réfléchit sur le monde réel. Pour mon corps, je ne ressens peut-être aucune fatigue, mais une fois le temps remis à la normale, je le ressens. J’avais couru 10 tours, et après quelques secondes, toute la fatigue accumulée a envahie mon corps. Mon esprit lui aussi se fatigue quand je laisse le temps arrêté pendant trop longtemps, semblable à une personne ayant passé une nuit blanche. Mais j’avais aussi fait une autre découverte : je peux dormir quand le temps est arrêté et ainsi guérir ma fatigue mentale. Cela veut dire que je pourrais rester constamment réveillé si je le voulais, et dormir une fois le temps à l’arrêt. Mais ouais, ce serait déroutant.

Une autre chose sur laquelle je me posais des questions était à propos de mon cerveau et de mes yeux. Mes yeux sont devenus dorés, et je peux maintenant mieux voir dans le noir. Je ne l’avais pas encore remarqué jusqu’à maintenant étant donné que tout autour de moi me paraissait clair, où que je sois. De plus, mes 5 autres sens ont eux aussi été renforcés. J’ai aussi l’air d’être devenu plus fort et plus rapide.

Pour mon cerveau, il s’agit vraiment d’un mystère pour moi. Je peux guérir de ma fatigue mentale en dormant alors que le temps est arrêté. Alors cela veut dire que mon corps est réel dans ces moments-là, mais j’avais essayé de vérifier mon pouls une fois le temps à l’arrêt, mais ne l’ai pas ressenti. Je me demandais bien comment la physique marchait dans cet ‘autre monde’.

Avec le temps arrêté, j’avais pris un livre et le tenais au dessus de moi. Selon la logique du monde normal, où plus précisément la physique, le livre aurait dû tomber à cause de la gravité le tirant vers le bas, mais … Il n’était pas tombé. Il se trouvait juste là, on n’aurait même pas dit qu’il flottait, juste qu’il était bloqué dans l’air sans aller nulle part.

Et maintenant, le livre flotte en l’air (oui, je vais appeler ça comme ça pour l’instant). Si je remets le temps en marche, il tombera. Une fois le temps remis à la normale, la gravité revient elle aussi, mais dans ce cas, s’il est vrai que rien ne tombe quand le temps est figé, pourquoi est-ce que moi, je peux ?

Il s’agit là d’une autre preuve de la réalité de mon corps. Dans ce gigantesque dilemme, les objets ne peuvent tomber, ils restent juste là où ils sont, et si je les bouge puis les relâche, ils se figent à nouveau à l’endroit où je les ai lachés. J’avais essayé de faire rouler un crayon dans ma main, et cela avait marché.

Quand je touche quelque chose, la gravité se remet à marcher normalement, du moment que je touche ce quelque chose. Mais si par exemple j’utilise une hache pour casser une table avec le temps arrêté, puis que je le remets en marche, la table prendra les dommages qu’elle avait précédemment pris.

En gros, je suis le seul à pouvoir affecter le monde quand le temps est arrêté, mais il reste autre chose : le ralentissement.

Je voulais essayer de ralentir le temps, intentionnellement cette fois-ci. Jusqu’à maintenant, je ne l’avais utilisé que dans des situations où je ne pouvais pas me concentrer assez pour arrêtera le temps et ainsi paniquais. Mais après quelques minutes, je réussis à l’activer, et apparemment ralentir le temps consommait beaucoup moins d’énergie. Je deviens toujours fatigué, mais pas autant que quand j’arrête le temps.

Quand tout autour de moi ralentit, je peux toujours bouger normalement, et 1 seconde devient égale à 1 heure de temps réel. Un livre tombant d’une hauteur de 5 mètres prends normalement 2 à 3 secondes pour toucher le sol, même si cela dépend bien sûr du poids du livre, cela voulait dire qu’un livre, une fois le temps ralenti, prendrait 2 à 3 heures pour toucher le sol.

Ralentir le temps a l’air bien plus utile et beaucoup mois énergivore que d’arrêter le temps. Je vais devoir faire attention maintenant quand j’arrête le temps, cela risquerait de devenir dangereux si je m’évanouis après.

C’est tout ce que j’ai pour l’instant … Non, une seconde, il y a autre chose … une fois, quand j’ai ralenti le temps pour la première fois, je courais vers Stella pour la sauver d’une boule de feu, et quand j’ai frappé la boule incandescente, celle-ci a disparu … est-ce que c’est juste parce qu’il s’agit de l’effet de la magie . Non, je ne pense, pas, après tout, j’avais bien réussi à prendre la boule de feu dans mes mains sans me brûler. Mais dans ce cas, pourquoi ont-elles disparues quand je les ai frappées ?

Peut-être s’agit-il d’un autre aspect de ma capacité …

Je regardai la paume de ma main puis l’horloge. Seulement quelques minutes s’étaient écoulées, minutes qui pour moi avaient été 8 heures depuis le début de mes expériences. Pendant un instant, j’étais sûr d’avoir oublié quelque chose, mais sans arriver à savoir quoi.

Je soupirai. J’avais du mal à comprendre cette capacité. C’était comme si je courais un circuit, ignorant les obstacles se trouvant au milieu …

Je me relevai et remis le temps en marche. Ah oui, d’ailleurs, pour ressentir les répercussions dans le monde réel, cela prend 7 secondes. Après 7 secondes, les choses qui se sont déroulées quand le temps était à l’arrêt se font ressentir dans le monde réel, mais en ce qui concerne la gravité, elle n’est pas concernée par ce temps de latence.

 

Chapitre Précédent                                                                                                                                  Chapitre Suivant

Accueil

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :