Pourquoi j’ai ragequit Final Fantasy XV

Square Enix

Exclusivité PlayStation 4

  C’est une édition spéciale qui coûte la peau du cul, mais honnêtement, j’aurais pu dépenser le double – que dis-je – le triple pour avoir ce jeu dans les mains. Dix ans après qu’on l’ait annoncé, je l’ai en version physique devant les yeux. C’est l’achèvement d’une vie, mes rêves se réalisent – du moins jusqu’au prochain The Elder Scrolls. Avec d’infinies précautions, j’ouvre la boîte. Le CD est magnifique, il y a la mystérieuse et emblématique figure métaphorique des Final Fantasy dessus. Cette fois, c’est une femme qui dort debout. Génial.

  Un temps d’installation interminable plus tard, le jeu se lance.

  «  Un final fantasy pour les fans et les nouveaux venus. » Me dit l’écran. « Moi, je suis fan. » que je lui réponds. Je me dépêche : nouveau jeu, difficulté normale, oui je veux le tutoriel.

  Je crois que c’est là que ça a commencé à chier. « Appuyez sur le joystick droit pour regarder à droite » « Bravo, vous n’êtes pas con » « Appuyer sur x pour attaquer » « Bravo» « Attaquez trois fois. » « Bravo » « Appuyez sur carré pour parer » « Bravo » « Parer trois fois » « Bravo ».

  Vingt longues minutes plus tard à répéter les mêmes gestes, j’ai appris à me téléporter, à faire des attaques éclairs et des combos. C’est à dire tout le gameplay des combats jusqu’à la fin du jeu.

  M’enfin, c’est parti, le jeu commence. Apparemment je vais passer ma vie avec mes trois potos : un blondinet très blondinet dans sa tête, un gros musclé avec un cerveau de gros musclé et un mec à lunettes avec un esprit de mec à lunettes. Merci les japonais pour ces personnalités recherchées et réalistes. D’ailleurs la première femme que je rencontre est une paire de seins.

  

  A la station-service locale, on nous vend des potions, mais aussi des pistolets, des couteaux, des bijoux, des patates, des cd de musique et de la soie d’araignée. Rien de trop inquiétant, c’est une station-service tout ce qu’il y a de plus normal.

  En tant que prince très riche, je n’ai bien sur absolument pas un rond. Le prince Noctis va encore plus loin en demandant le plus innocemment du monde : « C’est quoi un gil ? », la monnaie du pays dans lequel les protagonistes vivent. Autrement dit, il n’y a pas trop d’éducation pour les rois dans le monde d’Eos.

  Comment gagner de l’argent dans un rpg ? En allant éliminer quelques fourmis géantes bien sûr. Elles ont l’air dangereuses, mais Noctis peut appuyer sur R1 puis continuellement sur x pour s’en sortir comme un chef. Alors même si la caméra est partie en vrille pendant plusieurs seconde et a décidé de faire une fixette sur le soleil chatoyant d’Eos, ce n’est pas bien grave, Noctis se débrouille comme un grand. Des poulets aux liches géantes et ce jusqu’à la fin du jeu, x vous sauvera. Square Enix a depuis longtemps décidé qu’appuyer sur un bouton était le meilleur moyen de se battre.

  Mais enfin le moment est venu. Mes amis, le jour est arrivé. Il est temps de monter dans la sublime voiture noire qu’on nous a fait miroiter dans les trailers depuis une décennie. Appelée Regalia, elle est royale, rutilante, flambant neuve et décapotable. Je me vois déjà rouler à travers les déserts et les forêts du jeu à une vitesse folle, écrasant sur mon passage les poulets mutants et les enfants égarés comme dans un GTA. Je monte, claque la portière, rejette mes cheveux de BG en arrière et je démarre dans un vrombissement à faire pâlir une Ferrari. Je m’élance.

  Je tourne à droite. Impossible. Je tourne à gauche. Impossible. J’accélère. Impossible. La voiture est coincée sur la route et ne peut absolument pas en dévier.

  Je ragequit.

Une pensée sur “Pourquoi j'ai Ragequit Final Fantasy XV

  • 17 janvier 2018 à 16 h 44 min
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    Ahahah j’adore le style, superbe plume 🙂

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