Chapitre 186 : Ceux Qui Sont Sans Espoir

 

(Note de l’Auteur : ce chapitre contient des actes de cruauté)

 

Finalement, la Conférence de la Guilde des Aventuriers prit fin, et les contremesures contre les deux gobelins du Haut Dorim ne purent être discutées et décidées. Pour le moment, les actions des deux gobelins devaient être sous surveillance constante de la part de la Guilde des Aventuriers, et ces actions devaient rester géographiquement maitrisées. Si des informations étaient découvertes sur l’identité de la personne ayant mit le feu au Château de Grim, il fallait immédiatement contacter le Quartier Général de la Guilde des Aventuriers.

« Merci pour tout à l’heure. »

Mofisu rangeait ses documents lorsque la femme naine qui menait la conférence le salua. A ses côtés se tenait le Chef de la Guilde des Aventuriers, Karl Heinz Angel Muller.

« Pour tout à l’heure ? Ah, ce n’était qu’une coïncidence. Je ne vous ai pas aidée parce que j’étais inquiet pour vous. Karl, tu as quelque chose à me dire ? Si ce n’est pas le cas, permet-moi de partir. »

Karl Heinz écoutait la conversation entre Mofisu et la femme naine, et lorsque Mofisu s’adressa à lui, il se mit à rire.

« Pardonne-moi. Ton attitude est toujours aussi maladroite et décontractée, Mofisu. Ça me rappelle le bon vieux temps. »

« Fu~n. Je ne vois pas vraiment ce qu’il y a de si drôle dans notre passé. »

« Allons, allons. Ne t’énerve pas. Je voulais te demander, est-ce que Yu Sato va bien ? »

« Est-ce qu’il va bien ? »

« Il n’est pas aventurier de rang B, mais un rang A que tu n’as pas encore décidé d’annoncer, n’est-ce pas ? »

« Umu, la personne concernée ne souhaite pas rendre publique l’information pour le moment. Et… c’est son droit. »

« Jusqu’à maintenant, j’avais entendu parler d’aventuriers souhaitant recevoir à l’avance leur Carte de Statut de Rang A, parfois même plusieurs semaines à l’avance, mais jamais d’un aventurier ne souhaitant pas dévoiler au grand public son rang. Ah, en parlant du passé, je me rappelle d’un jour durant lequel la ville de Comer avait été attaquée par une Magie de Boule de Feu. D’après ce que je sais, on aurait dit un coucher de soleil. »

Aucun changement n’était visible sur le visage de Mofisu. Karl Heinz plaça son bras autour de ses épaules, comme un serpent emprisonnant sa proie.

« Qu’est-ce qui t’arrive tout à coup. »

« Allons, ce n’est rien. Même si cela n’a pas été abordé pendant la conférence, je crois que cette observation des deux gobelins lors de l’attaque du mur extérieur coïncide avec l’apparition des boules de feu dans le ciel de la ville de Comer. Je me demande bien ce que tu peux en penser, Mofisu. »

« Tu me poses la question, mais… Connais-tu la distance entre Comer et le mur extérieur du Château de Grim ? »

« Fuhaha. Mofisu, je te faisais seulement part de ma pensée. Je pense qu’il y a un rapport, mais peut-être que le feu sur les murs extérieurs du Château de Grim et le feu à l’est de la Ville de Comer ne sont pas les mêmes ? »

Mofisu était soulagé par cette conclusion. Malheureusement, Edda était loin d’ici. Karl Heinz et Edda s’entendaient très bien. Si Mofisu avait dévoilé la vérité ici, alors il n’aurait pas survécu un jour de plus.

« Hm ? Que devrais-je faire face à de telles accusations ? Devrais-je jurer sur mes cheveux ? »

Mofisu regarda Karl Heinz droit dans les yeux, un sourire intrépide sur le visage. Mais Karl Heinz restait quant à lui froid, sans la moindre émotion.

« Mofisu, connais-tu mes compétences ? »

« Tes compétences ? Laquelle ? »

« Tu ne me crois pas ? Sais-tu que je suis capable de différencier les mensonges de la vérité grâce à mes Sens ? Tu crois que je ne peux pas détecter tes mensonges ? »

« Ho….. Possèdes-tu vraiment une compétence aussi utile ? C’est…. la première fois que j’en entends parler. »

« Pourquoi ne pas faire venir ici un Magicien de Contrat, afin de te faire jurer que tout ce que tu as dit est la vérité ? »

« C’est intéressant. Tu doutes de moi sans la moindre preuve, et souhaite appeler un Magicien de Contrat pour interroger un Chef de Guilde ? Si c’est ton souhait, alors faisons-le. J’accepte avec joie. »

« Ah, a…….c’est…….um, vous deux………c’est….. »

La femme naine s’écroula sous la pression émise par les deux hommes. C’était une pression différente de la soif de sang émise par des aventuriers confirmés. La pression émise par Mofisu et Karl Heinz lui donnait froid dans le dos.

Mofisu, l’air détendu, et Karl Hinz, sans la moindre expression. Aucun d’eux ne souhaitait céder le moindre centimètre de terrain à l’autre, mais Karl Heinz fut le premier à céder sous la pression.

« Allons, je ne faisais que blaguer. Une simple blague. La principale question que je me pose actuellement, c’est le contenu de mon repas. Mon Ange devrait d’ailleurs être arrivé à l’heure qu’il est. »

« Quoi ? Impossible….. Tu parles de…. »

« Mofisu, ça me parait évident. De quel autre Ange pourrais-je parler que de ma fille chérie, Fifi ? »

Tout à coup, le visage de Karl Heinz se mit à rayonner aussi intensément qu’un soleil, tandis que Mofisu et la femme naine se mirent à le regarder froidement.

La Fifi mentionnée par Karl Heinz était la réceptionniste de la Guilde des Aventuriers de la Ville de Comer, Fifi Angel Muller.

« Elle n’est pas venue. »

« Hahaha. Mofisu, tu es vraiment drôle. Essayes-tu de te venger pour tout à l’heure ? N’est-ce pas l’opportunité parfaite pour elle de rencontrer son père adoré ? Il est impossible que Fifi-chan ne soit pas venue. »

Karl Heinz tourna sur lui-même, puis fit une pose ‘Banzai’ pour s’encourager. Que ce soit correct ou non, Fifi ne l’avait pas prévenu de sa venue, malgré leurs liens familiaux.

« Fu~n. Peux-tu arrêter d’agir de façon aussi irresponsable !? Tu t’inquiètes trop pour Fifi. As-tu oublié que ta femme, pour justement lui permettre de vivre sa vie, l’a emmenée jusqu’à la Ville de Comer avant de partir ? Fifi a déjà 24 ans. C’est une jeune femme, et pourtant elle est toujours célibataire étant donné que tu pourchasses chaque homme qui ose l’approcher. »

« Tais-toi ! C’est impossible…… je ne peux pas laisser ces maudits insectes s’approcher de ma Fifi-chan n’est-ce pas ? Non….. mais……. Si Fifi-chan…… »

« Bon sang, on peut t’entendre murmurer tu sais. »

Face aux remarques cinglantes de Mofisu, Karl Heinz tremblait comme un nouveau-né.

Après tout, il savait que Mofisu était sincère.

« J-Je…..pourquoi ? »

« Ha ? Qu’y a-t-il ? Peux-tu parler plus fort ? Je n’arrive plus à t’entendre. Tu es vraiment sans espoir. Fifi-chan m’a tout raconté, et je comprends pourquoi elle ne veut pas venir te voir. »

« Es-tu idiot ? A ton avis, pourquoi ai-je organisé cette Conférence de Guilde ? Si ce n’était pas pour Fifi-chan, je ne te parlerais même pas. Allez, hors de ma vue ! »

« Si tu n’as plus rien à me dire, alors j’y vais. A plus ! »

Mofisu quitta la salle de conférence, un tas de documents sous le bras.

Il ne restait maintenant plus que deux personnes dans la pièce : Karl Heinz, et la femme naine.

« Ummmm… »

La femme naine, visiblement mécontente, regarda Karl Heinz.

« Ne t’inquiète pas trop, ton cher Mofisu n’a pas de relation privilégiée avec Kuro. Il s’agit plutôt d’une relation neutre. Pour le moment, je ne compte pas interférer. La probabilité qu’il connaisse mes compétences est élevée. D’ailleurs, j’ai oublié de lui dire que le Ministre des Affaires Financières demandait des informations sur Yu Sato. »

« Umm…. »

« C’est à propos de Mofisu !? »

« NON ! En tant que responsable de cette Conférence de Guilde, avez-vous oublié d’informer Mofisu-san des arrangements pour le dîner ? »

« Mou, j’ai oublié. »

Face à la réponse de Karl Heinz, la femme naine laissa échapper un long soupir.

« Quand c’est à propos de Fifi-chan……. Vous ne pensez qu’à elle et à rien d’autre…… »

La femme naine soupira de nouveau en regardant la réaction de Karl Heinz.

Puis, tous deux quittèrent la salle de conférence.

« Attends. Que dis-tu sur ma Fifi-chan chérie ? Ha…….attends. Tu souhaites que je me concentre sur mon travail ? Compris. Dans ce cas, que penses-tu d’un dîner en ville, à La Furmente ? Tu connais cet endroit n’est-ce pas ? La nourriture y est vraiment déli….. Oiiiii, attends-moi ! »

La voix de Karl Heinz continuait de retentir dans la salle de conférence.

 

Dans une pièce sombre.

C’était une pièce préparée à l’avance. Une pièce sans la moindre fenêtre, dans laquelle il n’était possible de voir qu’à quelques mètres devant soi. Une atmosphère macabre régnait, et Peter Mordellon Pasle ne pouvait s’empêcher d’avoir la nausée en raison de l’odeur de sang qui planait à l’intérieur.

« Qu’est-ce que je fais ici ? Ce n’est pas un endroit pour un noble comme moi. Je vous demande de me libérer ! »

Dans cet endroit sombre, Peter pouvait voir une silhouette noire bouger.

« C’est ici que commence notre interrogatoire. »

Ces mots provenaient d’une personne se tenant à un mètre de lui, un jeune garçon qui n’était ni noble, ni adulte, mais contre qui Peter ne pouvait s’opposer.

« Je suppose qu’aucune trace de cette disparition n’a été laissée ? »

« Non, aucune ! Grâce à l’Anneau de Mirage que vous m’avez donné, personne n’a rien remarqué. Et grâce aux objets de valeur de Baryuu-sama, j’ai pu regagner leur confiance malgré l’échec du Dragon Noir, et ma position dans la faction devient de plus en plus importante. »

Statut : Charmé. Yu pouvait entendre ces mots grâce à l’effet de statut. Il avait demandé à Momo de manipuler Peter, qui se mit à parler dans une constante torpeur.

« Quels sont les progrès de la collecte d’informations ? »

« La moitié à été faite. Mais puisque de plus en plus de personnes rejoignent la faction de Baryuu-sama, je ne sais pas combien de temps cela prendra…… »

« Et l’autre ? »

« C-C’est, je vous l’ai déjà dit non ? Il est mort depuis….. longtemps. N-Ne vous mettez pas en colère. »

Yu ne répondit pas, dissimulant son expression. Cependant, Peter pouvait voir un mélange de colère et de désir de meurtre dans les yeux calmes de Yu.

« C-Croyez en moi. Baryuu-sama et les autres nobles ne donnent une valeur à leurs esclaves que dans l’année qui suit, et c’est le cas de ceux obtenus il y a 6 mois. Le village qui vous intéresse, le village Dakue……. J-J-Je n’ai rien à voir avec ça ! J-J-Je vous dis la vérité ! Je le jure ! J’ai attaqué plusieurs villages sous les ordres de Baryuu-sama, mais ce n’est pas moi qui ai attaqué celui-ci ! P-P-Pitié, vous devez me croire ! »

Peter continua d’affirmer ne rien savoir. Il se leva de sa chaise et se mit à genoux, suppliant qu’on le pardonne. Il continua à s’excuser ainsi, frappant son front contre le sol, quand tout à coup il entendit quelque chose se faisant traîner au sol.

Son instinct lui dit de ne pas regarder.

Peu importe les circonstances, il ne devait pas regarder.

Peter attendit ainsi que le bruit disparaisse mais, sa curiosité l’emportant, il jeta un bref coup d’œil.

Comme plongé dans les ténèbres, une femme magnifique apparut, traînant derrière elle quelque chose. Un halo brillait au dessus de ses cheveux dorés, et sur dans son dos étaient visibles des ailes aussi blanches que la neige. L’image était à couper le souffle. Mais, dans sa main se trouvait une arme de torture similaire à une roue. La chose qu’elle traînait comme un sac de viande était un homme. Son visage était illuminé par le reflet de l’instrument de torture. Il s’agissait d’un visage connu de Peter. Le visage d’un homme faisant partie de la faction de Baryuu, Matthew Voxx. Il s’agissait d’un noble possédant le titre de Baron et ayant disparu un mois plus tôt.

« Une connaissance ? »

« N-N-Non…….. Ah, ah…….. Il m’est juste familier. »

« C’est le Baron travaillant pour la faction du Ministre des Finances. Son instinct est plutôt remarquable. Il essayait de fuir seul le pays. »

Ayant entendu la voix de Peter, l’homme se mit à crier et à le supplier.

« C-Cette voix !? Mordellon ! C’est toi, Mordellon ? C-C’est moi ! Tu dois te souvenir de moi n’est-ce pas !? C’est moi, Cameron ! Je…… Pitié, aide-moi ! Je t’en supplie ! Aide-moi ! J-J-J……. hi, gyaaaaa !!! »

« Je ne t’ai pas autorité à parler. »

L’ange, Torcha, transperça l’œil de l’homme avec son instrument avant de le retirer. L’homme cria de douleur, mais ni Yu ni Torcha n’intervinrent.

Torcha pointa du doigt Peter, et ce dernier secoua violemment la tête, s’écriant ‘je ne connais pas cet homme’.

« Pas encore ? Ce n’est pas encore l’heure…. Pour lui. »

Torcha continua à traîner l’homme en secouant la tête. Peter soupira de soulagement, mais ce soulagement fut de courte durée lorsque Torcha ouvrit la porte menant à la pièce voisine.

Cette pièce voisine était illuminée contrairement à la pièce dans laquelle résidait Peter. Une large variété de crochets pendaient du plafond.

De tels crochets en métal étaient choses communes dans les boucheries, où étaient accrochés les carcasses des animaux. Mais cette pièce était différente. Des personnes vivantes pendaient à ces crochets. Certaines de ces personnes étaient accrochés par le dos, d’autres étaient transpercées de part en part, d’autres par leurs épaules ou leur poitrine.

« P-P-P-Pitié ! ARRÊTEZ ! J’AI ÉTÉ PUNI POUR MES PÉCHÉS ! A L’AIDE ! GYAAAAAAAAHHHH ! AAAAAAAAAH !!!!! »

Cameron fut suspendu à l’un des crochets que Torcha lui avait préparé. En voyant cela, Peter se rappela du fait que Torcha était capable de porter des hommes adultes sans la moindre difficulté, comme si elle avait déjà transcendé la condition de mortel.

« Puni pour tes péchés ? Ne me fais pas rire. »

Aux mots de Cameron, Yu se mit en colère.

Lorsque les individus suspendus aux crochets virent Peter, tous se mirent à s’agiter.

« TOI ! P-P-Pitié, aide-nous ! JE T’EN SUPPLIE !! »

« AHHH…….. A…l’aide. Je te donnerais tout ce que tu veux, AI-AIDE-MOI ! »

« HAAAAAAAA !! JE N’EN PEUX PLUS ! J-JE VEUX MOURIR !! »

« PENDANT COMBIEN DE TEMPS COMPTEZ-VOUS CONTINUER !?!? Peu importe ce que j’ai fais, c’est trop cruel !!! MON DIEU, MON DIEU, MON DIEU, je m’excuse pour tout ce que j’ai pu faire !! Laissez-moi partir !! »

« NON NON NON NON NON !!! Pourquoi es-ce que vous me soignez ! Je n’en peux plus, combien de temps est-ce que ça va encore durer….. !? »

Torcha continuait à s’amuser au loin avec ses jouets. Ceux qui étaient trop endommagés physiquement ou mentalement étaient continuellement soignés.

Certains n’arrivaient plus à pleurer, certains n’avaient plus d’yeux pour voir ou d’oreilles pour entendre, certains avaient été dépecés vivants, certains étaient transpercés de toutes parts. Le sol en pierre était recouvert de dents, clous, globes oculaires, ongles et même de morceaux de chairs et de testicules. Divers outils de torture étaient alignés au centre de la pièce, certains outils que Peter ne connaissait même pas. Aucun équipement ne semblait neuf ou inutilisé, tous étaient ensanglantés et avaient perdus leur éclat d’origine.

Cette scène fit trembler incontrolablement Peter. Chaque fois que Torcha les torturait, elle savourait leurs cris de douleur et d’agonie. Ces cris résonnaient encore dans l’esprit de Peter.

Peter souhaitait du fond de son cœur ne pas devenir l’un des habitants de cette pièce. Même s’il devait vendre sa famille et ses proches, il était prêt à tout.

« Toi aussi. »

NON NON NON NON, je vais tout faire pour ne pas y aller !

« Devrais-je t’envoyer dans cette pièce ? »

« A-A-A-A-Attendez ! Ne suis-je pas votre allié !?!? C’est ça ! Je ne vous trahirais jamais !! D-Donnez-moi un an ! Non, 6 mois !! En 6 mois, je récolterais assez de preuves !! PITIÉ, NE M’ENVOYEZ PAS DANS CETTE PIÈCE !!! »

 

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