Chapitre 164 : Peur,  Ambition et Admiration

 

« Bonjour tout le monde ~ »

« Urgh… Namari, peux-tu parler un peu moins fort ? »

Namari salua tout le monde d’une voix énergétique, mais cela était apparemment un peu trop bruyant pour Rubanofu, un homme-bête à l’ouïe acérée. Mauno de la race des nains magiques murmura pathétiquement quelque chose, tandis que Byarune, de la race des nains déchus, dormait toujours. Mauno et Rubanofu se levèrent doucement en tenant leurs têtes, assaillis par une légère migraine.

« Mauno-dono, Rubanofu-dono, comment vous sentez-vous ? »

« Je crois que j’ai bu un peu trop de sake. »

« Odono-san, qu’en pensez-vous ? »

Devant Rubanofu était assis Yu, Namari à ses côtés.

« Laissez-moi faire. Nous avons juste un peu trop bu. »

S’exclama Mauno en prenant une gourde en terre cuite achetée à Victor et destinée à contenir de l’alcool, avant de la fracasser sur le sol pour réveiller tout le monde. Elle se brisa au premier contact et Namari, surpris par le son, pressa sa tête contre le torse de Yu.

« Réveillez-vous, le roi est là pour nous parler. Comment pouvez-vous paraitre ainsi dès le matin ? »

« Ce n’est pas grave, je peux vous parler plus tard. Je vous demanderais juste de ne pas vous battre. En fait, je voulais vous parler hier soir, mais vous étiez saouls. J’ai donc décidé de vous parler aujourd’hui, pendant la matinée. »

S’il y avait quelque chose de différent aujourd’hui, c’était le traitement destiné à Yu. Et la raison de cela était Marifa se tenant derrière lui. Marifa avait donné quelques leçons de politesse au groupe d’hommes-bêtes, et même si le nain déchu et le nain magique n’en connaissaient pas les détails, ils pouvaient constater de leur efficacité.

Les hommes-bêtes étaient devenus les mains et pieds de Yu et allaient même jusqu’à lui servir son repas. Nina et Lena mangeaient tranquillement à ses côtés, mais Yu était gêné par un tel traitement. Seule Marifa prêtait attention aux alentours d’un regard aussi froid que la glace.

« Mon roi, je vous apporte une tasse de thé. »

Il s’agissait de la voix d’une jeune fille, Flavia, une homme-bête de la race des chats apportant du thé sur un chariot. Toutefois, Marifa fut plus rapide qu’elle et lui prit le chariot. La fille-chat ne put que laisser échapper un petit ‘’argh’’ sans rien faire. Des bleus étaient visibles ça et là sur son corps ; elle faisait partie des femmes disciplinées la veille par Marifa.

« Oh, Flavia, tu peux maintenant partir et continuer ton travail. »

Rubanofu s’adressa à elle pour tenter de dissiper l’atmosphère lourde venant de s’inviter.

« Toi, l’elfe noire ! Je n’ai pas encore perdu ! J’aurais ma revanche ! »

S’écria Flavia avant de s’enfuir en courant, ce qui surprit Namari et le força à admirer la jeune fille.

« Toi ! On dirait que je ne t’ai pas assez discipliné ! » (Marifa)

« Revenons à notre sujet, avez-vous déjà pratiqué l’agriculture ou l’élevage ? » (Yu)

« Non, jamais. Notre race d’hommes-bêtes a toujours vécue de la chasse. Nous collectons parfois des noix ou champignons, mais rien de plus. » (Rubanofu)

« De même pour nous, les nains magiques. De plus, mon roi a amené cette fois-ci…. Beaucoup de bétail. » (Mauno)

« Notre situation n’est pas bien différente. Les hommes-bêtes, les nains déchus, les nains magiques, nous avons tous vécus dans des environnements terribles. Le problème du bétail est son prix. Nous pouvions parfois rencontrer des marchands itinérants, mais leurs prix étaient bien trop élevés. » (Rubanofu)

« Et donc ? » (Yu)

« Même si nous le voulions, nous ne pouvions pas nous acheter du bétail. » (Mauno)

« Bien, dans ce cas c’est décidé, nous irons acheter des esclaves en retournant à Comer. » (Yu)

« Mon roi, pourquoi avons-nous besoin d’esclaves ? » (Rubanofu)

« Bous détestez peut-être les humains pour leur pratique de l’esclavage, mais il s’agit d’une nécessité. Les hommes-bêtes et nains ne peuvent pas pratiquer l’agriculture, il nous faut donc plus de main d’œuvre. Comment va le groupe des nains déchus récemment ? » (Yu)

« Nous vous sommes reconnaissants, mon Roi. Certaines naines sont déjà enceintes. Avant, nous vivions dans la peur et devions sans cesse changer d’habitat. Maintenant, nous pouvons élever en paix nos enfants, tout ça grâce à vous. » (Byarune)

« J’espère que vous avez bien entendu ce que vient de dire Byarune. Nous devons penser aux futures générations, nos enfants. Actuellement, la nourriture n’est plus suffisante pour nourrir la population toute entière. Etant donné que notre nombre ne cesse d’augmenter, il nous faut une source stable de nourriture, et l’agriculture est notre meilleure solution. Le sud du village a été développé par Hisui et Shiro afin d’empêcher toute famine, du moins pour l’instant. A l’est du village seront aménagées des terres pour élever le bétail, ainsi que des vignobles que Russ et les morts vivants préparent actuellement. Je souhaiterais aussi construire un port à l’ouest de la montagne et élever des monstres. » (Yu)

« Mon roi, pourquoi voulez-vous élever des monstres ? »

« [Soldats Sangliers], [Démons], [Lapins Turbo], [Cerfs Houdons] et [Oiseaux Démons], ce ne sont que des monstres de bas rang. Nous les ferons se reproduire afin d’apprendre aux jeune générations à chasser et se battre. Rubanofu, les jeune générations ont encore besoin d’apprendre à chasser n’est-ce pas ? » (Yu)

« Vous avez raison, les jeunes générations peuvent apprendre l’agriculture, mais chasser pour obtenir de la nourriture fait partie des instincts des hommes-bêtes. » (Rubanofu)

Mauno acquiesça en entendant l’explication de Rubanofu, mais Byarune le regardait d’un air froid.

« Le cristal de changement de job est bientôt prêt. Lorsqu’il le sera, je veux que vous alliez voir Russ. »

« D’accord ! »

Leur réponse fut pleine d’énergie. Après tout, ils ne pouvaient pas changer de job étant donné qu’entrer dans un hall de guilde leur était impossible. De plus, ces nains avaient été exilés par les membres de leur propre race, et ne pouvaient donc plus entrer dans des villes ou villages pour changer de job. Et le peu de nains ayant le droit d’entrer n’avaient pas assez d’argent pour. Ainsi, la plupart d’entre eux n’avaient aucun job ou profession.

« Bien, faites passer ce livre. Il contient chaque job existant et sa description, je veux donc que vous le lisiez avant de choisir avec prudence votre job. J’aimerais aussi que vous fassiez passer ce livre au groupe de demi-humains qui arrivera ici dans quelques jours. »

« Un… groupe de demi-humains ? »

Mauno de la race des nains magiques n’avait pas vraiment de problème avec ça étant donné qu’il provenait d’une race née d’un mélange entre nain et démon, et était donc un demi-nain. La race des nains déchus de Byarune n’avait pas non plus l’air d’avoir de problème avec ça. Toutefois, Rubanofu de la race des hommes-bêtes n’avait pas l’air satisfait.

« Qu’y a-t-il Rubanofu ? T’opposes-tu à la venue de ce groupe de demi-humains ? » (Yu)

« Eh ? Quoi ? Pourquoi ? Le groupe de demi-humains est fort ! »

Demanda bruyamment Namari à Rubanofu d’un air confus, brisant ainsi le lourd silence. Cela surprit même Momo qui dormait sous la casque de Yu.

« Je ne peux pas dire que je les déteste. C’est juste que… les demi-humains se sont ralliés aux démons lors de la seconde guerre démoniaque sainte. Mon roi, vous étiez au courant ? » (Rubanofu)

« Oui, je le sais. Mais tu devrais savoir qu’ils sont différents de ces demi-humains. Cette histoire, même les fées vivant dans la forêt la connaissent. J’aimerais juste que vous évitiez de remettre cette histoire sur la table. » (Yu)

« Oui mon roi. »

« D’accord… mon roi. » (Rubanofu)

Rubanofu paraissait toujours mécontent de l’attitude de Yu, et Marifa, remarquant cela, le foudroya du regard.

« Rubanofu, si tu as quelque chose à dire, ou que tu souhaites que je convainque la race des hommes-bêtes, dis-le-moi. Est-ce que les hommes-bêtes questionnent ma décision ? » (Yu)

« Ah, non. Aucun homme-bête n’est mécontent de votre décision. Pas un seul. » (Rubanofu)

Tous les membres de la race des hommes-bêtes suaient maintenant à profusion, Rubanofu inclus. Rubanofu se souvenait que devant lui, Yu n’était qu’un jeune garçon en apparence.

 Ce jour-là, la tribu des hommes-bêtes de Rubanofu avait vécu un large traumatisme, et à partir de ce jour, ils avaient décidé de dédier leurs vies à Yu……

 

Le village de Rubanofu était dissimulé profondément dans la forêt, mais les chevaliers humains l’avaient enfin découvert et attaqué.

Même si les hommes-bêtes avaient de meilleures capacités physiques excédant les humains, les chevaliers étaient un adversaire possédant un [job].

La plupart des hommes-bêtes dirigés par Rubanofu n’avaient pas cette chance, et ce qui arriva ensuite était tout à fait clair.

Les hommes tentèrent de résister afin que femmes et enfants parviennent à fuir cette tragédie.  Toutefois, en un jour, le village tout entier avait été encerclé, sans la moindre chance de s’échapper pour Rubanofu et sa tribu.  

« Pourquoi faites-vous ça ? Pitié, épargnez au moins les femmes et les enfants ! »

« Ferme-la ! Ton existence elle-même et un péché ! »

L’un des chevaliers frappa Rubanofu au visage, faisant voler plusieurs de ses dents.

« Pour qui vous prenez-vous !? »

Un jeune homme-bête tenta d’attaquer les chevaliers, mais il fut coupé en deux en un instant.

« Capitaine Nirungu, qu’est-ce qu’on fait de celui-là ? »

« Celui-là ? L’utiliser comme esclave serait du gâchis, tuez-le ! »

Répondit un homme portant la plus imposante armure. Il regarda les hommes-bêtes d’un air dédaigneux, comme s’il ne regardait qu’une pile nauséabonde de déchets.

« Attendez, faites ce que vous voulez de moi, mais épargner les femmes et les enfants ! »

S’écria Rubanofu, mais cela fit sourire les chevaliers.

« Et bien, pour les femmes, nous allons les ‘goûter’ avant de les vendre comme esclaves. Pour les gamins… ah oui, je sais ! Il existe plusieurs gentlemen aimant bien les habiller, je suis sûr qu’ils leur plairont. Peut-être seront-ils gardés comme animaux de compagnie, ou comme simple chair à canon. Hahahaha ! »

Les hommes-bêtes ne pouvaient que serrer poings et dents de chagrin face aux chevaliers.

S’ils essayaient de fuir, seule la mort les attendait. Plusieurs cadavres gisaient près d’eux, et l’une de leurs femmes était violée devant leurs yeux.

Contrastant avec l’attitude des chevaliers, la forêt était silencieuse.

« Oh, Odono-san, on dirait que ce monsieur chien est mort. »

Tout à coup, une voix d’enfant arrêta les rires des chevaliers.

« Ne l’appelle pas comme ça. C’est un homme-bête. »

« Oh, Odono-san, regardez. Celui-ci est un nouveau-né…… il est mort. »

Les personnes présentes, qu’il s’agisse des chevaliers ou des hommes-bêtes, écoutèrent tous l’intrus.

« Que se passe-t-il ? »

Les chevaliers ne purent dissimuler leur confusion. Devant eux se tenait un groupe mené par un jeune garçon. Il y avait derrière lui un mort-vivant, une liche ancienne plus précisément, et même un membre de la race des anges.

« Répondez, qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? »

« Bruyant… »

Ce fut la seule réponse de Yu aux questions et regards de Nirungu. Yu contemplait maintenant les cadavres d’hommes-bêtes gisant à ses pieds.

« Comment oses-tu…. !? »

 L’un des chevaliers, énervé par l’attitude de Yu, s’élança fou de rage. Il voulut abattre son épée, mais Russ leva son bâton. Tout à coup, tous les chevaliers furent immobilisés, recouverts de ronces.

« Qu’est-ce que c’est ? Les ronces se ressenrent… Guaaaa ! »

« Elles… Elles sont vivantes ! »

« Comment oses-tu parler ainsi au maitre ? » (Russ)

Il s’agissait de la [Magie Noire] de rang 4 de Russ, Ronces Noires. Elle lui permettait de faire pousser instantanément des ronces privant l’adversaire de ses mouvements et s’enfonçant profondément dans sa peau. En un instant, les 300 chevaliers furent recouverts de ronces noires.

« Pourquoi les avez-vous tués ? » (Yu)

« Tu ne me connais pas ? J’ai servi la maison Rorui pendant des générations, s’ils… »

Apprenant que Nirungu servait le ministre des finances, Rorui Knox, Yu attrapa violemment son oreille.

« Guaaaah ! »

« Tes oreilles ne sont là que pour décorer ? Je t’ai demandé la raison pour laquelle tu les as tués. » (Yu)

« Aaaaah, arrête, tu vas l’arracher ! C…C’était un ordre. Ils sont une menace au royaume Houdon que je sers, alors… »

Sans même attendre la fin de sa phrase, Yu tira avec force sur son oreille et l’arracha.

« GYYYYAAAAAAA !! T-T-Tu….Mon oreille ! Tu l’as arraché ! »

« Namari, va là-bas avec Momo et Hisan. Amenez aussi les enfants avec vous. » (Yu)

« M-M-Mais….. Je… »

Qu’il s’agisse de surprise ou de peur, Momo et Namari tremblaient.

« J’ai dit allez là-bas. »

« Je… D’accord Odono-san…. J’y vais. »

Momo se plaça sur la tête de Namari et celui-ci attrapa la main de Hisan, ce qui la surprit. Peu après, les enfants hommes-bêtes quittèrent l’endroit en suivant Namari.

« Russ, tu devrais… »

« Ne vous inquiétez pas Maitre, les personnes en situation critique se font actuellement soigner. »

Sans même avoir à attendre la fin de la phrase de Yu, Russ avait compris ce qu’il voulait et commencé le traitement des hommes-bêtes sérieusement blessés.

« Même si vous faites ça, rien ne changera. Même si vous les sauvez, ils…. AAAAARGH ! »

Yu frappa le visage de Nirungu avec le dos de son poing. La moitié de son visage se tordit, tandis que ses yeux regardaient dans tous les sens sans qu’il n’arrive à comprendre ce qui venait de lui arriver.

Nirungu pouvait voir les chevaliers autour de lui le regarder avec peur, puis il perdit connaissance.

« Suivant. »

« Oui Maitre. »

Russ acquiesça et amena devant Yu un autre chevalier dont la chair avait été déchirée par les ronces noires.

« Guaaaa ! Pas moi, à l’aide ! »

« Ces personnes ne voulaient pas mourir elles aussi, pourtant tu les as tuées. Réponds-moi, pourquoi ? »

« A-Attendez…. Nous ne sommes pas les seuls à haïr les home-bêtes, nous…. »

La tête du chevalier s’envola au loin, séparée de son corps. De larges quantités de sang jaillirent de son cou.

« Suivant. »

« Pitié, pas moi. Pas moi. »

« Pourquoi les as-tu tués ? »

« Pitié, épargnez-moi… J’ai une femme et des enfants, je… »

Cette fois-ci, le crâne fut écrasé et les restes de cervelles éclaboussèrent les alentours. Les visages des chevaliers restants devinrent pâles, mais aussi rouges, tachés par le sang de leur compagnon.

« Suivant. »

« Pitié, mon père peut vous offrir de l’or, je… »

« Je suis un proche du Baron, je peux… »

Un destin funeste attendait les chevaliers. Personne n’arrivait à répondre à la question de Yu. Seule la mort y parvenait.

Certaines personnes tentèrent de résister aux Ronces Noires, mais plus elles essayaient de résister, plus les ronces s’enfonçaient dans leur chair, jusqu’à atteindre les os.

Certains s’évanouirent sous la douleur, mais celle-ci les réveilla aussitôt.

Maintenant, ces figures en armures brillantes ne pouvaient être décrites que comme pathétiques. Chaque cri des chevaliers résonnaient dans la forêt. Les hommes bêtes couvraient même leurs oreilles afin de ne plus entendre leurs voix misérables.

Seul Russ parvenait à regarder en silence un tel spectacle. Son visage squelettique ne laissait transparaitre pas la moindre émotion, mais son corps tout entier tremblait de bonheur.

Après avoir fini ‘’l’interrogation’’ de tous les chevaliers, Yu retourna voir Namari. Namari lui cria qu’il voulait dresser la race des hommes-bêtes, mais avant même que Yu ne puisse lui répondre, Rubanofu et sa tribu se mirent à genoux et offrirent leur loyauté à Yu.

Les hommes-bêtes ne reconnaissaient que le puissant, mais maintenant, devant ce jeune garçon, ils ressentaient une profonde terreur.

Russ, capable de lancer de puissantes magies, et Yu, son maitre. Rubanofu avait peur du garçon et de son compagnon.

Prenant en considération la massacre perpétré par Yu envers d’autres humains, Rubanofu savait que s’il existait un endroit sûr dans la royaume Houdon, c’était auprès de Yu. Il savait que tôt ou tard, il allait mourir si les choses continuaient ainsi, et décida donc de choisir la possibilité permettant à son peuple de vivre le plus longtemps.

Rubanofu et sa tribu décidèrent donc de suivre Yu, mais pas seulement parce qu’il leur offrait de plus grandes chances de survie ou parce qu’il était puissant. La peur était ici le facteur le plus important.

 

« C’est incroyable… »

Il existait une pièce scellée dans une salle lourdement décorée. Mauno, de la tribu des nains magiques avait amené Wood dans cet endroit. Cette salle était connectée à la cave de l’atelier des nains magiques. Après avoir atteint l’endroit, ils continuèrent à marcher pendant plusieurs dizaines de minutes.

 « Quelque chose t’intéresse Wood ? »

Les mots de Mauno sortirent Wood de sa torpeur.

« Oui, cet endroit est incroyable. Je n’ai jamais vu ça, même dans ma tribu. »

« Fuhahaha, bien sûr. A part le roi, pas un seul nain de la race des nains magiques n’a vu cet endroit. Bien sûr, cela veut dire que vous devrez garder le secret Wood. »

Puis, Mauno lança plusieurs sorts, et les sceaux bloquant la porte disparurent uns à uns. Tout à coup, une violente pression força Wood à reculer de quelques pas.

« C’est… Est-ce que Yu l’a vaincu ? »

« Oui, voici le cadavre du Dieu Dragon Maguranarusu ! »

Un gigantesque cadavre enchainé afin de supprimer la magie en émanant était gardé dans cette pièce secrète. Même s’il était mort, une force incroyable continuait à s’échapper de son corps,  et la chaine le retenant tremblait en émettant un cri strident.

« Guhahahaha ! Admire ! Il est déjà mort et scellé ! Sinon, comment pourrions-nous le garder ici ? »

« Dans ce cas, pourquoi m’avoir emmené ici ? »

« Wood-dono, êtes vous prêt à coopérer avec mon peuple afin d’apporter l’espoir à notre roi ? »

« Que veux-tu dire par là ? »

« Je veux que vous travailliez avec moi ! Nous pourrions créer la plus puissante des armes ! La meilleure des armures ! Ainsi, nous pourrons aider notre roi à accomplir ses ambitions ! »

« La plus puissante arme ? La meilleure armure ? »

« Oui ! Tout cela grâce à notre roi. Regarde, nous avons tous les matériaux ici. Nous avons sous les yeux le corps du Dieu Dragon Maguranarusu. Personne n’a jamais entendu parler d’équipements d’une telle qualité. Wood-dono, vous êtes la personne connaissant le mieux notre roi, vous savez le mieux quels matériaux et minerais sont nécessaire pour lui fabriquer les meilleurs équipements. Avec ça, je veux créer une légende. Les meilleurs équipements de l’histoire naine. »

« N’est-ce pas idiot ? »

« Wood-dono… que voulez-vous dire ? »

« C’est idiot. Penses-tu vraiment Yu capable de te donner n’importe quel matériaux ou minerai rare ainsi ? La plus puissante arme ? La meilleure armure ? Ne me fais pas rire ! J’ai forgé toutes les armures et armes de Yu jusqu’à maintenant. Actuellement, tu ne fais que parler de tes propres intérêts. Tu souhaites forger les meilleurs armes et armures sans même te demander si Yu est prêt à les utiliser ou non. Même si nous voulions faire cela, nous ne ferions qu’augmenter la montagne de travail qu’il lui reste déjà à remplir. »

Lorsque Wood fut sur le point de quitter la pièce, le rire de Mauno retentit,

« Hahaha… Vous avez raison Wood-dono. Je ne pense qu’à créer des armes et équipements sans penser au reste. Je suis désolé. »

« Quoi ? »

« Je ne pensais pas qu’il nécessiterait d’autres efforts pour se procurer les matériaux. Je ne pensais qu’à la fierté de notre race. On peut dire que je ne voulais pas aider notre roi, mais simplement  servir mes propres ambitions. En y repensant, suis-je même qualifié pour forger les équipements de notre roi ? Hahahaha. »

Wood plaça ses mains sur les épaules de Mauno.

« Bien, n’y repense plus. Maintenant, nous devons travailler main dans la main. Si tu veux que je te pardonne, paye-moi à boire. »

« N’avez-vous pas assez bu hier ? »

« Ah, tu veux dire cette liqueur ? On aurait dit de l’eau ! »

 

« Oji-chan, bienvenue. »

« Je suis de retour. »

Byarune venait de retourner au souterrain dans lequel vivait la race des nains déchus. A son arrivée, sa petite fille Pirika sauta immédiatement dans ses bras.

« Oh, Pirika, tu as été sage ? »

« Oui, je le suis toujours. »

« Bien, et les autres ? Vous avez été sages ? »

« Oui, il n’y a eu aucun problème aujourd’hui. »

En plus de Pirika, de nombreux enfants de la race des nains déchus étaient présents. En les voyants, toute inquiétude disparut du visage de Byarune.

Les enfants portaient des bracelets à leurs bras. Tandis que les adultes nains déchus possédaient une résistance au soleil, les enfants risquaient de souffrir de symptômes sévères une fois exposés à la lumière. Un  jour, Pirika avait failli mourir en restant au soleil pendant un long moment. Mais heureusement, Yu était venu l’aider à temps.

La raison à cela était que la race des nains déchus était maudite. Etant des descendants de démons, les nains déchus souffraient de réactions hypersensitives lorsqu’ils étaient exposés aux rayons du soleil. Ils avaient pendant longtemps souffert de ce mal. Les bracelets que portaient les enfants possédaient la capacité d’augmenter la résistance à la lumière et même de soigner leur porteur. Même si l’effet était faible, il était sûr, et rendait possible le rêve qu’un jour, les nains déchus puissent marcher librement au soleil.

« Bon, ton grand-père a encore des choses à faire. Je jouerai avec toi plus tard. »

« D’accord, je vais attendre. »

Après que Byarune se soit séparé des enfants, il descendit au second sous-sol, puis au troisième. Il s’agissait d’une pièce renforcée par Yu pour qu’elle ne puisse laisser passer aucun son. La porte était large et équipée d’un triple verrou. Lorsque Byarune entra, il vit de nombreuses plantes toxiques, serpents, insectes venimeux gardés dans de larges boîtes.

« Kanou, est-ce que la reproduction a réussi ? »

« Nous allons devoir attendre encore un peu pour le voir. »

Un autre nain déchu extrayait du venin de vipère dans une bouteille. Cette race de vipère était une espèce éteinte de ce monde.

« Cela reste tout de même acceptable. »

Les nains déchus possédaient de nombreuses qualités à produire des objets et décorations, mais de l’autre côté de la pièce, ils étaient aussi adeptes du poison. Toutefois, forcés à se cacher et vivre dans la peur, ils n’avaient pas la capacité d’obtenir les matériaux nécessaires pour montrer leur valeur dans ce domaine. Et maintenant, cette chance était apparue.

« Comment ça se passe ? »

« Oh, Russ-dono, quel bon vent vous amène ici ? »

« Je suis juste là pour vous dire que s’il vous faut quoi que ce soit, n’hésitez pas à me le demander. »

« D’accords, nous n’hésiterons pas dans ce cas. »

« Bien, et le poison ? »

« Une fois appliqué à une flèche ou une épée, il peut faire tomber un ogre en quelques minutes. »

« Pouvez-vous le transformer en poudre ? »

En entendant les mots de Russ, les nains déchus se figèrent.

« Nous n’avons jamais essayé. Le but d’un poison n’est-il pas justement d’être appliqué sur une arme ? »

« Peu importe, est-il possible de le transformer en gaz ou de le dissoudre dans de l’eau ? »

« Est-ce qu’il s’agit du souhait de notre roi ? »

« Si vous vivez aujourd’hui, c’est grâce à mon maitre. Les autres nains et hommes-bêtes sont ingrats, mais vous êtes différents d’eux n’est-ce pas ? »

Les hommes-bêtes avaient peur de Yu tandis que les nains magiques le suivaient pour obtenir des bénéfices. Seuls les nains déchus suivaient Yu parce qu’il était leur sauveur. Ils étaient prêts à sacrifier leurs vies pour lui.

« Les nains déchus sont prêt à tout pour leur roi. »

Puis, Byarune ordonna aux autres nains déchus dans la pièce,

« Commencez les expériences afin de tester ces possibilités. »

Satisfait de la réponse de Byarune, Russ quitta le laboratoire.

 

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2 réflexions sur “Posséder ou Déposséder – Chapitre 164

  • Avatar
    2 novembre 2016 à 23 h 48 min
    Permalien

    Je sens qu’une rebellions va arriver…

    Répondre
  • Avatar
    14 novembre 2016 à 19 h 28 min
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    Merci pour le chapitre.
    PS:Russ veut transformer Yu en mort-vivant,j’en suis sûr!

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