Annoncée en août, la tournée Normandie/ William Ryan Key/Grumble Bee débute par une petite date à Paris au Backstage By The Mill, petite salle de concert située au fond du pub O’Sullivans de Pigalle que j’avais eu l’occasion de fréquenter pour coldrain en mai 2016. Arrivée quelques minutes avant le début du set de Grumble Bee, la salle est loin d’afficher complet pour une affiche somme toute éclectique mais plutôt qualitative.  

 

Grumble Bee :

Première partie de ce concert, Grumble Bee, assure un petit set acoustique en solo d’une demi-heure de qualité devant une salle malheureusement peu remplie mais réceptive. Plus qu’un « guitare-voix » à la Ed Sheeran avec un jeu de guitare assez minimaliste, Grumble Bee livre des morceaux techniques à travers lesquels on ressent de fortes influences alternative rock et portés par une voix fort agréable. Cette « impression » alternative rock  se confirme après quelques recherches sur le site de l’artiste où les chansons interprétées pendant le concert sont disponibles dans des versions « électriques ». Pour celles et ceux qui seraient amatrices et amateurs d’un p’tit rock alternatif somme toute assez original, par ici !

 

William Ryan Key :

A l’issue du set de Grumble Bee, WRK vient lui-même installer son matériel sur scène, un « do it yourself » qu’on avait bien sûr pas l’habitude de voir quand il tournait au sein de Yellowcard. La salle se remplit pour voir le set de l’ancien chanteur/guitariste du groupe, qui au passage se présente maintenant sous son nom complet, et s’installe tranquillement sur scène avec son ordinateur et sa guitare électrique. Il prévient le public avant le début de son set : il n’est pas ici pour interpréter les chansons de Yellowcard dans leur version habituelle mais plutôt pour présenter une approche renouvelée des chansons du groupe et nous faire écouter les prémices de sa carrière solo.

Le concert débute sur une version lente, à la vibe indie de Lights and Sounds qui donne tout de suite le ton de la soirée : ton adolescence est morte et il est temps de faire le deuil. Exit le violon aérien de Sean Mackin et les sonorités pop-punk qui ont fait le succès du groupe pendant plus d’une dizaine d’années. WRK délivre chanson après chanson les titres du groupe réorchestrés par ses soins avec des samples avec une petite touche de guitare électrique par-dessus, effort musical bien plus intéressant qu’un simple « acoustique-voix » qui aurait pu être attendu. L’ensemble est convainquant musicalement si l’on fait preuve d’une certaine ouverture d’esprit et qu’on n’est pas venu pour mosher sur Breathing. C’est aussi réalisé avec beaucoup de passion et de cœur par WRK mais il est douloureux d’être ainsi confronté à la disparition d’un de ses groupes préférés, d’autant plus que Yellowcard n’avait pas fait de passage par la France au cours de son « Final Tour ».  

On notera surtout « Live On », nouvelle chanson écrite pendant son séjour à Los Angeles avant la participation au concert dédié à Chester Bennington. La chanson est un hommage poignant au chanteur de Linkin Park et laisse espérer de bonnes choses de l’expérience solo de WRK.

Pendant qu’il accorde sa guitare entre les différentes chansons du set, WRK livre nombre d’anecdotes destinées aux fans du feu Yellowcard. On apprendra par exemple que « Be The Young » est une de ses chansons préférées, que contrairement à son habitude, les paroles de « Southern Air » ont été écrites avant la musique et qu’il regrette amèrement le sabotage de sa maison de disque pendant la période « Paper Walls » qui aurait dû marquer leur grand retour après des déboires pendant la tournée de l’album précédent. Les chansons s’enchainent tranquillement et les fans de Yellowcard, dont je suis, apprécient d’entendre des chansons qui n’étaient plus forcément dans les setlists durant les dernières tournées. 

Bref, un petit concert sympathique, empli d’émotion pour les fans de Yellowcard présents en masse (majorité même ?) dans la salle. Par contre, je ne peux m’empêcher de penser que ça a du sembler long aux gens qui ne connaissait pas bien Yellowcard ou qui étaient venus dans l’espoir de bouger un peu sur les classiques du groupe disparu.

Setlist :

Lights And Sounds
Only One
Be The Young
Live On (la chanson pour Chester)
Back Home
California
Keeper
Ocean Avenue

Comme WRK n’a pas encore enregistré de version studio/live en footage pro de ses nouvelles chansons, voilà un petit extrait de sa performance avec Linkin Park en octobre. C’est l’occasion pour vous de mater ce live fabuleux si vous ne l’avez pas déjà fait ou bien de revoir la performance très sympa de l’ancien frontman de Yellowcard (je vous ai posé un p’tit timecode pour plus de confort !) : 

 

Normandie :

Assez étonnant de venir à un concert où la tête d’affiche joue une grosse demi-heure à tout péter mais il est indéniable que le groupe à quelque chose d’intéressant à proposer. De prime abord, ça ressemble beaucoup à pas mal de groupes alternative-rock/post-hardcore du style Young Guns (les albums récents en tout cas) attirant un public plutôt jeune et féminin mais le groupe se démarque en incluant des breakdowns façon metalcore et quelques sonorités électroniques dans ses morceaux. Le groupe suédois ne respire pas non plus la grande originalité mais c’est plutôt bien foutu et catchy après deux concerts posés. La performance live est énergique et généreuse face à une salle qui s’est pas mal vidée après la fin du set de WRK.

 

Normandie est le genre de groupe sympatoche qui va sans doute réussir à se constituer une petite fanbase, à force de tournées et de premières parties mais dont la musique ne va clairement pas révolutionner la scène. Il reste, n’empêche, que ce fut une découverte live agréable que j’aurai plaisir à revoir à l’avenir, en première partie ou en festival.

 

 

 

 

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