Ce soir, la team 404 se retrouve aux deux fronts dans deux salles voisines : Wage War d’un côté et Imminence de l’autre. Et pour notre part, ce sera Imminence ce soir. I mean c’mon, un groupe metalcore avec du VIOLON? C’est un gros OUI. Bref, sur ce, on rejoint une Boule Noire pas très remplie pour aller voir les Suédois, accompagnés par ACRES et The Oklahoma Kid.

 

– THE OKLAHOMA KID –

 

Demandez dès maintenant votre visa, cap sur Oklahoma aux Etats-Unis… Ou plutôt, les Etats-Unis made in Germany avec The Oklahoma Kid. Selon leur historique, ils ne seraient jamais passés en France auparavant, et pourtant leur nom semble familier pour une raison ou pour une autre. Quoi qu’il en soit, c’est aux Allemands d’ouvrir le concert en beauté devant… une salle ma foi assez vide. C’est à peine si les deux premiers rangs étaient remplis et puis PAF un énorme espace et des gens éparpillés par-ci par-là.

La salle s’assombrit aux alentours de 19h25 et des tons de bleu/vert étaient de sortie. Le groupe composé de ses cinq membres s’affirme réellement sur scène, à tel point que cette dernière paraissait même un poil trop petite pour eux. Le chanteur ne tenait pas en place : il sautait de droite à gauche en faisant de nettes pauses où l’on pouvait clairement distinguer ses expressions du visage très appuyées, accompagnées de gestes manuels qui viennent renforcer son expressivité.

Le chanteur n’était pas seul à sauter comme une pile puisque les guitaristes en faisaient tout autant dans leur coin, et de très hauts sauts par ailleurs. Pendant ce temps, le chanteur continue d’imposer sa présence avec des mouvements très posés qui le mettent en avant par rapport aux autres. On se retrouve pris par quelques drops sympathiques. Toutefois, la foule n’a pas l’air plus impressionnée que ça. On peut voir quelques mouvements de têtes timides, mais c’est tout.

Suite à des passages de lumières clignotantes très agressives (attention aux épileptiques), ainsi qu’à un certain nombre de fois où la guitare grince fort dans le micro (ouch) on assiste à un très beau solo instrumental le long de « Dreambender II » qui nous donnerait presque l’impression d’être en train d’observer un vaste ciel étoilé. D’ici la fin du set, on aura au moins vu un grand bonhomme ouvrir un pit tout seul tout en sautillant.

Je n’avais jamais écouté The Oklahoma Kid avant de venir, mais c’était une bien belle découverte en live. Les membres du groupe ont une super présence scénique et les longs solos étaient agréables à l’écoute. Toutefois, pour des habitués de gros breaks après les montées de tension, il pouvait être en effet stressant de les écouter dans la mesure où après les pics de tension la pression n’est jamais relâchée, cassant alors les attentes. (J’ai trouvé ça un peu stressant personnellement). On finit quand même sur une note de bons bleGHs.

 

– ACRES –

Changement de backdrop vers quelque chose de plus sombre avec ACRES. Ce n’est pas leur première fois en France. Vous les avez peut-être connus avec Burning Down Alaska et Casey en 2016 ou encore dans cette même salle deux ans plus tôt, avec Moose Blood (d’ailleurs notre cher Max vous a rédigé un petit livereport à l’époque, que vous pourrez retrouver ici ). Entre temps, les Anglais ont sorti un nouvel album « Lonely World » qu’ils nous présenteront au cours de ce nouveau passage.

Les gens se tassent un peu plus comparé au set précédent. L’atmosphère s’alourdit et c’est sous une pluie de notes au piano de « Deathbed » que les britanniques d’ACRES se mettent en place.  Globalement, l’ambiance musicale est plus calme et moins bourrine contrairement à ce que The Oklahoma Kid nous a livré. Malgré l’énergie du groupe et les lumières éclatantes, la foule n’a pas l’air plus réveillée que ça. Apparemment, « Medicine » était loin d’être le remède au sommeil du public.

Tandis que le set continue, les bavardages incessants de même, ce qui n’était pas du tout agréable. Certes c’est un groupe d’ouverture, mais ce n’est absolument pas une raison pour parler constamment au premier rang. Devrions-nous vous imprimer la définition de « respect » pour votre anniversaire?  Enfin bon. Pour revenir au groupe qui se trouve déjà mille bornes plus loin sur « Miles Apart », le chant était un peu fragile et la reverb très accentuée.

Dans un calme presque religieux, la berceuse du frère Jacques continue dans la lente chanson qu’est « In Sickness & Health ». Vous comprendrez très vite que ce n’est pas  vraiment un groupe sur lequel ouvrir un pit… Ah quoique. « Talking In Your Sleep » la suit d’un rythme beaucoup plus dynamique et rapide. Ils ont enfin décidé de sortir leur joker réveil ! Toutefois, on peut sentir comme un nœud dans la gorge de Ben Lumber, comme s’il ne pouvait pas aller au maximum de sa capacité ce soir ou qu’il était malade. Les autres membres du groupe quant à eux bougeaient également un peu plus vivement sur scène, mais rien de trop excessif non plus.

Grand moment d’émotions sur « Lullaby » où l’on se retrouve à nouveau emporté dans une vague de douceur plus lente mais avec une voix qui semblait être bien mieux maîtrisée, un chant plus correct et posé que sur les chansons rapides. On finit enfin par l’anthem qui a donné son titre à l’album, « Lonely World ». Des têtes se meuvent, mais toujours pas de pit pour nos chers britanniques. Pour autant, ils nous ont livré un très beau set. Calme certes, et avec une tension qui a baissé, mais un set qui reste néanmoins beau.

Acres est soit dit en passant un groupe que j’avais très hâte de voir depuis tout ce temps. Pourtant je dois avouer ne pas avoir été subjuguée par la prestation live de ce soir… On peut en effet dire que ça m’a laissé une saveur âcre en bouche pour le coup. Peut-être parce que l’énergie dégagée par le groupe est si interne qu’elle ne se limite qu’à la scène et n’arrive pas à en venir à bout des gens qui se tiennent face à cette dernière. C’est dommage parce que leur musique est vraiment belle mais la transmission d’énergie en live est à revoir. Cela dit, c’est une maîtrise qui viendra très sûrement à force de faire des concerts pour gagner en aisance. On croit en eux!

 

SETLIST

  • Deathbed
  • Medicine
  • Miles Apart
  • In Sickness & Health
  • Talking In Your Sleep
  • Lullaby
  • Lonely World

 

– IMMINENCE –

Après un concert en petit comité en décembre 2018, c’est chaud bouillant que les Suédois sont de retour à Paris pour nous jouer leur nouvel album sorti entre temps, « Turn The Light On ». Rien qu’à voir le nombre de tshirt à l’effigie du groupe dans la foule, ainsi que du nombre de personnes supplémentaires qui suffisent à remplir plus ou moins la salle d’aspect du moins, on peut en déduire que c’est bien le groupe que toutes les personnes présentes attendaient.

Et on démarre dans le vif du sujet sur une note bien rigolote puisqu’on a eu le droit à cinq bonnes minutes de soundtrack bien étrange qui sonnait comme « Ooga ooga ooga chaka ». C’est une ambiance pour les moins tribale et très inattendue. Est-ce qu’on se serait trompé d’avion en venant? N’aurions-nous pas confondu avec une destination plus tropicale et plus nostalgique que sont les îles de Crash Bandicoot? (Telles ont été du moins mes premières impressions. Il se trouve en fait que je suis juste inculte et que c’était le soundtrack des Gardiens de la Galaxie 2! ) Quoi qu’il en soit, on avait là une ambiance bon enfant et convivial et on pouvait déjà apercevoir des sourires se dessiner sur les visages des personnes présentes.

Une fois les amuse-bouche digérées soigneusement, il est l’heure de s’attaquer au gros plat de la soirée. A quelle sauce allons-nous être mangés, um? Meh, effacez tout de suite ces pensées de vos têtes. Lorsque Eddie Berg lance les premiers « Erase, erase it all » à pleins poumons, des premiers écrans de fumée viennent participer au véritable spectacle qui s’offre devant nous. Derrière les lumières violettes et la batterie qui tape à n’en plus finir, on peut noter un réel changement d’ambiance par rapport aux sets précédents, où l’énergie du groupe est bien cadrée et permet de lancer les hostilités : d’un côté, un public très mouvementé et de l’autre, une scène qui l’est tout autant.

Partagés entre sauts à en couper le souffle et les gros headbangs de Harald Barrett avec sa soigneuse longue chevelure, nous n’avons en réalité encore rien vu. Au moment où le chanteur, après nous avoir assailli de jolis chants clairs et de screams transperçant, nous dégaine à présent son violon en plein set, l’auditoire ne pouvait s’empêcher de siffler d’admiration. En général, on n’a pas tendance à associer puissance brute avec la légèreté et la douceur d’une plume. Or, c’est exactement ce que Imminence nous offre ce soir et décidément, il a fallu bien peu de temps pour convaincre l’intégralité de la salle que cela en a valu le coup de venir ce soir.

Suite à un « Merci beaucoup » avec un -r ma foi très bien prononcé, ainsi qu’un petit speech sur les conséquences de la dépression, le groupe décide de nous interpréter « Saturated Soul », qui est justement une chanson illustrative du petit discours qu’ils ont prononcé quelques instants auparavant. Comme si chacune des personnes présentes partageait une chose en commun, on se retrouve avec une foule unie dans ses échos de « oh oh oh » chantés en chœur, mais également dans la contamination des sauts qui semble avoir mis tout le monde d’accord.  Fiestaaaaa!

Au cours des chansons qui suivent, on a cette constante alternance entre screams et chant clair puis violon, et même au bout de la énième fois que ça arrive, les visages restent toujours tout aussi impressionnés par cette grande maîtrise des Suédois. Le pré-refrain de « Broken Love » rappelait des vibes nostalgiques de Our Last Night et l’ambiance s’adonnait plus à quelque chose de festif et electro, quoi de mieux pour ouvrir un petit pit dans la joie et la bonne humeur!

Après les jeux d’éclairages fancy qui balancent entre violet, vert et jaune, place à quelque chose de plus simpliste, un décor naturel avec une lumière simple et chaude qui éclaire l’intégralité de la scène. Il ne reste sur scène que le chanteur et notre cher guitariste aux cheveux longs, Mr Barrett. Un décor naturel qui plus est en parfaite coordination avec le set à suivre qui n’est autre qu’un set acoustique de deux chansons, entre guitare et violon.

Le temps de ces deux chansons, on se retrouve dans une salle silencieuse et admirative, avec la plupart des personnes portant une main sur le cœur tandis que l’autre partie en profitait pour capturer la beauté de cet instant sur leur cellulaire. La douce et puissante voix à l’état brut de Eddie dans cette atmosphère si propice était suffisante pour transmettre un paquet de frissons sur votre chair. Cette impact était d’autant plus présent lorsque le duo reprend « Crawling » en tant qu’hommage à Chester Bennington, de Linkin Park.

Après ce bref moment de pause où toute notion de temps et d’espace semblait n’être plus, on reprend avec des chansons plus heavy comme « The Sickness » où l’on a eu droit à une belle montée progressive à la batterie qui a donné lieu à un joli wall of death, ainsi que des fumées qui resplendissent de plus belle sous la lourdeur des bLeGhs, « Disconnected » qui envoûte la foule par ses riffs et son solo totalement déconnecté, avant de finir avec « Paralyzed » dans un circle pit qui, on l’espère, vous laissera un joli souvenir paralysant de ce concert.

Quoi? Comment ça c’était trop court? Okay okay, Imminence revient sur scène sous les acclamations de tout le monde. Et ils vous joueront jusqu’à TROIS CHANSONS SUPPLEMENTAIRES ! Que demander de plus?  Après une première chanson plutôt calme, c’est sûr « This Is Goodbye » que le concert prendra véritablement fin. Voilà une très belle manière de dire au revoir, si je puis dire.

Et donc, Imminence vous dites? Je recommande à 100%. C’est une réelle perle et en live, ils livrent des shows absolument époustouflants. C’est bien cool d’être pris par les tripes et d’en avoir le souffle coupé mais par contre je ne vous recommanderais pas trop de respirer la fumée si jamais vous souhaitez reprendre votre souffle haha. Visuellement parlant, c’était sympa et avec les couleurs des éclairages soigneusement choisis, ça faisait un joli mélange. Par contre j’imagine que ça devait être moins fun pour les photographes présents… Quoi qu’il en soit, si jamais vous voyez une nouvelle annonce pour aller voir Imminence, il est de mon devoir de vous conseiller d’acheter les billets pour le concert de manière imminente ! FONCEZ !

 

SETLIST

  • Erase
  • Scars
  • Room To Breathe
  • Saturated Soul
  • Lighthouse
  • Up
  • Broken Love
  • This Is Goodbye (acoustic)
  • Crawling (acoustic)
  • The Sickness
  • Disconnected
  • Paralyzed

ENCORE

  • Death Of You
  • Infectious
  • This Is Goodbye

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