Why are you screaming?

Paris, 2019. Notre histoire se déroule à la mi-septembre, alors que l’été touche à son but. Une nouvelle sombre anime les rues de Paris depuis déjà quelques mois maintenant. La rumeur se répand, de bouche à oreilles, dans les journaux et les radios, et la population commence à s’affoler. Les signes sont clairs : une succession de chansons prennent possession de la radio. Le phénomène horrifique tout droit venu du Minnesota prévoit un passage par le quartier chaud de Paris, Pigalle

A Reason To

Pour accueillir leur venue, un groupe de jeunes hommes parisiens monte sur une scène au fond d’un bar du quartier, le Backstage BTM, localisé au 92 Boulevard de Clichy, dans le 18ème arrondissement parisien. C’est à l’aide de cris sacrificiels enragés que le groupe tentera de les invoquer. Le groupe en question ? A Reason To.

Déjà aperçu dans cette salle il y a quelques mois en compagnie d’un autre groupe d’individus de cris sacrificiels Out Of My Eyes (dont on apercevra d’ailleurs le chanteur, Coco, durant le set), A Reason To délivrera la même recette que la fois précédente. Six titres pour une demi-heure de show à en retourner les morts. Les morceaux metalcore sont ultra catchy, et même sans connaître les morceaux, on rentre directement dans leur jeu. Une partie rappée, proposée par Alexandre à la guitare ajoutait une petite vibe Linkin Park (durant leurs périodes sombres) qui n’avait pas à rougir face au reste du set. Cherry Beard, le frontman du groupe a vraiment une sacrée voix et maîtrise aisément toutes les sortes de scream. Si Angelize viendra calmer le jeu en milieu de set, ce sera pour repartir avec un gros Wall Of Death dans la salle déjà remplie depuis le début des incantations avec Join The Crew.

On vous invite donc très clairement à rejoindre le crew d’A Reason To, car après les avoir vu deux fois, notre sentiment n’a pas changé : le groupe est incroyablement talentueux et a tout pour devenir grand. Un univers un peu plus prononcé peut-être (surtout quand on voit le phénomène qui les succédera sur la place) pour pouvoir vraiment se démarquer, un peu de promo autour d’eux, et le tour sera déjà dans la poche !

Ice Nine Kills

20h40. Des bruits horrifiques retentissent dans la salle. Des hommes masqués montent sur scène, préparent des petites décorations, posent des masques effrayant de ci, de là, le tout sur une bande-son digne des pires films d’horreurs des années 80. On est jamais prêts pour ce genre de choses jusqu’au moment où cela arrive. Un micro est placé sur scène. Un masque et une tronçonneuse y sont accrochés. De l’autre côté, l’autre micro est entouré de roses noires. L’ambiance est macabre, morbide, sombre et peu avenante. Il semblerait que l’appel sacrificiel précédent ait fonctionné. Ice Nine Kills est de retour !

Sous une forme complètement différente de leur venue avec Motionless In White début 2018, le groupe qui a changé presque intégralement son line-up depuis vient présenter sa nouvelle identité : l’horreur, vous l’aviez bien compris. Spencer Charnas, seul membre fondateur et présent avant 2018 de ce nouveau line-up arrivera sur scène masqué sur les coups sonnants de 21H. Préparez-vous à trembler car il va surement le falloir. The Silver Scream retentit et l’arrivée du groupe, tous masqués ou déguisés se fait. On découvre alors Ricky Armellino vêtu d’un ciret jaune avec un ballon rouge accroché au micro de scène.

On tremble après ce premier morceau, on a peur et on a déjà la sensation d’être à Halloween devant une telle mascarade horrifique. Impossible de prévenir l’extérieur, la salle est pleine à craquer et nous ne pouvons plus nous échapper. Après un rapide passage au noir, Spencer nous revient avec un chapeau de Noël et une hache. Fracassant, Halloween, il est déjà l’heure de passer à Noël avec Merry Axe-Mas.

On comprendra vite le procédé qu’emploie le groupe pour faire pogoter ses victimes. Le procédé est simple, trois chanteurs alternant tous les voix dans une symphonie morbidoparodique, de l’acting avec des invités sur scène comme cette demoiselle tout droit sortie des Oiseaux d’Hitchcock (ou de Stranger Things, on vous laisse le choix), un requin gonflable sur Rocking The Boat ou bien un meurtre simulé sur la chanson finale Stabbing In The Dark. Au milieu de ces morceaux macabres surgiront un passage avec des titres issus de Every Stick In The Broom , précédent méfait du groupe. En revanche, aucun titre des trois premiers albums du groupe ne seront joués du tout, préférant se concentrer sur l’avenir et sur leur nouvel identité. (ce qui est tout à leur honneur)

Le groupe laissera enfin nos âmes en paix après cet ultime titre… Du moins, jusqu’à leur massacre final, à la demande de leurs convertis. C’est Mickey Mouse que l’on voit débarquer sur scène avant d’être vite supprimé de la circulation par un Spencer-clown venu interpréter la dernière messe de la soirée IT Is The End. Pour l’histoire, Ice Nine Kills s’est fait bannir de Disneyland suite à un concert donné dans un des restaurants des parcs de la souris milliardaire. Blâmé par Mickey à cause de leur univers trop macabre et horrifique, leur concert avait dû être arrêté en plein milieu, causant la déception de nombreux fans. Depuis, le groupe produit du merch parodique de Disney et joue beaucoup de ce fâcheux événement.

On regrettera tout de même les nombreuses disparitions du groupe entre presque chaque titre. Parfois justifiées pour un changement de costume, parfois injustifiées et venant casser le rythme du show. On ressort toutefois de ce premier concert de la rentrée avec une seule idée en tête : Retourner voir tous les clips du groupe pour se replonger dans l’ambiance macabre et endiablée de cette soirée. Les deux groupes de la soirée avaient un son plutôt bon, et le nouvel univers artistique dans lequel est parti Ice Nine Kills est tout simplement parfait.

Si l’album The Silver Scream était déjà irréprochable, leurs prestations live ne nous feront pas démentir l’aptitude du groupe à devenir l’un des plus grands tueurs en série de la scène metalcore. On a hâte de les revoir dans de plus grandes salles, avec plus de moyens peut-être, pour voir jusqu’où leur horreur pourrait aller avec peut-être des extraits de films (façon Carpenter Brut) et bien plus… Vivement !

PS : D’ailleurs, demain sera la sortie de IT is The End, dernier titre à recevoir un clip pour cet album et clôturer toute l’histoire débutée avec The Silver Scream. Rendez-vous demain pour connaitre le fin mot de l’histoire, et on l’espère, un second volume à ce conte horrifique.

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