Le COVID-19 s’aggrave, les rassemblements se retrouvent de plus en plus restreints, et après une série de concerts annulés (NF, Avril Lavigne, Papa Roach), on peut dire que l’incertitude était plus que pesante quant au maintien de I Prevail et Dream State. Le concert aura toutefois bel et bien lieu, pour notre plus grand bonheur, et c’est donc plus unis que jamais que nous prenons pas vers le Trianon, pour un concert qui sera probablement notre dernier avant un bon moment.

 

DREAM STATE

Dream State ont vendu du rêve aux foules européennes sur la tournée de Being As An Ocean et Novelists en novembre dernier (Max et Farah de Error 404 ont pu en témoigner à Budapest). Cependant, cela doit remonter à octobre 2018 avec The Amity Affliction depuis leur dernier passage à Paris. Entre temps, les Gallois ont sorti leur premier album « Primrose Path », un album haut en couleurs qu’on aura l’occasion d’apprécier en live ce soir.

A 19h30 battantes, on pouvait observer que seulement un tier du pit était rempli, en addition à quelques têtes qui observaient depuis le premier balcon de cette salle d’une beauté majestueuse qu’est le Trianon. Les lumières blanches clignotaient en cohérence avec le rythme endiablé des chansons dont la vitesse était assez phénoménale, notamment à la batterie. La chanteuse Charlotte-Jayne Gilpin (plus communément appelée CJ) arrive sur la scène spacieuse avec son petit sourire et sa chemise rentrée à moitié dans son legging. Adorable à première vue, vous me diriez. Mais en moins de deux secondes, voilà qu’elle nous dégaine de gros rugissements gutturaux du haut de ses 1,57m, avant de retourner aisément à une jolie voix aérienne et douce. Sa gamme de voix est clairement impressionnante et en laissera certains bouche-bée!

Sur scène, chacun bouge un peu dans son coin et à sa manière. On peut toutefois noter une présentation presque scénarisée de la part de CJ dont le corps semble possédé : on aurait dit une marionnette dont chaque membre était contrôlé par une ficelle qui obéit à la ligne mélodique de leur musique. Sur « Hand in Hand », elle se mettra à genoux de manière dramatique, intensifiant chacun de ses gestes avant de partir dans un gros high kick calculé au centimètre près. A la demande d’un wall of death sur le breakdown, un petit comité splittera la salle en deux afin d’ouvrir les festivités, histoire d’ajouter un peu de piquant dans cette foule qui n’est pour le moment pas très emballée.

Les guitares énergiques colorent la salle avec des tons un peu plus joyeux sur « In This Hell », en espérant que cela soit assez pour vous faire vibrer. Et si tel n’est pas le cas, soyez sereins, ce n’est qu’une question de temps avant que les circle pits ne soient de sortie. Comme d’habitude, on va utiliser ce circle pit comme un bon moyen de locomotion pour voir le spectacle d’un angle différent. Et pour le coup, « spectacle » est un mot qui s’adapterait bien à la situation dans le sens où les tons de rouge, rose et violet se marient parfaitement bien avec l’aesthetic de leur album.

Les notes vénères sont tenues pendant très longtemps sur « Are You Ready To Live? », on se demanderait presque comment CJ a toujours de la voix à donner par la suite. La vocaliste fera de nombreuses pauses pendant le set, qui lui donneront l’occasion de faire des speechs motivants pour rebooster les troupes. On peut notamment en retenir sa phrase finale qui est : « Le passé n’existe plus, le futur n’est que votre imagination. C’est le moment présent qui importe. »  Un speech qui recevra en retour de nombreux signes de cœur en provenance du public.

« Twenty Letters » arrive comme un son ambiant un peu plus apaisant a priori, un calme qui cache forcément une tempête derrière. Cette tempête arrive précisément quand CJ nous approvisionne en screams qui laisseront sans hésitation des frissons chez tous (et la dose n’en est que plus intensifiée sur « Primrose »).

On peut d’ailleurs donner un big up à la vocaliste qui, lors des premiers crowdsurfs de la soirée face à un vigil seul et pris au dépourvu, a pris soin de tendre une main au brave crowdsurfer et de prendre un moment suite à la chanson pour le chercher dans la foule du regard afin de demander si tout va bien. A la suite de son discours sur les addictions et le fait que les moments où l’on se sent au plus bas font partie de notre processus de guérison, la chanteuse se jette à son tour dans la foule le long de « White Lies ».

Dans une si grande salle, j’avais peur que le public ne soit pas trop réceptif à Dream State. Mais finalement, à la demande de leurs nombreux wall of death tout le long du set, les gens qui au départ y allaient un peu en hésitant, se sont au fur et à mesure pris au jeu. On arrive à l’apothéose avec « I Feel It Too », un morceau accentué par de nombreuses parties parlées et de montées vocales enragées où la batterie ne cesse de s’intensifier.

La sortie en fondue progressive achève le premier set sur une note clean; de quoi reposer vos esprits pour la suite. Dream State a assuré et semble avoir conquis de nouveaux fans pendant leur performance de ce soir. On a hâte de voir ce que la suite leur réservera! En attendant, dû aux circonstances compliquées notamment pour les groupes locaux, on vous encourage fortement à acheter leur merch que vous pouvez retrouver ici.

 

SETLIST

  • Made Up Smile
  •  Hand In Hand
  • In This Hell
  • Are You Ready To Live ?
  • New Waves
  • Open Windows
  • Twenty Letters
  • White Lies
  • Primrose
  • I Feel It Too

 

I PREVAIL

On se prépare et on s’échauffe pour un groupe très attendu en France. Si je vous disais, qu’ils viennent du Michigan, qu’ils ont construit une solide communauté au fil des années passées depuis 2013, qu’ils ont sorti un nouvel album TRAUMA-tisant l’année dernière et qu’ils ont également été nominés pour deux Grammy Awards, est-ce que ça vous parlerait? Mehh bande de tricheurs, vous croyez que j’ai pas capté votre technique à lire le titre? Ce n’est pas comme si je parlais de I Prevail après tout… Mais en addition à tous ces faits, il est probablement intéressant de remarquer que c’est leur tout premier passage sur le sol français pour un concert alors il vaudrait mieux qu’on le rende légendaire!

Allez houst les loulous, vous avez trente minutes top chrono pour aller vous dégourdir les jambes, vous rafraîchir et surtout, pour vous préparer psychologiquement à la vague destructrice de la performance qui est sur le point de se produire. La pause a tout juste commencé que l’on peut déjà s’apercevoir que les rangs précédemment espacés se resserrent et deviennent pleins à craquer. Les lumières s’éteignent, la salle hurle d’impatience, et c’est dans un cri collectif que « Bow Down » débute. Un début de chanson qui voit tous les rangs se bousculer vers l’avant pour crier du plus fort qu’ils ne le peuvent. Eric Vanlerberghe était absolument déchaîné, telle une bête se libérant de ses chaînes, contrastant avec un Brian Burkheiser au chant clair qui était un peu plus à la retraite, droit comme un I derrière son micro.

La difficulté du jeu augmente en intensité avec l’arrivée du « Gasoline » qui semble littéralement jeter l’huile sur le feu. Brian va au-devant de la salle pour débiter des paroles à toute allure, le long d’une guitare qui installe progressivement une atmosphère où on sent le danger brûler à proximité. Les screams démultipliés lancent les festivités, et par la même occasion, les vagues de crowdsurfs! Autant vous dire que l’on était dans une période d’incertitude pendant cette chanson car on sentait plus que jamais le sol TREMBLER, sachant que la salle se trouve déjà au premier étage. (Fun fact d’ailleurs, Eric a récemment publié une vidéo de Paris pendant cette même chanson et tout tremblait, que ce soit le cactus ou le moniteur de la tech son. That’s just how WILD we go ! )

A de nombreuses reprises, Brian ira se rafraîchir la voix dans le fond de la scène, dos au public (on apprendra par la suite que c’est parce qu’il est récemment tombé malade). Pendant ce temps, le batteur Gabe Helguera jouera debout le long de « Rise Above It ». De fait, est-ce qu’on peut dire que : he literally DID rise above it? Hahaha. Ok blague à part. Il n’empêche que c’est un fait. Les éléments machiniques présents dans cette chanson étaient excellents à entendre en live. Ils nous plongent dans une certaine atmosphère qui ajoutent un petit quelque chose distinctif.

I Prevail adoucit l’ambiance avec une chanson soft, qui vous laissera le temps de respirer un peu. « Hurricane » déclenchera un ouragan d’émotions qui frappe d’autant plus fort lorsque toutes les voix de la salle se mêlent en une seule et même voix, dans le pied de micro que Eric tend au public. L’expérience d’union est encore plus renforcée à la fin quasi chantée en a capella par la foule: c’était un pur moment magique, comme si le monde avait été mis en pause.

(Et au vu de ce qui se passe en ce moment, c’est un de ces moments que l’on aimerait porter au plus près de nos cœurs aussi longtemps que possible.) Mais bien évidemment, ce qui frappe aussi en pleine face, c’est la force furieuse et la rage que Eric déverse dans le breakdown, accompagné d’un bien joli drop qui relâche toute la tension, à tel point que ça en est cathartique.

Après « Scars » où les chants ne se font pas prier pour résonner de plus belle, c’est maintenant « Stuck In Your Head » qui viendra ravir les fans oldschool. La chanson étant chantée par leur guitariste Dylan Bowman, cela laissera assez de temps pour que Brian se chauffe la voix pour la chanson suivante, qui n’est autre que la reprise de Taylor Swift, « Blank Space » (version core, bien évidemment). Personnellement, peu importe combien de fois j’ai dû écouter leurs chansons, pour une raison ou pour une autre, les paroles de celle-ci précisément ne me sont jamais restées en tête. Mais cela restait pour le moins sympathique d’entendre cette version réimaginée et de voir certains fans plus réveillés que jamais là-dessus.

« Even when I’m high, I still feel low » à peine débité, les fans prennent les paroles à cœur en se positionnant littéralement en hauteur lors de vagues de crowdsurfs en folie. (J’espère pour vous que les autres fans n’étaient pas « so damn low » pour le coup, ce ne serait pas pratique pour vous rattraper s’ils s’accroupissaient haha). I Prevail nous chantera « Goodbye » en guise de transition assez trap, mais je vous rassure, ce n’est pas leur manière de vous dire au revoir. Pas de suite maintenant en tous cas. Il leur reste encore bien des tours dans le sac!

Tel un maître d’orchestre, Eric donne des directives à la foule pour la prochaine, et non les gars, ce n’est pas parce qu’il est lui-même parano. En deux temps, trois mouvements, le Trianon entier (aucune idée de ce qu’il en est des balcons cela dit) se retrouve à applaudir de plus en plus rapidement sur le pré-chorus d’Eric avant de se retrouver à balancer les bras mécaniquement d’arrière en avant. On aura droit à un solo drums monstrueux qui laissera de nombreux visages ébahis et des sifflements qui retentissent dans toute la salle.

Les choses sérieuses prennent un nouveau tournant avec le circle pit massif pendant « Deadweight » (dans lequel j’ai faillir finir piétinée oops. Ce ne sera plus un « poids mort » pour le coup si ce n’est celui qui m’entraîne vers ma fin HAH. Nan mais c’est bon, j’ai réussi à en sortir vivante, tout va bien). La chanson aurait pu faire office de réelle fin par rapport à « DOA » qui a clairement calmé le jeu avec un auditoire dont les mouvements ont considérablement diminué. De nouveau, les bruits machiniques un peu electro ajoutaient une grosse hype, qui elle était encore plus renforcée avec les screams sans pareille , nous laissant de cette manière un froid dans le dos.

Il n’a fallu que 2 minutes au Trianon pour rappeler I Prevail sur scène. Rapide et efficace. Un peu moins lorsqu’il s’agit de la voix de Brian que l’on peut sentir faiblir plus le set avance. (Hey Brian, « I think I’m breaking down ». Pour le coup je ne pense pas que c’est toi qui est en train de break down mais plutôt ta voix, ouch). Le set terminera en beauté avec « Come And Get It » où Eric fera la demande en français d’un « Comment est-ce qu’on dit? Mur de la mort! ». Ce wall of death final était si intense que nous avons un heureux gagnant qui a en a perdu sa chaussure dans le tas et qui a dû vivre une relation à distance avec sa chaussure en attendant la fin de la chanson.

« This is an invitation to get the f*ck out if you can’t take it » dit la chanson, eh bien j’en suis navrée pour toi, bonhomme qui a perdu la chaussure. C’était violent haha. (Comme le rude trajet à cloche pied à travers la salle). Franchement, le hasard a fait en sorte que la chaussure se retrouve littéralement sous mes yeux. Il n’y a donc pas de plus parfaite occasion de dire « IF YOU WANT IT, COME AND GET IT, YOU’LL KNOW WHERE I’LL BE » !

C’est sur cette note rigolote que cet intense concert s’achève. Un concert où il y a eu beaucoup de sauts à en faire trembler le Trianon, ainsi que de la sueur à plein foison. Néanmoins, la fin de set était relativement plus calme malheureusement, et le concert était bien trop court! En plus, I Prevail a dû raccourcir son set d’une chanson à cause d’un contretemps, et a donc enlevé « Every Time You Leave » (mais Eric nous a assuré qu’ils la feront sans faute la prochaine fois).

Le groupe s’est demandé pourquoi ils ont mis autant de temps avant de venir jouer en France mais n’ont clairement pas été déçu et compte revenir aussi tôt que possible! Ils étaient plus qu’heureux de l’accueil reçu et qu’autant de monde ait fait le déplacement malgré la situation complexe. J’en profite également pour caler un shoutout à leur crew qui a concocté de drôles de setlists avec par exemple noté « L’eau » dessus au lieu de « Low ». A la française quoi!

Dû à la situation alarmante du COVID-19, le groupe a décidé de reporter la suite de la tournée européenne en août et viennent d’annoncer les nouvelles dates très récemment. Alors, si l’envie vous venait de voyager dans les pays alentours cet été pour les revoir, vous savez quoi faire!

 

SETLIST

  • Bow Down
  • Gasoline
  • Scars
  • Hurricane
  • Stuck In Your Head
  • Blank Space (cover)
  • Low
  • Goodbye
  • Paranoid
  • Deadweight
  • DOA

ENCORE

  • Breaking Down
  • Come and Get It

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