Cette histoire se déroule en un temps très ancien, dans une cité mystérieuse à l’origine incertaine. La nuit était tombée depuis bien longtemps sur cette capitale poisseuse et obscure à l’histoire millénaire, mais la vie fourmillait toujours autant dans ses rues alors que citoyennes et citoyens rentraient retrouver la chaleur paisible de leur foyer ou bien sortaient chercher l’ivresse afin d’oublier la noirceur de leurs vies monotones et misérables.

Parmi tous ces gens, quelques centaines étaient en route vers une bien singulière cérémonie qui devait se dérouler le soir même au Temple du Soleil Triomphant. Sous l’impérieuse garde d’une meute de Mauvais Loups, le grand prêtre Mustaine de la Mégamor était venu transmettre son titre et ses pouvoirs aux guerriers de l’école d’arts martiaux des Cinq Doigts du Poing de la Mort. La foule se pressait nombreuse afin d’assister à cette orgie de violence dans l’imposant Temple rayonnant.

Mais en secret, et tout près de là, quelque chose de bien plus sombre se tramait. Un groupe de païens répondant au nom de Hootsforce avait décidé de tenir également réunion ce soir là dans un lieu bien plus petit dénommé Trabendo, caché à l’abri des arbres mais dont l’aura était sentie par tous. Parmi cette assemblée de sorciers et autres guerriers s’étaient introduit quelques nains et même des gobelins, venus rejoindre la coalition. Toutes ces âmes tourmentées étaient venues dans le but de s’abreuver de la parole et des récits du plus grand héros qu’ait connu cette galaxie depuis bien longtemps : le tout-puissant prince de la Terre de Fife, Angus McFife, porteur du Marteau de Gloire.

Tous les guerriers assemblés devant les portes closes de l’endroit rugissaient d’impatience, ignorant le froid et la pluie. Des milliers de Hoots attendaient de pouvoir pénétrer dans l’enceinte, mais seuls quelques élus y eurent droit. Le vieux Kärscheras faisait partie de ce groupe de privilégiés, et je suis revenu de très loin pour vous conter par le détail ce que j’ai vu ce soir-là.

 

– WIND ROSE –

Wind Rose - Photographe Romain Keller - Média Error404
Wind Rose – Photographe Romain Keller – Média Error404

Venus tout droit des terres méridionales de l’Italie, une compagnie de nains répondant au nom de Rose des Vents avait été chargés par le grand McFife d’ouvrir la cérémonie. Une lourde tâche pour ce groupe encore méconnu ayant eu son quart d’heure de gloire il y a quelques mois sur internet, mais nous y reviendrons.

Alors que des centaines de Hoots se massaient dans la fosse, une musique épique retentit, sonnant le début des hostilités. Les fiers membres de Wind Rose entrèrent sur la scène un par un, occupant tout l’espace scénique très réduit laissé par le matériel des deux autres groupes, la scène du Trabendo n’étant déjà pas bien grande à la base. Mais qu’importe, les compagnons assurent le show car tel est leur devoir.

La scénographie était plutôt travaillée pour un groupe de cette ampleur (dans la limite de ce qu’une salle de cette taille peut offrir évidemment). Tous les musiciens étaient en costumes, peaux de bêtes et tunique pour les instrumentistes, armure massive aux épaulières à l’effigie de têtes de nains casquées pour le chanteur. Ce dernier remplissait à merveille son rôle de frontman, réussissant à mettre l’ambiance dans un Trabendo encore à moitié vide, et alternant entre chant rock standard voire hurlé et envolées lyriques qu’on ne lui attendait pas forcément, mais qui font leur effet au milieu de la geste chantée par le groupe.

Wind Rose nous offre un Power Metal teinté de folk faisant penser à du Ensiferum, notamment avec le titre d’ouverture Winter Saga. Force est de constater que la musique du combo est redoutablement efficace, le public ne tardant pas à se décrisper et à lancer les hostilités, porté par l’ambiance épique qui emplit bien vite toute la salle.

La prestation était également servie par un lightshow des plus convaincants. L’utilisation quasi systématique des sunstrips apportait une touche très « naine » à l’ensemble (j’entends par là symétrique et carrée, pas anormalement petite, le handicap n’est pas un plaisanterie les enfants) et le changement de couleur des wash donnait à chaque morceau une ambiance différente. Le concert atteint son point culminant sur l’avant-dernier morceau, la cover de Diggy Diggy Hole ayant lancé le succès du groupe sur internet il y a quelques temps.

On trouvera peut-être dommage de ne pas avoir conclu par ce titre, le suivant To Erebor suscitant beaucoup moins d’enthousiasme parmi la Hootsforce, mais l’ensemble de la prestation reste quand même d’un excellent niveau. Malgré un set très court, une scène minuscule et sa place en ouverture de soirée, la Compagnie de la Rose des Vents parvient à séduire son public et lance cette soirée à pleine vitesse, assurant ainsi la place des nains au ban du clan McFife.

Setlist :

  • Of Iron and Gold (intro)
  • Wintersaga
  • Drunken Dwarves
  • Mine Mine Mine !
  • Diggy Diggy Hole
  • To Erebor
  • We Were Warriors (outro)

 

– NEKROGOBLIKON –

Les deuxièmes invités de cette cérémonie étaient la troupe de gobelins de John Goblikon répondant au doux nom de Nekrogoblikon. Venus tout droit de terres situées par-delà les mers, loin à l’ouest, le groupe californien de goblin metal n’est que très rarement de passage en France, et c’est pourquoi de nombreux Hoots (dont votre serviteur) attendaient avec impatience cette prestation depuis bien longtemps. Le résultat fut-il à la hauteur de nos attentes ?

Non.

Mais développons voulez-vous ? Tout le monde se doute bien que les gobelins sont les plus enclins à (pardonnez-moi l’expression) « faire de la merde » une fois sur scène, mais nous ne sommes pas ici pour nous plaindre sans étoffer, ni pour être absolus (car comme le disait Obi-Wan McFife, seuls les sorciers du chaos raisonnent en absolus).

Le show commence avant l’heure prévue dans la sono de la salle. La musique d’attente entre les sets de Wind Rose et Nekrogoblikon était visiblement contrôlée par ces derniers et correspondait parfaitement au style burlesque des comparses à la peau verte. Puis commença le set en lui-même, et avec lui les problèmes.

Problème de son d’abord, l’ensemble était extrêmement brouillon au départ, puis se précisa au fur et à mesure du concert mais la voix resta désespérément à la limite de l’audible. Ensuite le lightshow. Je ne le descendrai pas trop parce qu’il était en réalité tout à fait honorable, mais après la claque visuelle de Wind Rose il faisait réellement pâle figure.

Mais le plus gros défaut du set résidait dans les membres du groupe. En même temps que s’attendre d’une troupe de gobelins me direz-vous ? Et vous n’auriez pas tout à fait tort (en fait si, le racisme c’est pas drôle les enfants). Mais là, entre le bassiste s’absentant sans raison apparente pendant trois morceaux, les guitaristes brouillons à l’extrême, et le chanteur sous acide qui avait l’air fasciné par sa propre main droite et marmonnait les paroles des MAUVAIS MORCEAUX dans son micro tout en perdant son regard dans le vague entre chaque ligne de texte. Chanteur chez qui j’ai cru repérer un playback sur quelques morceaux (lâcher un growl de 5 secondes la bouche quasiment fermée c’est ambitieux tout de même). On aurait dit que tout le groupe (y compris les techniciens) s’était murgé juste avant de monter sur scène.

Fort heureusement l’ensemble était rattrapé par le seul membre du groupe dont le taux d’alcoolémie n’importe pas sur scène : la mascotte John Goblikon. Chargé de chauffer la foule, ce gai luron infatigable parvint à lui seul à mettre les Hoots sur le droit chemin. Car oui, je me plains beaucoup de cette prestation, mais force est de constater que le public n’était pas aussi pointilleux que moi et a semblé plutôt apprécier ce show. Alors qui suis-je pour juger alors que la grande armée galactique approuve ce set ? Car finalement, si les gens passent un bon moment, le concert n’est-il pas par essence réussi ? Je le pense, et nul doute que le seigneur McFife sera aussi de cet avis quand il sera question du sort de ces gobelins.

Setlist :

  • The Many Faces of Dr. Hubert Malbec
  • No One Survives
  • We Need a Gimmick
  • Darkness
  • Dressed as Goblins
  • Dragons
  • Nekrogoblikon
  • The Magic Spider
  • Powercore

 

– GLORYHAMMER –

La foule commençait à bouillonner dans ce Trabendo comble. L’introduction de la soirée était désormais finie et tous attendaient les maîtres de cérémonie dans une impatience fébrile. Au plus profond de la fosse la camaraderie et la bonne entente règnent, les hoots sont unis.

Gloryhammer - Photographe Romain Keller - Média Error404

La scène est tout d’abord investie par un étrange personnage, un vieillard plat, en carton, posé au milieu du plateau avec un air benêt. Et ce singulier invité vient avec un thème ! Une valse d’un certain âge diffusée dans une qualité médiocre, mais il n’en fallait pas plus pour que votre serviteur devienne fou. C’est ainsi que j’ai délicatement saisi la main de mon ami Thomas (que j’embrasse chaleureusement) et nous avons commencé à valser, bientôt suivis par une poignée de hoots enthousiastes. Evidemment la place est venue à manquer dans cette fosse bondée, et ce moment de délicatesse a vite dégénéré en pogo valsé. C’est ainsi qu’avant même le début du set ce concert s’annonçait déjà comme anthologique.

Mais trêve de plaisanteries alors que la lumière retombe, l’heure est venue de se jeter au cœur de la bataille et de faire honneur au clan des McFife. Pendant plus d’une heure trente les maîtres de la galaxie vont mener la horde venue assister à leurs exploits à travers un récit dantesque et épique. La setlist est équitablement répartie entre les trois albums du groupe pour un show en forme de best of entrecoupé d’interludes parlés.

Gloryhammer - Photographe Romain Keller - Média Error404

Et là, la Hootsforce en a pour son argent. Entre la simple narration, les blagues foireuses du grand et majestueux seigneur McFife, la décapitation de gobelin (un message envoyé à Nekrogoblikon ?), le groupe redouble sans cesse d’inventivité pour animer ce récit du combat du bien contre les forces de la désolation. Le sommet de cette tendance restant tout de même la quête secondaire proposée à la moitié du concert consistant à ramener un artefact de la forteresse galactique (comprendre : « aller chercher une bière au bar ») et le ramener en crowdsurf jusque sur la scène afin de gagner un t-shirt du groupe offert par Angus en personne, le tout sur le bien nommé Questlords of Inverness, Ride to the Galactic Fortress !

Toute l’âme de ce groupe si particulier est palpable dans ce concert, des costumes kitsch à souhait mais toujours majestueux à la lumière composée d’assemblages de couleurs que je qualifierais sobrement d’« originaux » (mauve et vert sapin, ça ne se croise pas tous les jours) mais toujours en raccord avec l’imagerie habituelle de la formation.

Mis à part une petite faiblesse du niveau de la voix en début de concert (vite corrigée) Gloryhammer nous délivre là une performance impeccable. Tout est là pour faire de cette soirée la plus épique ET la plus débile de la saison, portée par les textes sans limites vous emmenant combattre des dragons à coup de marteau dans une forteresse noire située sur une planète lointaine peuplée de licornes chassée par des gobelins de l’espace, le tout sur une lumière à base de néons et à 200bpm. Ce 28 janvier au soir nous étions tous des héros en quête de gloire et de batailles l’arme au poing, les sorciers du chaos furent massacrés, les gobelins éventrés, les licornes chevauchées, mais surtout n’oubliez jamais cette phrase du vieux Kärscheras :

« Gloryhammer c’est le dernier album de Dragonforce, mais fait exprès »

Setlist :

  • Into the Terrorvortex of Kor-Virliath (intro)
  • The Siege of Dunkheld (In Hoots We Trust)
  • Gloryhammer
  • Angus McFife
  • Magic Dragon
  • The Land of Unicorns
  • Questlords of Inverness, Ride to the Galactic Fortress !
  • The Hollywood Hootsman
  • Goblin King of the Darkstorm Galaxy
  • Legend of the Astral Hammer
  • Masters of the Galaxy
  • Hootsforce

Encore :

  • Infernus Ad Astra
  • Rise of the Chaos Wizards
  • Universe on Fire
  • The Unicorn Invasion of Dundee
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