Le groupe de rock indépendant Feeder a sorti son dernier opus Tallulah en août dernier et a donc embrayé sur une tournée afin de le promouvoir. Leur route a mené le trio londonien à Paris où ils ont investi le Nouveau Casino le 27 novembre dernier. Juste le temps de boire une petite pinte au Café Charbon voisin en attendant que les portes s’ouvrent, et nous voici entrés dans cette charmante petite salle d’une jauge modeste d’environ 400 places, patientant sagement avant le début du concert dans un Nouveau Casino sold out.

– WYLO –

Wylo Le nouveau Casino Novembre 2019 @Kikevist_Thierry

Le concert est introduit par une brève première partie du nom de Wylo, petit groupe local composé de cinq quinquagénaires jouant assis et comptant parmi eux un étrange doppleganger d’Andrew Lincoln de The Walking Dead en lieu et place de bassiste. Le quintet nous propose une série de morceaux doux, dont certains seulement en guitare-voix, un genre de pop un peu planante qui appelle à l’évasion. On sent une certaine nervosité au sein du groupe visiblement peu habitué à la scène. Le rythme est un peu bâtard, les morceaux sont séparés par des silences où les musiciens se contentent d’échanger des « Okay ? Okay » là où on aurait aimé que l’un d’entre vienne les présenter et parler de ce projet somme toute plutôt intéressant.

Le chanteur ne s’adresse à la foule qu’au moment de quitter la scène pour remercier le public et mentionner le nom du groupe, mais la beauté paisible des compositions suffit à palier à ce petit manque de communication et à faire passer un bon moment à toute la salle en attendant le headliner. Un petit groupe local de la scène parisienne sans grande prétention dont on espère que cette prestation l’aidera à se révéler et à commencer à émerger. Affaire à suivre donc !

– FEEDER –

Feeder Le Nouveau Casino Novembre 2019 @Kikevist_Thierry

Dès le changement de plateau le public est frappé par la présence d’impressionnants racks d’instruments disposés sur scène, avec pas moins de deux fois cinq guitares et 4 basses, pour seulement deux guitaristes et un bassiste. On note également que le plan de scène est conçu pour cinq musiciens, la formation se faisant accompagner d’un second guitariste et d’un claviériste pour ce Tallulah Tour.

Puis le groupe entre en scène, très sobrement, à l’image de tout le show dont le seul décor est le backdrop, lui aussi d’une sobriété exemplaire. Mais nul besoin d’artifices pour que Feeder enflamme le public, les fans commençant à scander le nom du groupe à la seule vue du frontman. Le groupe attaque son set avec Youth et d’entrée de jeu le son de guitare frappe. Là où les albums nous proposent un rock somme toute assez classique, sur scène, le son des guitares est gras, TRES gras. Chaque guitariste semble utiliser une pédale de distorsion sortie tout droit des forges de l’enfer qu’il active ou désactive au gré des passages plus calmes des morceaux, et dès la fin de l’intro de Youth, on sait qu’on a affaire à du lourd.

La première partie du concert est dédiée à des morceaux mélodieux qui trouveraient parfaitement leur place au générique de fin d’un Feelgood Movie quelconque, avec des hymnes entraînants ne manquant pas de déchaîner le public qui ne perdra jamais de son énergie tout le long de la soirée. Le jeu des musiciens est propre, sans être exubérant, mais l’on sent bien que Taka Hirose (le bassiste) est comme un lion en cage sur cette scène sous-dimensionnée et qu’il aimerait bien taper des backflips entre deux riffs, mais l’énergie n’en est que plus impressionnante.

Feeder Le Nouveau Casino Novembre 2019 @Kikevist_Thierry

Et cette tendance se confirme quand le groupe décide d’abandonner sa mélancolie doucereuse pour interpréter Kyoto, faisant monter encore d’un cran la sauvagerie ambiante du concert. La tension redescend avec le plus calme Eskimo, suivi de la balade Kite, et la formation revient à ses premiers amours en reprenant ce que je vais désormais officiellement appeler les « Feelgood Songs », en commençant par le titre éponyme Tallulah.

Et le groupe continue ainsi à interpréter ses hymnes en parfaite communion avec son public. Le frontman prend souvent la parole pour remercier le public ou plaisanter avec lui, la dimension réduite de la salle lui permettant même de ne pas faire attention à s’il parle dans le micro ou non, le fond de la salle l’entendra quand même. Il lui suffira d’ailleurs d’une seule phrase pour soulever cette foule, voyant que la fosse était globalement statique pendant la première moitié du concert et que les spectateurs se contentaient de scander les paroles des chansons il décide de remédier à ça en lançant un « I WANNA SEE SOME CLASSIC 90s MOSH PIT ! ». Une phrase qu’on n’attendrait pas forcément dans un concert de rock indépendant, mais force est de constater que le public se prend au jeu et commence une bagarre des plus réussies en un instant.

Quelques morceaux plus loin le groupe improvise un medley sous l’impulsion du frontman lâchant les premières notes de Smells Like Teen Spirit. S’ensuit alors un enchaînement de classiques du metal/punk, avec en vrac Metallica, Rage Against the Machine, Black Sabbath… Petit moment de pur plaisir pour les musiciens, apprécié du public également, cet instant simple résume à lui seul la spontanéité qui règne dans cette salle.

Et voilà déjà la fin du concert, alors que le groupe interprète son tube Buck Rogers (présenté comme un morceau pop, original), puis quitte la scène en laissant derrière lui un larsen medium des plus imblairables, pour finalement revenir interpréter Blue Sky Blue du dernier album et conclure sur le classique Just a Day.

Feeder Le Nouveau Casino Novembre 2019 @Kikevist_Thierry

Feeder est sur scène sans artifices, sans décors, sans effet, ils n’ont pour eux que la puissance de leurs compositions et leur jeu scénique. Mais il n’en faut pas plus pour que la magie opère. La formation apparait comme très proche de son public, idéal dans une salle réduite comme le Nouveau Casino, et le plaisir que prennent les musiciens à chaque nouveau morceau est palpable. Le show est mené par le frontman, mais son compère bassiste au style vestimentaire bien plus marqué dégage un charisme fou sans prendre une seule fois la parole, c’en est presque dommage de l’avoir vu évoluer sur une scène si petite.

Le groupe a pour lui qu’il aime sa musique et ses fans, qui le lui rendent bien, et ce lien est palpable dans la prestation. Il se dégage de ce concert un sentiment de joie intense et une énergie positive incroyable, autant pour les fans de la première heure que pour les profanes complets. Une excellente expérience de live, marque d’un groupe mature et toujours aussi passioné malgré les ans (presque trois décénies au compteur !), Feeder en a visiblement encore sous le pied et n’est sûrement pas près de raccrocher.

SETLIST

  • Youth
  • Lost & Found
  • Feeling a Moment
  • Daily Habit
  • Figure You Out
  • Fear of Flying
  • Just the Way I’m Feeling
  • Kyoto
  • Eskimo
  • Kite
  • Tallulah
  • Come Back Around
  • Universe of Life
  • Insomnia
  • Comfort in Sound
  • Guillotine
  • High
  • Turn
  • Seven Days in the Sun
  • Medley
  • Buck Rogers

Encore :

  • Blue Sky Blue
  • Just a Day

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