Que se passe-t-il lorsque des écrivains fracturés témoignent de la trahison des martyrs? Très bonne question à laquelle nous pourrons probablement répondre en allant à la maroquinerie… Lieu plutôt atypique pour trouver des réponses, n’est-ce pas? Mais non voyons chers lecteurs, nous n’allons pas acheter notre sac dans une maroquinerie aléatoire, si ce n’est plutôt que d’aller y vider le nôtre à LA Maroquinerie. Rendez-vous donc le samedi 14 septembre au concert de Betraying the Martyrs, Novelists et FRCTRD dans une salle pleine à craquer pour cette affiche 100% française.

 

– FRCTRD –

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on démarre avec une entrée ‘fracassante‘ et je ne dis pas ça parce que c’est FRCTRD qui commence ! (Ou… peut-être bien que si finalement, leur nom se prononçant « fractured« ). Le son en revanche était bien loin de faire une entrée digne de ce nom puisque le chant était quasiment inaudible, contrairement à la batterie dont les chocs retentissaient jusqu’au plus profond de votre âme. Quel dommage pour cette première partie qui n’aurait pas pu faire vibrer la foule à son full potentiel, au rythme de ses intenses growls.

Toutefois, le public était plutôt encourageant et même si on n’entendait pas de voix chanter à l’unisson, on pouvait cependant apercevoir des têtes hocher le long des riffs, en synchronisation avec les percussions. Côté scène, pas trop de mouvement pour les membres du groupe qui, en l’occurrence, restaient pieds fermes au sol (ou plutôt, sur les plateformes). Ils ont pris leur courage à deux mains pour tout de même tenir leur set jusqu’au bout en gardant leur sang-froid malgré les divers problèmes techniques, ce qui est plutôt admirable.

A la moitié du set, on pouvait remarquer un petit pit s’ouvrir au milieu de la salle avec quelques crowdkillers qui étaient de sortie avec leurs acrobaties. La hype de la foule monte d’un cran durant l’avant dernière chanson où le chanteur de Solitaris débarque sur scène en faisant une soudaine apparition le temps d’un petit featuring sur Black & Blue, une reprise de Bring Me The Horizon. Les acclamations lorsqu’il sort de scène résonnent de plus belle. (Pour rappel, Solitaris a joué en compagnie de Out Of My Eyes et A Reason To en avril dernier, et nous allons d’ailleurs retrouver A Reason To en première partie de Ice Nine Kills la semaine suivante! )

Il était difficile de distinguer le passage d’une chanson à l’autre si l’on ne connaissait pas la discographie de FRCTRD, puisque chacun des titres était composé de longues séquences musicales à nombreux rebondissements, nous laissant alors incertains quant aux délimitations des chansons. On arrive déjà à leur dernière chanson où les lumières bleutées passent à des lumières blanches qui flashent au rythme de la batterie. On termine sur un wall of death final. Après avoir joué approximativement 6 chansons, FRCTRD prend une petite photo de groupe avec le public avant de sortir de scène sous les gros applaudissements.

Vous pourrez les retrouver le 11 octobre prochain au Cirque Electrique aux côtés de Hyaena et Mahara. On espère pour eux que le son sera bien meilleur!

 

SETLIST

  • Tyrant
  • Negative
  • Exile
  • Fortress
  • Black & Blue (cover de BMTH)
  • Burden

 

 

– NOVELISTS –

 

Quinze minutes passent, durant lesquelles Novelists en profite pour faire quelques vérifications techniques. Le set commence littéralement dans le ‘noir’ (les deux premières chansons étant tirées de leur album « Noir », ce qui entre en parfaite cohésion avec l’éclairage de la salle). Si on pouvait regretter le manque d’interactions du groupe précédent vis-à-vis du public, Novelists en revanche nous comble bien ces vides puisque nous avons littéralement droit à un petit discours qui va droit au cœur toutes les deux chansons. En parlant de petit discours, Mattéo Gelsomino (chant) nous annonce qu’ils ont terminé leur troisième album et qu’il arrivera au début de l’année prochaine. On vous recommande donc de bien ouvrir vos yeux (et vos oreilles) d’ici là! Pour introduire celui-ci, rien de mieux qu’un aperçu, non? Alors c’est chose due, puisque la prochaine chanson que joue Novelists, Headrush , est justement extrait de ce nouvel album.

A l’entente de « nouvelle chanson », la foule entière se rassemble en un écho à coup de « whoah » très enthousiastes, décrochant des sourires auprès des membres du groupes. A un certain moment, la salle plonge dans l’obscurité absolue et n’est plus illuminée que par les faibles lumières produites par le flash de vos smartphones, bras ballants de droite à gauche, Mattéo ajoutant que c’est un moment qui lui tient particulièrement à coeur. Dès les premiers riffs de la chanson qui suit, les plus nostalgiques porteront un visage des plus rayonnants puisqu’il s’agit du seul, de l’unique Antares, un véritable hymne incapable de vous laisser de marbre à l’entendre des shreds harmonieux du prodige Florestan Durand. Les moshs s’intensifient de plus belle et tout le monde part dans tous les sens.

Attention, « la prochaine chanson, c’est pour les braves », nous dit le chanteur. « Levez la main si vous êtes braves. Toi, toi et toi? Ok, avancez-vous. » A priori, Antares n’était qu’un amuse-bouche par rapport à ce qui était sur le point de se produire. L’ouverture des gros moshpits s’est bel et bien lancée. Il n’y avait aucun instant de répit: ça s’éjecte dans toutes les directions. Le pit dans son intégralité était devenu le théâtre de robustes affrontements. On a également repéré quelques fans crier les paroles en tête à tête avec le chanteur, à pleins poumons dans le micro, sur Les Nuits Noires. La foule a réellement su illuminer une braise à elle-seule dans ces ‘sombres nuits’, une lumière qui se reflète par ailleurs sur les visages de ces ‘écrivains’ (novelists…). Les chansons s’enchaînent et l’énergie ne se perd pas pour autant.

 

Le groupe termine sur deux chansons qui, on l’espère, vous laissera repartir avec de merveilleux ‘souvenirs’ , puisqu’ils nous joueront justement deux chansons tirées de leur premier album intitulé « Souvenirs ». Serait-ce une pure coïncidence? Mais avant de mettre fin au récit, voilà que nous plongeons une dernière fois dans leur univers mélodieux. Il n’y a pas que l’auditeur qui se verra ‘voyager’ sur cette prochaine chanson étant donné que le vocaliste lui-même va voyager au sens littéral vers le milieu du pit, pour chanter tout sourire parmi la foule. Bien que l’on ait commencé avec des éclairages plutôt faibles et une salle littéralement « noire » , on finit néanmoins sur des tons plus colorés et vibrants, des variantes de vert bleuté. Des tons en soi mélancoliques, rappelant l’aurore boréale.

Avant de sortir de scène, le groupe en profite pour remercier du fond du cœur toutes les personnes présentes ce soir d’avoir été là pour eux, et que c’est grâce à nous tous qu’ils sont là où ils en sont aujourd’hui. Ne vous en faites pas, vous n’allez pas attendre deux nouvelles années afin de les revoir en concert cette fois-ci. En effet, j’en profite pour vous caler une petite piqûre de rappel  : Novelists seront de retour, et plus rapidement que prévu! Ils joueront au Backstage By The Mill le samedi 2 novembre en tant que première partie pour Being As An Ocean. Nous vous recommandons fortement d’aller les écouter et d’aller les voir en live. C’est une expérience magique! Et puis, il faut bien soutenir la scène française. On en a des beaux groupes!

SETLIST

  • A Bitter End
  • The Light, The Fire
  • Eyes Wide Shut
  • Headrush
  • Antares
  • Les Nuits Noires
  • Under Different Welkins
  • Voyager
  • Gravity

 

 

– BETRAYING THE MARTYRS –

 

Après une bonne demie heure de pause, c’est ni une ni deux que les très attendus Betraying The Martyrs arrivent sur scène et ‘s’enflamment’ littéralement avec Ignite, devant un public bouillonnant (« ignite » signifiant à la fois démarrer et s’enflammer). N’étant pas dans une salle proposant de la pyrotechnie, nous avons en revanche droit à de nombreuses explosions de fumées soudaines en accord avec les longs et intenses screams tenus par Aaron Matts. La salle quant à elle est absolument à craquer et la foule donne a priori l’impression que tout le monde a tenté de se trouver une place au sein du pit, à tel point que l’on y retrouve plus de personnes dedans que la capacité du pit ne le permet.

Si Novelists proposaient déjà un set plutôt mouvementé, nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec Betraying The Martyrs, étant donné que leurs déplacements s’intensifient d’autant plus. En effet, les six membres du groupe possèdent chacun une présence scénique primordiale, mettant presque en lumière chacun de leurs faits et gestes accentués. (Quoique, la scène était peut-être un poil trop petit pour contenir l’intégralité du groupe puisque le deuxième guitariste Lucas D’Angelo était effacé derrière les enceintes, à tel point qu’on le remarquait à peine). Ainsi, nous pouvons observer Victor Guillet (synthétiseur et chant) nous hypnotiser de son jeu debout avec le synthétiseur, tout en faisant des prouesses avec ce dernier à la manière des guitaristes avec leur guitare.

Entre deux chansons, Aaron en profite pour s’ouvrir une petite bière sur scène et également en cracher une partie sur les premiers rangs, dont l’adrénaline semblait ne faire rien d’autre si ce n’est que de s’élever au fur et à mesure que les chansons se suivent. Une bonne douche ne serait pas de refus. Bien que la salle soit packée à rebord, paradoxalement, on dirait que ce n’est jamais le bon moment pour surfer sur cette vague de sueur, chacun étant entièrement dédié à vivre de sauts et de moshs. Crowdsurfer s’assimilerait alors au loto dans le sens où certains braves tentent et ressortent victorieux de leur conquête aérienne, à parcourir la foule depuis les airs, tandis que d’autres font un plongeon avec le sol pour destination (moins fun). Dommage pour vous! La prochaine sera la bonne.

Ah bah tiens, Victor, tu tombes à pic! Monsieur nous fait son plus beau stagedive en salto. Oh my dear, you are so DOWN for it.. hum hum. Ah bah non raté, c’était sur Life Is So Precious en fait. (Ouais j’voulais juste caler un jeu de mot YAKOI). On dirait bien qu’on a là un gagnant qui a été assez chanceux au loto pour en ressortir intact. (Non, il ne s’est pas mangé le sol, si c’est ça que vous voulez savoir).

Outre les tentatives de stagedives qui se multiplient (et n’étant pas toujours des réussites), on ne compte même plus les circle pits où le pit entier a été entraîné là-dedans. Inutile de mentionner également que l’enthousiasme de chacun ne cesse d’augmenter, se traduisant par des walls of death à la volée, et une énergie à toute épreuve qui ne voit pas de fin (… contrairement à leur chanson Where The World Ends où le monde semble en connaître une, de fin).  Parasite a fait d’énormes ravages (pensez donc à vous armer de vos insecticides?). Il me semble d’ailleurs que c’était durant cette chanson que notre pianiste s’est aventuré à genoux sur la foule, micro à la main.

Monster a probablement été de loin mon moment préféré. Outre le fait que mon bureau s’est fissuré à la première écoute de cette chanson, en live, c’était vraiment une folle expérience. On a tout d’abord eu droit à un réel spectacle de lumières qui fusent à tout va, rappelant Crossfaith (en addition aux doum doum doum doum doum doum qui fait battre vos cœurs). Puis, une fumée qui n’en finit pas s’en suit, tout comme le nombre sidéral de sauts de bas en haut, de droite à gauche.

Le meilleur est à venir, à savoir : le moment qui va fusionner la foule afin d’incarner une fonction intégrale (..oh lol les math, qu’est-ce que ça fait ici…) , de telle sorte à n’en faire plus qu’un. En effet, au moment du bridge, Aaron va demander à tout le monde, sans exception aucune, de se mettre au sol. Lorsque « JUST A F*CKING MONSTER » retentit, tout le monde s’unit dans ce seul et même saut,  jetant les bras en l’air.

La bataille continue, illustrée par la belle dualité de voix contrastées des deux vocalistes. Entre chants clairs et screams, on ne sait plus où donner de la tête! Les fans fusent à coup de « YEAH » retentissant en synchronisation avec leurs poings levés. Le frontman britannique, après ses nombreuses courtes interventions, en profite d’ailleurs pour parler en français et dire comme quoi « Paris, c’est ma maison ici. » et qu’après neuf ans passés en France, il s’y sent réellement comme chez lui. Cette intervention est accueillie par de véritables cris de ralliement côté fans, exprimant une forme de joie et d’accord. Après un total de 14 chansons, Betraying The Martyrs nous a clairement coupé le souffle.

Et pourtant, tout le monde avait encore de l’énergie à revendre. Infatigables? C’est le cas de le dire! Le nom du groupe est dans toutes les bouches. Tout le monde attendait déjà impatiemment leur retour. De fait, ils reviennent. Et ils reviennent pour 3 chansons supplémentaires! Vous avez maintenant de quoi faire. Parmi ces trois dernières, Rapture, une chanson extrêmement intense, et notamment challenging pour le batteur, qui ne fait que des progressions sans instant de répit pour reprendre son souffle. Première fois qu’ils la jouent en live et si l’on en croit l’interview (qui est à venir pour bientôt!), c’est une chanson que Mark Mironov redoutait énormément en raison de cette particularité justement.

D’ailleurs, on ne l’a pas mentionné plus tôt car le simple fait de les observer tous, sur scène, en venait à bout de nous. Mais je tenais à remettre une mention spéciale à Baptiste et Valentin qui n’ont pas cessé de tourbillonner avec entrain sur l’estrade, et secouant leur longue chevelure dans de puissants headbangs. Super pouvoirs ou simple désillusion? Peut-être que plus qu’une simple désillusion, c’était même un cas de SUPER désillusion (The Great Desilusion) pour le coup.

C’est ainsi que Betraying The Martyrs mettent fin à leur set après une prestation effroyablement époustouflante qu’ils ont su mener de A à Z, avec une foule des plus déchaînées. Le son était également bien meilleur que sur les deux sets précédents, ce qui expliquait en partie cette hype éternelle que rien ne pouvait éteindre (… comme la machine hein, l’Eternal Machine ho ho). Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette affiche 100% française nous a mis une grosse claque à nous en fracturer les os, et de laquelle nous en ressortirons en sueur aux alentours de 23h. Ah, quelle bonne soirée, nous emporterons de bons souvenirs de cette release party.

En attendant le lien vers l’interview avec Baptiste Vigier (guitare rythmique) et Valentin Hausser (bassiste), ainsi que leur prochain passage dans les alentours, on vous propose un retour sur leur dernier passage à Paris.

 

SETLIST

  • Ignite
  • Eternal Machine
  • Wide Awake
  • Incarcerated
  • Down
  • Where The World Ends
  • Ghost
  • Parasite
  • Liberate Me Ex Infernis
  • Life Is Precious
  • Monster
  • Lost For Words
  • Unregistered
  • The Swarm

ENCORE

  • The Resilient
  • Rapture
  • The Great Desilusion

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :