Ce soir, Paris croulait sous les concerts entre 30 Seconds To Mars à Bercy ou Obituary à la Boule Noire… Mais il y avait surtout Avatar au Trianon, et c’était clairement le concert de la soirée, voir peut-être même de l’année.

Salle majestueuse et plus grande salle de leur tournée pour un groupe à l’univers forain, on ne pouvait pas demander mieux. La salle était déjà mise dans l’ambiance avec un stand de dessins et de photos de fans proche du merch, et quelques mini-jeux forains pour remporter du merch : une classique roulette et une sorte de cible à l’effigie du frontman. Le merch classique étant lui aussi disposé dans une sorte de tente de fête foraine des années 30. L’univers d’Avatar est donc poussé jusque dans les moindres détails dans le Trianon.

Allez, il est l’heure d’entrer dans la salle, dans lequel le chapiteau nous attend déjà.

Crédits photos : Yann Charles

– Old Kerry McKee : 19h20 -19h40 –

1ère partie d’Avatar, du blues typé américain joué par un suédois fort talentueux jouant de divers instruments à la fois : guitare, harmonica, grosse caisse pour le rythme et vinyles. Old Kerry allumait un vinyl pour récupérer le grain de celui-ci et l’ajouter sur ce qu’il jouait en live. Le rendu était d’une qualité irréprochable et avait en plus le mérite d’être très original. Le jeune suédois ne restera cependant que le temps de 4 chansons, soit une petite vingtaine de minutes. On aurait aimé en profiter un poil plus, pour se plonger dans cet univers américain folklorique digne de la route 66. La salle était cependant encore bien vide à ce moment là, et on a une vague idée de la raison malheureusement. Sur tous nos billets, l’horaire indiqué était de 20h. Or, les festivités ont finalement débutées à 19h20… Réjouissant les fans debout depuis la première heure pour choper le premier rang du concert puisqu’ils ont pu rentrer plus tôt, les retardataires ont du avoir une drôle de surprise en arrivant en plein milieu du set d’Hellzapoppin à 20h…

– Hellzapoppin : 19h45-20h25 –

Vous avez déjà vu cet homme dans le clip de Black Waltz.

L’avantage de ne pas avoir de set-up particulier à installer, musicalement parlant, c’est que cela peut débuter de suite. C’est donc avec quasiment aucun temps mort qu’Hellzapoppin débarque sur scène. Pourquoi est-ce que je parle d’aucun set-up musical pour un concert ? Peut-être qu’Hellzapoppin ne vous évoque rien, mais il ne s’agit aucunement d’un groupe de musique. Étonnant pour un concert d’avoir autre chose que de la musique avant de débuter. Mais pour Avatar, faire différent, c’est bien dans leurs coutumes, alors soit.

Si vous avez déjà entendu le nom d’Hellzapoppin, c’est très certainement car vous avez vu cette vidéo.

C’est donc un réel freakshow que nous a proposé ce soir Hellzapoppin, composé de Short E.Dangerously, un homme sans jambes qui a fait diverses démonstrations de force, et qui a marché sur du verre avec ses mains (voir même sauter dessus depuis une échelle). Le présentateur de ce cirque macabre, aussi fondateur d’Hellzapoppin, est Bryce Graves, le célèbre homme à la perçeuse. Accompagné d’un personnage mi-homme/mi femme en guise d’acolyte, le « frontman » nous a fait son célèbre coup du préservatif qui passe à travers le nez et la bouche… Assez déroutant et bien évidemment gore à souhait, Bryce n’a pourtant pas hésité à en rire et à lancer le préservatif dans le public après son voyage au centre des nasaux…

On a aussi pu découvrir Nik Sin, un nain imitant parfois Marilyn Manson, se faire la malle la tête à l’envers et accroché à une barre de fer. Drôle de personnage, peut être moins spectaculaire que le reste (hormis pour sa taille) mais tout aussi étrange tout de même…

Viens ensuite un homme qu’on a vu à maintes et maintes reprises, le mentor du spectacle : Ryan Stock. L’Homme est venu sur scène faire 1000 et une chose : une roulette russe sur la chanson de la danse des canards, en étant déguisé en canard, un jet de PQ dans le public en le tranchant dans une tondeuse qu’il tenait par les dents, manger des épées droites et courbées ou bien encore s’accrocher anneaux et poids sur les paupières inférieures et dans le nez, ou bien même se faire passer un crochet du nez à la bouche… Stupéfiant et vraiment inquiétant il n’en était encore rien quand on a vu l’Homme attraper une tronçonneuse et la tenir à la verticale, allumée, entre les dents. Sur coup là, j’ai avoué ne pas être très serein… Il desserrait les dents et la tronçonneuse le découpait littéralement en deux. Magie, don naturel, surhomme ou entraînement… On ne saura jamais réellement qui est Ryan Stock, mais ce que l’on sait, c’est qu’Hellzapoppin est une expérience improbable à voir au moins une fois dans sa vie. Inquiétante, effrayante, dantesque, showman. Le public, désormais archi complet dans la salle, était à la fois dégoûté, apeuré, fasciné, excité, mais surtout complètement fan de l’étonnant spectacle qui venait de s’offrir à nous.

Le freakshow sort finalement de la scène 40 minutes plus tard, et l’étendard de l’Avatar Country tombe sur le devant de la scène. Préparez-vous, notre fascinant voyage dans l’Avatar Country va débuter.

Alors que l’étendard de l’Avatar Country tombe directement à la sortie d’Hellzapoppin sur toute la scène, les 20 minutes avant le début d’Avatar vont être longues ! Entre la sortie d’Hellzapoppin et l’entrée d’Avatar, nous avons eu le droit à la radio de l’Avatar Country avec divers passages musicaux en rapport avec le roi , annonces et autres spots publicitaires sur la même thématique. La thématique du jour a donc été poussé jusqu’au moindre détail, et c’est donc dans un réel environnement que l’on se plonge, qui nous rappelle qu’Avatar, ce n’est pas qu’un simple concert, mais tout un univers. 

– Avatar 20h45 – 22h30 – 

Les lumières s’éteignent et le premier étendard tombe… Laissant place à un second étendard, avec les paroles du premier titre de la soirée « Glory To Our King », hymne au Roi, symbole du dernier album du groupe de métal suédois. Alors que le public chante déjà à coeur joie ce qu’il peut lire sur l’étendard, celui-ci va se laisser tomber pour dévoiler le set d’Avatar, comprenant une grande estrade. 

Quelques secondes plus tard, c’est le  guitariste du groupe, le « Roi » dans les chansons de ce dernier album, qui s’élève sur un siège, guitare à la main, cape dans le dos et couronne sur la tête. L’intro/solo de Legend Of The King retentit depuis cet espace surélevé ou trône fièrement Jonas Jarlsby et le public part déjà en trombe ! La précision sans fausses notes et la mélodie retentit déjà dans tous les esprits qui venaient de s’échauffer en scandant le nom du roi juste avant… Tout cela, avant même que le chanteur clown iconique d’Avatar, Johannes Eckerström surgisse… Il débarque donc au moment de son chant sur le titre provoquant une apocalypse générale dans le public !

Le frontman charismatique a un panel de voix à son actif, alternant sans accrocs les voix claires et le gros scream voir même un peu de guttural bien sale comme on l’aime. Très à l’aise avec le public, il s’y est adressé de très nombreuses fois en enchainant sur l’emblématique Let It Burn. Le show continue donc après une petite présentation et demandait au public s’il fallait le peindre … « Paint me ..BLACK ? » « noooooooo ! » « Paint me… Yellow ? » « noooooooo! » « Then, PAINT ME … RED ! », avec la chanson qui allait bien avec. Petit hommage à leur album Black Waltz de 2012, qui mit le groupe sous les feux de la rampe. 

Le concert sera entrecoupé de chansons du dernier album pour garder cette scénarisation autour de sa majesté, mais les anciens titres ne seront clairement pas en reste sur cette setlist représentative du groupe et composée de 18 titres tous plus emblématiques les uns que les autres et provenant de tous les albums. L’un des titres les plus efficaces en live ce soir là était peut être Bloody Angel, une dinguerie alternant entre passages rapides et moments calmes, propices à pogo et même à un wall of death de la largeur et de la longueur totale du Trianon ! For The Swarm a très bien enchaîné sans repos pour le public toujours aussi en transe qu’au début. 

Alors que le roi nous voulait, Johannes s’est fait plaisir en montant à l’arrière de l’estrade, derrière le batteur posé un peu plus bas et a mimé des symboles de marionnettes pour faire jouer son batteur. Il ne fallu pas plus d’un mouvement pour  comprendre l’arrivée imminente de Puppet Show.

Ce fut ensuite au tour de The Eagle Has Landed, le titre du groupe le plus écouté sur Spotify, d’arriver jusqu’à nos oreilles. Jeux de lumières et grimaces en contreplongée (mais si vous savez, comme quand on met une lampe torche sous le menton pour faire « film d’horreur » !) font fureur tout au long du concert. 

Johannes nous a d’ailleurs proposé un petit cours d’histoire vers le milieu du set en nous parlant de leur première venue en 2006 (et non pas en 2013 en première partie d’Avenged Sevenfold comme je le pensais !) en première partie de Evergrey en France.  Ils nous ont donc proposés leur première composition : War Song

Alors que l’on sentait déjà venir Smells Like a Freakshow, le groupe a eu le temps de nous sortir ses vieilleries du placard. On a donc pu écouter Reload, un autre titre plus tout jeune d’Avatar !

Le groupe sort de scène et revient en blanc pour un final sur Hail The Apocalypse, laissant le Trianon devenir un vrai cirque pour un final exceptionnel. Les lumières n’en bouvaient plus de bouger dans tous les sens, le grand « Avatar » lumineux en fond de scène scintillait lui aussi encore et toujours, avant de s’éteindre définitivement pour la soirée. Le groupe a fait un salut devant l’ovation générale et un public qui a scandé « Avatar » encore longtemps après leur rappel. 

Bref, comment résumer ce concert : une prestance scénique folle, un éclairage parfait, un son au top, une mise en scène rare (allant jusqu’à customiser le merch, ajouter un musée et des jeux forains !), des premières parties aussi top que déroutantes, une setlist du feu (on regrettera peut être Black Waltz sachant qu’Hellzapoppin qui a participé au clip étaient présent aussi sur la date, il y aurait eu matière à faire une petite collaboration cool !)

J’en ai fait des tas de concerts dans ma vie, mais des concerts comme Avatar ce soir… Rarement !

Avatar est un OVNI musical montant, et impossible à arrêter, avec des prestations toujours meilleures à chaque fois. Le groupe a rempli déjà une tournée de 5 dates en France, et n’a pas dit son dernier mot puisqu’il sera de retour au Download Festival FR. On plaint déjà le groupe qui jouera en même temps que lui sur le running order, car la foule devrait être au rendez-vous pour réitérer l’énorme fête de ce mercredi 14 mars. 

25On a hâte de les retrouver et de les voir gravir les échelons des salles aux capacités de plus en plus importantes. On vous dit au Bataclan/Olympia au plus vite, voir peut être le Zénith, qui sait ? 

En attendant, RDV au Download !

Setlist :

Glory To Our King
Legend of the King
Let It Burn
Paint Me Red
King’s Harvest
Bloody Angel
For the Swarm
The King Wants You
Puppet Show
Tower
The Eagle Has Landed
War Song
Raven Wine
Reload
Smells Like a Freakshow
A Statue of the King
The King Welcomes You To Avatar Country
Hail the Apocalypse

 

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