A peine rentré du Slamdunk Festival, il est déjà l’heure de repartir vers ce beau pays qu’est l’Angleterre. (bon le Royaume-Uni, ça va, jouez pas sur les mots non plus.) Hébergé cette fois autour du site du festival, c’est après un voyage en bus (et un retour en bus, oups!) que l’aventure reprend pour un festival bien différent du Slamdunk Festival. Ici, il n’est guère question du festival Punk le plus célèbre de la Terre, mais d’un festival bien plus récent, créé l’an dernier, le All Points East Festival. Ce festival, étalé sur 2 week-ends (celui du Slamdunk, et le suivant, où nous sommes en ce moment) propose une programmation éclectique et une ambiance plus raffinée et moins punk que le Slamdunk. On pourrait un peu l’assimiler au Rock En Seine anglais. D’ailleurs, la journée d’aujourd’hui avec BMTH avait fait un partenariat avec Rock En Seine, qui aura aussi le groupe dans son affiche. On a vu passer énormément de concours sur le net pour cette journée de concert. Peut-être que le festival a eu du mal à remplir… Pourtant, on peut vous assurer qu’en fin de journée, c’était bondé !

On a fait la même tête que le DJ de Scarlxrd en apprenant ce qui va suivre :

Première chose choquante en arrivant sur le festival, presque aussi dégueulasse que la pelouse du SlamDunk Festival en fin de journée, les invitations renferment une petite surprise. Rappelez vous, j’ai dit plus haut que beaucoup de places avaient été mises en jeu et qu’il y a eu un nombre infini de gagnants. On trouvait d’ailleurs des billets pour le concert sur Ticketswap pour 5 pounds. Dérisoire pour un tel festival ! En arrivant devant les files d’invités un gentil petit message nous indiquait que chaque invité devrait s’acquitter de 15 livres au soit disant profit de la rénovation de monuments dans Londres. Ce « don forcé » n’était mentionné absolument nul part. Je trouve cette pratique clairement déplacée. S’il avait été proposé de laisser quelque chose à ce profit pour remercier de l’invitation, je suis sûr que beaucoup de personnes aurait pu le faire, mais là c’est carrément une prise d’otage détournée. Vous avez gagné et avait donc fait le déplacement, voilà maintenant vous devez acheter votre place à 15 livres sous forme de dons. Les gens ont donc remporté des « bons de réductions » pour le festival à 15 pounds et non pas des places pour le festival.

La prochaine fois sur Error404, on organise un concours pour gagner un voyage à New York, mais si vous gagnez, vous devrez vous acquitter de la somme de 5.000€, ça vous va ?

Bref, il est l’heure de commencer le festival!

Après un petit tour au merch pour acheter une lanière du festival et un pin’s souvenir (ah… que voulez-vous, on est faibles ou on ne l’est pas !), il est temps de se diriger vers la Main Stage ! Le festival est extrêmement vide en ce début d’après-midi. Alors que Scarlxrd devait arriver vers 14h50, une personne joue déjà sur la main stage… Après quelques recherches, c’est Tillie, originalement prévue sur l’une des deux petites scènes, qui a été migrée ici, sûrement pour une question logistique. La jeune femme propose un pop-punk plutôt sympathique et sa présence sur la Main Stage aura été un joli coup de promo un peu aléatoire pour une artiste ma foi plutôt original et qu’il fût agréable à découvrir en live !

Après cette petite surprise inattendue et ayant profité du peu de monde à l’arrivée sur le festival, on a pris la décision de rester sur la première rangée de l’avancée de la scène pour être aux premières loges pour le premier headline de festival de Bring Me The Horizon qui s’annonce mémorable. Nous voici donc face à Scarlxrd, le rappeur hardcore que j’attendais un petit peu personnellement. Première partie de la tournée américaine de BMTH, Scarlxrd propose un rap/scream bien agressif qu’il sera difficile d’écouter pendant plus d’une demi-heure tellement il tape fort ! En live, l’effet est immédiat, la foule jump dans tous les sens !

 

La chose qu’on remarquera le plus durant le concert : le DJ de Scarlxrd. Jacky P de son nom de scène, le DJ se fit remarquer pour … son état… plus qu’anormal. Rarement derrière les platines, le jeune homme a passé la plupart du temps à sauter dans tous les sens et effectuer des mouvements de danse plus qu’improbable aux 4 coins de la scène. Nul doute qu’il était sous l’emprise de divers produits fort peu recommandables, ce qui en était un peu inquiétant. Par moment, on voyait même que Scarlxrd ne savait pas trop quoi faire de lui qui venait chanter à ses côtés ou l’attraper par le cou… Je ne sais pas s’il s’agit de gimmicks récurrents sur les shows du duo, mais c’était assez perturbant et dérangeant. Au final, je n’ai été que moyennement convaincu par la prestation live du groupe. Tous les titres étaient sur une piste audio enregistrée, le DJ ne faisant absolument rien en live et le chanteur chantant par dessus les bandes. Au final, si le chanteur ratait volontairement ou non certaines phrases, cela ne posait aucun soucis puisque l’enregistrement était toujours là en back-up. C’était un live finalement assez amateur malgré l’ambiance explosive dans la fosse et les rires qu’on pouvait avoir face au DJ complètement ravagé qui n’en faisait qu’à sa tête… Dommage…!

C’est ensuite l’heure à Alice Glass ce venir sur scène !

Avant cela, on en profite pour faire une petite pause aux toilettes et acheter quelques rafraîchissement face à la chaleur qui cogne toujours en Angleterre (et oui !). Contrairement au Slamdunk, l’organisation du festival est assez remarquable, aucune queue pour les toilettes ni pour les bars, tout est assez étalé et on circule relativement facilement. Pour un festival qui n’en est qu’à sa deuxième année d’existence, le Slam Dunk devrait clairement en prendre de la graine 🙁

La chanteuse de Crystal Castles, célèbre duo electro, nous revient en solo cet après-midi sur la scène du All Points East Festival. Figure forte de l’ère émo grâce à ses tenues et son style extravagant, Alice arrive sur scène sur Forgiveness et envoûte directement le public avec sa voix si particulière. Le public reste assez stoïque, mais on ne sait pas si c’est le genre qui veut cela ou si c’est car il est insensible à la musique d’Alice. Cette dernière nous jouera évidemment quelques hits de l’époque Crystal Castles également.

D’ailleurs, c’était assez simple de reconnaître les titres de Crystal Castles au milieu de ceux d’Alice Glass : les CC étaient les plus bourrins et déstructurés là où les titres d’Alice Glass étaient un peu plus soft, même si le genre reste assez similaire. On adore ou on déteste, la voix d’Alice est très particulière et c’est un fait indéniable. Son style à part sera dur à cerner et son côté mystérieux ne nous aidera pas à cerner l’ambiance à ce moment là. Alors qu’Alice arrive en fin de set, elle nous annonce jouer encore un morceau… puis dira finalement « oh no, time over, good bye » et sortira de scène d’un coup sans revenir ni rien. Un départ un peu précipité qui laissa tout le monde abasourdi. Bref, nous avons assisté à un concert clairement original, parfois un peu dérangeant, mais qui fera parti des temps forts de la journée.

S’en vient ensuite Idles. Je ne vais pas épiloguer longtemps dessus : j’ai trouvé la prestation très moyenne. Le chanteur a une voix en live qui ne tient clairement pas la route et le chant est vraiment très moyen et clairement pas impressionnant. Outre le guitariste un peu décalé qui était sur scène en caleçon et qui est allé joué dans le public, on a là un espèce de faux punk barjo. Autant vous dire que voir ça une semaine après avoir vu Anti-Flag sur un vrai festival punk, Idles paraît bien maigrichon à côté ! D’ailleurs, pour vous donner une idée, le groupe a été programmé au We Love Green festival en France, ce qui n’est pas la référence en terme de punk ou même de rock en France… Bref, je vous laisse un extrait, mais je n’ai franchement pas été convaincu par les anglais sur ce coup-là !

C’est déjà l’heure de passer à Nothing But Thieves, un groupe clairement adulé par les deux grand-mères à côté de moi au premier rang. Venant du même village que le groupe anglais, elles étaient de sang et de sueur pour les supporter ! Je ne connaissais pas vraiment le groupe, alors allons-y et laissons-nous tenter ! Après un Tillie très sympa, un Scarlxrd un peu WTF, une Alice Glass originale et envoutante et un Idles clairement décevant, Nothing But Thieves ne s’annonce que bien puisqu’il semblerait qu’il n’y ait qu’un groupe sur deux qui se défende bien !

Au final Nothing But Thieves débarque, devant une foule qui avait clairement pris de l’ampleur par rapport au reste de la journée (il est déjà 18h il faut dire, les gens commencent à sortir du boulot aussi ! Le groupe de rock britannique a clairement saisi le public du All Points East Festival et en a fait ce qu’il voulait !

La prestation pleine d’énergie était excellente. Tout le monde bougeait, sur scène et dans le public, et le jeune groupe a défendu majoritairement son dernier album Broken Machine, qui a déjà deux ans d’ailleurs ! Le groupe nous enverra pendant 45 minutes tous ses morceaux déjà devenus incontournables comme Sorry ou Particles, sans oublier le seul titre déjà annoncé de leur prochain album Forever and Ever More et les classiques du genre comme Trip Switch ou Ban All The Music. Bref, je pense que tous les fans du groupe avaient de quoi être ravis, même avec une prestation finalement assez courte !

A la fin d’Amsterdam , j’ai foncé à l’auuuuuuuuuuutre bout du festival pour jeter un oeil à l’autre scène sur laquelle avait déjà commencé le set de While She Sleeps. Noir de monde, je suis arrivé à temps pour entendre Antisocial et The Guilty Party, toujours aussi explosif. Il ne me tarde que de revoir le groupe passer en France ! Les scènes étant à plus de 10 mn d’écart, et les sets commencant d’un côté lorsqu’ils finissent de l’autre, on est donc obligés de toujours rater la fin ou le début d’un set… Dommage !

Après seulement deux chansons de While She Sleeps, me voilà de retour au premier rang, gardée soigneusement par Firefly notre photographe habituelle (mais qui n’avait pas de pass photo cette fois ci 🙁 ). Si vous voulez en savoir plus sur ce que donne WSS en live, il y a déjà pléthore de reports sur 404 !

 

Me voilà donc en place pour Run The Jewels, un groupe de rap américain ultra famous composé de El-P et Killer Mike. Si vous non plus cela ne vous parle pas, ce n’est pas grave et vous avez le droit d’être aussi peu calé en rap que moi, mais il n’empêche qu’il s’agit de deux gros noms du milieu, semblerait-il.

Bien différent de Scarlxrd, on est ici sur un vrai rap américain des familles. En fond de scène, le logo du groupe prend place sous la forme d’une main en forme de pistolet et l’autre d’un poing fermé qui se font face à face alors que We Are The Champions retentit en fond. Même s’il faut reconnaître l’efficacité du titre de Queen, celui-ci semble être utilisée par un groupe sur deux en guise d’introduction de concert aujourd’hui… Un peu d’originalité les gars, enfin ! Les structures sont gigantesques et tout le public reprend cette gestuelle, représentative du groupe. Alors que El-P, aussi connu sous le presque nom de James Corden (la ressemblance est troublante, n’est-ce pas ?)

Le groupe va énormément parler au public entre les chansons et se montrer très avenant avec ses fans. Le groupe proposera des titres de leurs deux derniers albums, Run The Jewels 2 et 3, et nous interpréteront aussi le sympathique titre jazzy Nobody Speak signé DJ Shadow, où le duo avait posé sa voix.

 

Le groupe sort de scène et on sent immédiatement que l’étau se resserre autour de nous qui sommes contre la barrière sur l’avancée… Bring Me The Horizon sont les prochains à venir sur scène. Compte tenu de la place qu’on a pu obtenir plus tôt dans la journée et de la foule gigantesque qui n’a cessé d’arriver depuis 18h, impossible de faire demi-tour. Tant pis pour Architects, on viendra vous voir au Hellfest prochainement, mais là, il serait dommage de quitter notre jolie place !

21h retentit et les lumières s’éteignent. Sur scène, on voit un espace surélevé, et des dizaines et dizaines d’écrans de taille et formes variées. En plus de l’écran géant au centre de la scène et des deux écrans latéraux qui retransmettent des images des groupes sur scène, cela promet d’être plutôt sexy. Le groupe fait son entrée sur Mantra. Oli Sykes, frontman de BMTH arrive vêtu de la veste rouge qu’il a dans le clip de Mantra, faisant directement écho à l’esthétique du clip sur scène. Parce que parfois des images parlent mieux que des mots, voici l’intro filmée par mes soins dans une qualité relativement correcte, enjoy !

Explosions de confettis, images épileptiques… On ressent l’émotion ce soir lorsqu’Oli prend la parole auprès de son public. Il s’agit du premier concert de 2h du groupe, et le premier en tête d’affiche d’un festival majeur. L’émotion est donc palpable et le groupe va jouer un concert ultime pour tous les fans de Bring Me The Horizon, qu’ils soient venus des premiers albums deathcore ou bien de la nouvelle ère That’s The Spirit. C’est sur Avalanche que poursuivra le set du groupe pour conserver avant de retourner à quelque chose d’un peu plus obscur avec The House Of Wolves. Le public chante en coeur et bouge dans tous les sens, j’ai rarement vu une telle ambiance, tout le monde est en symbiose et ne s’arrête pas un instant. Les gens hurlent et scream à tue tête, ce qui semble faire beaucoup rire Oli. Le frontman viendra calmer le jeu avec des morceaux du dernier album « amo » Medecine et wonderful life, qui sera l’occasion d’amener le premier guest de la soirée, Dani Filth, chanteur de Cradle Of Filth, un groupe qui n’avait clairement pas sa place sur ce genre de festival mais qui a su montrer qu’il était possible de faire autre chose que son genre de prédilection (et ça, ce n’est pas Bring Me The Horizon qui va nous prouver le contraire…)

D’ailleurs, en parlant de genre de prédilection, il est aussi parfois intéressant de revenir aux sources, et c’est sans plus attendre qu’on aura le droit au premier morceau deathcore de la soirée : Diamonds Aren’t Forever. Si nous avions eu le droit au Zénith à un medley de ces titres, c’est dans leur intégralité que nous les redécouvrons ce soir. Cela fait plaisir de voir qu’il est tout à fait possible de concilier des morceaux bien hardcore et des choses bien plus rock/electro.

Le festival avait apparemment du mal à remplir, BMTH a mis le paquet niveau com sur les réseaux sociaux, jusqu’à inviter ses fans à écrire ensemble la setlist idéale.

Après tant de violence dans la gorge, il était temps de se rafraichir avec un petit sugar honey ice & tea ma préférée de ce dernier album et remettre un peu de bon humeur sur scène avec Happy, la chanson qui fit connaître le groupe à plus grande échelle que le petit cercle du metal dont nous faisons parti. Après ces chansons, jouées toujours avec autant d’énergie de la part du groupe (mais surtout d’Oli qui vole clairement la vedette à tout le reste du groupe, comme à son habitude), c’est un moment historique auquel nous assistions ! Si vous avez tout suivi jusqu’ici, vous avez du remarquer la présence du groupe Architects sur le festival. Sam Carter, frontman du groupe avait prêté sa voix sur une vieille chanson de Bring Me The Horizon, pas jouée en live depuis bien longtemps : The Sadness Will Sorrow. Sam Carter rejoint donc Oli Sykes pour interpréter ce titre death comme à l’époque, on ouvre les pits dans la fosse et c’est un sacré bazar ! Au vu du titre de la chanson, c’est en toute logique qu’on enchaînera sur quelque chose d’émouvant : une version acoustique et clairement inattendue aussi de Sleepwalking. La variété de ce que l’on peut entendre durant ce show est vraiment incroyable, on passe de l’acoustique au deathcore et à l’electro en un rien de temps. Pour moi, c’est à ça que l’on reconnaît de vrais artistes et un vrai live : la possibilité de proposer de nombreuses choses différentes faisant du live quelque chose de complet. En y repensant aujourd’hui, je ne vois pas ce qu’il manquait au show (on pourrait toujours dire plus de chansons mais bon, ce serait tricher) puisqu’il n’y avait rien à redire sur aucun point !

Le show suivra son cours alternant toujours entre les styles et les albums. On aura le droit à l’orchestre Chair Noir sur le titre It Never Ends. Plusieurs violons arriveront en fond de scène pour interpréter ce titre comme il se doit, et comme il avait été fait lors du concert mythique orchestral du groupe au Royal Albert Hall. Le titre est sublime et la présence de violons donne un vrai cachet au titre, après 1h30 de show qui retentit déjà comme un concert qui restera gravé à jamais dans nos mémoires. Cela étant dit, 1h30, on nous a promis 2h… C’est que nous n’en avons pas encore terminé ! Le groupe terminera le concert sur mother tongue, en dédicace à Alissa Salls, la femme du chanteur et enfin Antivist, accompagné de James McLee, chanteur de Lotus Eater, le groupe en ouverture de la seconde scène du festival pour pousser le scream encore un peu plus loin.

Il y avait 4 scènes en réalité sur le festival mais les deux autres étaient composés de groupes locaux. Les scènes étaient côte à côte et situées entre les deux scènes… Impossible de les manquer en passant d’une scène principale à l’autre.

Oli Sykes ne cesse de remercier le public d’être venu si nombreux pour cette date historique dans l’histoire du groupe et terminera sur Follow YouThrone et Drown. Le public en a les larmes aux yeux et n’en peut plus. Sur le rappel, le chanteur est venu dans l’avancée chanter au dessus des gens (c’est à dire au dessus de moi, littéralement puisqu’on était au premier rang au centre…), un peu de compression de la part des fans hardcore voulant le toucher et un volume sonore complètement fou tant tout le monde chantait à tue tête les derniers hits de la soirée.

Petite aftermovie du concert de Bring Me The Horizon :

Les deux heures sont passées à une vitesse folle, enterrant le concert du Zénith d’une force sans précédent et plaçant la barre à un tout autre niveau, moyennant des moyens techniques délirants sur scène, un set grandement amélioré (et avec la présence du nouvel album bien évidemment), des guests de folie durant toute la soirée et une mise en scène irréprochable. C’est pour ce genre de concert que le rock vaut le coup d’être vécu. On a déjà hâte de revoir BMTH en headliner de n’importe quel autre festival. (Download Festival 2020 ?)

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