Depuis quelques années, nous l’avons compris, Disney ne cesse de « refaire » la plupart de ses classiques en films live. Attendez, « films live »… que cela signifie-t-il ? Que les films de notre enfance, que nous connaissons surtout sous leur forme « animée » 2D ou 3D sont peu à peu réinterprétés en live donc avec de vrais acteurs, de vrais animaux, de vrais décors… Bref sont censés se dérouler dans le « vrai ». Pour autant… Ceci n’est pas totalement exact, d’autant que le plupart des films live Disney, sortis jusqu’à présent, n’ont en réalité employé que très peu de « vrais acteurs » (hormis bien sûr pour interpréter les voix des différents personnages comme Beyonce, oui oui).

Regarde Simba, tout ce qui baigne dans la lumière pourra un jour être bouffé

Le parfait exemple peut être le récent Roi Lion sorti cette année, présentant la savane africaine et les animaux qui y évoluent… qu’à travers des images numériques. Et oui aucun plan de parcs naturels, si ce n’est le tout premier filmant le plus célèbre lever de soleil de tous les temps. Même si les créatures sont particulièrement bien reproduites, il ne s’agit en réalité que d’animaux « virtuels », photoréalistes. La question que nous pouvons nous poser : est-ce que cette nouvelle forme cinématographique apporte-t-elle réellement quelque chose ? Hum oui et non… Pour le cas du roi lion il s’agit surtout d’un pâle « copier-coller » de l’original souffrant de son réalisme exacerbé. Et qui finit malheureusement par ne présenter aucune émotion ni même expression au visage de ses personnages. Gênant, n’est-il pas ? Si le spectacle peut éblouir les cinq premières minutes les fans de la première heure, le principe même s’essouffle, d’autant que le nouveau Roi Lion souffre cruellement de son rythme, rythme pourtant parfaitement maîtrisé dans celui de 1994. (Oui 25 ans, je sais cela ne nous rajeunit pas). Néanmoins, cela ne veut pas forcément dire qu’il s’agit d’un mauvais film, juste que celui-ci n’apporte rien de nouveau et se contente simplement de faire comme son prédécesseur… en moins bien. D’autant qu’il plus que difficile de dépasser un film d’ores et déjà reconnu comme l’un des plus grands chefs d’œuvres de la firme. Pour autant, Disney n’en était pas à son premier coup d’essai, puisque oui rappelez-vous en 1994, et 1996 et 2000 étaient respectivement sortis La Livre de la Jungle, Les 101 Dalmatiens et Les 102 Dalmatiens. Alors, certes, nous étions encore loin de la prouesse technique qu’allaient devenir Le Roi Lion de 2019 voire même du Livre de la Jungle mais au moins avaient-ils le mérite de réinventer leur histoire.

Quand les seules soldes de manteaux en peau de dalmatien sont à -5%

Et oui, ces films avaient tous un point commun celui de proposer une nouvelle vision du scénario et des personnages, propre aux différents réalisateurs. Et on ne va pas se le cacher, Glenn Close était tout simplement LA meilleure Cruella de l’univers (oui nous sommes larges à Error404). Tenez, rien que d’en parler cela me donne envie de le revoir. (Par ailleurs l’équipe 404 approuve et vous conseille de découvrir les 101 dalmatiens de 1996 si vous ne le connaissez pas encore). Le premier film live de Disney à avoir si je puis dire, tout chambouler demeure le film de Tim Burton, Alice au Pays des merveilles sorti en 2010. Cette fameuse décennie 2010 marque avec lui la recrudescence des films live et des réinterprétations en tout genre. Alors certes, Alice au pays des merveilles (2010) n’était peut-être pas un chef d’œuvre mais tout comme Les 101 Dalmatiens avant lui, il proposait une nouvelle formule, voire même une « nouvelle » Alice, plus féministe et plus sûre d’elle que la petite fille que nous connaissons. Vint alors toute une floppée de films nous permettant de « redécouvrir » des personnages cultes, notamment Maléfique (2014) de Robert Stromberg ou encore Cendrillon (2015) de Kenneth Branagh. Jusqu’alors il s’agissait surtout de présenter sous un autre angle des icônes Disney, dans une forme d’univers « parallèle » à l’œuvre originale. Bon ce n’était pas toujours une franche réussite, mais au moins le public ne pouvait deviner ce qui l’attendait en allant au cinéma.

Bagheera tu sembles si heureux ! Ou si triste ! Ou si… Non Bagheera ne me mange pas !

Puis vint Le Livre de la Jungle de 2016… Attention un film live avec UN seul acteur. (Cela aurait pu être pire, Mowgli aussi aurait pu être en images de synthèse). Cependant, étant le seul acteur du film, Neel Sethi (l’interprête de Mowgli donc) se retrouve plongé dans une jungle inexistante, à caresser des animaux inexistants, dans une imitation bien palichonne du Disney originel. Et… cela se ressent. Ce Mowgli est… perdu. On ne ressent rien, les chansons (parce que oui la compagnie Disney a compris qu’il était important de garder les chansons, sinon cela ne fait pas rire les moins de 3 ans, voire les moins de 6 mois) sont vides, ennuyantes voire à la limite du passable. La pire interprétation étant clairement celle du nouveau roi Louis. Le peps, le rythme, le tempo jazzy et passionné, tout ça, a littéralement disparu comme l’espèce Gigantopithèque (orang-outan géant désormais éteint) représenté par ce nouveau roi singe. À contrario l’excellent Mowgli d’Andy Serkis, que vous pouvez voir sur Netflix, présente une épopée bien plus sombre, plus cruelle, avec de VRAIS acteurs grâce à la technique de la motion-capture. Les comédiens interprètent chacun un personnage différent, offrant ainsi (oh surprise) des émotions et des expressions à ceux-ci. Alors certes Baloo et Bagheera ont des têtes un poil « étranges », aux côtés de vrais animaux, pour autant c’est le projet même d’un film : donner des émotions. Si le réalisme est un but en soi, alors pourquoi ne pas filmer des animaux vivants et leur offrir des comportements d’animaux ? D’autant que cela existait déjà en 1994 à la sortie du très bon L’incroyable voyage, avec des acteurs chiens et chats. Alors, certes, cela induit de changer totalement le scénario, mais il est important de faire des choix. D’autant que les partis pris artistiques peuvent y répondre. Des lions réalistes ? Très bien, dans ce cas changez l’histoire et faites un roi lion plus sombre, plus violent. Parce que oui la société des lions sauvages n’est pas aussi tendre que le monde de Mufasa (voire même de Scar lui-même). En revanche si vous souhaitez reprendre un style plus « cartoon » pour coller à la personnalité et aux expressions des personnages originaux, faites-le ! Car tenter de produire un film réaliste sur une base cartoon ne fonctionne pas… Ce qui est malheureusement le cas pour le Livre de la Jungle et le Roi Lion.

Il a géchan Gollum

Et c’est un peu le même problème que l’on retrouve pour La Belle et la Bête (2017) et Aladdin (2019) qui ne font finalement que très peu évoluer l’histoire originale, la rendant ainsi oubliables bien qu’appréciables. Tim Burton a cependant renouvelé son concept avec Dumbo, grâce à une aventure un peu plus « fraîche », et une morale un poil plus écolo que le Dumbo original (parce qu’il faut bien le dire, le premier de 1941 niveau maltraitance animale c’était tout de même un peu couci-couça). Mais surtout, à la différence de tous les autres Disney précédemment cités, Dumbo fait partie de ces vieux Disney ayant un réel intérêt à avoir un remake, celui-ci datant 1941. Les visions artistiques ont évolué, ainsi que les techniques numériques, mais aussi et surtout les sensibilités et les mentalités. Aujourd’hui il n’est plus concevable d’attacher des éléphants pour faire des pirouettes dangereuses et douloureuses pour eux, alors même que ceux-ci sont en voie de disparition dans la nature. Le public y est par ailleurs de plus en plus sensible, c’est pourquoi ce film propose une alternative. Disney étant tout de même ce qu’elle, autrement dit une multinationale et non pas une ONG, celle-ci ne risque pas de s’arrêter de sitôt. Si ces films fonctionnent, autant en faire, en refaire, en re-refaire, encore et toujours.

Pour autant, il ne faut pas nécessairement percevoir cette constatation comme une nouvelle chute artistique de la part de Disney, comme cela s’était produit dans les années 2000. Seulement une manière de valoriser son marketing. Pour le moment, Disney n’a pas encore perdu de sa grandeur, même s’il sera bientôt plus que nécessaire aux différents studios de créer de nouveaux univers, s’ils ne veulent pas devenir leur propre caricature. D’autant que les prochains films live peuvent très bien apprendre de leurs prédécesseurs et créer des histoires originales :

Une petite liste non exhaustive de ce qui nous attend (vous pouvez être à la fois effrayé.e et/ou satisfait.e, nous vous laissons faire votre choix propre) :

Mulan (2019)

Cruella (2020)

La Petite sirène (2021)

Le Bossu de Notre Dame

Pinnochio

Blanche Neige et les sept nains

(Et oui, si je n’ai pas encore mis les dates pour certains, c’est tout simplement que nous les connaissons pas encore).

« Et quand il aura ses défenses… on le tuera ! » « Non gars, on ne peut plus dire ça… on est en 2019 »

Et vous, que pensez-vous de cette floppée de films live Disney ?

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