Chapitre 107 : Je n’ai Pas Peur

 

« Origa-san, tu as fini par épouser cet homme… » (Hela)

S’exclama Hela, membre du personnel de la guilde de la capitale d’Orsongrande, en plaçant son coude sur le comptoir.

Elle faisait ce travail depuis plus de 20 ans, et se rappelait d’Origa. Elle se rappelait du fait qu’Origa était devenue une esclave, et de ce jeune homme, n’hésitant pas à massacrer des aventuriers juste devant ses yeux. Cette Origa avait épousé ce jeune homme, qui était maintenant un Comte.

« Même Kasha-san… » (Hela)

Elle savait qu’elle et Origa avaient toujours chassées des monstres ensembles, au point de servir le même maitre après être devenues des esclaves.

Je me demande ce que cela fait, de perdre un compagnon que l’on connait si bien, pensa-t-elle en en enroulant autour de son doigt l’une de ses mèches rousses.

Hela avait entendu dire que Kasha avait perdu la vie au cours du combat contre Vichy.

Je la pensais suffisamment forte, mais il semblerait que même elle puisse être engloutie par la folie du champ de bataille.

Je me demande ce que peut ressentir Origa, en tant que meilleure amie ?

« Peu importe. Je peux bien me poser la question, ça ne changera rien. » (Hela)

En tant que membre du personnel de la guilde des aventuriers, elle avait vu de nombreux aventuriers perdre leur vie suite à une erreur de jugement ou une situation compliquée.

Ce qui compte, c’est qu’ils reviennent, même sous forme de cadavre. Trop d’aventuriers sont considérés comme morts après avoir disparus, ou se font dévorer par des monstres.

Des personnes proches d’elle, des personnes qu’elle connaissait peu, des personnes qui partaient ou erraient simplement, Hela avait rencontré tous types d’aventuriers. Avec le temps, elle avait oublié la plupart de leurs visages.

« Bien, aujourd’hui j’ai du temps libre. » (Hela)

Puisque la capitale était densément peuplée, il était logique de penser qu’une grande partie des habitants étaient des aventuriers, mais ce n’était étonnamment pas le cas.

Puisqu’il y avait peu de monstres dans la banlieue où vivait la majorité de la population, ces zones étaient très peu profitables pour les aventuriers.

La majorité d’entre eux étaient donc des habitants des campagnes attirés par les grandes villes, des vétérans rassemblant des équipement et outils coûteux pour partir à l’aventure, et des personnes souhaitant s’assurer un certain mode de vie confortable.

L’information sur la transformation récente des monstres voyageait, mais l’incident n’avait pas encore atteint la capitale.

« Ara, cela m’arrange que tu sois libre actuellement. » (Origa)

« Ue !? O-Origa-sa… sama !? » (Hela)

La personne qu’elle avait à l’esprit venait de s’adresser à elle, alors qu’elle commençait à somnoler. La robe qu’elle portait semblait prudemment cousue en utilisant un tissu de grande qualité, ce qui donnait au vêtement une apparence noble.

Avec un sourire n’annonçant rien qui vaille, Origa salua Hela.

« Cela fait longtemps. Je suis soulagée de voir que tu n’as pas changée. D’ailleurs, pas besoin d’attacher ‘-sama’ à mon nom. Je ne suis pas une noble. » (Origa)

« M-Merci. » (Hela)

Même si elle disait cela, il était logique de traiter comme telle une femme épousant un noble. Étant donné que même les concubines devaient être traitées avec politesse, Hela ne pouvait pas vraiment s’adresser à elle comme elle s’adresserait à une amie.

Et même sans un tel statut, Origa visitait régulièrement le palais royal et y restait même parfois quelques jours. Ces informations, selon lesquelles elle serait proche de la Reine Imeraria, étaient connues des habitants de la capitale.

Puisqu’elle était la femme du héros ainsi qu’une connaissance de la reine, Hela n’avait d’autre choix que de la considérer comme une personne importante. Ses compétences et son autorité lui suffisaient de soutien.

« Ah, bien, Origa….-san, quel genre d’aide puis-je t’apporter ? » (Hela)

J’espère que tu n’es pas ici pour jouer les aventurières. Cette phrase faillit échapper à Hela, mais elle parvint à se retenir.

« J’ai besoin de rassembler des informations. Tu es au courant pour les transformations des monstres, et leur férocité grandissante, n’est-ce pas ? » (Origa)

« Ah, c’est donc ça ? » (Hela)

Après avoir pris des documents empilés non loin, Hela les dissémina sur le comptoir.

Il s’agissait de rapports de différents types, inscrits sur parchemins. Ces documents étaient apparemment destinés aux membres du personnel.

« Je n’en ai pas beaucoup entendu parler autour de la capitale. Et les quelques témoignages existants proviennent d’observations occasionnelles d’aventuriers en expédition. Ce n’est donc actuellement pas un problème majeur par ici. » (Hela)

« Vraiment… ? » (Origa)

Répondit Origa d’un air sérieux, tout en examinant un à un les documents.

« Quelque chose te dérange ? » (Hela)

« Quelqu’un aurait pu orchestrer les transformations de monstres en secret. C’est une rumeur dont j’ai appris l’existence. » (Origa)

« Impossible. » (Hela)

S’exclama Hela en riant.

Les monstres formaient des groupes de la même façon que les animaux sauvages, et ce comportement n’avait rien à voir avec une forme de contrôle. Même les membres du personnel de la guilde, qui étaient quotidiennement impliqués dans ces histoires de monstres, savaient cela.

« Ce n’est peut-être pas si drôle que ça. Par exemple, comment expliquer cette situation ? » (Origa)

Sortant une feuille de la pile de documents, Origa la montra à Hela.

« Eh… » (Hela)

Il y était écrit : « En route vers Vichy depuis la capitale, un groupe d’aventuriers a été attaqué par un monstre à forme humaine. Deux aventuriers sont morts. Les survivants ont été forcés à prendre leur retraite. »

Hela avait déjà vu ce document, et l’avait placé parmi la pile de rapports similaires ?

« S’agit-il de démons ou de nouveaux types de monstres ? Dans tous les cas, la guilde des aventuriers ne peut pas considérer leur élimination comme une élimination normale. » (Origa)

« Assurez-vous d’y prêter attention, et contactez le château si quoi que ce soit d’anormal arrive. », Origa demanda à Hela de faire passer le message auprès des autres membres du personnel de la guilde.

« …Origa-san, serais-tu au courant de quelque chose ? » (Hela)

« Je n’ai pas encore compris tous les détails, mais tout ira bien. » (Origa)

A la question que venait de lui poser Hela qui commençait à avoir des sueurs froides, Origa sourit.

« Il y a un héros en ce monde après tout. » (Origa)

 

Tandis que les démons continuaient à attaquer et se défendre contre les monstres, ils avaient construit une ville entourée d’un robuste mur. Tout en perfectionnant leurs techniques de combat, leur magie et leurs compétences particulières, ils rêvaient du jour où ils pourraient quitter ce petit monde.

Ainsi, ils avaient accordé au fil du temps une grande importance à l’unité entre démons, et construit un système monarchique stable. De plus, les combats contre les monstres leurs servaient d’entrainement afin de préparer leur vengeance contre les elfes au-delà de la barrière.

A l’origine, les démons étaient hostiles envers les humains et les homme-bêtes, mais après avoir été emprisonnés dans la barrière pendant de nombreuses années, et après un changement de générations, leur hostilité contre les humains et les homme-bêtes s’était effacée. Elle s’était effacée pour se tourner vers les elfes.

L’espace cylindrique créé par la barrière était assez large pour assurer aux démons des zones de chasse et de cueillette.  De nombreux monstres étaient aussi présents, des monstres que les démons n’hésitaient pas à capturer et manger. Ainsi, le problème ne résidait pas dans la survie.

C’était l’existence même de cette barrière qui créait une ombre sur le cœur des démons.

« Voici donc la situation actuelle concernant la race des démons. » (Phegor)

« Je vois, et j’ai bien compris. Merci. » (Hifumi)

Sur le chemin, Hifumi, comprenant jusqu’à un certain degré la situation des démons grâce aux explications de Phegor, remercia honnêtement ce dernier.

Au départ, Phegor n’était pas rassuré par l’idée de dévoiler la détresse actuelle des démons. Cependant, Hifumi accepta facilement cette histoire, sans faire preuve du moindre mépris ou de la moindre prudence à l’égard des démons.

Autant qu’il connaisse au moins notre situation globale, avait-il jugé.

« Tu es puissant. Tu es capable d’avoir un regard encore plus dangereux que celui d’un monstre féroce, mais tu es aussi capable de remercier quelqu’un sans hésitation. Je me demande bien ce qui peut parcourir ton esprit. » (Vepar)

« Je n’ai rien d’étrange. Et ne me regarde pas aussi intensément. Ça me donne la nausée. »

« Wow, quel langue acérée. » (Vepar)

Phegor réprimanda Vepar, qui marchait tout en riant à pleine gorge.

« Nous sommes arrivés au château. Certains démons t’idolâtrent, alors tu ferais mieux d’être un peu plus consciente de ton image. » (Phegor)

« C’est ridicule. Ils sont attirés par mon apparence, mais ça ne fait que me déranger. Malgré leurs apparents actes de gentillesse et de modestie, je ce compte par les considérer comme mes amis. » (Vepar)

« Comme d’habitude, tu as toujours un mot à dire… » (Phegor)

Tous trois atteignirent rapidement un château blanc. Il s’agissait d’un bâtiment fabriqué entièrement à partir d’une roche blanche, chaude et solide.

Ce château était bien plus petit que le château royal d’Orsongrande. Il avait lui aussi quatre étages ainsi qu’une apparence raffinée, et jurait avec l’idée que c’était fait Hifumi d’un château de démons.

« Nous n’aimons pas exagérer les choses. Ce château est suffisamment beau à mes yeux. » (Phegor)

Expliqua fièrement Phegor, tandis que baillait Vepar.

« De toute façon, même si nous voulions être plus pompeux, nous n’aurions pas assez de matériaux et d’espace. Bien, suivez-moi humain-san. » (Phegor)

Vepar tenta nonchalamment d’attraper la main d’Hifumi, mais celui-ci parvient à l’éviter agilement avant de se diriger de son propre accord vers les portes du château.

« Si nous devons discuter, alors dépêchons-nous. J’ai faim. » (Hifumi)

« Mmh, dommage. » (Vepar)

Ignorant Vepar qui secouait le poing d’un air frustré, Phegor suivit Hifumi.

« Dans ce cas, laissez-moi vous inviter à manger une fois notre discussion avec le roi terminée. Je pourrais vous faire découvrir la cuisine du château. Venez- suivez-moi. » (Phegor)

Être l’aide du roi semble offrir un haut rang. Malgré la présence d’Hifumi, un humain, les gardes en voyant Phegor ouvrirent les lourdes portes sans le moindre mot.

Une fois les portes traversées, un chemin pavé de pierres semblait s’étendre au loin. Celui-ci continuait jusqu’à l’entrée grande ouverte du château.

Plusieurs démons habillés en soldats patrouillaient aux alentours. En voyant Phegor, chacun s’arrêtait pour le saluer.

« Je ne suis pas venu au château depuis longtemps. » (Vepar)

Murmura Vepar après les avoir rattrapés.

De nombreux bâtiments militaires étaient présents en ville afin de pouvoir répondre directement à toute invasion extérieure, c’est-à-dire à toute attaque de monstres. Ainsi, elle n’avait habituellement aucune raison de se rendre au château.

Phegor, accompagné de Vepar qui délivrait à Hifumi bon nombre d’informations inutiles, monta les escaliers sans la moindre hésitation, jusqu’à amener Hifumi dans une pièce.

« Pourriez-vous attendre ici ? Je reviendrais après avoir parlé au roi. » (Phegor)

« Très bien. J’espère qu’il y a quelque chose à manger en attendant. » (Hifumi)

Laissant par mégarde échapper un petit rire, Phegor promit de faire venir un léger repas et quitta la pièce.

« Et donc, pourquoi es-tu encore ici ? Tu dois sûrement avoir quelque chose d’autre à faire. » (Hifumi)

« Ara, ne serait-il pas impoli de laisser seul un invité ? » (Vepar)

Lorsqu’Hifumi s’assit dans le canapé présent dans la pièce, Vepar se plaça juste à côté de lui, sans laisser le moindre écart entre eux, puis sourit.

« Maintenant que j’y pense, cette pièce comprend une cuisine dans laquelle peuvent être préparées des boissons simples. » (Vepar)

Après avoir dit cela, Vepar partit préparer une boisson à l’arôme similaire au café, avant de la placer devant Hifumi. Une tasse dans chaque main, elle s’assit à nouveau à côté d’Hifumi.

« Tiens. » (Vepar)

Hifumi prit la tasse en bois. Lorsqu’il sentit l’odeur de la fumée chaude s’échappant du breuvage, il y détecta une odeur mélangeant celle du café et du bois sec. L’étrange mélange lui chatouillait les narines.

« Je me demande si les humains sont habitués à en boire. C’est une boisson créée à partir d’un arbre aromatique poussant dans les environs. Elle nécessite de verser de l’eau chaude sur le bois après que celui-ci ait été carbonisé. Même si certaines personnes n’aiment pas cette boisson, j’adore son arôme relaxant. » (Vepar)

Pendant que Vepar discutait, Hifumi but une gorgée.

Le goût était celui du café, mais l’arôme particulier donnait à la boisson l’impression d’être complètement différente.

« Tu es vraiment un individu inhabituel. » (Vepar)

Vepar, ayant elle aussi but une gorgée, reposa sa tasse et se mit à rire.

« Normalement, n’importe qui serait prudent et éviterait de boire un liquide inconnu. Pourtant, tu n’as pas hésité une seule seconde à le boire… » (Vepar)

Les yeux de Vepar se dirigèrent vers l’infime espace la séparant d’Hifumi.

Elle vit tout à coup qu’Hifumi tenait fermement le suntetsu dans sa main droite. Son extrémité acérée et pointue était dirigée vers Vepar.

« Comptes-tu m’attaquer avec cette petite arme en cas d’action suspecte de ma part ? Et bien, je ne sais pas si tu es simplement prudent ou si au contraire tu me fais un peu trop confiance. » (Vepar)

« Tu te trompes. » (Hifumi)

« Eh ? » (Vepar)

Hifumi avala une nouvelle gorgée, avant de laisser s’échapper l’air chaud de sa bouche.

« Je ne t’attaquerais pas. Je te tuerais. » (Hifumi)

Le regard d’Hifumi rencontra celui de Vepar.

« Je ne compte pas être prudent envers chaque nourriture ou boisson que je consomme. Ce serait bien trop dérangeant. De plus, je suis généralement capable de détecter lorsque l’on me souhaite du mal. Et si par chance je tombe dans un tel piège et je me fais empoisonner, cela veut simplement dire qu’il s’agissait de ma limite. » (Hifumi)

« Et donc, qu’est-ce que cela veut dire ? » (Vepar)

Pointant du doigt le suntetsu, Vepar pencha la tête sur le côté.

« Je suppose que si tu m’es hostile, j’aimerais te tuer sans échec ? Je n’ai pas pour passion de tourmenter les autres. Si pendant un instant tu considères l’idée de m’attaquer, je prendrais un grand plaisir à te tuer. Je n’y épargnerais aucun effort. Je crains plus de ne pas pouvoir tuer un ennemi que de mourir. » (Hifumi)

« Même si tu m’empoisonnes, j’aimerais pouvoir savourer la satisfaction de t’avoir tué et de m’être ainsi vengé. », continua Hifumi en terminant sa tasse.

Vepar croisa les bras de façon à s’enlacer et plongea son dos dans l’arrière du canapé. Et, secouant les pieds comme un enfant, elle se mit à jubiler.

« Tu parles de tuer quelqu’un d’autre sans la moindre hésitation s’il s’agit d’un ennemi ! Même si je suis celle qui dit ça, je comprends les charmes de ma propre apparence. Serais-tu capable de tuer une aussi belle jeune femme que moi, je me le demande ? » (Vepar)

« Peu m’importe. » (Hifumi)

En entendant ces mots, Vepar comprit qu’Hifumi avait déjà tué une jeune femme par le passé.

« Tu es incroyable ! J’ai absolument envie de voir ton apparence lorsque tu combats quelqu’un. » (Vepar)

Hifumi remarqua tout de suite qu’elle avait utilisé le terme de ‘quelqu’un’, et non de monstre, mais il préféra ne pas lui poser de questions.

A cet instant, Phegor revint.

« Merci d’avoir attendu. Le roi dans sa grande générosité nous a accordé un peu de son temps. Vous pouvez donc venir, mais… Vepar, pourquoi souris-tu ainsi ? » (Phegor)

« Pour rien du tout. Ceci dit, je vais rester avec lui un peu plus longtemps. Puisqu’il s’agit de sa première venue en ville, il a besoin que quelqu’un lui fasse visiter. » (Vepar)

« Cela m’épargnerait l’effort. » (Phegor)

« Oui, laisse-moi faire ! » (Vepar)

Phegor était inquiété par le rapprochement suspect de Vepar et d’Hifumi, mais puisqu’Hifumi ne semblait pas particulièrement contre, il décida de la laisser faire.

Puis, avançant dans les couloirs du château dans les pas de Phegor, tous les trois traversèrent une immense porte qui les mena dans un large hall.

Dans ce hall était présent un garçon, debout les bras écartés devant un trône.

« Bienvenue, humain ! Mon nom est Agathion. Je suis le roi qui dirige cette ville de démons. » (Agathion)

Agathion descendit rapidement les cinq marches le séparant de son invité et, un large sourire sur son visage gris, il arriva sans la moindre hésitation devant Hifumi.

Plusieurs personnes à l’apparence de soldats étaient présentes dans la pièce, mais aucune n’essaya de l’arrêter.

« Phegor m’a prévenu. Je ne m’attendais pas à ce qu’un humain traverse la barrière et atterrisse dans cette ville ! Nous vivons certainement une rencontre qui restera dans les annales de l’histoire des démons. C’est pour cette histoire qui s’écrit que je t’accueillie parmi nous ! » (Agathion)

« Est-ce une bonne idée de ne pas avoir la moindre vigilance envers moi ? Je n’ai pas encore décidé de coopérer avec vous. Je pourrais même devenir votre ennemi. » (Hifumi)

« Cela me va. » (Agathion)

Le visage d’Agathion s’assombrit, et il baissa les yeux.

« Tu peux être notre allié ou notre ennemi. Peu importe ton choix, il apportera le ‘changement’ que je désire. » (Agathion)

Face à ce développement inattendu, les coins de la bouche d’Hifumi se soulevèrent, et il observa avec grand intérêt Agathion.

 

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