Bonjour/Bonsoir ! Je ne vais pas parler mode mais juste d’un chemisier. Le chemisier plus précisément de Bastien Vivès. Un oeuvre de plus de 200 pages, conséquente qui part d’un simple vêtement pour évoquer beaucoup de choses.

Petit disclamer : je ne parlerais pas de la polémique autour de l’auteur qui est paru ces dernières semaines. De temps à autre il faut pouvoir faire la part des choses entre l’auteur et son oeuvre. 

Le chemisier raconte l’histoire de Séverine. Une jeune femme étudiante en lettres classiques à la Sorbonne. Elle vit avec son petit ami, à fond dans les jeux, séries,… Séverine mène une existence très tranquille, banale on pourrait dire.
Babysitter chez une famille qui connaît bien ses parents, un soir la petite qu’elle garde vomit et tâche le haut que Séverine portait. Le père lui propose alors de lui prêter un des chemisiers de sa femme :  Le chemisier entre en scène. Pourtant il est blanc, bien coupé certes et dans un matériau plus qualitatif qu’à H&M mais il va faire toute la différence.

A partir de ce moment-là Séverine se sent différente, plus sûre d’elle, elle attire plus les regards ; comme si ce simple bout de tissu était magique.

C’est alors au lecteur de se demander, d’analyser la situation : vrai pouvoir ou prise de conscience de son potentiel ? Le vêtement féminin n’est-il pas une hyper sexualisation du corps de la femme ? Faudrait-il s’habiller en « adulte » pour se voir considérer et pouvoir agir comme telle ?

Le comportement masculin. A la seconde où Séverine porte ce chemisier les hommes la séduise, la désire. Le désir ne serait alimenté que par l’apparence visuelle avant toute chose ? Sois-belle et tais-toi serait donc toujours d’actualité en 2018 ?

Aussi chaque homme tente de la retenir, de vouloir se l’accaparer. La femme sexy ne pourrait pas être libre ? Elle doit être sous la domination d’un homme ?

Mais toutes ses questions et hypothèses qui ne sont que des réflexions suite à ma lecture sont basées sur le chemisier qui devient une obsession : sali, déchiré, importable mais pourtant porté à tout prix. Le regard des autres nous est-il vraiment aussi important pour nous sentir bien ? L’industrie du textile dirige-t-elle vraiment notre bien-être ?

Suis-je allée trop loin dans mon interprétation ? C’est possible. En tant que femme qui se bat tous les jours pour me sentir bien et ne pas tenir compte du regard des autres voir tout le bonheur d’une femme reposer sur un morceau de tissu m’intrigue et m’exaspère.

Au-delà de mes révoltes suite à cette lecture cette oeuvre tout en gris et blanc force le respect dans sa découpe qui se rapproche du cinéma. Ecrire une BD aussi actuelle autour du thème de la femme n’est jamais chose facile sans faire pleins de clichés ici évités. On a même un bout de violence moderne qui rappellera un certain 13 novembre. Le tout est accompagné d’un dessins simple, sans trop de détails qui permet au lect-eur-trice de s’identifier ou d’y mettre les couleurs et détails voulus.

Une pensée sur “Le chemisier

  • 11 novembre 2018 à 21 h 06 min
    Permalink

    Merci de cet avis éclairant qui pose plein de questions, rendant par avance la lecture presque plus riche que l’œuvre elle-même. Lire c’est interpréter. Personne ne lit jamais le même exemplaire. Toutes ces pistes ouvertes dans l’interprétation invitent aussi le lecteur masculin à se demander comment cela fonctionne (et si donc la BD fonctionne…)
    Lampeduse

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