VolenKahn’s Review #17 : It Follows

 

Bonjour, bonsoir et bonnes condoléances à tous, ici VolenKahn, et ceci est ma dix-septième review cinéma. Et aujourd’hui, une représentation juste et terrible de la jeunesse à travers un film d’horreur prenant et mélancolique. Balancez les confettis, vous aller voir It Follows.  

 

Réalisé par David Robert Mitchell et sorti en 2014, Traquée (dans la langue de Céline Dion) raconte le drame que vit Jay qui, suite à un rapport sexuel avec Hugh, se voit assaillie par une créature humanoïde pouvant prendre n’importe quelle apparence. Hugh lui explique que cette créature est une malédiction sexuellement transmissible qui cherche à détruire la dernière personne atteinte de cette maladie, en l’occurrence Jay. Elle tentera donc avec ses amis de refiler cette menace à quelqu’un d’autre.

La trame scénaristique s’inspire d’un rêve récurrent vécu par le réalisateur, dans lequel une une entité pouvant changer d’apparence ne cessait d’avancer lentement vers lui. Comme dans le film, lui seul était capable de la voir.

 

Maika Monroe dans ce qui semble être une super soirée

 

Le premier point positif d’It Follows réside dans sa richesse thématique et visuelle. En effet, lorsque Jay ne cherche pas à échapper à l’entité, le film montre le quotidien des jeunes de notre époque, mais pas à la John Hughes ; Si La Folle Journée de Ferris Bueller ou The Breakfast Club étaient des odes à la rebellion, à la cohésion de groupe et à la jeunesse, It Follows traduit tout l’inverse. Fin du groupe, méfiance envers l’altérité et les sentiments des autres mais aussi des siens, traduction des heures mortes ou la jeunesse s’égare dans ses pensées et ses inquiétudes, le film de Mitchell est une succession de pensées mélancoliques mises en image, que les couleurs fades et la lumière tamisée, presque lointaine renforcent.

Ensuite, l’apparence de l’entité, qui est plus une créature hybride plus qu’une véritable anomalie dans la diégèse du film. Ici, nous sommes en face de « zombies » en quête non pas de cerveaux, mais de quelque chose de plus mystique : pour moi, les « zombies » (et si j’emploie les guillemets, c’est qu’il ne ressemblent pas aux morts-vivants de Romero, mais plus aux apparitions fantomatiques du Sixième Sens de Shyamalan, recouvertes de blessures mortelles ou non. Bref, faim de cette beaucoup trop longue parenthèse) recherchent la jeunesse de leurs victimes. En effet, les seuls personnages atteints de cette malédiction sont des adolescents en découverte de leurs corps, les adultes sont très peu présents dans ce film. Telles des goules, ces « zombies » seraient des métaphores de la pression sociale que peut subir la jeunesse américaine vivant dans ces banlieues pavillonnaires, jugeant et dévisageant quiconque iraient contre la tranquillité suburbaine.

 

Le désespoir face à l’inconnu.

 

Certaines critiques ont accusés Mitchell de diaboliser le sexe. Il est vrai que la seule manière de se débarrasser de cette saleté, c’est de la transmettre à un partenaire via un rapport sexuel ; l’entité devient donc une métaphore des MST. Or l’acte sexuel est ici perçu non pas comme un acte malsain, mais comme une preuve d’amour, voire de sacrifice ; en effet, faire l’amour avec une personne maudite, c’est se retrouver maudite à son tour. Dès lors, le film prend une tournure altruiste étonnante, quand on sait que nous autres jeunes adultes sommes connus des adultes pour rester dans notre monde et nos problèmes.

Visuellement et thématiquement donc, le film est très riche, la dimension satirique du film (une critique de la toute-puissante banvieue pavillonnaire, lieu dangereux que Carpenter et Lynch n’ont pas hésites à désacraliser (cf Blue Velvet pour Lynch) étant renforcé par l’état d’esprit des jeunes résidents de ces rues siamoises qui s’en fait un curieux miroir : heureux en apparence, la jeunesse cache de graves problèmes. De plus, le film est franchement effrayant (les séquences où l’entité avance lentement mais inexorablement vers sa proie sont tétanisantes de désespoir, la victime semblant irrémédiablement condamné.).

 

Une des nombreuses formes de la créature.

 

Mais (parce qu’y il en a toujours un, surtout en ce mois) des défauts subsistent néanmoins, à commencer par le rythme du film, qui quelquefois traine en longueur sur certaines séquences. De plus, les interprètes ne sont pas toujours convaincants, à commencer par l’interprète principale Maika Monroe, qui avec ses yeux mi-clos ne lui confèrent pas toujours l’énergie qu’il faudrait pour ce genre de rôle.

 

Enivrant, terrifiant, anxieux et juste, le second long de David Robert Mitchell est une vraie réussite, malgré un rythme qui pêche par moments et des personnages que l’on aurait aimé moins manichéens. Malgré tout, le Mitchell a parfaitement capté l’état d’esprit de la jeunesse moderne, oscillante entre joie de vivre innocente et mélancolie flottante. Heureusement, tout les jeunes ne sont pas comme cela, et It Follows nous prouve que face à l’adversité, quelque soit sa forme, l’inventivité et la solidarité, mais aussi l’amour (je sais ça fait fleur bleue mais chut) vaincra.

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